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REDOUBLEMENT

\dç} et, avec valeur de prétérit, v. sax. deda « j’ai fait » ; le grec est seul à présenter i pour ce verbe : Il y a d’ailleurs sou-

vent hésitation entre e et i ; le védique a sï-sakti « il suit » au singulier et sâ-çcati « ils suivent » au pluriel, et cette dernière forme rappelle l’aoriste grec è-arcéaSac « suivre ».

Les racines qui comprennent les sonantes i et u sont sujettes à présenter i et u dans le redoublement du parfait en indo-iranien et en italo -celtique : le grec a e dans les parfaits XsXcwua, xé'rjrcai, mais le sanskrit a i dans ri-réca « il a laissé » et u dans bu-bôdha « il a observé » ; le latin a scicidl, mais sescidï ; il a tu^tudî en regard de skr. tu-tudé « j’ai heurté », mais il a aussi pe-pugerô à côté de pu-pugerô ; le vieil irlandais a cûalae « il a entendu » (cf. m. gall. cigleu ), de *küklozve, mais -roigu « il a choisi », de * pro-gegouse ; l’indo-iranien même, où le redoublement par i et u des racines à sonantes i et u est de règle, présente skr. ba bhùva « il est devenu ».

Enfin, en sanskrit, les racines commençant par v ou y suivi de à ont souvent pour tout redoublement la forme vocalique de la sonante : u, i ; ainsi skr. u-vâca « il a dit », plur. ûcüh (de *u-ucuh ) à côté de véd. va-vaca « il a dit ». Ceci ne peut guère passer pour une innovation indienne, bien qu’aucune autre langue n’offre ce procédé.

Dans tous les types de redoublement, quand la racine a une initiale complexe, cette initiale tend à se simplifier.

Si la racine commence par consonne plus sonante, la consonne seule figure dans le redoublement :

skr. çu-çrâva « il a entendu », m. gall. cigleu, gr. y.d-xXuÔi « écoute ».

Si la racine commence par une sifflante suivie d’occlusive, le gotique et le latin redoublent au parfait le groupe tout entier :

got. skai-skaift « il a séparé » et de même lat. sci-cidî (avec manque de s intérieur, comme dans stetï).

Le sanskrit ne redouble que l’occlusive, les autres langues que la sifflante :

skr. U-sthâmi « je me tiens », mais gr. d’accord avec

Ibo

PRINCIPES DE LA MORPHOLOGIE

zd hi-stâmi (différent du sanskrit), lat. si-stô, v. irl. si-ssiur« je me tiens » ;

skr. ta-sthimâ « nous nous sommes tenus », mais gr. e-trca- ;ji£v ; au perfectum le latin a ste-ti, d’après ce qui vient d’être dit.

Dans les racines commençant par une voyelle, le redoublement intensif conserve sa clarté, mais se substitue parfois au redoublement normal, ainsi l’aoriste gr. àp-apstv « ajuster », arm. ar-ari « j’ai fait », ou hom. oX-aXxe « il a écarté », qui font partie du groupe, important en indo-européen, des aoristes thématiques à redoublement ; le redoublement normal k i on e se réduit à son élément vocalique ; ainsi i dans skr. iy-arti « il met en mouvement », en regard du présent intensif âl-arti « il se met en mouvement », et e, qui se contracte avec la voyelle initiale du mot, par exemple, dans le parfait skr. asa « il a été », hom. rfi « il était ». Le type gr. co-wBa, o--a)7ca avec répétition d’une occlusive terminant la racine paraît se retrouver en arménien.

Le redoublement indo-européen est un procédé grammatical employé soit pour renforcer le sens, soit pour marquer la répétition ou la durée de l’action, soit enfin pour en indiquer l’achèvement complet.

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