‹ Introduction à la science socialeChapitre 60 sur 63 · History of Greece, vol. I, p · texte numérisé non relu

History of Greece, vol. I, p

494 à LA SCIENCE SOCIALE

« mie, aurait semblé non-seulement absurde, mais odieuse et «impie : plus tard même, à une époque où l'esprit de recher- « Che avait fait des progrès considérables, Anaxagore et d’au- « tres astronomes furent accusés de blasphème pour avoir « dépersonnitié Hélios et tenté d’assigner des lois invariables «aux phénomènes solaires !. »

Il y a analogie évidente entre le sentiment qu'on manifestait à cette époque à l’égard des phénomènes de la nature inorganique, et celui qu on manifeste de nos jours à l’égard des phénomènes de la vie et de la société. Attribuer uniquement les actions sociales et les événements politiques à des causes naturelles et rayer la Providence du nombre des facteurs, c’est pour l’homme religieux de notre siècle ce qu’était pour le Grec dévot la dépersonnification d’'Hélios et l’explication du mouvement des sphères célestes autrement que par une action directe des dieux. Ainsi que le disait M. Gladstone, dans un discours prononcé peu de temps après l’apparition du second chapitre de ce volume :

« Je lisais dernièrement une discussion sur la manière « dont certainsindividus extraordinaires surgissent de temps « à autre dans les grandes crises de l’histoire de l'humanité, « comme si un pouvoir invisible et sacré les avait suscités, «et les avait placés dans des situations particulières en vue « de buts spéciaux. L'auteur déclare que ces individus ne se « présentent pas toujours, mais il admet qu’ils sont communs « — si communs et si remarquables, que dans un âge pré- « scientifique les hommes seraient exposés à les appeler « providentiels. Tout cela était dit sans que l’auteur parût se « douter le moins du monde qu’il avançait une chose pou- « vant surprendre ou effrayer — il semblait que ce fût un «lieu commun. Il paraît que dans sa pensée il fut un temps « où les hommes, perdus dans l'ignorance, pouvaient croire à «une Providence sans être entièrement déchus de leur droit « au titre de créatures raisonnables; mais depuis cette épo- « que un autre pouvoir plus grand s’est élevé sous le nom de « science; ce pouvoir s’est mis en guerre avec la Providence « et la Providence a été battue — et nous avons maintenant « le bonheur de vivre dans un âge scientifique, où la Provi-

Page 1