‹ Introduction à la science socialeChapitre 36 sur 63 · Fischel English constitution, traduit par Shee, p · texte numérisé non relu

Fischel English constitution, traduit par Shee, p

d'en attendre: divergence dans les opinions du Conseil; contradictions entre les différentes autorités; contestations entre les juges ; conflits entre les cours. Du haut en bas du système, le désaccord est partout. Les comptes-rendus des tribunaux viennent tous les jours nous rappeler que chaque décision prise est incertaine, au point que les chances d'appel dépendent surtout de l'énergie ou des ressources pécuniaires du perdant — non de la décision elle-même. En cas d'appel, il n’est nullement jugé impossible d'obtenir un arrêt exactement contraire au premier.

Cherchons ce que donne le système en dernier résultat — nous trouvons la multiplication des actes agressifs. Si la loi était claire et que l’on fût sûr que les arrêts seront d’accord avec elle, si le recours à sa protection n’exposait pas à perdre beaucoup d’argent et même à être ruiné, il y aurait beaucoup moins de procès. La plupart de ceux qui viennent devant nos tribunaux ne seraient jamais nés, par la raison que les injustices qu’ils révèlent n'auraient jamais été commises. Et du même coup serait supprimée une classe d’injustices encore plus nombreuse : celles auxquelles le méchant est poussé par la pensée que sa victime n’osera pas réclamer justice. Voici donc un cas où l’agent gouvernemental a eu des siècles et des siècles pour perfectionner ses procédés d’application et pour montrer son efficacité, et où son inefficacité est telle que les citoyens craignent d’avoir recours à lui, de peur qu’au lieu du secours imploré par leur détresse, ils ne s’attirent de nouvelles souffrances. Alors vient ce qui serait un commentaire bien saisissant du système, si seulement nous voulions le comprendre! On voit surgir des associations privées, par lesquelles des gens de bonne volonté se proposent de faire ce qui serait du ressort de l'Etat, mais que l'Etat ne fait pas. En ce moment même, ici, à Lonûres, il est question d'établir pour rendre la justice aux commerçants un tribunal de commerce copié sur celui de Paris, qui juge 18,000 procès par an, à 18 fr. 75 c. l’un dans l’autre! |

Mème après avoir découvert à quel point l'État s’acquitte mal de cette fonction vitale, on pourrait croire qu’il s'acquitte bien d’une fonction aussi simple que l'est celle de garder des papiers. On a pourtant apporté dans la garde des

archives nationales, une négligence « qu'aucun marchand d’une prudence ordinaire » ne montrerait à l'égard de ses. livres de comptes. Une portion de ces archives est restée: longtemps dans la Tour-Blanche, à côté de piusieurs milliers de kilogrammes de poudre; une autre portion était placée près d’une machineà vapeur qui fonctionnait journel- -ement. Un certain nombre de documents avaient été déposés dans un hangar provisoire, à l'extrémité de Westminster

Hall, d'où on les transporta en 1830 dans d’autres hangars. situés à Charing-Cross dans les King's Mews. Le rapport de la commission d'enquête de 1836 décrit ainsi l’état où ils étaient à cette époque.

« 4,136 pieds cubes d'archives nationales, dans un état « complet d'abandon, étaient entassés sous ces hangars. « Outre que les papiers étaient ensevelis sous la pous- « sière des siècles, on reconnut au début des opérations (il « s'agissait d'une enquête sur l’état des archives) qu’ils « étaient tous pénétrés d'humidité. Certains documents adhé- «raient aux pierres des murailles, sans qu’on püût les en « détacher. Beaucoup avaient été presque entièrement ron- «gés et beaucoup d’autres étaient absolument pourris. « L'humidité avait réduit un grand nombre d’entre eux à un « état de fragilité tel, qu'on pouvait à peine les toucher; « d’autres encore, surtout ceux qui étaient roulés, étaient « tellement collés qu'il était impossible de les déployer. On « a trouvé six ou sept squelettes complets de ratsäincrustés « dans le papier, et en général il y avait partout des os de «ces animaux. » |

Ainsi,en groupant et en coordonnant les faits que chaque jour nous fait connaître, mais qui malheureusement sortent de la mémoire des hommes au fur et à mesure que d’autres y entrent, nous retrouvons partout le même ‘enseignement. Un jour, c’est de l’état des murailles des Chambres que l’on se plaint; les pierres ont été choisies par une com mission, ce qui n'empêche qu’elles s'émiettent et que Îles parties bâties d’abord commencent à se délabrer avant qu’on n’ait pu achever le reste. Une autre fois, il y a scandale à propos d’un nouveau fort élevé à Seaford; on l’a établi sur les galets, si près de la mer qu'une tempête en a-emporté une grande partie. Ge sont ensuite les 37 millions «et demi

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