LA. GRANDE ÉCURIE
A André Maurel.
Vous souhaitez sans doute, ô corinthiens, d'être propriétaires d'une grande écurie de courses?
Hélas! méfiez-vous... Certes, le prestige est éclatant à Auteuil, à Longchamp, à Deauville, à Maisons et à Chantilly, non moins qu'en mille autres lieux. Mais à quel prix se paie tant de gloire, le plus souvent, et combien elle est éphémère, les dieux le savent! Je veux vous conter, en passant, l'histoire du signor Angelotti. Vous y songerez.
Je n'ai point la prétention de vous
ISrnODLCTlO.X A la vie comme-il-faut
apprendre comment on voyage en Italie.
Vous ne m'avez pas attendu, n'est-ce pas, pour connaître le nombre et la qualité des pyjamas qu'il faut emporter dans les hôtels de lîome, ni la meilleure façon de combiner un itinéraire, ni la coupe du smoking sans lequel on goûterait moins bien la joie de vivre en vidant une coupe d'asti, la nuit, à Sorrente, tandis que la mer charmante gémit dans l'ombre au pied de la terrasse. De môme, entre Messine, Païenne et Syracuse, nul n'ignore que Baedeker est peut-être quelque chose, mais que Vii vaut mieux.
Voici donc quelques années, j'accompl i comme tout le monde, une promenade en Sicile, et, comme tout le monde encore, je tenais un Virgile aux doigts. Aussi bien, ce livr<' me servait de poche : je glissais entre feuillets des notes, des cartes postales, nx's factures d'hôtel, ma correspondance. J'y retrouvais pêle-mêle une violette de