‹ Introduction a la vie secrèteChapitre 4 sur 11 · CR AD NE D 7 LL F · texte numérisé non relu

CR AD NE D 7 LL F

blié, rejeté, bafoué, tout jaillit des plus secrètes profondeurs du Moi, et tout crie, tout hurle dans l’enivrement des visions du grand Ciel de la Vie perçu enfin. Puis, lentement, graduellement, tandis que l’être se replie sur lui-même, un grand apaisement descend en lui.

Bref transport, extase d’un moment. La vie, la vie bruyante, incomplète, la vie brutale par ses nécessités d’effort et de lutte continue pour conserver tout ce qui relève de la Chair, du Corps, pour reproduire l’Espèce, cette vie où l’Instinct reprend ses droits sur le Cœur et l’Intelligence ressaisit l’homme et l’étreint. Mais la Flamme que le Désir, l’Aspiration a allumée, a sustentée durant cette heure d’illumination, cette Flamme qui, tel un éclair, a percé les ténèbres cachant à l’être humain tout ce Moi de possibilités, d’espérances, de certitudes d’une Beauté, d’une Vérité de Vie où toutes les choses, toutes les actions prennent un sens d’Eternité, d’Immortalité, cette Flamme ne peut plus s’éteindre.

« — Etre ou ne pas Etre ! » s’est écrié Hamlet. Le problème se pose, car la nuit qui enveloppait l’homme n’est plus, et cette voix inté-

rieure, cette voix que nous avons déjà entendue ne cesse plus d’ordonner à l’homme d’ « Etre ». Et entre le Corps et l'Esprit un dialogue s’engage, semblable à celui que nous lisons dans une œuvre de Tagore, le pÈCIE bengali :

« — Au milieu de la course et des En de la vie, Ô Beauté sculptée dans la pierre, tu te tiens muette et calme, solitaire et lointaine. Le Temps Eternel, enamouré, est assis à tes pieds et murmure : Parle, parle-moi, mon Amour, parle, mon épousée. Mais ton Verbe est scellé dans la pierre, Ô immuable Beauté! » Et cette Beauté se rapproche, se dresse plus près, très près et répond : « Si vous désirez travailler et remplir votre cruche, venez, Ô venez à mon lac. L’eau s’enroulera autour de vos pieds et vous gazouillera ses secrets. Laissez votre manteau bleu étendu sur la rive; l'eau d’azur vous couvrira et vous cachera. Les. vagues se feront idouces pour baiser votre cou et murmurer à vos oreilles. Venez, ô venez à mon lac si vous désirez vous baïgner dans cette eau. »

Lorsque cet entretien intérieur a lieu et se

répète, on peut affirmer que l’homme est né une seconde fois, qu’il se régénère. Il a perçu le monde de Lumière libératrice. Nous ne parlons pas de l'Univers, des Forces Naturelles extérieures à lui. Le mouvement de glorification, de sanctification commence par le dedans, par le soi-même. « L'homme est un repoussé du dedans », a écrit le peintre Carrière. C’est uniquement, en effet, dans la mesure où l'être humain prend conscience des Forces de son Esprit que celles-ci le « repoussent », le sculptent, le modèlent. Selon la Beauté intérieure réalisée, l’homme sentira et comprendra la Beauté, l’'Harmonie du Cosmos entier. « Connaïs-toi toi-même et tu connaîtras l'Univers et les Dieux ». Mais il l’a sentie, il la comprise, il a entendu sa Voix, sa Voix Secrète, et ce lac, ces eaux qui lui gazouilleront leurs secrets, il les porte en lui et quels que soient désormais ses soucis, ses peines, ses préoccupations, ses douleurs de vie profane, le sentiment et la certitude de vivre d’accord avec un principe éternel qui l’habite ne le quitte plus.

« Etre ou ne pas Etre. Telle est la ques-

tion! » s’est écrié Hamlet. C’est aussi le problème qui se pose désormais avec toutes ses complexités, tous ses mystères, devant l'Homme. L'Instinct, le Sentiment, la Pensée se disputent l'Homme actuel. Tant que l’Institut prédomine, aussi longtemps que les principes de conservation et de reproduction gouvernent d’une manière exçlusive tous les mobiles de ses actions, l’homme vit sous le principe de l’'égoïsme, de la passion, de la personnalité, les lois de la nature animale règlent toujours son existence. Quand le monde du Sentiment, du Désir, de l’Aspiration s’ajoute au plan instinctif, passionnel de l'être, la nature humaine se manifeste. Enfin, lorsque l’homme, par un effort de volonté, développe tous les germes de Pensée qu’il possède, dès que son Intelligence lui permet, grâce à l’Aspiration, de transformer le destin inférieur animal qu’il n’a cessé de subir, la nature divine, avec toute sa grandeur et sa puissance, s’éveille en lui.

Et il ne s’adresse plus aux causes impulsives, car celles-ci dispersent, gaspillent et anéantissent ; il aspire à étre, à devenir, à construire son Moi, former une synthèse tendant, par

toutes les forces du Désir, vers cet Absolu irréalisable mais qui est le but le plus glorieux de l'Homme évolué, — la conscience constante de tous ses pouvoirs réalisés sur lui-même et sur le monde qui l’entoure. Il veut naître à la Vie de la Pensée, car c’est uniquement par son intelligence qu’il peut être à l’image ée Dieu son formateur.

« — Vie de ma Vie! » proclame celui qui s’est offert à la Divinité, — offrande lyrique, offrande sacrée, — « toujours j’essaierai de garder un corps pur, sachant que sur chacun de mes membres repose ton vivant toucher.

Toujours j’essaierai de garder de toute fausseté mes pensées, sachant que tu es cette vérité qui éveille la lumière de la raison de mon esprit. Et ce sera mon effort de te révéler dans mes actes, sachant que c’est ton pouvoir qui me donne force pour agir ».

5. — Qui peut pousser ce cri de victoire sur lui-même sinon celui qui est? Etre, c’est se sentir une tendance, une résultante, une syn-

thèse ; étre, c’est prendre conscience des transformations intellectuelles et spirituelles qui permettent d’éprouver, de penser les choses plus personnellement, plus profondément, plus mystérieusement, c’est vivre Moi vis-à-vis du Tout, remplir dans ce Tout une mission qui ne pourrait revenir à nul autre, c’est savoir que l’on reçoit sans cesse davantage de tout ce qui est vibration, souffle, lumière, amour, inspiration dans la Vie de la Matière, c’est apprendre à communier avec tout l'Espoir, toute la Joie, toute l’Extase renfermée dans chaque atome de Maïa chantant la certitude de son immortalité ; étre, c’est illuminer chacun des atomes qui constituent notre forme au contact des fleuves, des torrents de feux engendreurs de Vie et de Science de Vie qui jaillissent de tous les atomes dont le grand corps de Maïa est formé ; étre, c’est se développer sans cesse afin de pouvoir être pénétré par des Forces Cosmiques toujours plus lumineuses, plus divines.

Le corps d’un Roi, selon la croyance hindoue, était composé de particules émanées des huit principaux gardiens du monde : de Soma

ou Dieu de la Lune, roi des Brahmanes, d’Agni ou Feu, de Souria ou Soleil, de Pavana ou Vent, d’Indra ou Ciel, de Kouvera ou richesses de l'Univers, de Varouna ou des eaux, et de Yama ou enfers. N'est-ce point l’Homme-Roi, divin parmi les hommes ?

L'Homme « Royal Néophyte » est celui qui, montant les mystérieuses gradations de la Vie Secrète, reçoit de plus en plus consciemment les Forces émanées de ces puissants Gardiens du Monde. L'Homme « Royal Initié » est celui qui garde et élargit sans cesse le rapport constant qu’il a su établir avec les Divinités Cosmiques afin d’agir selon le Bien vis-à-vis de lui-même, de son entourage, du Cosmos; il est l’'Homme-Roi qui vit la Vie Secrète.

6, — Les pages qui suivent ont été écrites dans le but, non pas de révéler, mais de rappeler à l'Homme moderne le Pouvoir qui est en lui et qui peut lui permettre de redécouvrir ces échelons voilés de la Vie la plus profonde.

Frères et sœurs à qui ces pages s’adressent, il est une Cause Sainte, un grand Idéal pour lequel travaillent aujourd’hui et travaillèrent, au cours des âges, dans différentes contrées de la terre, des hommes de haute foi et de zèle puissant. L’ « Enseignement Initiatique » est donné à tous ceux que la culture de l’Esprit ou que la forte spontanéité du Désir amèenent vers nous, à ceux qui s’écrient avec Gœthe : « Encore plus de lumière! »

7. — Or cet Enseignement se propose de démontrer à l’homme Psycho-Intellectuel quels sont l’objet et le but véritables de la vie et jusqu’à quel point les capacités humaines peuvent être développées, de tirer l’homme colletctif non évolué de l’état grossier dans lequel il végète pour l’élever, le spiritualiser et surtout l'instruire à penser par lui-même, l’amener à utiliser ses facultés intellectuelles en lui faisant comprendre sa propre responsabilité et la part qui lui est assignée dans le Cosmos de l’Etre.

La Vie ! Elle est dans tous les règnes qui entourent l’homme, l’homme la reçoit de partout et ne cesse de lui répondre, elle est dans la Nature qu’il étudie toujours mais qui lui révèle, seulement au prix de grands efforts une partie de son Mystère, elle est dans chacun de ses semblables parmi lesquels il chemine mais qu’il ignore le plus souvent, qu'il méprise inconsidérément, loue avec exagération et dont il ne découvre que très rarement la qualité essentielle, le rôle propre. La Vie est dans les quatre grands Eléments par lesquels la Substance se manifeste aux sens nervo-physiques de l’homme et dont la nature intime lui échappe ; elle est dans les phénomènes d'ordre électrique, magnétique, calorique, lumineux dont l’homme ne s’est pas encore rendu maître ; elle est dans le Mouvement constant, dans l’incessante transformation de la Matière atomique et moléculaire ; elle est dans les révolutions des astres autour . de leurs centres glorieux, le Soleil, Sirius, l'Etoile Polaire, Halcyon; elle est dans les secrets des espaces interstellaires, dans l'Unité grandiose de toutes les Densités et de toutes

les Raréfactions, Unité dont la vision et la conception ne peuvent naître, chez le néophyte qui médite et contemple, que par la puissance de l’éclair de l'intuition illuminant ses degrés d’être les plus sensitifs et réceptifs.

La Vie est partout dans l’Espace dont on ne conçoit pas les bornes ; elle est sans Origine ni Fin concevables dans l’Eternité dont le principe ne peut être formulé par notre Raison.

Et rien ne limite la Vie, rien ne la grandit, rien ne la dégrade, rien ne l’embellit : c’est elle seule qui domine, qui rejette ou supprime ce qui ne tend pas à La servir, c’est elle qui donne de sa sublimité et de son immortalité à tout ce qui sustente en soi le Désir sacré de La réaliser dans sa Plénitude.

Mais tandis que ces manifestations sans nombre de la Vie Cosmique évoluent autour de lui, l'Homme ne cesse de se heurter contre les limites de son pouvoir de les sentir, de les comprendre ; il croit percevoir, il lui semble qu’il explique, mais le Réel toujours plus grand, plus glorieux, plus immense ne se hâte que trop, en l’accablant de son impénétrabilité, de lui montrer la vanité de ses dogmes, la rela-

tivité de son savoir, la difficulté, sinon l’impossibilité de baser ses connaissances sur une certitude fixe. L’impossibilité du certain, du vrai! Alors même que l'Homme dont la Raison faiblit dans son effort de découvrir les Lois premières, origines de toutes les causes, perd l’espoir d’aboutir à une Certitude logique, son Sentiment, son Désir, sa Foi lui permettent de poursuivre ses recherches parce qu’ils font naïtre en lui la Certitude intuitive. L’intuition de la Vérité ! Il n’y a pas de joie, pas de stimulant plus fort pour l’homme, pour le néophyte. Cette intuition, il n’y a pas un être vivant, servant la Vie, qui ne la porte en lui, qui ne soit sustenté par elle. Cette connaissance synthétique immédiate, directe de certains Principes, cette Lumière qui éclaire l'Esprit doit être examinée, développée, approfondie ; l’Intelligence, par son travail, vient soumettre à l'épreuve de la Logique, les révélations des éclairs spirituels. Après la synthèse, l’analyse, après avoir été illuminée, la Matière la plus subtile doit être intellectualisée. Et l’homme qui veut résoudre les problèmes soulevés par le Pourquoi et le Comment de la Vie, décom-

pose, compare, dissèque, puis il fixe, pénètre l'intimité de chaque constituant, il lit et, rétablissant ensuite la Chaîne faite de toutes les parties constitutives du Tout, il revient à l'Unité fondamentale.

8. — L'homme, le néophyte, lit, et sa lecture est alternativement ou simultanément extérieure ou intérieure. Elle est extérieure quand l’homme communie avec la Nature, lorsqu'il reçoit d’elle l’Inspiration, qu’il dégage de ses spectacles sereins, de ses brusques cataclysmes, des transformations lentes et à peine perceptibles de ses aspects, l’enseignement, la forme de Vérité en rapport avec le stade de son évolution. Elle est encore extérieure lorsque l’homme considère son semblable, observe sa conduite, et tire une leçon des erreurs qu’il commet, de l’effort de son redressement, de ses chutes nouvelles, de sa persistance dans le mal ou de sa réelle évolution progressive. La lecture féconde n’est pas seulement une

jouissance, une délectation, elle n’est que s’il y a échange, enrichissement de la pensée, éducation du sentiment, compréhension rendue plus grande du monde environnant ; elle n’est, comme le dit Emerson, que si « le fait auparavant mort est devenu une idée vivante ».

La lecture doit conduire à un enseignement et ce résultat patent à acquérir rend plus difficile la lecture intérieure.

Il y a lecture intérieure lorsque le regard de l’homme averti, du néophyte se fixe, dans le recueillement, au-dedans de lui-même ; c’est le déchiffrement de l’énigme que le Moi représente ; c’est le minutieux examen de son atavisme, de ses tendances, de son caractère, la

pénétration de l’essence même de son être, de son histoire. La lecture intérieure est le discernement de ces petites perceptions dont parle Leibniz, « qui forment ce je ne sais quoi, ces images, ces goûts, ces images des qualités des sens, claires dans l’assemblage, mais confuses dans les parties, ces perceptions insensibles qui marquent et constituent le même individu caractérisé par les traces ou expressions qu’elles conservent des états précédents de cet

individu, en faisant la connexion avec son état présent, perceptions qui se peuvent connaître par un esprit supérieur quand cet individu même ne les sentirait pas, c’est-à-dire lorsque le souvenir exprès n’y serait plus ».

Or ce n’est point l’esprit supérieur, v’est l’individu, l’homme évolué, le néophyte, qui, par la lecture intérieure, pénètre les mobiles spirituels les plus secrets de son activité propre, perçoit les plans différents des intensités instinctives, affectives, intelligentes, par lesquelles sa personnalité se distingue, et apprend à se connaître lui-même.

9. — Selon notre règle initiatique de Vie, vous nous entendrez dire et répéter inlassablement que l’effort le plus utile, celui pour lequel nous devons éduquer notre être de désir, d’aspiration, de volonté, est le développement de notre sens interne, pouvoir que possède l’âme de se considérer, de se lire elle-même. Ce sens interne est, peut-on dire, infaillible, car il est la

résultante de toutes les consciences d’être particulières de chacun des atomes, de chacune des molécules, de chacun des degrés d’être de notre Moi. L’homme se trompe sur lui-même tant qu’il n’a pas pris contact avec ce senti-

. ment profond, cette conscience synthétique et il ne prend contact avec elle, graduellement, que lorsqu'il médite, qu’il se recueille, et que dans cette concentration silencieuse, les yeux de l'esprit découvrent ces caractères les plus

voilés, ces symboles les plus mystérieux dont les complexités croissantes lui révèlent des modalités de Vie insoupçonnées auparavant. C’est la lecture intérieure, c’est le « connais-toi toimême » initiatique des anciens.

Cependant, tandis que l’homme se détermine ainsi vis-à-vis de ses possibilités les plus hautes, qu’il classifie et hiérarchise les besoins, les tendances, les aspirations semblables ou contraires par lesquelles se manifestent diversement, et, selon la richesse de l'individu, innombrablement, les degrés nerveux, psychique et mental de son être — l'Homme se sent toujours davantage plus un avec les Courants de la Vie Universelle dont il se sait aussi plus dé-

pendant et plus solidaire, plus responsable de la manière dont il recevra leurs influx puissants, saura les appeler, pourra leur répondre. Avec une certaine phase de l’évolution, la réceptivité et la responsion deviennent simultanées, telles deux forces qui fusionnent dans l'éclair illuminateur.

L'homme apprend à recevoir et répondre consciemment. Il entre en communion avec l’'Ame de l'Univers dans les états denses et raréfiés de la Substance et, progressivement, des consciences d'êtres latentes s’éveillent à la Vie et ce qui, avant ce contact, cette fécondation subtile, échappait, dans le cosmos environnant, à l’intelligence de l'individu, devient une réalité intelligible. Le néophyte, en effet, perçoit dans des degrés de matière correspondant en lui à la nature des vibrations qui le pénètrent, et lit dans les images et conceptions nouvelles, nées de l’individualisation de constituants nerveux, psychiques et mentaux, les signes magiques qui lui permettent de relever les voiles, de percer les ténèbres, d'éclairer le Mystère auparavant impénétrable du Tout qui l'entoure.

Et ainsi, à un autre moment de l’évolution du

néophyte, les lectures extérieures et intérieures deviennent intimement liées : qui ne se connaît ne connaît point l’univers et les dieux et qui n'entend pas la Parole Universelle Divine ne sait écouter non plus la Voix de l’Intelligence et de la Sagesse qui l’habitent.

. Cependant, une certaine maîtrise de soi difficile à acquérir est nécessaire pour réaliser cette réceptivité et cette responsion, condition première d’une incessante transformation progressive de l’homme. Pour atteindre à cet empire grandissant instinctif et affectif, pour que le psychisme et la mentalité dirigent l’activité de l’être, une éducation est indispensable, un savoir que seule l’Initiation peut donner. Pour que le néophyte puisse pénétrer le Sanctuaire secret, profond de la Nature, il faut tout d’abord qu’il soit devenu sûr des facultés qu’il possède, confiant en lui-même autant que prêt à suivre les conseils de plus évolués, de plus instruits que lui. Or la Science Initiatique a été transmise à travers les âges sous la forme d’une tradition révélée soit de mentalité en mentalité — comme nous pouvons le lire dans les textes traditionnels initiatiques — soit dans

un langage parlé ou dans une langue écrite.

Avant de communier directement avec les manifestations les plus hautes de la Vie, celles des Forces Universelles, le néophyte échange, apprenant à se reconnaître, à se ressouvenir sous une direction choisie, avec ce qui, dans l’œuvre de son semblable, peut le conduire au seuil même du Temple où le Sentiment et l’Intelligence de la Vie sont enseignés aux âmes, aux esprits éprouvés ; le néophyte lit les Livres, les Livres sacrés de l’antiquité.

10. — Mais pourquoi nous Européens, devons-nous recourir à des ouvrages qui datent des temps les plus reculés de l'Histoire et méditer une Tradition dont l’origine remonte à des siècles et même à des millénaires qui appartiennent à des époques précédant celles que les historiens modernes ont qualifiées d’historiques ? Un philosophe chinois a dit : «Nous ne faisons que rapprendre ce que l’on rapprendra dans la suite des siècles. Nous ne voyons dans

les livres des anciens que ce que nos connaissances permettent d’y voir. » Or, nous Européens, malgré la gloire de notre Renaissance, la profondeur de pensée de nos philosophes, le génie de nos écrivains, de nos théoriciens des droits et des devoirs de l’homme, nous n’avons pas encore « rappris », en étudiant la vie, l’enseignement oral et les conseils écrits des Maitres de l’antiquité, tout ce que l’Intelligence et la Sagesse humaine pouvaient accomplir.

Pourquoi ? Parce que nous ne les avons pas lu, que, ne les ayant pas lus, nous n’avons pu les comprendre et que, ne les-ayant pas compris, nous n’avons pu mettre en pratique leur Loi spirituelle et intellectuelle.

« Ceux qui ont beaucoup lu valent mieux que ceux qui ont peu étudié », est-il écrit dans les Lois de Manou, « ceux qui possèdent ce qu'ils ont lu sont préférables à ceux qui ont lu et oublié ; ceùx qui comprennent ont plus de mérite que ceux qui savent par cœur ; ceux qui remplissent leur devoir sont préférables à ceux qui le connaissent simplement ».

Et quel est ce devoir ? Dans l’Inde — les Brahmanes, en Perse — les Mages, en Egypte

— ceux qui initièrent Moïse, Platon et Pythagore, en Grèce — les prêtres de Delphes et d’Eleusis, en Chine — Confucius et Lao-Tseu, à Rome — Marc-Aurèle, Saint-Paul sur les côtes sacrées et profanes de la Méditerranée, et les Druides, enfin, ces descendants des Initiés du passé le plus lointain de l’Atlantide, le formulèrent : se redresser sans cesse, prendre concience de son être profond et vivre l'effort pour se réaliser. Et quel était le travail auquel se trouvait astreint non seulement tout étudiant qui venait demander aux instructeurs et aux évoluteurs les bases de la Connaissance Sainte et les règles de la Conduite, mais aussi celui-là même auquel revenait la tâche d’instruire et d’évoluer son semblable ? la Lecture. La Loi sacrée des Hindous, si dure pour les Soudras ou esclaves à qui elle n’assigne qu’un seul office, celui de servir les autres classes, donne en partage :

« Aux Brahmanes ou caste sacerdotale, l’étude et l’enseignement des Védas ; aux Kchatriyas, caste militaire, le devoir de lire les Livres Saints, de protéger le peuple, d’exercer la chärité et de ne pas s’abandonner aux plai-

sir des sens ; enfin aux Vaisyas ou commerçants ou agriculteurs, d’étudier les Livres sacrés, de donner l’aumône de soigner les bestiaux.

Dans l’Europe du vingtième siècle, l’unique Loi Sainte qui puisse indiquer à l’homme le premier de ses devoirs vis-à-vis de lui-même, celui de devenir un être pensant — il ne peut lavoir, la faire naître, la développer, la sustenter qu’en lui-même : c’est la Loi du Désir.

11. — Qui ne possède pas le Désir ne peut lire avec utilité. C’est avec la flamme intérieure de son êfre que l’étudiant peut revêtir toute la Vie, donner corps à toute la Lumière contenue dans la page d’un Livre. Seul le Désir qui grandit peut élever le choix de l’ouvrage de- .vant satisfairé, sustenter les atomes, les molécules psychiques et mentaux éveillés à la Vie et assoiffés déjà de plus de Vérité. Seul le Désir, par son impatience du contact magique engendreur de ces embrasements — inspira-

tions ou visions par l’âme d’autres mondes qui, dans l'Homme, près de lui, plus loin, aspirent à la plénitude‘ de la Vie, de l’Intelligence, de l'Amour, seul le Désir conduit le néophyte, dans le Livre de Sagesse qu’il médite, vers les sources précieuses du Savoir dont son Esprit a besoin.

—« Il y a une manière de lire créatrice », a écrit Emerson. Nous découvrons alors, chose toujours vraie, que, comme la vision du voyant est brève et rare au milieu des jours et des mois pesants, de même le compte rendu en est rare et bref, formant peut-être la plus petite partie de son volume. L'esprit judicieux ne lira dans son Platon ou son Shakespeare que cette petite partie, que les paroles authentiques de l’oracle ! »

Seul, le Désir donne à l’homme la force de persévérer, de ne pas perdre espoir lorsque l'effort est demeuré vain pendant des mois, des années même, de pénétrer le Temple intime du Moi où, dans le silence du Mystère Suprême se fondent les triples Forces humaines, Naturelles et Divines du Pathétisme, de l'Esprit et de l’Intelligence, situant l’homme Psycho-In-

- tellectuel dans la Chaîne subtile contenant tous les règnes, toutes les Humanités, toutes les Terres et les Formateurs, les Equilibrateurs, les Emanations et les Attributs des Causes Cosmiques. Et le jour vient où le mur qui se dresse entre le Monde du Corps et le Monde de l’Ame semble tomber de lui-même, où la glorieuse Unité de la Substance et de l'Esprit qui la permée se révèle au néophyte patient, ayant consacré toutes les heures que sa volonté a rendues libres au travail le plus utile pour la réalisation de l’Ordre Universel : la connaissance et le perfectionnement de soi-même.

12. — A notre époque; les collèges ïhitiatiques n’existent pas et l’Initiation qui est la Science et l’Art de la Vie, la Connaissance du lien constant entre toutes les Manifestations des Formes innombrables de la Vie dans le visible et l’invisible et de l’Ethique qui doit résulter de ce savoir — l'Enseignement Initiatique, est donné aux Hommes de Désir dans des Livres qui sont la « Tradition Cosmique »,

la « Revue Cosmique » et d’autres ouvrages et brochures préparatoires. Ces livres, publiés au nom du Mouvement Cosmique, représentent la plus grande, la plus puissante, la plus profonde synthèse philosophique qui ait été formulée par écrit durant les Temps modernes.

Le visionnaire des Mille et Une Nuits s’écriait: « J’ai vu les beautés réunies dans la mosquée de Jullog. Et sur ses murailles, la signification de la Beauté est expliquée. Si le peuple fréquente les mosquées, dis-lui que la porte d'entrée est toujours large ouverte. » Mais nous dirons : les Temples de l’Atlantide, du Mexique, de l’Inde, de l'Egypte, de la Perse, de la Grèce ont disparu, on n’entend plus les voix prophétiques de Moïse et de Socrate, mais la Vérité Traditionnelle est toujours présente, car elle est éternellement dans et par l'Homme, dans et par les Forces Naturelles et Divines, cette Vérité vit dans le présent, comme elle vivait dans le passé le plus lointain, sa signification est expliquée dans chacune des pages des

textes cosmiques et tous les hommes de bonne

volonté peuvent, grâce à la Lecture Sainte de ces Ecritures, La redécouvrir en eux et autour d'eux.

Des milliers de pages de Science et de Sagesse nous sont offertes ; mais que l’étudiant, le néophyte, avant de les ouvrir, sache que c’est uniquement de l’état d'âme, de l'esprit, du désir avec lequel il abordera cette Lecture que dépendront les Joies qu’il en éprouvera, joies spirituelles n’ayant comme but que lutilité la plus haute : son instruction et son évolution. Il entre dans un Temple, il vient dans le désir d'apprendre, de recevoir, il ne peut manifester sa personnalité, son moi — puisque

ce moi il l’ignore ; que son attitude soit donc pleine d’humilité, qu’il fasse en lui ce silence sacré permettant seul d'entendre les voix toutes psychiques et mentales qui Jui murmureront les secrets contenus dans toute matière sacrée. Car elles sont saintes toutes ces pages des « Chroniques de Chi», du « Drame Cosmique », des « Revues Cosmiques », elles sont saintes et pures comme les profondeurs de lAme Universelle dont chacune d’elles est un reflet et aussi comme ces régions des plans les plus voilés de l’Ame humaine qui s’ouvrent graduellement devant les yeux ravis du néophyte lisant en méditation ,puis en contemplation des récits comme ceux du «Royal Néo-

phyte », du «Royal Initié », d’« Attanée Oannés », des « Quatre Evocations », d’« Aorah », du « Saphir d'Iran » et d’autres où les plus radieuses promesses et les espoirs les plus féconds sont donnés aux êtres qui veulent devenir des individualités sentant et pensant par elles-mêmes.

Et il faut encore, en ouvrant ces nouvelles Saintes Ecritures, « avant de méditer, savoir », | comme il a été recommandé, « quels sommets ou quelle vallée, quelle source cachée ou quels océans nous attirent. En concentrant notre esprit sur un seul point, la réponse la plus proche de nous-même nous sera donnée et si sa logique côtoie pour quelque temps encore l’unique droit chemin, l'effort accompli ne sera pas perdu, il nous aura rapproché par l’aspiration du foyer de la connaissance ».

13. — Pour sentir et comprendre la Vérité dont chacune des pages de ces Livres nous révèle des aspects toujours nouveaux, des horizons insoupçonnés, des sphères sans nombre,

il est nécessaire, nous l’avons dit, de la rece- voir et de lui répondre consciemment. Le néophyte entre en communion avec l’Ame de PÜnivers dans les états denses et raréfiés de la Substance et, progressivement, des consciences d'être particulières, latentes, s’éveillent à la Vie et ce qui, avant ce contact, cette fécondation subtile, échappait, dans le cosmos environnant, à l’intelligence de l’individu, devient une réalité intelligible. Pourquoi ?

| Parce que le néophyte a compris que ces = aspects, ces horizons, ces sphères se décou- 5 vrant ainsi ne sont pas seulement des mondes évoluant autour de lui. Il les a sentis, les a même vécus peut être comme des âmes distinctes dans son Ame une, des moi très différents dans son Moi un. Et l’infinie complexité de ce mot humain se révèle à son esprit contemplatif avec la soudaineté d’un éclair perçant l’épaisse nuit des couches atmosphériques, ou se dévoile progressivement à sa pensée qui médite, approfondit. L’homme lui apparaît avec une variété de degrés d’êtres jeunes ou plus anciens, s’étant revêtus plus d’une fois à déjà de la densité nervo-physique, s’incarnant,

Ve

se réincarnant, toujours dans le but suprême de l'unification, de l’harmonie, de la Restitution. Il conçoit la vérité de cette affirmation de Pythagore : J’ai été autrefois Acthalide et on m'a cru fils de Mercure ; Mercure ayant promis de m’accorder la grâce que je souhaiterais, hormis celle d’être immortel, je lui demandai le don de conserver la mémoire de tout ce qui m'arriverait pendant ma vie et après ma mort. » Et effectivement, lui, Pythagore, avait présent à l'esprit tout ce qui s'était fait dans ses différentes métamorphoses, c’est-à-dire qu'il avait été Aethalide, en second lieu Euphorbe, en troisième lieu Hermotime et en quatrième lieu Pythagore.

Réfléchissant sur ce fait, le néophyte s’explique les erreurs commises par lantiquité profane quand de plusieurs Hercules elle n’en forme qu’un seul, lorsqu'elle synthétise parfois dans la glorieuse Figure d’un Prophète, d’un Fils de l'Eternel, d’un Grand Initié les prodiges, les actes héroïques accomplis par plusieurs êtres incarnés ou réincarnés à des époques diverses de l’histoire de notre humanité.

14. — Tandis que le néophyte médite encore sur cet effort, dont seuls quelques rares Initiés furent capables, d’individualiser assez de constituants nerveux, psychiques et mentaux pour qu’ils gardent la mémoire, la conscience de revêtements dans des formes nervo-physiques différentes, l’activité de sa pensée concentrée sur un seul point se ralentit, le sentiment net qu’il avait des choses s’imprécise, il lui semble que toute limite à son pouvoir de sentir s’évanouit, une clarté sereine et douce se fait en lui, les yeux de l'Esprit s’ouvrent, il contemple. Etudiants, hommes de Désir, cosmophiles, c’est le plus souvent dans cet état de contemplation que les pages des textes cosmiques doivent être lues.

« Les problèmes obsédants sur lesquels on craint de méditer, que l’on n’ose pas regarder en face et moins encore en chercher les résultantes », se résolvent parfois presque d’eux « mêmes dans l’état de contemplation. Ce que « nos yeux ne discernent pas », est-il dit dans la «Revue Cosmique », « ce que nos oreilles sont inaptes à saisir, des sens plus subtils, endormis, latents, nous en rendent maîtres et

conscients, Quelle sérénité, quel repos, quelle irradiation merveilleuse lorsque nous parvenons à éclairer de quelque lueur espérante l’un des replis obscurs de notre esprit où se terrent comme des malfaiteurs les négations, les craintes, les doutes, les défis. Qu’étions-nous déjà ? Que serons-nous encore ? Où allonsnous ? »

15. — Ce que nous sommes, ce que nous avons été, ce que nous pouvons et devons devenir, redevenir, les textes des Chroniques de Chi, du Drame Cosmique, des Revues Cosmiques nous le disent, nous l’enseignent dans la mesure où, ayant armé notre courage et nous étant labourés nous-mêmes de manière que notre terre nerveuse puisse être fécondée par une incessante infusion de forces psycho-mentales, notre psychisme et notre mentalité ont pris les rênes du gouvernement intérieur de notre être. Car alors seulement aucune brume ne viendra s’interposer entre l’in-

telligence et l'intuition du lecteur et la Vérité subtilement voilée dans cette Bible moderne. Et sentiments, souvenirs et pensées, désirs, évocations et images, une infinité de for- mes qui semblaient auparavant dormir dans

des états de nous-mêmes sans lien apparut avec notre Manifestation quotidienne, touchent notre vision nervo-physique, nous émeuvent, nous exaltent ; notre âme reprend possession d’elle-même, se complète en classifiant, mettant en ordre, hiérarchisant dans des plans nerveux, psychiques et mentaux toutes les résultantes des intensités, occultes encore avant cet Echange avec la Réalité Sainte du Livre, puis devenues des forces agissantes telles des possibilités dont la puissance virtuelle se transforme en effectivité réalisatrice. L’Echange glorieux s’approfondit et le néophyte vit ces moments de réelle extase où le corps et l’esprit de la matière écrite se fondent dans une Noce sacrée avec son esprit, sa propre chair. L’abîme qui existait entre le présent et le passé se comble, des chaînons invisibles se matérialisent, l’éphémère se prolonge, le transitoire s’éternise et cette Vérité apparaît, génératrice

du plus grand Espoir : il n’y a pas de nuit, il n’y a pas de destruction, il n’y a de solution de continuité que là où l’individualisation manque, il n’y a de mort ou plus exactement de transition que là où l’ignorance règne. C’est pourquoi l'ignorance est le plus redoutable ennemi de l’homme. Mais les Livres cosmiques sont là, à la portée de tous les hommes de Désir pour combatire l’ignorance. éclairer leur Moi, illuminer leur entourage. La transition n’est que là ou l'ignorance règne. La Vie est une incessante transformation que la connaissance et la puissance de l’homme peuvent rendre progressive. Pour l'Homme, Elle doit être un constant perfectionnement.

— « Depuis l’homme le plus élevé en dignité jusqu’au plus humble et plus obscur, devoir égal pour tous : corriger et améliorer sa personne », a dit Confucius. Et Saint François de Sales écrit : « La devotion doit estre differement exercée par le gentilhomme, par l’artisan, par le valet, par le prince, par la veuve, par la fille, par la mariée : mais il faut accommoder la practique de la devotion aux forces, aux affaires, et aux devoirs de chaque particu-

lier. C’est une erreur, ainsi une hérésie de vouloir bannir la vie dévote de la compagnie des soldats, de la boutique des artisans, de la cour des princes, du menage des gens mariez.

Il est vray que la devotion purement contemplative, monastique et religieuse, ne peut estre exercée en ces vacations-là : mais aussi outre ces trois sortes de devotion, il y a plusieurs autres propres à perfectionner ceux qui vivent es estats seculiers. Abraham, Isaac et Jacob, David, Job, Sara, Rebecca et Judith en font foy par l’ancien testament, Il est mesme arrivé que plusieurs ont perdu la perfection en la solitude, qui est neantmoins si désirable pour la perfection, et l’ont conservée parmy la multitude, qui semble si peu favorable à la perfection. Où que nous soyons, nous pouvons et devons aspirer à la vie pârfaicte ».

Hommes de Désir, perfectionnez-vous donc.

De la certitude de votre perfectibilité, de la conviction que votre tranformation nécessaire dépend uniquement du soin constant avec lequel vous veillerez à vous spiritualiser toujours plus, de l'effort persévérant pour éveiller à la conscience tout ce qui, en vous, peut mani-

fester votre origine divine, de votre naissance à la vie de pionniers de la Restitution, dépend non seulement votre propre évolution et individualisation pour l’immortalité, mais, par votre exemple, votre influence, l’évolution de votre entourage intégral — humain, terrestre, cosmique. I1 n’y a point de limite à la Puissance que peut acquérir l’être humain-divin, l’évolué psycho-intellectuel. Hommes de Désir, développez votre vie secrète, nerveuse, psychique, mentale, sensitive et intelligente, sentientatrice dans les divers degrés de densité. Alors seulement, votre individualité s’affirmera et s’impersonnalisera pour l’Œuvre glorieuse à laquelle l’Initiation vous appelle : « celle de rétablir l’équilibre, grâce au rapport de votre mentalité avec tous les états plus raréfiés de l’Intelligence, non seulement sur notre Terre, mais encore dans la totalité de l’Empire sphérique matériel qui est l'héritage et la demeure de l'Humanité collective ».

De la communion avec la Beauté. — De l'Art éducateur : de sa forme mystique équilibrée et déséquilibrée. — Qu'est-ce que la Vie Spirituelle? — De l’Ame. — De la classification quaternaire de la Substance. — Du plan mental de l'être humain et de son pouvoir. — Du plan psychique de l’homme et de ses facultés. — Du plan nerveux et de l'harmonie à réaliser grâce à son équilibration. — Pourquoi est-il nécessaire de se forger une âme ?

1. — Celui qui ne possède pas le Désir, celui qui ne recherche point, par le perfectionne-

{ ment de soi-même, à éduquer ces degrés d’être qui constituent le Moi Supérieur, celui-là ne connaît pas de Vie Secrète. L'homme doit réaliser en lui la Vie Spirituelle, organiser son Esprit, se forger une Ame.

Le premier effort est d'apprendre à communier avec la Beauté manifestée sous son aspect le plus pur, à rechercher dans l’Art ces œuvres qui élèvent, ennoblissent, les œuvres abondantes de grandeur mystique.

2. — L’Art mystique existe-t-il donc ? Ou plutôt l’Art a-t-il besoin d’être qualifié ? Qu’estce que l'Art ? C’est une interprétation de la Nature, un infini qui apparaît dans une forme aux limites fixes, une éternité que le temps emprisonne, un culte rendu à la Beauté qui se réalise dans l’Espace et la Durée. Et c’est l'Homme qui traduit en langage terrestre le silence des choses, qui impose des bornes sonores, plastiques ou autres aux manifestations des Forces Universelles, qui rend cet hommage

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