INSTRUMENTS
1586. Niveau d'eau. Ce niveau se compose d'un tube AB de 1 métro à 4",30 de longueur sur 0",02 à 0",03 de diamètre, recourbé a angle: droit à chaque extrémité» et muni au milieu de sa longueur d'un» douille C a l'aide de laquelle on repose l'instrument sur un pied à trois branches.
Fig. 401.
IHUT.:
Chaque extrémité A et B porte un renflement dans lequel on lute unc^ fiole en cristal au moyen de mastic ou de cire.
Les fioles ont de 0",03 à 0",04 de diamètre et de 0",08 à 0",i2 de longueur visible calibrée ; elles sont complètement ouvertes à rextrémité engagée dans le tube, mais l'extrémité libre se referme en gorge de manière à ne laisser qu'une ouverture de 0",01 de diamètre. Les fioles d'un même instrument doivent avoir le même diamètre, et elles doi* vent être le plus rigoureusement possible cylindriques.
Les tubes sont ordinairement en fer-blanc ; mais l'on fabrique des niveaux plus soignes, dans lesquels ils sont en cuivre. La doutlle esC
alors garnie d'une genouillère à coquille qui permet de faire tourner plus facilement Tinstrument sur son pied P. H existe même des niveaux
qui se composent de plnsieups parties réunies par des pas de vis; ce qui permet de les démonter pour les placer dans une Ijoîte.
Le niveau se remplit d^eau jusqu'à la moitié on les deux ISers de lu hauteur d<»s fioles. En hirer, pour éviter la congélation, on emploie de l'alcool au lieu d*eau. Pour chasser Fair qui a pu rester emprisontié dans le tube, on incline celui-ci après avoir bouché la fiole inférieure avec la main, et on lui imprime quelques vibrations au moyen de petits chocs.
1387. Emploi du niveau d'eau. Pour se servir du niveau d'eau, on le place en station [Jig, 398), où on raffermit sur son pied, et de manière qu'en le faisant tourner, il reste le mieux possible dans le même plan horizontal; il approche d'autant plus de cette position, qu'en le plaçant successivement dans (\q\ix directions perpendiculaires entre elles, le niveau du liquide varie moins dans chaquo fiole. On dirige alors rinstrument vers la mire, et, se plaçant à i mètre ou 1",50 en arrière de la fiole voisine, on mène un rayon visuel NN' tangent intérieurement o« extérieurement aux courbes D, D' foriïicejî par les bords des surfaces du liquide dans les fioles (fig, 401); le point où ce rayon visuel rencontre la mire domie le coup de niveau. Plaçant la mire sur le second point à niveler, ou détermiac le second coup de niveau ea opérant comme pour le premier, et Ton continue de même pour tous les autres points qu'on peut niveler de la même station. Alars on établit le niveau à la seconde station, où l'on opère comme à la preuiière, et Ton continue ainsi de suite (i3&3, 1384].
En vertu du principe de physique qu^e les surfaces d'un même li-> quide, dans deux vases qui communiquent, se trouvent dans un môme plan horizontal, les rayons visuels qu'on détermine avec I0 BÎveau d'eau sont horizontaux; mais il faut que les fioles aient le némediar
NIVELLEMENT. ^d
mètre, &ans quoi l'attraction du verre sur le liquide produirait des ménùque* é'naa concavité différente dans les deux ûoles, et les lignes noires formées par les ménisques, lesquelles guident dans le pointage, ne seraient plus dans le même plan horizontal.
Il est nécessaire que le plan du niveau du liquide reste constajit pendant tout le temps qu'on opère à une même station; il faut donc :
r Éviter les pertes d^eau, soit par les suintements à travers des ûssupea, soit par la vaporisation; il faut aussi éviter que Teau de pluie s'introduise dans les fioles. Une enveloppe qui recouvre chaque fiole diminue la vaporisation et préserve de la pluie ; elle est surtout nécessaire quand Tappareil reste longtemps en station exposé au soleil ou à Forage.
.. S5» Eviter qu'il reste de Fair dans le tube ; car il pourrait se dégager pendant qu*on opère, et le niveau du liquide baisserait.
3° Que les ûoles aient la même section horizontale; sans quoi ia fiole qui a la plus grande section venant à passer, dans son mouvement horizontal, à am niveau inférieur, le niveau du liquide dans les deux fioles baisserait nécessairement
4* Que toutes ks visées d'une même station soient faites par lamèaie personne, deux opérateurs prenant rarement les mêmes points des ménisques ou onglets pour diriger leurs rayons visuels.
Afin de rendre plus apparentes les lignes formées par les bords dea onglets, on colore quelquefois l'eau avec du carmin. (Test aussi pour alteindre ce but, que dans quelques instruments soignés les fioles sont garnies d'obscurateurs , c'est-k-dire d'enveloppes cylindriques portant latéralement uae échancrure qui ne laisse voir que la portion de la surface du liquide nécessaire pour diriger le rayon visueL La paroi intérieure de ces enveloppes étant noircie ou rougie, l'eau en reçoit un reflet qui rend sa surface plus visible.
1588. Ce qui précède indique assez que le niveau d'eau, qui est du reste d'un usage habituel pour les petits nivellements, est sujet k trop de causes d'erreurs pour qu'on puisse l'employer lorsqu'il s'agit de nivellements d'une certaine importan<:e.
Supposant que le rayon vi- **• **'• suel s'écarte de l'horizontale
d'une quantité e dans l'étendue de la longueur d du niveau, pour la distance 0^ Terreur sera
Supposant que e a'excàde pas 0',«MS, «t fiùeaat d = l'.SO, fitcr D = 25 mètres, on a
« pj— =«-,«W6.
Sans pouvoir rien prescrire sur la valeur de D, qui dépend de la vue et du degré d'habileté de Topérateur, il convient cependant de ne pas la porter au delà de 25 à 30 mètres, si Ton veut opérer avec un certain degré d'exactitude.
1589. Niveau de maçon. C'est un système composé de deux petites
règles en bois assemblées dans Fig. 404. deux montants de même largeur et
— de môme épaisseur, et dont Tune se trouve à 6 ou 7 centimètres des extrémités inférieures des montants. Au milieu de la traverse supérieure est suspendu un petit
plomb, dont le fil correspond à un
trait marqué sur la traverse inférieure quand les pieds des deux montants reposent sur un plan horizontal.
1590. Pour vérifier ce niveau, on le place sur une surface, et Ton constate la distance du cordeau au petit trait de la traverse inférieure; puis on retourne Tinstrument bout pour bout, de manière que chaque pied ait exactement pris la place de l'autre. Dans cette nouvelle position, le cordeau a passé de l'autre côté du trait, et s'il en est à la même distance, c'est que l'instrument est exact.
Si le cordeau passait par le trait dans les deux positions, non-seulement l'instrument serait exact, mais aussi les points sur lesquels il repose seraient dans un même plan horizontal.
Ce mode de vérification, qui consiste à placer l'instrument bout pour bout, et qui est usité pour toutes les espèces de niveau, est dit méthode par retournement.
1591. Une fois qu'on s'est assuré que le niveau est bien exact, on conçoit qu'en faisant reposer ses pieds en tous sens sur une surface, si le cordeau, rendu libre en tenant convenablement le niveau, coïncide toujours avec le petit trait marqué sur la traverse inférieure, c'est que eette surface est horizontale. Faisant reposer une règle de largeur uniforme sur deux points sufiisamment éloignés, et posant le niveau sur la règle, il indiquera encore si les deux points sont à la même hauteur, ou lequel est le plus élevé.
Pour poser une règle de niveau ou obtenir un point de niveau avec un autre, il suffit de reposer une des extrémités de la règle de largeur uniforme sur le point donné, et de placer le niveau sur le milieu de cette règle, dont on élève ou abaisse l'autre extrémité, jusqu'à ce que le fil à plomb vienne battre dans le petit trait; la règle est alors de niveau, et tous les points de son côté inférieur le sont également avec le point donné. C'est en opérant ainsi que les maçons tracent journelle- ' ment des lignes de niveau dans les bâtiments.
Une règle étant posée de niveau, en dirigeant un rayon visuel suivant Taréte de la règle, on pourra obtenir à une certaine distance un point qui sera de niveau avec l'arête de la règle; mais, à cause de la grande
bii
Fig. 405.
.• I^A I >Tmiiriniiii..,^!uin^ [ p j^
erreur qui résulterait d*un léger écart du fil à plomb par rapport au trait, et de la difficulté de bien diriger le rayon visuel, il faut limiter Tusage du niveau de maçon à de petites distances et a des opérations qui ne demandent pas une grande précision.
1592. Le niveau de poseur^ ainsi appelé parce qu'il est particulièrement employé par les maçons poseurs de pierres, au lieu d*ètre rectangulaire comme le précédent, a la forme d'un triangle rectangle isocèle ; le fil k plomb est suspendu au sommet de Tangle droit, et le petit trait est marqué au milieu du côté opposé. La vérification et l'emploi de ce niveau se font en opérant comme pour le précédent.
1595. Niveau à bulle d'air. Ce niveau consiste simplement en un
tube de verre très-léffèrement
Fiir 406
** ' courbé et emprisonné dans
une gaine en cuivre AB, qui laisse voir la partie convexe du tube sur une certaine longueur. Avant d'envelopper le tube dans sa gaine, on Ta rempli d'eau en y laissant une bulle d'air, et on l'a fermé à la lampe aux deux extrémités. Le tout est fixé sur une règle CD, dressée de manière que quand cette règle repose sur une surface horizontale, la bulle d'air occupe le milieu du tube; une*échellc gravée sur le tube indique son milieu et par suite la position que doit 0(;cuper la bulle. Afin de pouvoir ainener plus facilement le tube dans une position parallèle a la règle CD, sa gaine est quelquefois fixée k la règle par une charnière k l'extrémité E, et par une vis de rappel k Fautre extrémité V.
Pour remplir le tube, au lieu d'eau, on emploie souvent de l'alcool ou de l'éther, on obtient ainsi plus de mobilité, et on évite Faction de la gelée. Dans tous les cas, il convient de carminer un peu le liquide, afin de rendre la bulle d'air plus apparente.
1504. Pour vérifier le niveau k bulle d'air, on opère comme pour le niveau de maçon (1390), et on peut l'employer aux mêmes usages (1394) ; mais sa grande fragilité fait qu'on ne l'emploie guère que pour des travaux plus minutieux, tels que ceux de mécanique, par exemple.
I59S. Nioeau à lunette. Pour faire des nivellements importants et qui demandent une grande précision, on fait usage du niveau k bulle d'air (1393); mais alors il est accompagné d'une lunette dont l'axe optique est parallèle k la règle du niveau , ce qui permet de donner des coups de niveau d*une grande portée. Il existe bien des dispositions de niveaux k lunette; nous nous contenterons de décrire celle due k M. l'ingénieur en chef Ëgault et celle de Lenoi^r, dont l'usage est le plus habituel.
9êt SIXIÈME PARTIE. — LEVER DES PLAIfS. ARPENTAGE. NITELLEMEKT.
tSM. Nweau d'Effault Description.
Fig. 407.
rt
l^f^^JL
A lunette. Les rayons lumineux, partis de lu mire, pénètrent par rextrémité a; traversent un assemblage de verres, appelé objectif; se réfractent à Tintérieur, et forment une image renversée de la mire. Cette image , qui «sft très^petile, se regarde k travers un appareil grossissant, appelé ocu- Amv, placé en a'. Afin de conserver à Timagc toute sa netteté, on ne la fait pas redresser par Toculaore; de sorte que les objets sont vus le haut en bas à travers la lunette, léger inconvénient auquel le praticien s'habitue promptemenl Entre Tobjectif et Toculaire se trouvent deux fils d'araignée ou de ver à soie, qui se croisent à angle droit au point où se forme Timage de l'objet qu'on observe. Ces fils, dont l'un est horizontal, sont fixés à un anneau, et l'on donne à Tensemble le nom de rMcule. Le réticule est fixé à un tube qui entre à frottement doux dans le corps de la lunette,, ce qui permet d'amener le plan des fils au point où se forme l'image, selon que Fobjet qu^on vise est plus ou moins éloigné, circonstanee qui fait varier la distance de l'image à Tobjectif. L'oculaire est fixé dans un autre tube qui entre a frottement doux dans celui du réticule. Quand on veut observer, on fait pénétrer le tube qui cour liant l'oculaire dans celui qui porte le réticule jusqu'à ce qu*on distingue bien les fils ; puis on fait mouvoir l'ensemble des deux tubes jusqu'à ce que l'image de la mire soit bien nette. Dans cette position* l'image doit se trouver au point de croisement des fils, ce dont on s'assure en visant le plus possible par le haut, par le bas et par ler côtés de l'oculaire ; si l'image coïncide toujours avec les fils, c'est qu'elle est dans leur plan; s'il n'en était pas ainsi, on modifierait le tirage en conséquence.
0, o', vis à l'aide desquelles on centre la lunette. Il arrive presque toujours que les centres de courbure des verres ne sont pas sur Taxe de figure de la lunette, et que, par suite, l'image ne s'y trouve pas non plus, â l'aide des vis o, o\ on amène la croisée des fils sur rimage, et Ton conçoit que quand on tournera la lunette, la croisée et l'image décriront la même circonférence autour de Taxe de figure, en s'accompagnant toujours, et si Taxe de figure est horizontal, tout point visé dont Timage tombera an croise^* ment des fils sera sur cet axe.
B, B, étriers portant dies collets sur lesquels reposent les tourillons de la lunette. Ces collets doirent être exéeutés avec le pins grand soin, et avoir des diamètres égaux entre eux et égaux h eenx de» tourillons de la lunette, afin que quand on fait tourner la lunette
KIVfcl.LEMENT. S43
miv ses tourillons, ou quand on la retourne bout pour bout de manière a reposer chacun de ses tourillons sur le collet de Tautre, son axe ne change pas de position. Il y a des collets qui sont rîrciilaîres comme les coussinets ordinaires de machines, et d'autres qui sont prismatiques, de manière à ne maintenir les tourillons de la lunette que suivant quatre génératrices. 5,6, taquets fi-xés aux étriors et traversés par des vis contre lesquelles viennent buter deux goujons quand on fait tourner la lunette pour amener le fil du réticule dans une position horizontale.
C , niveau h bulle d'air (1393).
D, traverse servant de règle au niveau, et supportant en outre la lunette A.
b\ c\ vis servant à amener. Tune Taxe de figure de la lunette, et TautiT le niveau, dans des plans perpendiculaires à l'axe de rotation de leur ensemble; de sorte que cet axe de rotation étant vertical. Taxe de la lunette et le niveau soient horizontaux.
E, plateau circulaire au centre de la face supérieure duquel est fixé un gros tourillon, qui est perpendiculaire à son plan et sert d'axe de rotation à l'ensemble de la traverse D, du niveau et de la lunette.
Tne vis de serrage, placée latéralement, permet de rendre solidaires la traverse D et le plateau E.
F, second plateau, prolongé en dessus par un petit axe qui se tei*^ mine dans l'intérieur du plateau E par un segment sphérique. Par cette disposition, le plateau E peut s'incliner par rapport à cet axe, sans pouvoir prendre aucun mouvement latéral.
G , douille fixée au plateau F, et dans laquelle pénètre un fort goujon quand on place l'appareil sur le pied à trois branches.
g , vis de pression servant a rendre bien solidaires la douille G et 1«^ goujon fixé au centre de la tablette du pied à trois branches.
p. ^^ r, V, vis placées aux extrémités df*
deux diamètres perpendicu-
-"»© . laires du plateau F. 7-, ?*, res-
/ '^^-<^^ ^ ®^^^ ^^^^ ^^^ extrémités coi'-
/ ^,^^'^!^^^< 1 \ respondent aux autres extré-
[ ^l;^^^' X^ I ^ mités de ces mémos dîamc-
(r K'^ 1 r''''^\ très. Ces vis et ces ressorts
\ ^ \ I I s'appliquent sous le plateau E
\ •// / et servent àl'amener dans une
X, Ur ^ positîbn horizontale quand on
"^^ — ^-"-"^ veut opérer.
15»7. Ayant bien compris la composition du niveau d'ÉgauIt et Toffice de chacune de ses pièces, ou comprendra facilement les moyenv^ de le régler^ c'est-à-dire de rendre l'horizontale de la bulle bien parallèle au plateau E ou perpendiculaire à Taxe de rotation , d'amener l'un des fils a être bien horizontal, de centrer la lunette et d'amener son axe de figure dans une position parallèle au plateau E.
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iSii SIXIÈME PAUTIK. — LEVER DES PLANS. ARPENTAGE. NIVELLEMENT.
t^our rendre VJuorizontaîn de la bulle parallèle au plateau supé^ rieur E, on établit solidement l'instrument sur son pied; on le fait tourner jusqu'à ce que le tube du niveau soit dans Tun des plans régulateurs vr (fig. 408); h l'aide de la vis correspondantes, on amène le niveau dans une position horizontale, et faisant décrire à tout Tin* «trument un angle de 180' autour de son axe, si dans cette nouvelle position la bulle revient bien entre ses repères, c'est que le niveau est parallèle au plateau E. S'il n'en était pas ainsi, on corrigerait la déviation moitié avec la vis c' du niveau et moitié avec celle r.
Le niveau étant parallèle au plateau E, si Von voulait ainener ce plorieau dans w\e position horizontale^ on ferait décrire a l'instrument un angle de 90", et dans cette nouvelle position on amènerait le niveau dans l'horizontale au moyen de la seconde vis r. Plaçant alors successivement le tube du niveau dans la direction des deux diamètres régulateurs rr^ si la bulle reste bien entre ses repères, c'est que le plateau E ^st horizontal.
Quand le niveau est supporté par trois vis à caler, qui dispensent .alors des vis r, v et des ressorts r, r, on amène d'abord la bulle à être horizontale dans une position parallèle à deux des vis, puis dans une position perpendiculaire à la première.
Pour vérifier si Vaxe défigure de la lunette est parallèle au plateau E, on vise la mire posée à une portée ordinaire; on place la lunette bout pour bout sur ses collets, et, en faisant tourner tout l'instrument, on ramène la lunette vers la mire; si la ligne de foi du voyant est encore sur la ligne de visée, c'est que la lunette est parallèle au plateau E; s'il n'en était pas ainsi, a l'aide de la vis 6', on corrigerait la déviation par jtàtonnemenl.
Pour vérifier si Vaxe optique est parallèle à Vaxe de figure de la lufietie et par suite au plateau E, on vise un point convenablement éloigné; on fait tourner la lunette autour de son axe, de manière à amener le dessus en dessous, et si l'image du point visé se trouve encore sur le fil horizontal, c'est que la lunette est centrée par rapport à ce fil; si au contraire l'image se trouvait en dessus ou en dessous du fil, à l'aide de la vis placée à l'extrémité du fil vertical, on ferait avancer le fil horizontal de la moitié de^ l'intervalle qui le séparait de l'image. Par une opération analogue, et en prenant pour point de mire une ligne verticale, on amènerait l'autre fil dans une position convenable, et alors la lunette serait complètement centrée.
!598. Emploi du niveau. Le niveau étant bien réglé, il est susceptible d'être transporté, et on l'établit sur son pied à la l'« station (1384); on anu*»ne son plateau E dans une position horizontale, et l'on donne les cou|)s de niveau arrière et avant; puis on va h la seconde station, où l'on opère de même, et ainsi de suite.
Nous avons dit (1396) que la position de l'image, et, par suite, celle du réticule, variaient avec la distance du point visé; or comme de ce déplacenjent la lunette peut se trouver décentrée, l'on voit un second luotif il ajouter h celui donné au n* 1385 pour placer autant qne pos-
sible la mire à égale distance du niveau; de plus même, cette distance ne devrait pas varier d'une station à Tautre.
^ 1589. Méthode d'Égault. L'impossibilité dans laquelle on se trouve très-souvent Me placer la mire h la môme distance du niveau, et le temps qu'exigerait cette précaution, ont fait chercher un moyen d'opérer à l'aide d'une lunette décentrée. M. Ëgault a Indiqué la méthode suivante, qui permet d'opérer en toute sécurité avec un instrument dont non-seulement la lunette est décentrée, mais aussi dont l'axe de figure de la lunette et l'horizontale de la bulle .ne sont pas parallèles au plateau supérieur.
Cette méthode consiste, après avoir amené le plateau supérieur dans une position autant que possible horizontale, et réglé les distances de l'oculaire et du réticule à la demande de la vue de l'observateur et a la distance de la mire, k donner sur le point nivelé quatre coups correspondant aux quatre positions que peut prendre la lunette sans que le même fil cesse d'être horizontal.
La lunette n'étant pas horizontale, son axe de figure prendra une direction inclinée OÂ'; û'a^ étant le premier rayon visuel parti de la
Fig. 409.
lunette décentrée, faisant faire k la lunette une demi-révolution autour de son axe, qui reste fixe, le rayon visuel prendra la nouvelle position O'Oj, symétrique de O'ai par rapport a OA'. Retournant la '•«lunette bout pour bout sur ses collets, son axe de figure prend la direction OA" symétrique de OA' par rapport à l'horizontale OA, et, dans cette position, la lunette, par sa dem^révolution autour de son axe, fournit deux nouveaux rayons visuels 0"a, et 0"a^ symétriques par rapport à OA", et symétriques des premiers rayons O'a^ , O'a, par rapport à l'horizontale OA. On a donc pour le coup réel de niveau
Quand on opère d'après cette dernière valeur de aA, les quatre cotes lues sur la mire par les quatre visées s'inscrivent au carnet de nivellement (1384), dans une colonne qui précède celles des coups arrière et avant, et ces coups sont les moyennes de ces quatre cotes.
Ordinairement, pour abréger les opérations sur le terrain et dimi-
ii6 SIXIÈME PARTIE. — LEVCIl WKS PLANS. ARPENTAGE. NIVELLEMENT.
imer les calculs, on ofère d'après la première valeur <le «A. AIm, une première visée fournit aa,; puis, tournant la lunette bout pour rbont, lui faisant faire une demi-révolution autour ée son unty et visaiy^ •de nouveau la mire, on oMIent no,. On inscrit, comme dans le cas ^cèdent, les valeurs de aa, et aa^ dans la troisièroe colonne du carnet de nivellement, et en prenant la moyenne on a fe coup àe ni\'eaiu réel, soit arrière, soit avant La seconde expression de la valeur de aH conduit à opérer d'une mamère identique.
Dans le cas où i*axe ée figure de la lunette et Tfaeriaont^le de la bulle seraient parfaitement parallèles au plateau E, A' tomberait en A,
et Ton aurait aX = — L— ?. Ainsi dans ce cas les deux visées se fe-
raient sans retourner la lunette bout pour bout; aussi opère-t-^on «ncore assec souvent de cette manière, mais rinstrument doit être bien réglé, et mis parfaitement de niveau à chaque statioa.
Un grain de poussière ou une parcelle d'oxyde interposé entre les coussinets et la lunette, ou encore un usé inégal des parties frottantes empêchant Taxe de figure de la lunette de coïncider ai-oc sa preonère position quand on retourne la lunette bout pour bout, la méthode Égault est sujette à des causes d'erreur, même avec un instrument bien réglé, et Ton ne peut annuler Teffet de ces erreurs qu'en plaçant le niveau à égale distance des points nivelés. Quoi qu il en soit, il faut toujours régler Tinstrument le mieux possible avant d'en faire usage, afin de rendre très-petites les corrections, qui avertissent alors que rinstrument est dérangé si elles deviennent trop fortes.
1400. Quoiqu'on puisse distinguer nettement les objets très-éloignés
avec de bonnes lunettes, le degré de sensibilité de la bulle, qui dépend
du rayon de courbure du tube, limite cependant la portée des niveaux
à lunette.
Soit h la quantité dont le rayon de visée OA' s'écarte de Thorizon-
tale OA à la distance B, pour une erreur a que Ton commet dans rappréciatîon de la position die la bulle.' Les deux triangles semblables OAA', CBB' (4% 67») donnent
d'où D = R-.
Aujourd'hui on ftiit le rayon de courbure R = lô mètres; l'œil-n'apprécie guère la position de la bulle qu'avec une approximation e= <P,000«6, et si Ton admet que h puisse être de 0*,0M sans qu'il en résulte d'inconvénient sensible sur le résultat définitif du nivellement, on « donc
Fig. «10.
Pour les grandes opérations, la valeur 100 mètres de D est une bonne moyenne, que rhabileté de l'opérateur, la précision de Tinstrument et les circonstances locales peuvent parfois faire augmenter.
Dans plusieurs instruments de géodésie on a R = 60 mètres; alors on a D=120 mètres pour e^O^OOOS et A=0",001. Une plus grand« sensibilité permettrait difficilement de rappeler et de maintenir la biïlle entre ses repères. Les bulles très-sensibles ne sont guère employées que dans les observatoires.
1401. Niveau de Lenoir. Ce niveau présente les mêmes moyens de vérification et de correction que celui d'Égault, dont il ne diôère qu'en ce que Vai^e de rotation, au lieu d'être amené dans la position verticale au moyen de vis v agissant sur un plateau E (fig. 407), Test par quatre vis disposées aux extrémités de deux diamètres rectangulaires d'un manchon conique que Taxe traverse.
Dans l'instrument appelé plus spécialenxenl Nvceau 4ke ianoir, ou mieux Niveau-cercle de Lenoir pour le disrfÎBguer du piréoédent, à la
lunette A sont fixés imra-
^^^' **"** riablement deux priâmes
^ ' 'jT'la à base carrée a, a. Par ces
prismes, la lunette repose
sur un plateau E, et un
tourillon, qu'elle porte en
son milieu, la maintient
au centre de ce plateau
quand on la fait mouvoir.
Le plateau E est Hxé sur
une colonne G supportée
par trois branches munies chacune d'une vis calante V.
Le niveau a bulle C repose sur les prismes a, a, ou directement sur le plateau E. Dans le premier cas un petit tourillon fixé au milieu de la lunette, et qui pénètre dans la règle du niveau, guide pour placer convenablement celui-ci sur les prismes a, a.
Pour se servir de cet instrument, on le place sur son pied à trois branches; puis on amène le plateau E dans une position horizontale au moyen des vis calantes V et en se guidant avec le niveau €, comme il a déjà été indiqué pour le niveau d'Égault (1397). Cela fait, on vérifie si l'un des fils est bien horizontal; s'il -ne l'e^ pas, en desserre kt vis qui serre le manchon du réticule contre le corps de la lunette, et l'on fait tourner ce manchon en conséquence.
Pour centrer la lunette, on fait usage de vis qui se meuvent dans le plan du réticule. Reposant la lunette sur le plafteau E successivement par les faces inférieures et supérieures des prismes a, a, on centre la lunette par rapport à l'un des fils (1397), ce qui est suffisant. Du reste^ en faisant successivement reposer la lunette par les faces latérales des prismes a, a, on la centrerait par rapport à l'autre fil.
Quand le plateau E est horizontal et la lunette centrée, on s'assure que Taxe de cette dernière est horizontal. Pour ccfla, on place le niveau
Fiff. 4i2.
sur les prismes a, a, et si la bulle o'este en son milieu comme quand on repose directement le niveau sur le plateau E, c'est que les prismes a, a ont la même hauteur et que Taxe de la lunette est horizontal. Si cette condition n'était pas remplie, il faudrait diminuer le prisme le plus élevé, ou s'en rendre indépendant en se plaçant à égale distance des points à niveler.
Quand la bulle s'écarte un peu de ses repères, en passant d'une direction k une autre, on l'y ramène au moyen de la vis à caler la plus voisine; ce qui ne change pas d'une quantité appréciable la hauteur du plateau et du plan des visées.
1402. Mire à coulisse. Cette mire est celle dont l'emploi est le plus
général. Elle est formée d'une première règle en bois dur bien sec A, 7^ \ armée à son pied d'un talon en fer T, iX i muni d'une semelle, ou pédale P, par
V jrr laquelle la mire repose sur le sol
quand on la place verticalement.
Une plaque de tôle V, appelée foyan^, a sa face que l'on vise divisée en quatre carrés égaux par des droites joignant les milieux de ses côtés opposés. Deux de ces carrés opposés par un sommet sont rouges et les deux autres blancs, afin de rendre plus apparente la ligne de foi.
C est un collier en cuivre auquel est fixé le voyant. Ce collier peut glisser sur toute la longueur de la règle A en traînant le voyant, qui peut alors être monté ou baissé à volonté. Une vis de pression v sert a fixer le voyant en un point quelconque de la règle A.
Le dos de la mire est divisé en centimètres, dont le zéro est au pied de l'instrument; les décimètres sont seuls écrits. Cette échelle se continue jusqu'à deux mètres, et quand le voyant atteint cette limite, un ressort l'arrête. La hauteur à laquelle se trouve la ligne de foi du voyant est indiquée par une arête horizontale du manchon C; on lit les mètres et centimètres sur réchelle, et une petite échancrure, faite dans la partie inférieure du manchon, a une de ses arêtes verticales divisée en millimètres, ce qui permet d'apprécier la hauteur du voyant à moins de un millimètre près.
A' est une seconde règle portant dans toute sa longueur une languette qui peut glisser dans une coulisse faite dans la règle A.
Un collier C, semblable à celui du voyant, et muni également d'une vis de pression, permet de rendre les deux règles solidaires, quand on opère sur des portions de verticales qui ne dépassent pas deux mètres.
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