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III. — Type thématique en -e/o

Le ton a une place invariable au cours de la flexion (cf. p. i5i et suiv.). Le vocatif est à part: le grec même conserve aàsXçe en face de àSsXçoç (cf. p. 278). — La voyelle thématique a tantôt le timbre 0, tantôt le timbre e suivant les cas. — Les désinences^ en partie différentes de celles des types précédents, ne se laissent pas toutes isoler de la voyelle thématique.

Dans les adjectifs, le thème en - e-/o - caractérise le masculin et

LE NOM

le neutre, mais on a vu, p. 243, qu’il y a aussi des substantifs féminins de cette forme.

Singulier.

Nominatif masculin-féminin : -0-s : skr. vfk-a-h « loup », zd vdhrkô (devant ca « et » : vdhrkas-ca « et le loup »), lit. viïk-a-s, gr. aux-o-;, lat. lup-u-s (cf. v. lat. sakros ), got. wulfs (de *wulfa-f) ; v. irl. beo « vivant ».

Vocatif masculin-féminin : *-e : skr. vfk-a, zd vdhrk-a, v. si. vlïc-ef gr. Xux-e, lat. lup-e. Le lit. vilkè paraît avoir un ancien *-ë.

Accusatif masculin-féminin : *-om, *-on : skr. vfk-a-m, zd vdhrk-d-m, lit. vilka (avec -a de -a-n ; cf. pruss. deiw-an « dieu » en face de lit. deva ), gr. Xux-o-v, lat. lup-u-m ; de même v. irl. fer n- « homme » en face de lat. uir-u-m et de v. irl. beo n- « vivant ».

Nominatif-accusatif neutre : *-o-m, *-o-n : skr. yug-â-m « joug », gr. Ç'jy-o-v, lat. iug-u-m , got. juk ; de même zd jcsaür-d-m « souveraineté », v. pruss. labba-n « le bien », v. irl. dliged n- « dette ». — Cette finale ne diffère peut-être de la désinence zéro du type athématique que par l’addition de la nasale inorganique (v. p. 1 4 1 et suiv.).

Génitif (distinct de l’ablatif). — La forme indo-iranienne : skr. -a-sya, gâth. -a-hyâ, concorde avec la forme grecque, hom. -010, ion. att. -ou (contraction de-ss), dor. -(» (aussi contraction), et la forme arménienne -oy, soit skr. vfk-a-sya, hom. 7 0x01c, ion. -att. X’jxc’J, dor. >,uxg), arm. gailoy. Le germanique a : got. ~is, v. h. a. -e-s 3 soit got. wulf-i-s, v. b. a. wolf-e-s , ce qui repose sur *-e-so. — Le latin et le celtique ont une forme à -ï final, sans la voyelle thématique, lat. uir-i, v. irl. ogamique maqi « du fils », gaul. Segomar-i (génitif de Segomaros ), v. irl. fir (supposant *wirï) « de l’homme » ; cf. le cas en -ï des thèmes sanskrits en -a- en combinaison avec des verbes, ainsi véd. mithunî karoti « il apparie » de mithunâ- « apparié » ; cette forme en -î trouve dans le tour lat. multi faciô un parallèle exact. Le slave et le baltique ont perdu l’ancienne forme de génitif et, par analogie du type athématique, emploient la forme d’ablatif qui, dans ce type, sert à la fois de génitif et d’ablatif.

Ablatif : véd. -ât, zd -ât (tous deux avec à comptant souvent

FLEXION

pour deux syllabes), y. lat. -ôd (lat. class. -o), lit. -o (d’intonation douce), v. si. -a (lit. -o et si. - a servant aussi pour le génitif) : skr. vfkàt, lAv^hr'kât, y. lat. lupôd, lit. vflko, v. si. vlïka. — La possession d’une finale d’ablatif singulier distincte de celle du génitif est l’une des caractéristiques du type thématique. Le fait pourrait être dû à la fixation d’une postposition indiquant

le point de départ, cf. lat. de.

Instrumental : *-ë, et sans doute aussi *-ô : véd. vfkâ (seulement dans quelques mots archaïques), zd vzhrka, lit. vilkù, (avec -ù de *-u ) ; le timbre *-è est indiqué par les adverbes latins du type certè qui semblent issus d’anciens instrumentaux, et par l’adverbe (ancien instrumental) skr. paçca , v. perse pasâ, zd pascâ « après » en face de l’adverbe (ancien ablatif) zd paskât « après » : l’opposition de c et de h dans l’Avesta suppose i.-e. *-è dans un cas et i.-e. *-ôt dans l’autre (v. p. 71). De même, dansla flexion des démonstratifs, on rencontre got. hwe « comment », dor. T:r-(:uo'za) . — Ailleurs il y a une forme à désinence en -bh- ou -m- (v. p. 25g et suiv.) : c’est celle que représentent arm. get-o-v « par le fleuve » et v. si. vlïk-o-nü « par le loup » ; et alors la voyelle thématique peut être e, ainsi dans la forme adverbiale arm. het-e-vu « après » , à côté de het-o-v « par la trace » .

Locatif : *-ei et *-oi : skr. vfk-e, zd vdhrk-e , v. si. vltc-è ; lit. adverbe nam-ë « à la maison » ; adverbes gr. 017.-01 et cï*/.-si; lat. dom-l. — La désinence *-i forme avec la voyelle thématique une diphtongue d’intonation douce : lit. namë, gr. bO^oi (de là provient l’accentuation gr. 01*01, en regard du nominatif pluriel olxot, cf. Ôcoi « dieux »).

Datif : *-ôi : zd vihrk-ài, gr. a:j*-gk (écrit ajx-w), Os-w, lit. vilk-ui (avec -ui d’intonation douce), v. lat. dial. Numasioi, lat. lup-ô (-0 de *-ôi). — La désinence du datif est contractée avec la voyelle thématique.

Pluriel.

Nominatif-vocatif masculin-féminin *-ôs : skr. vfk-âh, zd vdhrk-â (- â de *-âs; forme vieillie et peu usitée), got. zuulf-os ; ombr. Ikuvinus « habitants d’Iguvium », osq. Nuvlanüs « habitants de Noie » ; v. irl. fir-u « hommes » (-u de *-ôf), ser-

LE NOM

vant seulement de vocatif. La désinence du nominatif pluriel a été contractée avec la voyelle thématique. — La finale *-oi du nominatif pluriel des démonstratifs s’est substituée dans beaucoup de langues à cette forme : gr. Xûx-oi, v. si. vlïc-i, lat. lup-ï(-î de-oe du latin ancien, représentant Le germanique a le type got. blind-ai « aveugles » dans les adjectifs seulement; c’est en effet parles adjectifs que la flexion des démonstratifs a été transportée dans celle des substantifs. Le caractère récent de la substitution ressort du maintien en irlandais de *wiros , représenté par firu, comme vocatif, et de la création de *wiroi (devenu fir), comme nominatif ; en osco-ombrien, la finale *-ôs s’est maintenue, et a été étendue aux démonstratifs. Par suite, le germanique etl’indoiranien sont seuls à conserver ici la distinction entre la forme des substantifs et celle des démonstratifs.

Accusatif masculin-féminin *-ô-ns dans skr. vfkân « loups » (vfkàmç-ca « et les loups »), lit. vïïküs\ v. irl .firu « hommes »; on ne peut rien affirmer sur la quantité ancienne de l’o dans lat. uirôs, crétois cBeX-c-vç (att. Xuxouç, lesb. Xuxotç), got. wulf-a-ns\ v. pruss. deiw-a-ns « dieux », arm. get-s « fleuves » (s de *-o-ns).

Nominatif-vocatif-accusatif neutre. — La finale *-â : *-9 est celle du nominatif singulier d’un collectif en *-â (cf.p. 253) : véd. yug-â « jougs », got. juk-a, v. si. jig-a; et de même zd xsaür-a « dominations » ; et gr. Çvya, lat. iugâ. L’indo-iranien oppose le type thématique en *-â, véd . y uga, au type athématique en *-? : namâni « noms » ; mais cette opposition ne se retrouve dans aucun autre dialecte. Il y a deux preuves du caractère particulier de la finale *-Æ (*-9) : i° Le déplacement du ton attesté par le slave et qui serait contraire à une règle du type thématique : russe sing. stâdo « troupeau », pluriel stadâ ; pis'mô « écriture «pluriel pis ma ; ces deux oppositions recouvrent celles de gr. ©üXcv : çüX^ ; vcOpov : vsupa, et celles de skr. bhrâtràm « confrérie » : gr. opaxpâ; skr. varsâm « pluie » : hom. èéparr — 20 Le pluriel en *-â (*-9) se rencontre en face de singuliers masculins : gr. {AYjpoç, p.vjpa (avec le déplacement caractéristique du ton) ; lat. locus , loca ; russe rôg (génit. rôga) « corne », pluriel rogà (avec le déplacement d’accent). — La valeur de collectif est parfois sensible

DÉMONSTRATIFS

encore à l’époque historique, ainsi dans le pluriel hom. v.u xXa « roues » du masculin xu/.ac; « cercle », dont le pluriel ordinaire estvoxÀoi; à xôxAa répond véd. cakrâ « roues » sur lequel a été refait un singulier neutre cakrdm « roue » . Le serbe oppose de même le singulier kôlo « roue » au pluriel neutre (collectif) kola « voiture » .

Génitif : *-0m , *-dn : gr. ~Au xwv (et ôswv) ; lit. vilkü ; et v. si. vlïkü ; v.irl. fern-; ombr. pihaclo « piaculorum » ; v. lat. deum.

Instrumental : *-ôis : véd. vfkaih. zd vzhrkâis, lit. vilkaïs, v. si. vltky, lat. lupis', et sans doute aussi gr. Xéxoïç (Ôsoîç).

Locatif : *-oisu, en indo-iranien et en slave : skr. vfkesu, zd vdhrkaèsu , v. si. vlïcèxü ; cf. hom., lesb., ion. auxciœi.

Datif-ablatif ; cas en *-bh- ou en *-m- : skr. vfkebhyah, v. si. vlïkomïi, etc. On ne saurait restituer une forme commune.

Duel.

Nominatif- vocatif-accusatif masculin-féminin : finale *-0 : gr. Auxw, v. si. vlïka, lit. vilkù , véd. vfkâ, zd vohrka (-w de *-û). L’alternance véd. vfkav, vfkâ est peut-être analogique de celle du nom de nombre véd. d(u)vâu : d(u)va « deux » qui est sûrement indo européenne.

Nominatif-Arocatif-accusatif neutre : skr. yugê, v. si. jid^ë « (deux) jougs » ; zd xsaür-e « (deux) dominations » ; la désinence est la même que dans le type athématique.

Génitif-locatif. Le v. si. vllku « de (deux) loups » représente la forme ancienne, cf. irl. fer « de (deux) hommes » et arcadien jjieffouv « au milieu (de deux objets) » ; le skr. vfkayoh a la forme des démonstratifs.

Datif-ablatif. Cas en -bh- ou -m-, pour lequel il est impossible de restituer un prototype : skr. vfkâbhyâm, zd vdhrkaèibya , v. si. vlïkoma.

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