‹ Introduction à la zoologie générale, ou, Considérations sur les tendances de la nature dans la constitution du regne animalChapitre 66 sur 82 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

pièces multiples dans la constitution des espèces dérivées d’un même type zoologique. Lors même que celle simplification apparente dans la disposition des parties produit un résultat tout à fait semblable à ce qui est déterminé ailleurs par le rapprochement et la soudure de matériaux organiques primitivement distincts, elle peut dépendre d’une autre cause.

Ainsi, il arrive parfois qu’un même moule virtuel se remplit par tous les points à la fois ; le travail organique, au lieu de procéder de deux ou d’un petit nombre de centres éloi gnés entre eux, et de donner ainsi naissance à des pièces douées d’une sorte d’individualité anatomique, s’établit partout en même temps, de manière à déterminer, dès le principe, la fusion qui, ailleurs, ne s’opère qu’à la suite d’un état de fractionnement préparatoire ; c’est ce qu’on peut appeler un développement confus.

Le squelette tégumentaire des Crustacés nous offre plusieurs exemples bien manifestes de ce mode de développement ; et tout porte à croire que c’est aussi de la sorte que la tète des Insectes, quoique représentant une série asse. longue de zoonitesou anneaux différents, n’est constituée en réalité que par un seul et unique segment.

Des modifications importantes s’opèrent aussi dans la constitution des animaux en voie de formation par la disparition des parties dont l’organisme s’était d’abord enrichi. Les Crabes, par exemple, possèdent dans le jeune âge une nageoire caudale qui n’existe plus chez l’adulte, cl les Chenilles ont d’ordinaire jusqu’à huit paires de pattes, tandis que le Papillon n’en a plus que trois; le têtard de la Grenouille est pourvu de branchies et d’une longue queue natatoire qui se détruisent pendant le cours de son développement ; et chez l’Homme ainsi que chez

tous les Mammifères, il existe dans l’embryon des organes tels que la vésicule ombilicale, l’allantoïde et le tymus, dont le rôle est transitoire dans l’économie. Or, ces atrophies peuvent se déclarer à diverses périodes de la vie chez des espèces différentes, ou même ne jamais avoir lieu, et devenir ainsi une source de diversité zoologique. Chez la Salamandre, par exemple, la queue, persiste au lieu de disparaître comme chez les Grenouilles; et chez le Protée ou l’Axolotte, les branchies sont permanentes, au lieu d’être transitoires comme chez les Batraciens ordinaires.

Ou reste, ce n’est pas seulement par atrophie que l’organisme se simplifie de la sorte ; souvent une portion du plan qui préside, à la formation d’un groupe d’animaux ne reçoit pas même un commencement d’exécution, et l’organe qui, dans, les cas ordinaires, se constitue pour durer pendant toute la vie ou pour s’effacer plus ou moins promptement, à une époque déterminée, n’apparaît jamais et manque réellement dès le principe. C’est ce que l’on peut appeler la simplification par défaut. Mais c’est toujours un modede diversification qui rentre dans le procédé organogénique que Geoffroy Saint-Hilaire a si heureusement nommé arrêt de développement.

A côté de ces procédés modificateurs, nous voyons agir une cause de diversité dont les effets sont tout opposés : c’est Intendance à la répétition des créations organiques dont il a déjà été question dans un des premiers chapitres de ce livre, et dont nous avons déjà cité des exemples assez nombreux. Cette tendance du travail génésique peut se manifester de deux manières : tantôt la multiplication d’un élément organique s’effectue par dédoublement, c’est-à-dire qu’une partie primitivement unique se sépare en deux ou en plusieurs parties analogues entre elles : mais d’autres

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