‹ Introduction à la science de l'histoire, ou, Science du développement de l'humanitéChapitre 33 sur 35 · PREMIERE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE

Uhonune a^t-il été crëë en deux fois; c'est-àdire, formé d'abord opmme corps animal seulement, puis, plus tard, fait tel qu'il est aujourd'hui, en esprit, et en matière? Oest une question iïnportante à résoudre, surtout au point de vue de la métaphysique; car, si l'on parvient à saisir le mode par lequel la ^spontanéité, ou l'esprit, est descendue dans la matière de Tanimalité humaine , Ton connaîtra , certainement , la manière suivant Jaquelle les hommes s^engendrent comme esprits.

En consultant l'histoire de ce qui s'est passé d^ns les autres formations , on trouve qu'il est très probable que l'homme a d'abord été créé comme simple animal. En effet, la géologie nous montre que. chaque formation a été faite en deux temps; dans le premier, les espèces apparaissent comme des ébauches, sacrifiées pour préparer Fair, les eaux, et le sol, à une race analogue , plus puissante., et plus durable, qui occupera la deuxième période. La première durée est séparée de là seconde, par un petit cataclysme, un mouvement

46a iNTRODUcnoif.

d'inclinaison de Taxe de rotation du globe. Or, dans le jour géologique des hommes , nous occupons maintenant cetjte seconde durée qui fut toujours consacrée, dans le passé, à la plus grande puissance d^une espèce. Il est naturel de croire que la loi n'a point changée, et, par suite, de penser que l'homme d'aujourd'hui a quelque chose de plus que l'homme qui apparut au début même de notre époque. Au reate, ht géologie nous ôffirira un jour les moyens d^acquérîr (mr cette question une solution positive que le rdisoiinement sedl ne peut fournir. C'est à l'observation qu'il faut recourir; et, certainement, die suffira.

C'est ici le lieu de dure qttdkpies mots de l'opinion qui veut que Phcootmè soit uœ nlodificatioiir perfectif^nnée, émaû^ot, par vote- dé génréraftio» ^ de quelqu'ifte des eapècta animales existant aujourd'hui , partieulièremèiït du gem^e de l'ofangoutang. Certes, c'e$tuneopihk)(ir, dont on a peine à s'occuper sérieusement. Le s«iEîmeiit qui lui donna naissance, suffit pour en <lènner la valeur; elle fut imiiginée, afin d'oter tout prétexte à la croyance d'uiie intervention divine dans k création ; un sendpJa^e but né mérite pas. d^^tre discuté ici, surtout après l'e^osition de kt géogénie. Aus^i, nous pasaerons sur ce sujet, pour arriver die suite à l'argument scientifique qui rend manifeste, l'erreur d'une telle assertion; c'est qu'il est

GENfiSË. 4^3

anatomiquemetit impossible qu'il j ait euL jamakle moindre rapport entre l'hommie et le singe; c'est que la posisibilité de donner naissance à des hibrides , par voie de rapport sexuel ent;re les deux espèces, n'existe point; ainsi, la preuve de la xnx>in-* dre analogie ne se trouye même pas : c'est qu^^nfin , si les orangs avaient , p^r une modification du milieu où ils vivent, été transformes en hommes, on tlemanderait pourquoi il y d encore des singes de ce genre ; etc. , etc. Evidemment , L'homme a été créé à son époque géologique, de toute pièce ,1. ainsi que les autres espèces animales. Passons à l'examen d'un autre problème.

Le premier élément , l'indispensable condition de toute social hutiàdine, est le langage. Il est im^ possible dé ccmœvoir le moindre rapport qui mé^ rite le nom de social^ san^ ce Hioyen de toiiterela'tion. Âutremient , il n'y a plus cpie des rapproche^ mens de nature animale, des contacts de bétes que l'appétit provoqué , que le geste et le cri instinc" tif signalent, ainsi que nous en ol»ervonâ, jtoms les jours , dan^ nos troupeaux. Sans la par(de significative , il ne peut exister de but commun- ni endenr, m en délibération, ni an aete; partant^ point d^aBsocialion* Le langage fut dene le prin^ cipe de 1& société , c'est la raison de Pétre huins^ nitaire.

Or, le langage n'existe point sans le verbe; et,

4^4 urmoDucnoN.

qu'est ceh^i! C'est la parole active; c'est le signe de la spontanëité ; c'est le signe qui lie ; cdui, enfin, d'où provient toute phrase, et par suite toute inteUigibilitë. OtéZj en effet, le verbe, même de nos langues actudles si composées , et grâce à lui, si parfaites: alors, vous n'aurez plus que des sons sans signification , c'est-à-dire sans puissance pour exprimer la pensée.

La première révélation, celle qui commença l'humanité, fut, nécessairement, le don du langage bu du verbe. Nous avons , dans le livre précédent, exposé en quoi consistait la parole. Nous avons dit qu'elle était l'effet de l'action de la spontanéité sur la matière nerveuse, et que, par suite, elle restait le signe des relations entre Tesprit et cette matière. D'après cette définition , il est facile de comprendre comment, la valeur significative restant identique, les mots ont cessé, avec le temps, d'être les m^nes. Gomment, enfin, il j a pluralité de langues. Il 7 a deux raisons pour qu'il en sent ainsi : la première^ c'est que le mot e^ une action arrivée à son dernier terme, cdui de la manifestation à l'extérieur : or , cette manifestation s'opère à l'aide d'un appareil musculaire , dont les aptitudes varient en raison des milieux où ' les hommes vivent : la seconde, c'est que les mots sont doutant moins simples, que la société où oti les recueille, est plus avancée dans la civilisation ; ils sont le résultat d'un plus ou moins grand nombre

de combinaisons, qui représentent les divers raiisonnemenâ à travers les quels ils ont passé : cela suffirait seul, sans même tenir compte de la cause exprimée précédemment, pour expliquer comment ils diffèrent suivant la société où Ton étudie leuris formes.

N'y a-t-^ eu qu'une seule révélation dû langage pour toute la terre? Cette question a beaucoup occupé les philologues ; et elle a été résolue affifmativemejït par tous. En effet, ils remarquèrent dans toutes les langues, une somme de mots racines qui étaient restés les mêmes en tous lieux, sauf quelques légères différences de prononciation. Mais, à nos yeux, et d'après notre définition, parce que cette identité existe, il ne serait pas prouvé que la révélation de la parole n'ait pas été multiple. En effet, la spontanéité formant le signe pour la première fois , ne peut produire qu'une seule espèce de modifications matérielles : or, que cetticteinventeur ait eu lieu une seule fois, ou plusieurs, le résultat sera toujours unique, car ce seront des mouvemens expressifs ou des sons homogènes, qui n'*offi:iront d'autres différences que quelques variations de prononciation.

C'est à la géologie, et à l'histoire, à chercher la

, preuve de l'unité de la révélation du langage ; et

c'est aussi un fait que leurs observations peuvent

parfaitement atteindre, ainsi qu'on le verra dans

le deuxième volume de cette introduction. Nous

4^ INTROOUCnON.

pouvoiis 7 d'aiUeurs j et par avance, en donner une preuve rationnelle de première valeur $ c'est celle qu'on doit déduire du principe de la moindre action; cet axiome devant être considéré comme aussi juste en philosophie, qu'en science mathratiatique.

Les problèmes , dont nous venons de nous oc* ouper , ne sont point de ceux que la science de rhistoire est appelée à résoudre. Us se rapportent, en effet , à des temps où il n'j avait encore ni so^ ciété, ni histoire; et b'est seulement à Félucidalion de ces temps que nos méthodes sont apfdicablés.

Il n'en est pas de même des problèmes que nous allons poser : nous pourrons procéder immédiatement à leiH* solution , et acquérir à leur égard des probabilités égales à celles qu'un travail analogue donnerait dans toute branche positive des sciences mathématiques, et physiques.

Les problèmes politiques les plus importans et les plus grands, sont int^gralenient contenus dans ces deux question^ historiques : quel fut le premier état social des hommes; quel sera leur état social avèidr ou dernier? Nous allons montrer comment la méthode hi3torique, décrite dans le livre précédent, parvient à résoudre ces difiicultés ; nous donnerons ainsi un exemple de la manière de l'ern^ plojer. Mais, ayant, nous allons nou^ arrêter un moment, pow faire sentir les difficultés de la première des d^ux questions posées. On pourra jug^

par là de la puissance de FinstrumeDt qui parviendra à réclairoir ; et, lorsque la vérité d'une solur tion, reconnue introuvable par tout autre moyen, aura étédémontrée par vérification dansle deuxième volume de Fintroductian , nous am*ons acquis une glande preuve en faveur des conclusions que la méthode nous fournira sur un avenir social que nous ne verrous pas , et auquel il est cependant bon que cous croyions.

Tous les peuples ont <îonservé des traditions qu'ils rapportent à Tétat social primUif des hommes. Les monumens les plus entiers qui nous aient été transmis sur ce sujet, sont, incontestablement, les livres de Moïse , le Chou-King des Chinois , les Pouranas des Indous. Nous possédons encore en d'autres langues, qudqu^ écrits qui ont aussi pom* but l'histoire des mêmes temps ; ce sont les livres d'Hésiode etd'ApoUodore^ de Sanchomatan^ de Berôse, les Eddas, laVolu^, etc. (h*, dès le premier- coup- d'œil, qu'aperçoît-on dans ces livres ? C'est qu'ils se rapportent tous k l'histoire ti'un temps pareil, et que, cependant, ils sont en contradiction évidente sur les faits, sur les dates , sur les successions , et même sur les noms. Vient-OB, dam Yespà^nce de s'éclairer, à con. sulter les ouvrages , et les nombreux commentaiifea

des sa vans sur la matière, le désordre et le trouble

apparaissent plus évidens encore; en e£fet , on voit que chaque érudit est entré dans cette étude avec

4<î8 INTRODUCTION

la pensée qu'il existait , au fond de ce chaos apparent , une \énté ; avec la volonté de la chercher dans la conciliation des faits : cependant, après des efforts de travail qui effrayent Fimagination , il n'a réussi qu'à construire un système d'ecclectisme , et à proposer une métliode d'élimination ou d'exégèse. Si plusieurs sont parvenus à former quelque chose qui eût le semblant d'une réalité, c'est seulement à l'aide d'arrahgenïens , et d'éliminations qu'ils ne peuvent justifier par aucune autre raison que celle-ci : c'est que telle fut leur volonté. En procédant ainsi, on a fait, avec le même fond , tantôt des histoires astronomiques, tantôt des symboles hermétiques , tantôt des théogonies , tantôt des histoires d'hommes , etc.

Jamais les hommes ne quittent un travail , sans l'avoir terminé,. Aussi , dans l'impossibilité d'achever celui-ci, comme il semblait devoir l'être, on s'est généralement arrêté aux deux idées suivantes, qui paraissaient dispenser de toute recherche ultérieure sur ces matières, ou qui, du moins, abrégeaient de beaucoup les recherches : la première fut que toutes ces traditions étaient purement imaginaires; et qu'elles se ressemblaient, jusqu'à un certain point, ou parce que leurs auteurs s'étaient copiés , ou parce que l'imagination humaine était la même partout ; la seconde idée , celle qui eut le plus de faveur, fut que toutes ces traditions étaient l'écho altéré d'une vérité .ancienne

conservée dans ^e livre d'un seul peuple. Ces solutions pouvaient satisfaire le publie, mais elles ne sufiisaient pas aux érudits. En effet , d'abord, comment supposer que des traditions extraites du sanctuaire des temples de chaque peuple, qui souvent formaient la base de toute légimitë, de toute fraternité chez lui, qui le faisaient nation, en un mot, etc.; comment supposer qu'elles ne fussent que des fables : ajoutez que , souvent , elles parlent de faits, de contrées, etc. , qui étaient évidemment inconnus à ceux qui en furent les vulgarisateurs. Ensuite, si elles étaient tout;(es copiées sur un même, et unique livre , quel était ce livre ? Alors , il fallut discuter l'antiquité , et l'authenticité rela«tive des livres qui nous restaient. Il était difficile de savoir, entre plusieurs, le quel adopter; par exemple, était-ce la Bible de Moïse? Mais, manifestenient Moïse avait été prêtre égyptien ; d'ailleurs, la bible que nous possédons, a été reconstruite en lettres chaldéennes , après la captivité deBabylone; elle était écrite en lettres alphabétiques, et, à cause de cela, elle devait être considérée comme postérieure aux traditions orales, ou hiéroglyphiques , entr'autres aux Kings des Chinois, etc., etc.. Ainsi, les difficultés renaissaient,^ chaque fois qu'on voulait les résoudre.

Quant à nous, nous avons dû admettre que toutes ces traditions étaient vraies au fond , si ce n'était dans la forme. Notre principale raison,

^yO INTRODUCTION-

pour penser ainsi , fut que , si ces écrits eussent été faux , ils ne seraient arrivés jusqu'à nous qu'escortés d'un cortège de négations; tandis^qu'il est certain, au contraire, qu'à l'époque de leur publication, ils se trouvaient d'accord avec les vieilles croyances publiques^, à tel point qu'ils furent adoptés avec amour par le fanatisme du temps : ils étaient donc véridiques, au moins, coriame exposé d'un état social qui avait existé , et dont ils transformaient les traditions orales ou hiéroglyphiques , en langage moderne ou alphabétique. Il nous était facile, d'iailleurs , dé nous démontrer à nous-mêmes l'existence d'états sociaux antérieurs à' ceux dont l'histoire est certaine. Il était évident, par exemple, qu'en Grèce, en Italie, et dans l'Asie mineure, avant l'importation de Talphabet , et de Parchitecture égj-ptienne , il avait existé des sociétés qui avaient laissé non-seulemént des traditions, mais qui avaient, en quelque sorte, signé leur passage sur le sol, par de nombreux mbnumens. Nous qtii admettons que l'art est toujours l'expression d'une pensée , nous trouvions que les ruines architecturales que chaque société avait laissées sur le terrain où elle avait vécu , parlaient aussi haut, aussi net, et plus positivement, que la plus exacte de nos tables dironologiques. il est vrai que hous ne pouvions tirer de cet examen qu'une généralité ; mais elle nous suffisait pour nous assurer que dans le fond de toutes ces liiaditions, négligées 'à cause

de leur obscurité, il y avait une vérité qu*il fallait chercher. Il nous était, en ^et, prouvé qu'avant le système des temples Égyptiens /et Indous, il avait existé des fonnes de construction religieuse toutes difl^pentes^ se rapportant à des dogmes et des cultes tout autres ; comme il nous était raconté qu'avant les peuples qui avaient bâti en Egypte et dai^ les Indes , il y avait eu d'autres peuples qui avaient aussi élef?é des monumens à une autre croyance.

n existe , aujourd'hui , vivantes sur le globe , de

**'petttes sociétés qui, dans les constructions qu'ils consacrent au Culte , rappellent complètement les formes des monumens pélasgiques , celtiques, babyloniens, scythiques, etc., de l'ancien monde. Il y a trois sièdes , l'Europe a visité au Mexique , et au Pérou , de grandes sociétés qui avaient exprimé leur adoration religieuse sous les mêmes figures. Il était naturel de penser que l'étude des mœurs ,

. et de l'histoire de ces nations , nous donnerait la ckf *« mystères d«s annales primitives de notre continent. En conséquence, nous allâtmes étudier les écrits des voyageurs. Nous avons rencontré une grande «inalogie entre les traditions de ces pe«i|^es demi^sauvages , et les narrations grecques , chaMéennes , celtiques , chinoises , etc.

Alor^ nous avons été pleinenoient confirmés dans notre opinion sur la réalité et la valeur de la langue architecturale , 0t nous jivons compris très

bien comment la plupait des érudits ont sotT'* tenu que toutes les sociëtës émanaient d'ui^ seul peuple , et d'une seule tradition. Mais, les recueils des voyageurs modernes nous livraient des annales aussi fabuleuses , aussi obscures que celles même conservées dans les premiers écrivains de notre vieux monde. Une paraissait pas qu^il jeût le moindre éclaircissement à en tirer. Si quelqu'un de nos lecteurs doute de ce que nous avançons ici, qu'il ferme notre livre , et qu'avant d'avoir lu ce qui va suivre^ il étudie les origines dont il s'agit: il sera inévitablement conduit à répéter quelque chose de ce qu'avaient fait les savans , ses prédécesseurs ; il fera de l'ecclectisme.

Alors, nous avons raisonné avec notre doctrine* Nous avons pensé que l'obscurité , et les contradictions des chroniques primitives , n'étaient qu'apparentes ; que ces défauts venaient , non pas de ce qu'elles contenaient , mais de ce qu'on n'avait su ni les interpréter , ni les lire ; de telle sorte . que , probablement , Ton en avait vu seulement le squelette, savoir: une sèche et aride nomenda ture ; pendant qu'on avait laissé , sans l'aplercevoir ^ le sentiment qui en faisait l'âme. En effet, il avait dû en être ainsi : on ne peut jamais trouver quelr que chose que l'on ne cherche pas ; or , nos érudits étaient constamm^n); entrés dans cette étude avec une croyance de leur temps, pour trouver une solution snr quelque problème moderne de

nature et d'origine. Ils avaient donc cherché, dans ces traditions, des choses qui n'y étaient pas, et ne devaient pas y être. Pour être phis heureux que nos prédécesseurs, il fallait, évidemment pour nous, sortir de la voie suiyie jusqu^à ce jour, et procéder à Fétude de nos antiquités du point de vue d'une hypothèse nouvelle , et qni ne fût relative qu'à elles-mêmes.

Si, pour trouver cette hypothèse , nous avions été réduit aux ressources de notre propre imagination , il est probable que nous n'eussions pas été pli|S habile que nos devanciers dans la même carrière. Mais, alors, nous avons trouvé un secours qui leur manquait, celui de la méthode historique, qui pouvait nous donner nûeux qu'une hypothèse, c'est-à-dire nous fournir une réelle certitude. Voici coDoment nous avons raisonnéyet,parsuite,procédé.

Nous avons invoqué d'abord la méthode des tendances. Nous avons pris pour base de notre examen , pour titre de la série que nous voulions construire , la formule la plus apparente sous laquelle se résument les procès généraux de l'humanité , celle de l'amélioration de la condition sociale des honmies. Ce choix étant fait , nous avons établi les termes de notre progression de la manière suivante :

Nous connaissons, parfaitement, deux âges logiques ^ intimement liés l'uti à l'autre: toutes les parties du mouvement social qui les compose.^

lious sont bien connues par Phistoire des nationi qui ont marqué leurs diverses époques. Ces deux &ges logiques sont cdui qui commence en Egypte et se termine en Judée j en Crèce , et à jtlome ; et Fàge <;hrétien , dont nous commençons la sixième période. Si quelques doutes pouy aient encore aujourd'hui, après les belles recherches des, dernières années , ;'élever contre la caradiérisation des premiers niomens de l'âge Egyptien , nous . invoquerions les téinps analogues de la civilisa-^ tion Indoustane dont pas un livre ne nous est échappé. Passons donc, car ce qui est prouvé pour nous, le sera bientôt pour nos lecteurs.

La formule sociale égyptienne disait : Tous les hommes sont des anges déchus y qui escpient sur terrej unejauùe conMise dans le cid. Le degr^é de leur misère îci-bas, est mesuré sur lagrandeur de leur Joute làrhaut. .

La formule sociale chréfcîeBne dît: Tous les hommes sont rachetés ; partant , tous les honunes sont égaux.

La différence de ces àsax formules , r^r^nte une différence de bien-être pour la masse des hommes , qu'il est facite d'apprécier. De la première à la seconde , il y a progrès évident , et pogrès immense.

Tek sont les deâx termes généraux de la progression humanitaire que nous connaissons ; main^ tenant, à l'aide de ces deux valeurs môyenxies, il

G£NÈS£. 4? 5

nous faut trouver le terme qui les précède , et cekii qui les suit, (i)

(1) Il est, au travail dont nous exposons, ici, le procédé, une objectron apparente, mais qui pourrait embarrasser quelques personnes , et à laqu^elle, à<:^tito dé celiiy nous devons répondre. ,

En mathématique, il est établi qu'on ne peut trouver un t^me inconnu, que lorsque trois termes, au moins, de. la progression ont été donnés. On nùùs demandera donc, si c'est avçc raison j que nous nous contentons de deul termes seulement de la progression humanitaire , peur établir la détermination d'un ou de deux autres termes incohmis-

Nous répondrcms <|u*il n'en est pas ici, comme en mathématique : dans les questions qui appartiennent à cette science, on ne pourrait pas même reconnaître l'existence de la progression , si Ton ne possédait au moins les trois termes.

£n histoire, au contraire, la progression est certaine: il suffit donc de deux termes pour mesurer son mouvement, et parcoQséquent pour prévoir; il en serait de même en ïnathéiàatlque , si l'on était toujours certain qu'il s'agit d*lin progression. "

Ajoutons, cependant^ qu'il n*eBt pas douteux que, si nous possédions un plus grand nombre de termes histo* riques , nous parviendrions à des conclusions soit sur le passé, soit sur l'avenir, bien autrement précises que celles que nous pouvons actuellement obtenir. Un jour^ certai" nement on possédera ce plus grand nombre de termes que nous ne pouvons que désirer maintenant : un jour, certain nement l'observation, et l'investigation attentive du passé, Texamen de civilisations encore vierges d'études, accroîtront nos élémens scientifiques. Alors la science de l'histoire acquerera une précision qui en feront la reine du monde. Pour nous, notre tâche est de commencer l'œuvre; le reste est à nos successeurs.

Ed raisonnant d'après les principes que nous avons exposes dans notrephysiologie sociale , sur Fusage de la méthode des tendances , nous trouvons que le terme premier de la progression , le mot qui a précédé celui de Fàge ^jptien , était celui-ci: Il y a y sur terres des anges, et des hommes ; en d'autres termes , des immortels , et des mortels; eii d'autres termes, encore , des dieux, et des bimanes. Nous n'essaierons pas d'appuyer cette conclusion par des raisonnemens , nous ne dirons même pas qu'elle a été vérifiée d'une manière plus étendue que nous n'aurions pu d'abord le croire nous-mêmes, et qu'on ne l(j verra encore dans la deuxième partie de ce chapitre. Nous la livrons dans sa forme brute , aux réflexions de ceux qui nous lisefat.

Mais , cette conclusion ne constitue que la moitié de la découverte qqi nous était nécessaire pour constituer une hypothèse véritablement historique. Nous avons fait alors usage de la méthode logique, et nous sommes parvenus très fî^cîlement à former l'ensemble logique probable , que nous exposerons plus bas. Nous avons procédé suivant les mêmes méthodes, pour trouver l'état final de l'humanité. Il est superflu de nous arrêter à en exposer le pro* cédé; car, ce ne serait qu'une répétition de ce que nous venons de dire.

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