‹ Introduction à létude comparative des langues indo-européennesChapitre 86 sur 129 · INSTR. PLUR · texte numérisé non relu

INSTR. PLUR

skr.

lit.

svâs-à « sœur »

ses-ü —

svâs-ür-ah

(sès-er-s)

svâs-ar-i

ses-er-Çyjé)

svâs-r-bhih

en face du thème sans

alternance 0/0 :

skr.

lit.

mât-â « mère »

môt-è « femme »

mât-âr-ah

môt-er-(e)s

mât-àr-i

mot-er-(yje)

màt-f-bhih

Le latin a maintenu l’opposition dans soror et mater, mais en étendant l’ô du nominatif à toute la flexion de soror. — L’opposition de e et 0 n’est conservée dans la déclinaison athématique

grecque que par les neutres en *-es- :

gr. viÿ-oç « nuée » génit. vs<p-£(ù)-oç

v. si. ne-bo « ciel » neb-es-e.

En regard dun simple qui a le vocalisme prédésinentiel e à l’accusatif singulier et au nominatif pluriel masculins-féminins, les composés ont souvent o (cf. p. 25o), ainsi gr. Tzxrqp, Tzxxépzç: ocKoczcop, àxzTopîç (avec o généralisé dans toute la flexion) ; ©p-^v, çpsva : a?pwv, a?pova (avec o généralisé dans toute la flexion suivant l’usage grec) ; skr. pit-âr-ah « pères » : tvàt-pit-âr-ah « qui t’ont pour père », avec un â qui indique indirectement un ancien o ; l’arménien a entre autres le contraste suivant de anjn « personne » et du composé mi-anjn « moine » (littéralement « personne seule ») :

loc. sg. anj-in nom. plur. anj-in-(kh ) instr. sg. anj-am-b.

mi-anj-in mi-anj-un-(kh ) mi-anj-amb .

Les cas où la voyelle prédésinentielle avait le timbre o étaient au singulier le nominatif, l’accusatif (et peut-être le vocatif?) du masculin-féminin, au pluriel le nominatif masculin-féminin et neutre, au duel le nominatif-vocatif-accusatif masculin-féminin.

Pour expliquer les rapprochements d’une langue avec une autre, il faut tenir compte des alternances; ainsi la flexion du thème i.-e. *ped- « pied » est : nom. sing. skr. pat , dor. ttw;, c’est-à-dire i.-e. *pôt-s ; nom. plur. skr. pad-ah, gr. tcô£-£ç, arm. ot-(kh), c’est-à-dire i.-e. *pôd-es ; génitif sing. skr. pad-àh, lat. ped-is, c’est-à-dire i.-e. *ped-élôs ; le timbre e est généralisé par le latin, d’où pês, pedem, pedès, etc. ; le timbre o par le grec, d’où r,o j;, 7:cBa, t:o56ç, etc., et aussi par l’arménien; le germanique a étendu à tous les cas l’ô du nominatif, ainsi à l’accusatif singulier, got. fotu (de *pôd-ii) et pluriel got. fotuns (de *pôd-ns ) sur lesquels a été refait le reste de la flexion du mot, et notamment un nom . fotus, si bien que la forme originale y a disparu. Par cet exemple, qui est celui d’un des mots les mieux conservés, on voit combien le vocalisme de l’élément prédésinentiel est troublé dans les diverses langues.

FLEXION

Devant tonte désinence commençant par consonne (y compris les sonantes consonnes), Vêlement prédésinentiel a le vocalisme zéro,

pour autant que le suffixe présente une sonante qui puisse se vocaliser :

v. att. s>px-c( (aussi chez Pindare), avec a représentant *n, en regard de çpyjv, çpev-ôç.

gr. rcaip a-<rt en regard de Trarrçp, zaxspa ; skr. pitf-su.

loc. plur. skr. sûnü-su « chez les fils », v. si. synü-xü.

instr. plur. skr. sünu-bhih « par les fils », v. si. synü-mi‘, cl. got. sunu-m.

instr. sing. arm .hars-am-b ^ par la fiancée » (-am-b de*-n-bhï).

Le vocalisme de l’élément prédésinentiel dans les nominatifs singuliers à désinence *-s est conforme à cette règle :

skr. sünü-h « fils », lit. sünù-s, got. sunu-s en regard du nominatif pluriel skr. sündv-ah, etc.

skr. svâdü-h « doux », gr. rfîù-q en regard du nominatif pluriel skr. svâdàv-ah, gr. rtMq (de ^^FâbzF-zq).

skr. àhi-h, gr. cw-q en regard du nom. plur. âhay-ah, gr. loziq (de *oyzy-zq) ; v. si. poti, nom. plur.- potij-e (avec -ïj-e représentant sans doute *-ey-es).

Font exception : d’une part, les nominatifs monosyllabiques qui ont une voyelle longue, comme skr. dyâu-h « ciel », gr. Zsuç : skr. gâu-h « bœuf », gr. (âoQ-ç ; zd % â « terre », de *zâ-s (nominatif du thème iranien \arn-) ; de l’autre ceux des thèmes en *-nt- qui ont la voyelle de l’élément prédésinentiel au nominatif, comme skr. brhân (de *brh-ünt-s) « haut », gr. obouq (de *c$ovt-ç), lit. vezas (de i.-e. *wegJjont-s) « conduisant une voiture », etc.

Ceux des nominatifs masculins-féminins qui ont la désinence zéro sont caractérisés par la voyelle longue de l’élément prédésinentiel; ainsi qu’on l’a vu p. 187, une sonante finale peut alors manquer :

skr. mata « mère » (nom. plur. màtâr-ah ), lit. môtè (nom. plur. v. lit. moter-es ), gr. jp, [jx-Ap-zq.

LE NOM

gr. BtOICûp, 3(0T0p-£Ç.

skr. vfsâ « mâle » (nom. plur, vfsan-ah ), gr. àpayjv, apaev-sç. skr. « pierre » ; gr. axpuov, axpi .cv-eç ; lit. akmü.

skr. durmanàh « qui a un mauvais esprit » (nom. plur. dwrmanas-ah) ; gr. &u<7[/.£vsïç (-£t; de *-£&-£?).

hom. acc. v^ia (de *âus-os-n).

Les thèmes monosyllabiques admettent à la fois la désinence *-s et la voyelle longue prédésinentielle ; une sonante peut alors manquer :

dor. tc (â;, tcoc-£? ; lat. pès, ped-em ;

véd. ksâh « terre », nom. plur. ksamah, locat. sg. ksàmi\ zd %â (de \âs), locat. %dmi (de %amï) ; skr. dyaüh , locat. sg. dyâvi « ciel ».

L’accusatif et le vocatif singuliers, le nominatif-vocatif pluriel et le nominatif- vocatif-accusatif duel masculins- féminins ont un même vocalisme : *e bref ou *o bref suivant les thèmes :

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