GERMANIQUE
une langue sans doute gotique dont le Hollandais Busbeck a relevé quelques mots ; ailleurs le gotique est mort de bonne heure.
20 Le germanique septentrional, représenté tout d’abord par de brèves inscriptions runiques, dont les plus anciennes ne remontent pas au delà du 111e siècle ap. J. -G. Il comprend plusieurs dialectes:
a. L’islandais : les plus anciens manuscrits datent de la fin du xne siècle : c’est la langue conservée dans ces manuscrits qu’on appelle vieil islandais et qui est citée d’ordinaire en grammaire comparée comme le représentant du germanique septentrional ou norrois.
b. Le norvégien, très proche de l’islandais, qui n’en est qu’un dialecte, et attesté à peu près à la même date.
c. Le suédois.
d. Le danois.
3° Le germanique occidental, moins un que le germanique septentrional. On y distingue :
a. Le haut allemand, qui n’a lui-même aucune unité : chacun des textes représente un parler différent ; du vme siècle on n’a guère que des gloses ; la littérature commence au ixe siècle ; le haut allemand proprement dit comprend le bavarois et l’alémanique, ce dernier représenté notamment par la règle des Bénédictins de Saint-Gall (ixc siècle) et les œuvres de Notker, moine de Saint-Gall (xe siècle) ; le franconien est, sous ses diverses formes, la langue de Trêves, Cologne, Fulda, Würzburg, Bamberg, Mayence, Francfort, Worms, Spire. Gomme l’irlandais, l’allemand a été noté sans système bien arrêté, et il y a autant de types de langues et de notations que de textes. — L’allemand littéraire moderne s’est fixé dans des villes de Saxe colonisées au moyen âge et repose essentiellement sur des parlers de type franconien.
b. Le bas allemand a pour texte le plus ancien le poème du Hèliand, composé vers 83o et conservé dans des manuscrits du
LES LANGUES INDO-EUROPEENNES
ixe et du xe siècles ; on désigne sous ce nom la langue de ce poème et de quelques autres de date postérieure. La seule langue officielle qui représente aujourd’hui le bas allemand est le néerlandais ou flamand; mais dans toute la plaine allemande à l’est de la région du Rhin les parlers locaux sont du bas allemand. Le néerlandais a été transporté dans l’Afrique du Sud par les anciens colons européens, les Boers.
c. Le frison et le vieil anglais. La langue des Angles et des . Saxons est devenue celle de la plus grande partie de la Grande- Bretagne ; elle est attestée, avec des formes dialectales sensiblement diverses, depuis le ixe siècle, et l’on désigne particulièrement sous le nom de vieil anglais ou anglo-saxon la langue d’Aelfred le Grand et d’Aelfric. Les notations et le détail de la langue varient d’un texte à l’autre. L’anglais est devenu à date récente l’idiome de l’Amérique au nord du Mexique, de l’Australie et de beaucoup de régions plus ou moins étendues dans le monde entier.
Y. — Baltique et slave.
Il y a ici deux langues distinctes : le bal tique et le slave; les nombreuses ressemblances qu’elles présentent entre elles tiennent au parallélisme de leur développement autant et plus qu’à une séparation tardive des deux groupes ; car on y rencontre des innovations pareilles plutôt qu’identiques. La déclinaison, conservatrice, est semblable dans les deux groupes, le verbe, novateur, très différent. Et en effet, ce qui donne au baltique et au slave leur aspect si curieusement archaïque, c’est, d’une part, le fait que les changements phonétiques n’y ont guère altéré la structure générale des mots, — moins qu’en grec ancien par exemple — , et, d’autre part, que la flexion nominale y est demeurée très riche et que, avec presque autant de cas distincts que l’indo-européen, la phrase a conservé le type ancien.
i. Baltique. — A. Vieux prussien, aujourd’hui mort, et