‹ Introduction à la zoologie générale, ou, Considérations sur les tendances de la nature dans la constitution du regne animalChapitre 10 sur 82 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

premier coup d’œil, nous frappe le plus dans ce développement organique , c’est l’augmentation graduelle de la masse du corps vivant.

Les plantes, de même que les animaux, sont soumises à cette loi d'accroissement. Tout ce qui vit, grandit pendant la première période de son existence, et acquiert en grandissant une puissance vitale plus considérable.

L’influence de la masse du corps vivant sur le degré d’activité vitale que ce corps possède est, du reste, facile à comprendre. L’organisme se compose d’un assemblage de parties qui sont toutes douées de certaines forces et qui, en fonctionnant, contribuent chacune pour sa part, à la production de l’ensemble des phénomènes par lesquels la vie de l’individu se manifeste. Il est donc évident que, toutes choses étant égales d’ailleurs, la somme des forces dont cet organisme dispose doit être proportionnelle au nombre des éléments physiologiques qui concourent à le former, et il est également évident que, toutes choses étant encore égales d’ailleurs, ce nombre doit être en rapport avec la : masse du corps vivant ainsi composé.

L’influence du volume d’un organe ou instrument physiologique sur la quantité des produits qu’il peut fournir, ou, pour employer ici le langage de la technologie, l’influence de la masse des matières sur le rendement de la machine que ces matières constituent, est facile à constater.

S’agit-il d’un phénomène mécanique? des fonctions d’un agent moteur ou du jeu d’un levier, par exemple? la relation entre lesdimensoins de l’instrument, et l’intensité des effets produits par son action est manifeste pour tout observateur, et Vouloir en donner des preuves, serait nous arrêter à la démonstration d’une vérité devenuebanale depuis long-

temps. Chacun sait que la force développée par la contraction d’un muscle, est d’autant plus grande que, toute choses étant égales d’ailleurs, le volume de ce muscle est plus considérable, et que la rapidité avec laquelle un animal change de place augmente avec la longueur des leviers destinés à le mettre en mouvement.

Dans les phénomènes de chimie physiologique, l’influence des masses est également incontestable. Ainsi, les résultats du travail secrétoire d’une glande sont proportionnels au volume de ces organes, pourvu que toutes choses soient égales d’ailleurs. La quantité de lait que fournit une Vache, par exemple, est d autant plus grande que l’animal possède des glandes mammaires plus développées, les autres conditions physiologiques restant les mêmes, et l’activité de la respiration est en majeure partie réglée par la grandeur de la masse du sang qui, dans un temps donné, se met en rapport avec l’atmosphère dans le tissu perméable d’un poumon ou d’une branchie.

Enfin les fonctions de la vie animale varient aussi dans le degré de leur puissance, suivant que l’organe destiné à les exécuter acquiert un volume considérable, ou se trouve réduit à de faibles proportions. Les faits nombreux qui ont servi de bases aux hypothèses des phrénologistes, montrent l’existence de cette relation entre l’énergie des actions nerveuses et le développement matériel du système nerveux. Ainsi la sensibilité est d’autant plus exquise dans une partie de la surface de notre corps, que les nerfs répandus dans celle partie constituent une masse plus considérable de substance médullaire, et chez un animal dont le cerveau est petit, comparativement au volume du corps, les facultés de l’intelligence semblent êtres d’ordinaire moins grandes que chez un autre animal, où toutes

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