VII. Influence de la psychologie
En ce qui concerne cette dernière, l'influence des émotions et des idées individuelles, par exemple de la prédominance des sentiments égoïstes sur les sentiments altruistes, exerce une action directe sur les rapjwrts sociaux en général, aussi bien économiques que juridiques et autres. Nous avons déjà également indiqué que la tendance des hommes à se grouper en sociétés est basée, en grande partie, sur leur constitution physiologique, qui, elle-même, n'est qu'un assemblage différencié organique et qui, en psychologie, se reproduit dans une série de phénomènes spéciaux, tels que les associations d'émotions et d'idées, les mouvements sympathiques, etc., lesquels sont la véritable transition de la physiologie psychique à la psychologie sociale. Nos assemblées délibérantes, le pouvoir exécutif, le pouvoir judiciaire, etc., ne sont-ils pas, dans le domaine social, la continuation des procédés mêmes de l'intelligence individuelle qui raisonne, transmet aux muscles les décisions du cerveau, et modère et pondère par la réflexion des décisions qui, sans cela, seraient trop rapides et peut-être injustes?
Telles sont les forces externes qui exercent une action constante sur les phénomènes sociologiques. C'est la correspondance exacte et continue du superorganisme social avec ce milieu inorganique
et organique qui constitue la vie sociale, aussi inintelligible, sans cette correspondance, que notre organisme physique et mental le serait en dehors du milieu externe. Plus cette correspondance est complexe et exacte, plus la vie sociale s'élève; plus la société parvient à s'assimiler ce qui est bon et à se défendre contre ce qui lui est nuisible, mieux elle assure les conditions de son existence et de son développement. Supprimez ce milieu, il n'y a pas de sociologie possible, pas plus qu'il n'est possible de concevoir des formes organiques ou psychiques quelconques sans une correspondance avec leur milieu physiologique ou inorganique.
Ce que nous appelons progrès n'est autre chose que cette correspondance du développement social interne avec le développement inorganique et organique externes, dont les deux expressions, territoire et population, sont les facteurs généraux.