‹ Introduction à létude comparative des langues indo-européennesChapitre 114 sur 129 · NOMS DE PARENTÉ · texte numérisé non relu

NOMS DE PARENTÉ

(même sens), arm. harsn « fiancée, bru » ; et il y avait aussi un emploi juridique et religieux, attesté par lat. precës, skr. prat « procès ». — La racine *iuedh- signifie « conduire » dans zd vdoayeiti « il conduit », v. si. vedo, lit. vedù, irl. fedim, mais en particulier « conduire la fiancée à la maison » (lat. uxorem ducere), d’où skr. vadhulp « bru », vâhate (issu de *vâdhate, à distinguer de vâhate « uehitur ») « il épouse », zd vâbayeiti « il épouse », lit. vedù « j’épouse », gall. dy-weddio « se marier ».

— La racine g r. çspo), lat. ferô , etc. signifie « porter », et très souvent « porter » au sens de « être grosse », ainsi zd bardüri « femme enceinte », gr. <popo^ « enceinte », éol. epepaev’ è'AÙrjaev chez Hesychius, v. si. breveta « grosse, enceinte », lat .farda; got. gabairan, v. isl. ber a « enfanter » (ail. gebàren). — La racine qui indique l’écoulement d’un liquide en général dans skr. sunôti « il fait sortir un liquide par pression », lit. sulà « sève (de bouleau) », v. h. a. sou « sève » servait dès l’indo-européen à exprimer l’idée de pluie, comme on le voit par la coïncidence de gr. {jet avec tokharien B suwam « il pleut », swese « pluie ».

— Pour avoir une idée exacte de la valeur d’une racine indoeuropéenne, il faut connaître ces emplois particuliers, de même qu’on ne connaît vraiment un mot d’une langue que si l’on sait dans quelles phrases il figure d’ordinaire.

2° Mots isolés.

Moins intéressants que les racines au point de vue de la structure générale de la langue, les mots isolés donnent des notions plus précises. Si on les utilise avec la réserve qui convient, on en peut tirer quelques indications sur l’état social et sur la civilisation des hommes qui parlaient l’indo-européen.

A. Termes de parenté.

Il y a une série de termes de parenté à sens bien déterminé, parfois étendu dans certains dialectes, et dont beaucoup appartiennent à un type en *-er- :

père: skr. pitâr-,g r. tujctï qp, lat. pater, v. irl. athir, got . fadar, arm. hayr, tokh. A pâcar et B pâtar.

VOCABULAIRE

mère : skr. mâtàr-, v. si. mater-, gr. dor. ^aTYjp, lat. mater, v. irl. mâtbir, v. isl. môâer, arm. mayr, tokh. A mâcar et B mâtar.

frère : skr. bhratar-, v. si. bratrü (et bratü ), gr. çpàvwp, çpàTrjp (membre d’une ©pâTpia), lat. frâter, v. irl. brâtbir, got. broftar, arm. eïbayr, tokh. A pracar et B procer.

sœur : skr. svâsar-, lit. seser-, v. si. sestra, lat. soror, v. irl. siur, got. swistar, arm. kboyr.

fils : skr. sünüh, v. si. synü, lit. sünùs, got. sünus (ail. sohn) ; cf. gr. j’uç, u'.éç, tokh. B soyà et A se; inconnu à l’italo-celtique, ainsi que le suivant.

fille : skr. dubitâr-, gr. 6u fxuyjp, v. si. düster-, lit. dukter-, arm. dusir, got. daubtar, tokh. A ckâcar et B tkâcer.

femme du fils : gr. vj6;, arm. nu (génit. nuoy) ; passé aux thèmes en -a- dans : skr. snusa , v. si. snüxa, v. angl. snoru, lat. vulgaire nora ; aux thèmes en - u -, dans lat. nurus.

père du mari : skr. çvàçurah, zd xvasurô, lit. sesuras , hom. pic, lat. socer, alb. vjebzr, v. h. a. swebur ; de là est dérivé, avec vrddbi (voir p. 221), v. h. a. swâgur « beau-frère », formé comme skr. çvàçurah « qui appartient au beau-père ».

mère du mari : skr. çvaçruh , v. si. svekry , lat. socrus, v. h. a. su>igar-,e t gr. '(F)axjpz, arm. skesur ; got. swaibro, gall. chwegr.

frère du mari : skr. devâr-, v. si. dëverï, lit. dëverïs, gr. oâ»-p, lat. leuir, arm. taygr, et avec le représentant d’un ancien *g, d’origine obscure, v. angl. tâcor, v. h. a. %eihhur.

sœur du mari : gr. vaXwc, lat* glôs, russe tfl-va et serbe àova supposant si. \ülüva (et arm. taï).

femme du frère du mari : skr. yâtar-, v. si. jetry, lit. jenter-, hom. slvxripe; (et le datif èvrrpi sur une inscription de basse époque en Asie Mineure), lat. ianitrîcës (et arm. ner ).

veuve : skr .vidhâvà, zd vicava, v. si. vüdova (de vïdova), v. pruss. widdewü, got. widuwo, irl. fedb, lat. uidua ; inconnu au grec et à l’arménien.

Tous les degrés de parenté immédiate dans la famille de l’homme sont donc désignés par des termes précis dont les principaux appartiennent à un meme type, celui des thèmes en • r-. Le

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