Essæys in criticism, p
nement italien ni les Italiens n aient eu l’idée de prendre l'initiative de l’entreprise? Comment se fait-il que l’idée de drainer Naples, au lieu d'émaner de Français ou d’Allemands — puisque selon M. Arnold les Français et les Allemands ont plus de foi aux idées que nous — soit émanée d’une société anglaise qui a proposé d'exécuter les travaux à ses frais, sans qu'il en coûtât rien à la ville ‘? Et lorsque nous saurons que même dans leur propre pays, Français et Allemands nous abandonnent le rnonopole des entreprises nouvelles, quelles conclusions en tirerons-nous quant à la foi relative aux idées? Quand nous découvrons que c’est une compagnie anglaise qui a éclairé Bordeaux et Toulouse au gaz, n’en inférons-nous pas que les habitants de ces deux villes sont pauvres en idées? Une société anglaise, la Compagnie Hydraulique du Rhône, ayant remarqué qu’à Bellegarde le fleuve forme des rapides qui n’ont pas moins de 40 pieds de chute, a construit un canal dans lequel elle a détourné un quart du volumé d’eau de la rivière; elle s’est procuré ainsi une force de 10,000 chevaux, qu’elle cède aux usines. Quand on voit cela et qu’on se demande pourquoi les Français n’ont pas tiré parti eux-mêmes de cette source de richesses, n’est-on pas forcé de répondre que l’idée ne leur en est pas venue? ou bien qu'elle n’est pas venue assez nette et assez précise pour les décider à tenter l’entreprise? Et lorsque, en remontant vers le nord, nous découvrons que non-seulement les principales villes de la Belgique et de la Hollande, Bruxelles, Anvers, Gand, Rotterdam, Amsterdam, Harlem, etc., sont éclairées par notre Société Continentale du Gaz; mais encore que la même compagnie éclaire nombre de villes d'Allemagne, Hanovre, Aïx-la-Chapelle, Stolberg, Cologne, Francfort, Vienne, et que même la capitale du geist, Berlin, a dû attendre pour avoir de la lumière que cette compagnie lui en donnât, ne sommes-nous pas obligés de déclarer que les Anglais ont montré plus de foi aux idées que les Allemands? Les Allemands ont beaucoup d'énergie; ils aiment passablement l'argent et ils n’ignoraient pas qu’on se servait de gaz en Angleterre. Par conséquent, si ni eux-mêmes ni leurs gouvernements n’ont