DU CHOIX D'UN AMANT
C'est une question, mes enfants, de savoir s'il faut être aimable.
D'une façon générale, je vous répondrai .: non.
Se montrer aimable, eh! mais d'abord, savez-vous bien à quoi l'on s'engagerait par là? L'amabilité consiste à sourire volontiers, à faire bon accueil et clair visage à tout le monde, à écouter ce que l'on vous dit, à y répondre avec une courtoisie visible, à complimenter les personnes de mérite, à sembler
se plaire dans la compagnie de celles qui n'en ont aucun, etc.. Quelle entreprise! et quelle folle imprudence!
Sourire volontiers? Mais alors ni vous, Jane, ni vous surtout, mon cher Willy, ne pourriez conserver cette contenance impassible, sinon légèrement grincheuse, qui vous donne sans effort un air bien distingué. Bon accueil à tout le monde? Peste!... Et si l'on vous présentait un individu qui ne soit pas reçu par les gens riches, ou bien une voleuse, une faussaire, ou pis encore que tout cela, une femme divorcée, faut-il donc aussi réserver bon accueil à ces coquins-là? Quant à écouter attentivement et répondre à tout ce que l'on vous dit, vous pressentez où cela peut vous mener, n'est-ce pas? Un beau soir, quelqu'un viendrait à vous parler de sociali-mo, ou de littérature, comme au café, ou ti«'ii(lr;iit devant vous des propos inhabitui animés par la plus choquante originalité : el il laUdrait non seulement l'aire comme si l'on