CHAPITRE PREMIER
Il est un fait hors duquel on ne^ peut coiioe voir un homme ; une condition d'exiitence ^ dont on ne poiurait l'isoler sans l'anéantir; c'est la sodété : sans elle , en effet , on ne comprend jMi3 cQmment il viendrait au monde ^ ni cpninuint il vivrait.
Or, il n'y a société que là où il çxiste un bnt commun d'activité, qui rallie tou5 les honukiitt dans un même désir, un même sj^tème^ 4tt un même acte. Cette uiiité d'intérét$ et de ioouvee mens est la condition absolue ^ non^seulômaot d'existence, mais encore de conservation de toute association quelle qu'elle soit. Cette Unité .'viesitr elle à disparmtre^ l'atssQciation est à l'instant même dissoute ! Cela est évident en logique et en. lait, tellement qu'il est inutile de s'arrêter à le démoor trer , inutile de rappeler que l'histoirB n'offre pas une contradiction à cette loi.. Il su^sait de l'ex^ po^er pour la faire reconnaîb*e. .
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U ea résulte que lu durée de la société, et sa force sont proportionnées à la fécondité et àPén^gie du principe d'activité <Jui la réunit. Ce but commun est-il de nature à engendrer une série de buts et d'actes secondaires , dont l'accomjdissement successif exige plusieurs siècles; k- société vivra pleine de force et d'homogénéité , pendant cet espace de temps , et marcpiera de son nom une lai^e place dans l'histoire. Cette doctrine, au contraire j ne comprend-elle qu'un seul acte ; elle pourra mouvoir en commun tous les esprits et tous les corps, mais cela ne durera qu'un instant.
Dès qu'il y a but commun , par suite il y a possibilité et nécessité logique de coordonner k série de» actes à accomplir pour atteindre k fin pn^ sée dans un certain temps : e» d'œitres tarm^ il j a nécessité qa^ existe us gouvem^xient qui prévoie par qnek pràtrts 8 ÙBOt passer pour arriver aiiPésalM, et qtsA arrange et classe les différens momeioeùs cdk leurs divers modes , dans l'ordre €S%ë par k fin même qu'il s'agit d^atteindre ; il y a nécessité d'un gouvernement qui détermine le travail de chaque instant, distribue les ouvriers, et r^le les jours de marche. Plus le but est éloigné et fécond en actes , plus le gouvernement a besoin de puissance, et plus, en effet, il en possède. Un principe commun d'activité, qui n'enferme en lui pas au-delà de k possibilité d'an seul acte , peut à toute force se passer de gouverné-
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ment; car sa r&disation s'espère dPan seul coup, et sans qu'il y ait besoin àHune succession d'efforts divers , et par suite d'aucune coordination. Il n'en est pas de même lorsque la route k parcourir est longue; alors il est besoin d'un gouvernement bien maître de ses opérations et complètement libre dans son œuvre. Voilà pom*quoi une démolition peut s'opérer d'une manière anardiiqtie y et pourquoi toute fondation ressort d'un pouvoir.
Telles sont les propriétés ou (bctdtéar sociales d^in but d'activité; mais quels sont ses démens con^* tutifs; comment en étaUhr la fotmule? '
Dans la société il n'y a^ en r^té, rien de semblable à ce que Fon appelle jeunesse et décr^pitiide chez rindividu : les générations ne se succèdent pas une à une; tout est mâé, de telle sorte que la naissance, la mort, l'adolescence, k maturité et la vieillesse, sent toujours présentes en même temps, etdanslesmémesrapportsnuméfiques. Cestunétre collectif destinéà vivre indéfiniment avec une énergie ^ale à celle qu'il déploya son premier jour; pour lequel le présent n'est jamais riçn , et constamment Tavenûr est tout; qui est placé entre un passé dont il part sans cesse , pour s'avancer vers nu futur qui se renouvelle sans finir. Comment trouver une framule inépuisable comme l'activité sociale, uneformule qui ne passie jamais , et contienne toujours en elle un avenir indéfini?
On ne peut évidemment la d^reher que dans
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quelque €;li|ô^^ de plus, grand <^e la aociéle, dans quelque qhwe. qui la cottiprenae elle-même toute ratière. Ainsi d'agit?il de déterminer le but dW^ tivitë d^une nation ^ il fdut le troura: par définition du but d'activité de ThuBiabité; â^agit--il de recon* naître le but final de l'humanité, il faut le dierdîer dan» cpekpk», chose qui soit plus qu'ella, dahs la formelle de la foiietion dû gkbe terrestre «t du système planétaire auqjuel* il appartient; car il n'j a que le Ubondl» ^i soit plus grand que l'humanité* Enfin ) 4^1^ ne peut savoir le but de la crénr tion entière qu'en connaiséant la volonté de S^èU;
Çeêi ainsi qu'il tm peut exister véritablement de bui d'àetivité social, que du point de vue de la fonction de l'humanité sur la terre.
C^tte v^iBé a été sentie imflinctivement par les plus minces* faiseurs de doctrines poUtique»; <ar tous , sans en exqept^ un seul , vo jans on aveugles^ qu'île l'avouent ou qu'ils le taisent^ partent d'une bypatfaè«e explicajive des phénomènes universels. .
, Or/ par. quelsi moyens atteindre la connaissanœ * de cette haute fonction humanitaire, dont tous, hommea et nations , nous sommes les ouvriers : qui nQus la révèl^a !
Nous allons invoquer lé seul instrument qui reste lorsque là tradition n'est jdus un témoignage suffisant,, et que. la vue sensuelle nous. manque , le
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TOÎsonneinent ; il va nous donner la solution que nous cherchons.
Si l'humanité est fonction de Tuniv^s , et c'est ce que nous sommes obligés d'admettre , car il serait absurde de penser que l'existence des hommes «oit en contradiction complète avec des forces qui sont infiniment supérieures à celles qu'ils possèdent eux-mêmes! puis donc que l'humanité est ainsi un des rouages du mécanisme uniyersel, nous devons conclure qu'elle n'a subsisté jusqu'à ce jour, et qu'elle ne vit encore, que parce qu'elle agit conformément à sa loi de création. Ei4dem-* ment, elle ne pourrait manquer un seul instant aux conditions imposées à son existence, sans être anéantie ; à la moindre opposition , elle serait broyée par les forces qui agissent autour d'elle.
Or, elle a déjà beaucoup vécu, beaucoup agi; elle a engendré bien des sociétés différentes d'aspect; qu'eUe a repris pour en engçndrer de nouveUes ; et toutes ces choses ont été faites incontestablement , ^insi que nous venons de le voir , dans la ligne de ses fonctions universelles. La loi humanitaire est écrite dans ces faits. En conséquence, il nous est commandé de chercher dans Thistoire, et possible d'y trouver la loi de génération des phénomènes sociaux, qui ne peut être autre chose que la manifestation même de la loi fonctionnelle. Il y a donc Ueu à une science de l'histoire.
Nous avons marché long-temps pour arriver à
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cette conclusion. Ce n'est pas que la route fût loin gue à parcourir , mais il nous a fallu faire de nombreux détours afin que nos lecteurs ne fussent pas trop étonnés en entrant dans le pays nouveau où nous voulons les introduire. En effet ^ le mot science/ inscrit en tête de cet ouvrage, dit tout. Savoir, en effet, dans le haut langage, c'est prévoir j et prévoir, au point de vue social, c'est connaître le but d'activité le plus général , de manière à pouvoir en déduire tous les buts secondaires qui y sont contenus , ceux des nations , conune ceux des individus.
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