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CORINTHIENS

Une très jolie question pour l'Intermédiaire des Chercheurs et des Curieux.

Tout le monde a lu, ou devrait avoir lu Jim Harrison, boxeur, de Arthur Conan Doyle. Imaginez le roman le plus romanesque, ce en quoi il date, hélas ! Mais aussi on ne peut plus sportif, en quoi il est d'hier, d'aujourd'hui et de demain, n'en doutons pas.

L'action se passe dans la société anglaise de 1810, au milieu des boxeurs professionnels non moins qu'amateurs, et parmi les illustrée dandys de ce temps-là. On y rencontre pêlemôle une vieille actrice alcoolique, un forgeron, les marins qui allaient vaincre à Tra-

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.algar, l'amiral Nelson, le célèbre Brummel, le prince de Galles et tous ses familiers. On \ assiste à un étrange déjeuner de boxeurs, à deux matchs sensationnels, dont l'un tout à l'ait grandiose, à une course folle disputée par un four-in-hand contre un dog-car attelé en tandem, etc., etc..

Or, dans ce Jim Harrison, les dandys et autres amateurs de sport sont nommés par l'auteur corinthiens. Conan Doyle écrit co> thiens ainsi que nous écririons soit aficioi dos, soit friands de lame, soit coqueleux, ou toute autre expression analogue.

Que signifie donc exactement corinthU Cela veut-il seulement dire : amateur de boxe ? ou bien seulement : spectateur, et parfois : combattant ? Cela fait-il allusion à la Crèce ancienne? C'est ainsi que la première appellation des dandys, à savoir maccaroi rappelait l'Italie, où tout jeune Anglais du bel air se devait d'avoir au moinsune fois voyagé... Mais pourquoi donc, dans la Grèce entière, avoir

ÉPJTRES A CX C0R1N THIENS

précisément été choisir Corinthe, ville uniquement fameuse par son commerce, sa richesse, sa mollesse, ses courtisanes, ses vases précieux et le style architectural touffu, et comme luxueux, auquel celte cité donna son nom ?

Si l'on voulait indiquer quelque décadence, ne pouvait-on prendre Byzance, ou Sybaris? Si l'on songeait aux luttes antiques, il fallait citer Olympie.

Mystère ', que ce corinthien !. .

Proposons, néanmoins, de rénover le mot. Tous les élégants qui se plaisent aux sports chez nous — courses de chevaux, de

l. M. Théodore A. Cook, très distingué directeur du Ffld, le plus important journal sportif d'Angleterre, nous a fait à ce sujet l'honneur de nous écrire une lettre, dont nous extrayons le passage suivant :

« Le mot Corinthien est de la fin du dix-huitième siècle, quand on appelait les filles galantes des « filles de Cythère », « Paphiennes », etc. « Gorintliian Tom et Jerry » est un vieux roman de 1840. Les o Corinthians » d'aujounl nui sont des amateurs du yacht-racing (curieux!) Mais auparavant ils étaient des amateurs de chevaux, surtout du mail-coach, du « four-in-liand », de la boxe, etc. »

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taureaux, de lévriers, combats de coqs. b< escrime, lutte, etc. — nous les nommerons, si vous voulez, nos « corinthiens ». C vaut bien « dandys », en tout cas, qui a lait son temps.

Et puissent les dieux nous accorder aussi des « corinthiennes » !

Voici quelques lettres, quelques épilres aux corinthiens de Paris, et d'ailleurs.

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