CHAPITRE VII. INTÉGRALES DEFINIES 6l
Considérons par exemple l'intégrale
■dx,
■où f(x) et F (x) sont deux polynômes entiers en x et n'admettant point de diviseur commun ; je supposerai, afin que la fonction
finisse par rester positive, que les coefficients des plus hautes puissances de x dans les deux polynômes soient de même signe ; pour que cette fonction soit intégrable dans un intervalle, il faut que le polynôme F (ce) n'admette pas de racine dans cet intervalle; pour que l'intégrale proposée ait un sens quelque grand que soit le nombre positif £, il faut donc que le polynôme F (x) n'ait pas de racine positive. Si le degré de /(as) était égal ou supérieur à celui
f(x) de F (as), la fonction 'L, < finirait par rester supérieure à un nombre
positif fixe et l'intégrale proposée augmenterait indéfiniment avec £ ; si le degré de /(as) n'était inférieur que d'une unité à celui de
F (as), le rapport de*UV4 à - aurait, pour x infini, une limite différente de zéro et l'intégrale proposée deviendrait infinie comme log £ ; si enfin le degré de/; a?) est inférieur à celui de F (x) de deux
unîtes au moins, on voit en comparant la lonction ^ >— < a -$, que
l'intégrale proposée a une limite pour c infini. En résumé, l'expression
dx
aura un sens si le polynôme F (x) n'a pas de racine positive ou nulle et si le degré def(x) est inférieur de deux unités au moins à ce\\ii de F (x).
Soit encore l'expression
xi>~1 e~x dx,
où a est un nombre positif quelconque ; si l'on compare l'expression xp~l e~x à—, 7- étant un nombre plus grand que i, on reconnaît sans peine que l'intégrale précédente a une limite pour ê, infini ; il est aisé de reconnaître qu'il en est de même lorsque a tend vers o ; on en conclut que l'intégrale
xi'-1 e~x dx
(intégrale eulérienne de seconde espèce) a un sens pour p > o. On en représente la valeur par F (p).
Lorsque la comparaison de la fonction © (x) à — ne réussit pas,
ce qui arrive quand le produit xr<p(x) augmente indéfiniment avec as pour r > i et tend vers zéro pour r< i, on peut employer d'autres termes de comparaison (r), dont je vais dire quelques mots.
Si l'on pose
log2 x = log log X, log3 x =■ log log. log X,
log"' x = log log ... log X, on aura, à cause de l'identité
log'" x = log log'"- l X, et de la règle de dérivation relative aux fonctions de fonction,
tn /i v Dl (log'"-1 x) i
D (lo°m x) = — - = : "
x\ b ' log'"-1 x x log x log"2 x ... log"'-1 X '
d'où, en désignant par a un nombre suffisamment grand,
dx
X log X log2 X ... log'
= log"1 ç — log'" a ;
lors donc que '£ augmente indéfiniment, le premier membre augmentera aussi indéfiniment. Il en sera de même de l'intégrale
o (x) dx
(') Abel, Œuvres, 2° éd., I. n, p. 200.