CHAPITRE Vi
siiic sur le blastoderme et marque la place du futur axe cérébro-spinal. Chez l'embryon d'un Mollusque, d'un Articulé ou d'un Ver, cette ligna rachidienne ne se montre pas 5 et la raison de cette différence primordiale est facile fi comprendre, puisque l'analogue de Taxe cérébro-spinal du Vertébré ne doit jamais exister chez un animal invertébré. La portion de l'organisme qui se constitue en premier chez les animaux de l'embranchement supérieur est donc précisément une partie qui manque toujours dans la structure de l'Invertébré; et cette partie primordiale de l'animal vertébré est» sans contredit, un des éléments les plus importants de son économie, un des trails les plus caractéristiques de son mode de constitution.
Toutes les observations s'accordent à montrer que le jeune embryon de erlébré, en se Vdéveloppant davantage, acquiert bientôt les premiers éléments d'un aulre système organique dont les animaux inférieurs sont toujours privés; car à peine la ligne rachidienne est-elle devenue un sillon ou un canal, qu'on voit se former de chaque côté le long de ses bords une série de pièces solides destinées à composer les vertèbres.
Il est également à noter que les rapports du petit être en voie de formation avec la masse vitelline dont il doit tirer ses matériaux constitutifs sont différents chez le Vertébré et chez les animaux inférieurs. L'embryon du premier est en relation avec le vitellus par la face ventrale de son corps, et les connexions entre ces parties n'occupent que la région abdominale. Une disposition semblable n'a été observée chez aucun Invertébré. Chez les Articulés, le jeune embryon repose sur la masse vitelline par la face dorsale de son corps, c'est-à-dire par le côte où se trouve le centre nerveux principal, celui que l'on compare d'ordi- I. 10
110 ZOOLOGIE GÉNÉUALE.
naire au cerveau des animaux supérieurs. Quelques anatomîstes ont cru pouvoir expliquer cette différence primordiale en supposant que l'articulé était un Vertébré renversé sur le dos. Maïs cette hypothèse ne suffit pas pour ramener Torganisalion de ces deux types à un même plan. En effet, les rapports de position deviendraient ainsi les mêmes entre le vitellus, le canal digestif et les ganglions thoraciques de l'Articulé d'une part et le vitellus, l'intestin et la moelle épinière du Vertébré d'autre part 5 mais tandis que les centres nerveux céphaliques de ce dernier sont situés du même côté du tube digcslif que la moelle épinière, les ganglions cérébroïflcs de l'Arlicuié se trouvent du côté opposé, c'est-à-dire entre le vitellus et le canal alimentaire. Le principe de rinvariabililé des connexions organiques sur lequel on aurait à s'appuyer pour établir des analogies cnlre les diverses parties du corps d'un Vertébré marchant sur le ventre et d'un Invertébré marchant sur le dos, viendrait donc à faire défaut en ce qui touche aux systèmes les plus importants de l'organisme, et cela dès le début du travail génésique 5 car, si l'on représente par les lettres A, B, C le cerveau et ses dépendances, le tube digestif et le vitellus, on voit que dans l'œuf du Vertébré la position relative de ces parties est indiquée par Tordre de succession de ces lettres elles-mêmes, tandis que chez l'embryon de l'Articulé on aurait la série A, C, B.
Chez les Mollusques la séparation entre le vitellus et les parties permanentes de l'organisme du jeune embryon est en général beaucoup moins complète; mais toutes les fois qu'elle devient manisfeste, elle présente des caractères particuliers et ne se laisse ramener ni à l'un ni à l'autre des types dont il vient d'être question. Ainsi, chez les Céphalopodes où la distinction entre le corps de L'embryon eu voie