‹ Introduction à létude comparative des langues indo-européennesChapitre 68 sur 129 · REDOUBLEMENT · texte numérisé non relu

REDOUBLEMENT

gr. TU7TTÜ), et uTuiraÇei (glosé par (3pcvxa, ij<o<peï, wGst); lat. stupère, stuprum ;

skr. tunjàti « il heurte », v. h. a. stoc « bâton », lit. tü^giu «je claque », gr. àxùÇw ;

gr. ffxs'êu), arm. stipem « je presse » ;

gr. ctt é[j.êto, y. h. a. stampfôn « frapper » (la terre du pied) ;

got. stigqan « heurter », lit. sténgtis « résister ; et d’autres encore.

L’élargissement *-eu- est particulièrement fréquent et important. Ainsi, en face d’une racine *ser- attestée par véd. sârat, âsarat « il a coulé » et dont la forme radicale est purement aoristique, on a obtenu un présent indo-européen par addition de *eu- dans skr. srâvati « il coule », gr. p=w, et dans irl. sruaim, v. isl. straumr « courant », irl. sruth « fleuve », etc. Le grec a opoùo), opvüj jw, en face de hom. wpxo et deopp/rj (de *or-sma). Il peut arriver que la forme non élargie ne soit pas attestée ; ainsi *dr-eu- de skr. drâvati « il court » avec élargissement *-eu-, à en juger par *dr-em- (véd. dandramyaie « il court », gr. è'Spajjiov, Sécpop.x) et par *dr-â- (véd. drâhi « cours », gr. è'Bpàv).

L’élargissement par *-u- peut même s’ajouter à une racine dissyllabique ; on n’en trouve alors que la forme à degré zéro. C’est ainsi que l’on dans skr. jîvati « il vit », v. si. jjivç « je vis »,

lat. uïuô, et dans skr. jïvâh « vivant », v. si. \ivù, lit. gÿvas, gall. byiUj lat. uîuos , ou dans skr. jüjyüsati « il désire vivre », en face de zd gayô « vie », v. si. \iti « vivre », arm. keam «je vis », gr. Çyjv et iSuov. En face de yspwv et de yrjpxç, le grecâypaüç (ion. YpY)0ç)> de même que le sanskrit a jurvati « il se consume » et l’avestique %aurva « vieillesse » .

Ces élargissements sont une cause d’imprécision en manière d’étymologie, car il est également impossible et de les négliger et d’en faire une théorie exacte et complète.

Redoublement. — La seule modification des racines qui ait un emploi régulier en morphologie est le redoublement .

Le redoublement ne consiste pas dans la reproduction pure et simple de la racine; c’est un procédé de formation qui com-

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porte des formes définies, au nombre de deux, le redoublement intensif et le redoublement normal ; dans les deux, la racine n’est répétée que partiellement.

a. Redoublement intensif. — Le redoublement le plus complet, et celui qui a le sens le plus fort, est celui qui caractérise les verbes dits intensifs et qui se rencontre aussi dans quelques noms. Il comprend: i° la consonne ou sonante initiale de la racine; 2° une voyelle ; 3° la sonante qui suit la voyelle de la racine là où il en existe une. La consonne finale n’est pas répétée : une racine *ter- et une racine *terp- seront donc redoublées de la même manière, *tor-tor-, *tor-torp-. Ce type n’est largement représenté qu’en indo-iranien, mais les autres langues en ont des traces.

skr. jô-huv-ânah « appelant », zd ^ao-^ao-mi « j’appelle » ; skr. vâr-var(f)-ti « il tourne », 3e plur. vâr-vrt-ati ; skr. dé-dis-te « il montre », zd daè-dôis-t « il a montré ».

Le timbre de la voyelle de ce redoublement est difficile à déterminer ; le grec a o dans zopfùpo), p.opixùpo) et a dans çai'vœ, yxpyixipü), etc. ; Yo slave de v. si. glagoljç (si. commun *g°lg°ljç) « je parle » ou de russe toro-tôr-it' = tch. trâ-tor-iti « bavarder » (si. commun *tortoritï) peut représenter *o ou a ; l’arm, cicalim « je ris » suppose *gioigl°l-, avec voyelle o (ou e ) dans le redoublement, dont le vocalisme a la forme de diphtongue en -z- attestée par ailleurs ; la voyelle du redoublement tend souvent à reproduire celle de la racine.

g. Redoublement normal. — Le redoublement ordinaire se compose de la consonne (ou sonante) initiale de la racine suivie d’un élément vocalique (voyelle proprement dite ou sonante voyelle). L’élément vocalique est d’ordinaire *i ou *e :

i, notamment dans des présents comme : skr. pî-par-mi « j’emplis », hom. ; gr. yi-yvo^a:, lat. gi-gnô ;

e : au parfait : gr. p.£-{ji.ova, lat. me-mini , véd. ma-mnate (3e pers. duel moyen) « ils ont pensé » ; lat. ce-cini, v. irl. ce-chan « j’ai chanté » ; skr. ja-ghâna « j’ai frappé », moyen ja-ghné, gr. TuÉ-çaTa'., v. irl. ( fo)ge-gon « j’ai tué » ; et au présent (servant aussi de prétérit) : skr. dâ-dhàmi « je pose »,• lit. de-dù, v. si. de-

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