BALTIQUE ET SLAVE
connu seulement par un vocabulaire du xv* siècle contenant 800 mots et par une traduction de trois petits catéchismes et de l’Encheiridion de Luther (cette dernière datée de i56i).
B. Letto-lituanien, comprenant deux groupes de dialectes encore aujourd’hui parlés :
a. Le lituanien ; le plus ancien texte est seulement de i547 ap. J. -G. ; les principales différences qu’on observe entre les parlers des diverses régions de la Lituanie apparaissent dès les textes des xvie et xvne siècles et, sauf la perte de quelques archaïsmes, la langue actuelle ne diffère que peu de celle du xvie siècle. Le lituanien est remarquable par son aspect d’antiquité indo-européenne ; on y trouve encore au xvi® siècle et jusqu’aujourd’hui des formes qui recouvrent exactement des formes védiques ou homériques, par exemple esti « il est » — skr. asti , g r. Icrri, ou gyvas « vivant » (y est la notation de i long) — skr. jîvâh, lat. uïuos. Toutefois, en raison delà date très tardive où il est connu, le lituanien a un système grammatical autre que le système indo-européen ; le verbe, en particulier, a une structure toute nouvelle. Le vieux prussien n’a pas un caractère moins archaïque, mais il n’est connu que tFop imparfaitement, et c’est sous la forme du lituanien littéraire occidental qu’on cite d’ordinaire le bal tique en grammaire comparée.
b. Le lette est connu vers la même date, mais sous un aspect plus altéré que le lituanien.
Sous la forme moderne sous laquelle on les cite ordinairement, le lituanien et le lette, demeurés jusqu’en plein xixe siècle des langues de paysans, ne donnent pas moins d’enseignements utiles que le latin et le gotique, connus tant de siècles auparavant : par là, on peut entrevoir le singulier archaïsme de ces langues.
2. Slave. — Dès les premiers textes, dont le plus ancien ne remonte pas au delà du ixe siècle ap. J. -G., le slave présente plusieurs dialectes qui se répartissent en trois groupes :
A. Groupe méridional. — a. Macédonien et bulgare. Les apôtres orientaux des Slaves, Cyrille et Méthode, originaires de la région de Salonique, et leurs disciples ont traduit au ixe siècle dans leur A. Meili.et. 4
LES LANGUES INDO-EUROPÉENNES
dialecte natal, mais pour des Slaves de Moravie, l’Évangile et d’autres textes nécessaires au culte et à l’enseignement du christianisme ; c’est la langue de ces textes conservés dans quelques manuscrits non datés des xe-xie siècles qu’on appelle vieux slave et qui représente d’ordinaire le slave en grammaire comparée; on ne doit pas oublier que cette langue a de nombreuses particularités dialectales, et il serait erroné de considérer les autres dialectes comme en étant issus ; mais c’est le dialecte slave le plus ancien et le plus archaïque qui soit attesté ; il est encore très voisin du slave commun, et, au moment où il a été fixé par écrit il était sans doute aisément compris sur tout le domaine des parlers slaves. La langue des vieux traducteurs est restée pendant le moyen âge la langue religieuse et savante de tous les Slaves appartenant à l’église d’Orient ; mais elle a pris un aspect spécial dans chacun des pays où on l’a employée, si bien qu’il y a un slavon de Bulgarie, de Serbie et de Russie ; par suite aucun document ancien de ces pays ne peut passer pour représenter exactement le parler local : la tradition du vieux slave domine toujours plus ou moins les écrivains et les scribes. Aujourd’hui encore l’orthographe russe présente des anomalies dues à l’influence du vieux slave. Les parlers de Macédoine et de Bulgarie ont beaucoup divergé les uns des autres ; ils sont actuellement les langues slaves le plus altérées. — Le bulgare littéraire actuel repose sur des parlers différents des parlers macédoniens.
b. Serbo-croate (anciens royaumes de Serbie et de Monténégro, anciennes Dalmatie, Bosnie et Croatie ; la plupart des parlers serbo-croates font maintenant partie du royaume yougoslave).
e. Slovènes ; à part quelques pages isolées des monuments de Freising, attesté seulement depuis le xve siècle ; les parlers Slovènes (dans le sud de l’ancienne Autriche et un peu en Italie) sont assez différents les uns des autres.
B. Russe. — On y distingue le petit russe ou ruthène et le grand russe, très différents l’un de l’autre ; à part le blanc russe, à l’Ouest, les parlers du grand russe sont restés très pareils les uns aux autres. Le grand russe n’est devenu qu’à date récente la