‹ Introduction à la zoologie générale, ou, Considérations sur les tendances de la nature dans la constitution du regne animalChapitre 53 sur 82 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

de formation el la masse vitelline est aussi tranchée que chez les Oiseaux ou les Reptiles, on voit que ce n’est ni par le dos ni par la face inférieure de l’abdomen que ces parties sont en connexion, mais bien par la région buccale ou pharyngienne du jeune Mollusque.

L’état primitif de l’embryon d’un Mammifère ou d’un Oiseau, d’un Céphalopode et d’un Crustacé ou d’un Insecte, est tout aussi différent que le sera plus tard le mode d’organisation définitif de ces animaux. L’embryologie, de même que l’anatomie comparée, nous conduit par conséquent à admettre qu’il n’y a pas unité de plan dans la constitution de tous les animaux, et que la nature a créé ces êtres d’après plusieurs types fondamentaux bien distincts.

Dans l’état actuel de la science il serait peut-être prématuré de vouloir déterminer le nombre de ces types primitifs. Il est cependant facile de se convaincre que la nature a été fort sobre dans l’emploi de ce moyen extrême de diversification; et ici encore, les données fournies par l’embryologie s’accordent pleinement avec les résultats fondés sur l’étude anatomique des animaux adultes.

Ainsi, en prenant pour guide l’anatomie comparée seulement, Cuvier avait reconnu que tous les Mammifères, les Oiseaux, les Reptiles et les Poissons sont constitués d’après un même plan général; quelesmodificalionsde structure qui s’y rencontrent sont même légères, et que les dilférences à raison desquelles le zoologiste divise ces animaux en classes et en familles distinctes, ne dépendent que du développement ou de l’addition de quelques parties qui ne changent rien à l’essence du plan fondamental (1). Les

travaux importants de Geoffroy Saint-Hilaire sont venus

(1) Ri'gne animal, i" édition (1817), t. I, p. 57.

J 1 L ZOOLOGIE générale.

sor, Drmer et étendre cette vérité, car ils ont fait voir que, dans tout l’embranchement des vertébrés, l’uniformité de composition est beaucoup plus grande qu’on ne l’avait pensé.

Enfin les observations de tous les embryologistes de nos jours nous apprennent qu’effeclivcment c’est pour ainsi dire d’une même ébauche organique que la nature tire tour à tour un Mammifère, un Oiseau, un Reptile ou un Poisson ; car dans les premiers temps de leur existence tous ces êtres se ressemblent si complètement qu’on ne saurait deviner à quelle classe ils doivent appartenir. L’embryon du Vertébré qui commence à se développer porte déjà, comme nous 1 avons vu, le caractère de son embranchement, et ne saurait être assimilé ni à un Zoophyte, ni à un Mollusque, ni ù un Articulé 5 mais il ne présente encore aucun des caractères en vertu desquels il sera un Mammifère plutôt qu’un Oiseau ou un Reptile, ou un Poisson. Sa forme est d abord une forme commune à tous ces animaux, c est un A ertebré et un Vertébré seulement; mais par les progrès du travail embryogénique, celte uniformité de composition diminuera de plus en plus entre les divers animaux qui dérivent ainsi d’un type commun; le fond restera le même à certains égards, ruais des différences organiques d’une grande importance viendront bientôt séparer le Poisson du Mammifère ou de l’Oiseau; puis d’autres différences, moins profondes, s’établiront entre diverses espèces d une même classe ou d’une même famille.

L’embryon d’un Crustacé, d’un Insecte, d’un Arachnide, d’un Myriapode, ou même d’un Annélide, offre dans les premiers temps de son existence un mode d’organisation qui ne saurait être confondu avec la structure d’un Ver-

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