CHAPITRE VI
tébré naissant, mais qui est commun à tous les articulés ; les caractères les plus saillants de l’embranchement des Annelés s’y dessinent de bonne heure, et ne permettent pas de le confondre avec un embryon de Mollusque ; c’est plus tard que les caractères de classes se manifestent, et, par conséquent, il semblerait aussi que tous ces animaux ne sont que des dérivés d’un même type fondamental.
Nos connaissances relatives à l’embryologie des Mollusques et des Zoophytes sont encore trop incomplètes pour qu’il soit possible de démontrer de la même manière la parenté réelle des animaux dont se composent l’un et l’autre de ces groupes zoologiques; et peut-être arriverat-on à trouver que les Céphalopodes ne dérivent pas du même type fondamental que les Gastéropodes et surtout les Ascidies; peut-être aussi verra-t-on que les infusoires proprement dits et que les spongiaires ne sont dans l’origine comparables ni à l’embryon naissant d’un Mollusque, ni à un Zoophyte en voie de formation. S’il en était ainsi, on serait conduit à reconnaître un plus grand nombre de types ou formes zoologiques essentiels que Cuvier n’en avait établi d’après des considérations purement anatomiques. Mais dans l’état actuel delà science, cette diversité primordiale est loin d’être démontrée, et, par conséquent, nous ne devons pas l’admettre; car, ainsi que nous l’avons répété plus d une fois, l’une des tendances les plus constantes de la nature consiste à économiser les moyens qu’elle met en œuvre pour obtenir des résultats variés, et, par conséquent, nous devons croire à l’emploi d’un même plan organique partout où l’existence d’un plan nouveau n’est pas manifeste.
L’embryologie nous montre donc toutes les espèces animales comme se produisant à l’aide de l’on des orga-
nismes rudimentaires dont l’embryon naissant du Vertébré, de l’Insecte, du Mollusque ou du Polype nous offre l’exemple 5 mais elle nous enseigne aussi que chacun de ces types primordiaux peut se développer de plusieurs manières différentes, et que dans le mode d’emploi de ce fonds commun pour chaque embranchement zoologique la nature peut adopter des plans secondaires bien distincts.
Ainsi l’embryon du Mammifère qui, dans le principe, ne différait pas de l’embryon de tout autre Vertébré, cesse bientôt de ressembler au Poisson ou au Batracien en voie de formation. La route génésique qui était d’abord, unique pour tout l’embranchement, se bifurque en quelque sorte pour conduire d’un côté à la création d’un Poisson ou d’un Batracien, de l’autre à la production d’un Reptile, d’un Oiseau ou d’un Mammifère. Dès lors, le plan d’après lequel se construit un Poisson et un Mammifère, tout en conservant une même disposition générale, se modifie diversement pour chacun de ces animaux, et on voit dériver du type primitif du Vertébré deux types secondaires d’après lesquels seront construits, d’une part le Poisson et le Batracien, d’autre part les Reptiles, les Oiseaux et les Mammifères. Puis la voie génésique dans laquelle s’engagent à la fois tous les Vertébrés des trois classes supérieures se bifurque à son tour, et l’une doses divisions est suivie par les Reptiles et les Oiseaux, tandis que l’autre n’admet que des Mammifères. La première de ces bifurcations correspond à l’instant où l’organisme naissant produit la tunique amniotique et l’allantoïde chez les Vertébrés supérieurs, et poursuit son développement chez le Poisson et le Batracien sans être le siège d’aucun travail organogénique semblable:, la seconde est marquée d’abord par la formation des villosités du chorion, mais se caractérise