LOI DE LA CONSERVATION DE L'ÉNERGIE
Un syslème en Mécanique; forces intérieures et forces extérieures. — Conservation de l'énergie dans Tui — Principe de la moindre action.
Conservation de l'énergie dans l'univers. — Théorème des forces vives.
On a vu :
D'une part, que lorsqu'un poids P qui a été lancé de bas en haut s'élève de la hauteur /^, son énergie de mouvement diminue de P A ;
D'autre part, qu'en même temps son énergie de position s'augmente de la même valeur P h.
Il s'établit donc constamment une compensation exacte entre ces deux sortes d'énergie, en sorte que leur somme demeure invariable.
Ce n'est là qu'un cas particulier d'un théorème beaucoup plus général, qui joue un rôle immense dans toute la philosophie naturelle, qui constitue une des plus belles découvertes
scientifiques faites depuis Newton, qu'on appelle la loi de la conservation de l'énergie, et qu'on énonce ainsi :
Dans un système qui se meut sous Vinfluence de forces extérieures et intérieures quelconques, il se fait à chaque instant une compensation exacte entre la variation de l'énergie dynamique du système et celle de son énergie potentielle, en sorte que la somme demeure invariable.
Après ce que nous avons déjà dit, la démonstration de ce théorème général ne serait ni longue ni difficile. Nous nous en abstiendrons néanmoins, mais il importe de définir les diverses expressions qui entrent dans son énoncé.
1° Par système on entend un groupe de corps en nombre quelconque, mais fini, ayant entre eux des liaisons ou autres relations quelconques. Chacun de ces corps peut se réduire à un atome unique tel que ceux formant soit la matière ordinaire, soit le milieu propagateur dont il a été question au § k. La définition s'applique donc à l'univers, qui est la réunion de pareils atomes en nombre indicible, nombre dont on n'approcherait peut-être pas en passant plusieurs vies à écrire des zéros à la droite du chiffre i, mais certainement fini (*).
(') Celte proposition est presque universellement admise, à raison de l'absurdité mathématique du nombre à la fois infini et déterminé. Elle a pour elle les noms de Newton, Leibnitz, Galilée, Descartes, Cournot, Cauchy, etc. Elle est combattue par M. Hirn : «En partant, dit-il, de cette évidence mathématique pour l'appliquer aux mondes éparpillés dans l'espace, on a oublié une seule chose, c'est que, s'il existe réellement une infinité d'étoiles, leur ensemble ne constitue plus un nombre et que, par conséquent, le raisonnement est faux. » — Dans cet étrange livre intitulé : Terre et Ciel, qui débute si magistralement par le célèbre Discours sur la condition physique de la Terre, Jean Reynaud ne s*en tient pas à la forme dubitative. « Voici mon principe », fait-il dire à son interlocuteur Le Philosophe : « c'est que le Créateur, étant infini et perpétuellement constant à lui-même, produit sans intermittence des créa-