ABRÉVIATIONS
Un v. placé devant une abréviation signifie vieux ; ainsi v. si. signifie vieux slave, v. pruss. vieux prussien, etc. ; m. signifie moyen, mod. moderne.
Il est inutile d’expliquer en détail des abréviations telles que nom. pour nominatif, aor. pour aoriste, etc.
L’abréviation cf. ( confer ) signifie « comparez ».
Les chants des poèmes homériques sont désignés par des lettres, majuscules pour l’Iliade, A, B, T, A, etc., minuscules pour l’Odyssée, a, (3, y, S, etc.
L’astérique indique toujours une forme restituée pour la clarté de l’exposition, mais non attestée, une forme indo-européenne, par exemple, une forme préhellénique (ou hellénique commune, c’est-à-dire remontant à l’époque préhistorique de la communauté hellénique), etc.
Un petit trait placé avant ou après une forme indique que cette forme n’est pas citée au complet, ainsi skr. syat « qu’il soit » est un mot complet, mais on écrira s- pour la racine, -yâpour le suffixe et -t pour la désinence de ce mot.
TRANSCRIPTIONS
Suivant l’usage ordinaire en linguistique, les langues autres que le grec qui n’emploient pas l’alphabet latin sont citées non dans leur alphabet original, mais dans des transcriptions.
La difficulté essentielle de la question des notations graphiques provient de ce qu’un phonème est chose trop complexe pour qu’un signe unique en puisse exprimer la valeur exacte. Par exemple le t latin indique une occlusive dentale sourde, et le d latin une occlusive dentale sonore, et l’on peut convenir de n’employer t et d qu’en ce sens ; mais le contact de la pointe de la langue et du palais qui caractérise t et d peut se produire en des points différents depuis les dents jusqu’à la courbure du palais ; on peut convenir de désigner par i et d les dentales dont l’occlusion est réalisée plus ou moins près des alvéoles et par les lettres pourvues d’un signe diacritique t et d les dentales prononcées en arrière, mais ceci même ne définit le point d’articulation que par un à peu près grossier. La voyelle qu’introduit le t peut commencer immédiatement après l’explosion ou en être séparée par un souffle plus ou moins prolongé : la différence sera indiquée, mais toujours sans précision, par t et th ou par t et T. Les lettres ne notentjamais directement le degré d’intensité de l’articulation.
En ce qui concerne les langues anciennes auxquelles la grammaire comparée a surtout affaire, la question se pose d’une manière particulière. En effet la prononciation n’en est pas connue avec la même précision que celle d’une langue vivante, et, si l’on veut se tenir aux faits sans y mêler d’interprétation, la
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TRANSCRIPTIONS
transcription doit purement et simplement calquer l’alphabet original, sans rien ajouter à ce qu’enseigne celui-ci et sans en rien ôter, c’ést-à-dire être une simple translittération : les transcriptions données ici sont pour la plupart conformes à ce principe ; elles ne renferment qu’un minimum d’interprétation et permettent par suite de retrouver aisément la graphie originale.
Mais les transcriptions n’ont pas été faites suivant un système arrêté et de la même manière pour toutes les langues, et il résulte de là les plus fâcheuses et les plus singulières incohérences : dans la transcription du slave et de l’arménien, le c est employé pour transcrire une consonne mi-occlusive non chuintante, celle par exemple du mot russe car « roi » qu’on transcrit bien en français par tsar , et c est la chuintante correspondante, c’est-à-dire le cde l’italien ci, 1 ech de l’anglais child ; au contraire, dans la transcription du sanskrit, c transcrit un phonème identique non au slave c , mais au slave c. La lettre y sert presque partout à noter 1’/ consonne, mais, dans la transcription du slave, elle note une voyelle particulière, sorte d’z postpalatal et, dans l’orthographe du lituanien, elle note la voyelle i long. Et ainsi de beaucoup d’autres cas.
Enfin les linguistes ne sont pas encore parvenus à se mettre d’accord ; et, pour une seule et même langue, il existe des systèmes de transcription différents dans le détail. On a adopté ici ceux qui sont employés dans les meilleurs manuels de chaque langue et qui sont usuels en France. Une entente internationale au moins sur les translittérations des divers alphabets en caractères latins serait chose urgente, et, semble-t-il, facile.