‹ Introduction à la science socialeChapitre 35 sur 63 · D' Maclean, voir le Times du 6 janvier · texte numérisé non relu

D' Maclean, voir le Times du 6 janvier

2. Report on the Progress and condition of the Royal Gardens af Kew, 1870, p. 5.

3. Mon attention a été aitirée sur ce fait par une personne qui

On regardera peut-être comme évident que l'État, qui ne sait pas protéger la santé des hommes, même quand ils sont ses serviteurs, ne doit pas non plus savoir protéger celle des animaux; il est possible cependant que certaines personnes, comparant ce qu’on dépense: en écuries avec ce qu'on dépense en cottages, doutent du corollaire. Quoi qu'il en soit, Lhistoire. des, épizooties dams ces dernières années et celle de la législation destinée à les prévenir, nous donnent les mêmes enseignements que les faits cités plus haut. Depuis 1848, il n’y a pas eu moins de sept actes du Parlement portant le titre général d’Actes contre les. maladies contagieuses (des animaux). On a réclamé, comme étant impérativement exigées par les circon stances, des mesures destinées à combattre telle ou telle maladie, Les mesures ont été prises ; le résultat ne répondant pas à lattente, on les a réformées, puis re-réformées ; en un mot, depuis quelques années il ne: se passe pas une session sans qu'on présente un bill destiné à guérir les maux que les bills antérieurs n’ont. pu guérir. Malgré le grand intérêt qu'ont les classes gouvernantes au succès: de ces mesures, elles ont si peu réussi, que loin d’avoir disparu, « la maladie aphteuse et des eaux aux jambes » n'a pas même été ralentie et à fait l’an dernier des progrès alarmants dans plusieurs parties de l'Angleterre. Le Times recevait perpétuellement des lettres de protestations et les comptes-rendus de meetings locaux dont l’objet était de critiquer les lois existantes et d’en réclamer de meilleures. De toutes parts affluaient les récits : l’un dénonçait l’inefficacité des mesures, l'autre l'incapacité des

avait l'expérience de plusieurs branches d'administration ; elle attri. buait l'esprit routnier du corps médical à ce qu'on met les jeunes chirurgiens en sous-ordre des vieux. La remarque est significative et porte loin. Mettre:les jeunes sous les vieux est une règle géné. rale commune à tous les services, civil, militaire, naval, etc. ; dans tous les services aussi cette règle.a pour effet nécessaire de placer les idées avancées et les conuaissances plus étendues de chaque nouvelle génération, sous le contrôle de l’ignorance et de la routine d’une génération qui voit les changements de mauvais œil. C’est un vice qui semble inhérent à toute. administration publique et auquelles administrations privées. sont bien moins sujettes, parce que dans la lutte à outrance de la concurrence, le mérite, même jeune, prend la place de l'incapacité, même: vieille,

fonctionnaires ; c'était un agent de police faisant le vétérinaire, ou ce matériel que M. Fleming, médecin-vétérinaire du génie, traite de « lourd, de disloqué et d’insuffisant » *.

Nous allèguera-t-on limpossibilité de juger des bons effets de l’action gouvernementale d'après des mesures aussi récentes , encore mal appliquées? En ce cas, prenons là forme d'action gouvernementale la plus ancienne en date, celle: qui a eu le plus de temps pour se perfectionner et s’accommoder aux besoins — prenons la Loi et son administration en général. Ne suffit-il pas de prononcer ces deux mots pour rappeler au lecteur létonnante inefficacité, la confusion, l'ambiguïté et la lenteur qui ont été de tout temps et qui sont encore proverbiales? Pour ne

1. On nous permettra d’ajouter ici un fait qui pourrait peut-être donner la clef de l’insuccès et qui en tout cas y est pour quelque chose. Nous avons été mis sur la voie par une jlettre signée « un Propriétaire » (Tollesbury (Essex), 2 août 1872) et publiée par le Times. L'auteur de la lettre avait acheté « dix magnifiques jeunes taureaux, ne présentant aucun symptôme de maladie » et « reconnus sains par l'inspecteur des bestiaux importés. » Au bout de cinq jours passés dans un enclos tout neuf où elles recevaient une nourriture de première qualité, ses bêtes tombèrent malades. Informations prises, il constata que les bestiaux importés, quelque sains qu'ils fussent, « succombaient presque tous à l’épizootie, » « après la traversée » etalors, en proposant un remède quelconque, 1l est amené à énoncer un fait dont il ne semble pas voir la portée. « Si, dit-il, au lieu de la quarantaine actuellement pratiquée à Harwich et qui consiste à enfermer dans des parcs, pendant un nombre d'heures donné, les bestiaux qu’on vient de débarquer, etc., etc. » Si cette description de la quarantaine est exacte, on s’explique comment la maladie se propage. Chaque nouveau troupeau est enfermé un nombre d'heures donné dans un parc infecté. À moins que tous les troupeaux importés n'aient été sains (et l'institution même de la quarantaine prouve le contraire), certains d’entre eux ont laissé dans les parcs des matières infectées par leurs bouches ou par leurs pieds. En supposant même qu'on ait recours à des désinfectants après la sortie de chaque troupeau, le danger n’en demeure pas moins très-grand, car il est presque certain que la désinfection ne sera pas complète, Allons plus loin. Supposons que chaque fois les parcs soient absolument désinfectés ; si l’on ne désinfecte pas tout aussi complètement le matériel qui sert à débarquer les animaux, le débarcadère et le chemin conduisant aux parcs, la maladie se communiquera. Il n’est pas étonnant que presque tous les bestiaux sains soient pris « après la traversée. » Si les règlements sur les quarantaines sont tels que le fait supposer la lettre précitée, ils méritent d’être appelés « les règlements pour favoriser la diffusion des épizooties. »

parler que des lois penales, qui sont censées connues de tous les citoyens, depuis Edouard IT jusqu'en 1844 il en a été rendu 14, 408. Ainsi que le disait Lord Cranworth à la Chambre des Pairs, le 16 février 1853, les juges étaient supposés connaître toutes ces lois, mais en réalité aucun cerveau humain ne pouvait se les assimiler toutes et l'ignorance en pareille matière avait cessé d’être honteuse 1, Ajoutez à cela une accumulation non moins grande de lois civiles, également confuses et non classées, et la masse énorme des « lois de circonstance, » qui remplissent déjà plus de 1200 volumes et dont le nombre s'accroît rapidement ; vous vous ferez une idée de ce chaos.

Considérez maintenant comment s’est formé ce chaos, dont les premiers fonctionnaires judiciaires, à plus forte raison les fonctionnaires inférieurs et surtout les simples citoyens, sont hors d’état de tirer des conclusions précises, A chaque session, on a aggravé la confusion en adoptant des Actes isolés et des amendements successifs, qu’on ne s’embarrassait jamais de mettre d’accord avec la multitude d'Actes et d’amendements, relatifs aux mêmes matières, et éparpillés dans les annales accumulées par les siècles. Supposons qu'un négociant note jour par jour, sur des morceaux de papier séparés, ses transactions avec A, B, Get tous ses autres débiteurs et créanciers; qu’il enfile ces morceaux de papier sur une ficelle, tels quels, sans jamais les mettre en ordre, à plus forte raison sans reporter ses notes sur son grand-livre, et qu’il continue de la sorte pendant toute'sa vie. Pour savoir où il en est vis-à-vis de À ou de B, ses commis sont obligés de chercher dans cette liasse énorme de papiers en désordre, sans autre secours que leur mémoire et certains carnets tout personnels, où des prédécesseurs avaient jeté quelques notes pour se reconnaître et qu’ils ont laissés en partant. Quelle sera la situation ? Quelles chances auront A et B d'être traités équitablement ? Cette conduite des affaires, si comique que la fiction oserait à peine l'attribuer à un particulier, n’est pourtant qu’une réalité, une réalité sérieuse, en matière d’affaires publiques. Et la méthode a donné exactement les résultats qu'on était en droit

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