Lancet, 28 décembre
ment pas convaincu. Le contraste serait pourtant d’effet aussi fâcheux que peut l'être le cas de la fille Wragg, auquel M. Arnold revient si volontiers avec tant d’insistance. Rien de plus certain qu’en triant les faits, on peut blanchir ou noircir à volonté une société.
Du procédé de M. Arnold passons à certaines de ses opinions, à commencer par celle-ci : l'Anglais manque d'idées. M. Arnold nous dit : — « Il y a le monde des idées, et il y a le monde de la pratique; les Français sont souvent pour supprimer lun et les Anglais pour supprimer l’autre ?. » M. Arnold reconnaît que nous réussissons dans le domaine de l’action, mais il pense que c’est un genre de succès qui va de pair avec le manque de foi aux conclusions spéculatives. En établissant ainsi une antithèse entre la théorie et la pratique, il admet implicitement que le succès dans la pratique ne dépend pas de la supériorité dans la théorie. C’est une erreur. Avant le procédé qui donne un bon résultat, il y a eu une idée juste. Le succès d’une entreprise présuppose une représentation exacte de toutes les données, de toutes les conditions et de tous les résultats — qui diffère de celle qui conduirait à une entreprise malheureuse, en ce qu’elle fait discerner clairement tout ce qui arrivera, au lieu de le laisser entrevoir confusément et incomplétement : il y a une idée supérieure. Tout projet est une idée; tout projet plus ou moins neuf implique une idée plus ou moins originale; tout projet mis à exécution implique une idée assez nette pour déterminer l’action, et tout projet qui réussit implique une idée si juste et si complète que les résultats se trouvent d'accord avec elle. Nous voyons une compagnie anglaise fournir Amsterdam d’eau; or Peau est l'élément des Hollandais, qui ont été, il y a plusieurs siècles, : nos maîtres dans l’art de la diriger, ne sommes-nous pas fondés à dire qu’en nous chargeant du soin d’abreuver leur capitale, les Hollandais prouvent un manque de confiance dans les résultats théoriques? Me répondra-t-on que c’est un peuple sans imagination? Soit. Prenons les Italiens. Naples avait un besoin urgent d’être drainée. Comment se fait-il qu’en face d’une nécessité aussi impérieuse, ni le gouver-