oo èarst, */.al afy.a xcç i^exipcio
Datif.
Le datif indique à qui ou à quoi une chose est destinée. Dans hom. :
E 174 A4 yi Tpaç àvas^wv
dans lat. Romanis de mur 0 manu s tendebant ou dans véd. prà visnave... etu mânma « que la prière s’en aille pour Yishnu », le datif ne marque pas le terme du mouvement, comme le ferait un accusatif, mais la personne (ou l’objet) en vue de qui (ou de quoi) le mouvement est fait. L’exemple typique est lat. alicui aliquid dure ou hom. E 3q6 euté [j.iv... o8uvy;giv fSuxev. Tous les emplois se ramènent aisément à ce sens général ; le datif avec les verbes signifiant « entendre » fait bien ressortir le sens ; le datif indique alors la personne qu’on écoute pour lui obéir :
Q 335 y.a l te y.\ù=q w x’ âOéA^crOa
R. V. vu, 68, 8 ut à çrutam çayâve hüyàmânâ
a et vous (deux) avez écouté Çayu, étant invoqués » ; v. lat. alicui auscultare ; arm. nma Isem « je l’écoute (je lui obéis) ».
Le datif n’est d’ordinaire déterminé par aucune préposition ;
LE NOM
on trouve cependant avec le datif v. si. kü, skr. kàm, ce dernier postposé (et zd â, v. si. po , arm. dsi).
Instrumental.
L’instrumental indique avec qui ou avec quoi l’action est faite (d’où le sens de : par qui, par quoi) : véd. devô devébhir a gamat « que le dieu vienne avec les dieux », et plus souvent, en ce sens concret, avec préposition, ainsi slave su tobojo « avec toi » ; de même véd. üt suryo jyôtisâ devà eti « le dieu soleil monte avec éclat », ou v. si. bë clovèkü necistomï duxomi « il y avait un homme avec un esprit impur » ; lit. akimï dklas « aveugle d’un œil » ; véd. sômena jathâram prnâti « il emplit son ventre de soma », v. si. jisplünise se straxomï « ils ont été emplis de terreur » ; véd. adânti dàksinena hâstena « on mange avec la main droite » ; antâriksena patati « il vole par les airs » ; v. si. süxoditü potimi ténu « il descend par ce chemin » ; v. si. trïmi dïnïmi süçudati « bâtir en trois jours » ; etc.
Ablatif.
L’ablatif indique le point de départ : question unde. Au sens propre il est presque toujours déterminé par un préverbe (préposition) : véd. à gahi divô rocanad âdhi « viens de l’espace lumineux du ciel », lat. ex illo loco uenit, mais aussi Rômâ uenit, sans préposition. Au sens figuré, il n’y a souvent pas de préverbe, ainsi véd. tâsmâd ganâh chidyate « la foule se sépare de lui » ; de même avec les verbes signifiant « craindre » véd. indrâd bhayate « il craint Indra », v. si. boga bojitü se « il craint Dieu » , et avec les comparatifs : ghrtât svadïyah « plus doux que le ghrta (beurre fondu) », littéralement « particulièrement doux » en partant du ghrta (comme mesure), zd akât asyô « plus mal que le mal », lat. nielle suauius} gr. jxéXecoç rjàwv, got. maiga imma « plus grand que lui » (où le « datif » tient la place d’un ancien ablatif), v. irl. ni diliu nech limm alailiu « l’un ne m’est pas plus cher que l’autre », etc. Quand l’ablatif indique «jusqu’où s’étend une action », c’est aussi qu’on compte à partir du point indiqué : skr. éti ginbhya a samudrât « il va des montagnes
MOTS INVARIABLES
3og
à l’océan » ; on trouve de même près de v. si do, lit. iki, « jusqu’à », gr. [às y pi le génitif-ablatif, représentant un ablatif indoeuropéen.
Locatif.
Le locatif indique où se fait une action : question ubi de la manière la plus générale. Ainsi skr. sindhau signifie « dans le fleuve, sur le fleuve, près du fleuve » suivant le contexte ; skr. devésu signifie « chez les dieux, parmi les dieux » ; skr. usâsi « à l’aurore », v. si. tond case « en ce temps » ; de même lat. Rômae, domï,. l’adverbe gr. otxoi, etc. Le locatif est souvent déterminé à l’époque historique par des préverbes ou prépositions ; mais chez Homère, le datif grec, qui, pour la forme, est en notable partie un ancien locatif, est encore employé librement :
II 4o3
TUTUÇ (3X(oGpvb TYJV T'OUpSat. téxtovêç avSpsç è^£T«p.OV.
oux I<m (3(y) çpsafv.
vuxtI S’ ôpuàç TcXeÊeiv.
E. Mots invariables.
Adverbes. — Les formes de mots fléchis sont sujettes à se fixer dans certains emplois particuliers, et alors elles échappent aux règles générales de la morphologie de la langue dont elles font partie. Elles peuvent subsister après que le type qu’elles représentent a disparu, ainsi les instrumentaux du type lat. certè et les locatifs du type gr. choi, cvabi. Ou, si le type général subsiste, elles admettent des traitements particuliers ; ainsi l’o final de lat. modo, ablatif de modus, a conservé sa quantité longue, tandis que Yô final de l’adverbe modo s’est abrégé (pour des raisons bien déterminées, dans un mot accessoire, de forme iambique), d’où modo. D’autres fois, l’adverbe a exactement une forme de la déclinaison, mais le thème qu’il présente ne subsiste plus ailleurs, ainsi o-jya -ce renferme l’accusatif d’un thème çl>y~ qui
LE NOM
3lO
n’est pas autrement représenté en grec historique. Chaque langue a fixé ainsi des adverbes au cours de son développement propre.
Très peu de formes adverbiales sont communes à plusieurs langues de la famille ; l’une des plus remarquables est le locatif skr. hyàh « hier », pehlvi dik (pers. dï), gr. yOéç, lat. herî ( hester nus ), got. gistra-, v. h. a. gestciron, irl. -de, gall. doe, alb. dje (sur le traitement phonétique dans gr. yOEç et gall. doe, v. p. 70 et p. io3).
Les adverbes qui remontent à l’indo-européen et n’ont pas de forme casuelle définie sont rares. Les principaux ont déjà été signalés ci-dessus.
Préverbes. - — Des faits analogues aux fixations de formes
casuelles qu’on observe dans l’histoire particulière du grec, du latin, etc., se sont produits en indo-européen. Beaucoup des préverbes se laissent reconnaître pour des formes casuelles, dont la plupart appartiennent à des types connus ; ainsi :
Thème *perd- « devant » :
locatif (à désinence *-i ou zéro, vocalisme *-e de l’élément prédésinentiel) : skr. pari zd pairi, gr. xspt, lat. per , got. fair, lit. per , v. si. pré- (russe peré-) ;
génitif-ablatif (à vocalisme prédésinentiel zéro) : skr. puràh, zd
parô, gr. xapsç (avec place anomale du ton) ;
un cas en -0 (instrumental ?), dont on retrouve l’équivalent dans
plusieurs autres préverbes : skr. pra, zd fra, gr. xpo, lat. prô (et
prô-), lit. pra- (et prô), v. si. pro (et pra-) ;
quelques autres formes, obscures : gr. xapa et xapod ; skr. purà ;
got. faur ; arm. ar ; lat. prae.
Thème *ep- « à côté » :
locatif : skr. api , gr. Ext, arm. ew (ce dernier signifiant « et aussi », sens que présente à peu près skr. dpi) ; génitif ablatif : peut-être *pos, dans skr. paç-ca, lit. pas-kuï , lat. pos-t, pône (de *pos-ne) ; et peut-être aussi avec prothèse *a- et désinence f-s : gr. d'b, lat. ah s ;
cas en *~o: v. si. po (et pa-), lit. pa} po , lat. po- (dans po-situs ), et, avec prothèse *a-, skr. àpa, zd apa, gr. ; cf. lat. ab.
MOTS INVARIABLES
Thème *en- « intérieur » :
locatif : gr. Ivi, èv (et, avec un -ç qui se retrouve dans beauooup d’adverbes grecs, èvç, d’où è; devant consonne, ei$ devant voyelle), lat. in, got. in.
Aucun autre cas de *en- n’est attesté clairement ; le préverbe *ni- qui indique mouvement de haut en bas a un sens trop divergent pour être cité ici avec certitude ; il est fréquent en indoiranien ; le mot *ni-^do-, étudié p. 69 et 220, en atteste l’existence en indo-européen, et en effet le slave et le germanique en ont des composés et des dérivés : l’adjectif v. si. nid (ainsi pade nid « il est tombé la face contre terre »), en regard de l’ablatif véd. nïcât « d’en bas », et les adverbes v. si. ni%ü « en bas » et v. h. a. nidar « en bas » .
Au groupe de gr. evi « dans », etc., se rattachent des dérivés : arm. ner-, notamment dans ner-khin « intérieur » skr. antâh antâr ( antari ), lat. inter, avec une forme athématique du suffixe *-tero- (v. p. 233), et, avec une prothèse *a- qui se retrouve dans v. pruss. an et v. si. ç-, ombr. ander et v. si. çtrï « à l’intérieur » ; au groupe de skr. ni- semble se rattacher, à cause du sens, gr. hepoq « inférieur » et arm. i ner-khoy « au-dessous », tous deux avec suffixe *-ero-.
Thème *et- « au delà » :
locatif: skr. âti , gr. Ivi, lat. et, got. ifc : génitif-ablatif : peut-être v. si. otü, avec prothèse *a- ; cas en *-ê : lit. orient, ata-, comparable, pour la forme à gr. àxo, et v. si. ot-, lit. at-, formé comme lat. ab.
Les formes en *-0 du type gr. xco et ocxc, iup u- rappellent l’instrumental indo-iranien en -à, et sans doute l’ablatif-instrumental latin en e (type ped-e ) ; leur -6 alterne avec e dans hom. -es, en regard de v. si. do, lit. da-, v. angl. tô (v. h. a. %uo) ; et les formes sans finale caractéristique, comme lat. ab en face de gr. àxo, lat. (s^ub en regard de skr. üpa « sous », gr. uxo, ou v. si. u (indiquant séparation) en regard de indo-iran. âva (indiquant mouvement de haut en bas), peuvent représenter le degré vocalique zéro de cette désinence, qui serait ainsi *-î, *-d, zéro, et par suite parallèle à celle de génitif-ablatif *-es, *-os, *-j.
LE NOM
Dans skr. üt « en dehors de », zd us- (de *uts), got. üt-, us-y y. si. vy- (de *w(), on pourrait trouver m-, apparenté à si. u, avec un élément dental apparenté à lat. de, v. irl. di , et la finale qui caractérise l’ablatif véd. vfkàt, y. lat. lupôd (v. p. 282 et suiv.), en skr. mât « de moi » (y. p. 295).
Quant à gr. « du dedans de », lat. ex, et y. si. ji%, jis , lit. ïs, ou à hom. irpo.Ti, skr. prâti « contre », ou v. perse patiy, dor. tuoti (même sens), il n’y a rien à en dire.
Une finale -s s’ajoute souvent aux préverbes-prépositions sans en modifier le sens. L’ancien iranien, par exemple, offre patis à côté de pati. Le grec a à\j.y(q à côté de Le gotique a us- h côté de ut- (sans doute üt-'). La différenciation de èvç (ait. elç, hom. èc) et de èv en grec est secondaire, et ne se trouve même pas dans tous les dialectes grecs.
Lorsque les préverbes se sont soudés aux verbes au cours de l’histoire des diverses langues, les formes munies de préverbes ont tendu, dans certaines de ces langues, à désigner, comme les formes de l’aoriste arménien, le procès en tant qu’il parvient à un terme défini ; c’est ce que l’on observe notamment avec les verbes munis dés préverbes pa- en lituanien, g a- en gotique, cum- en latin. En slave, où le développement est plus avancé et où il a été institué un système complet à cet égard, tout thème verbal non essentiellement duratif prend une valeur significative à peu près identique à celle d’un thème d’aoriste grec quand les formes correspondantes sans préverbe ont la valeur de thèmes de présent, par exemple, v. si. moliti se traduit gr. TüposeuyesGai et v. si. pomoliti se, gr. TUpoasé^aŒÔat. Les formes sans préverbe (et toutes celles qui ont la même valeur sémantique) sont dites alors imperfectives ; les formes à préverbe (et toutes celles qui, comme v. si. dati « âoüvat », got. giban « Scüva» », lat. dare, ont, même sans préverbe, une valeur pareille) sont dites perfectives. Le grec ancien, l’arménien et l’in do-iranien ne présentent pas systématiquement cette action des préverbes sur le sens.
Particules . — Les particules ne sont jamais identifiables à des
MOTS INVARIABLES
formes casuelles connues. Elles ont l’air de thèmes sans désinences. Ce sont souvent des sonantes isolées ou précédées d’une prothèse *a , ainsi :
*ü : skr. u, lit. (ba-)u, got. u, et gr. au, got. au-k «car», lat. au-t ;
*f : gr. àp, p oc, oc poc ; lit. if « et » ; prâkr. ira.
D’ordinaire c’est une consonne suivie de la voyelle I/o ; une particule composée d’une sonante peut s’y ajouter, et alors la voyelle précédente peut s’élider. Exemples :
skr. ca « et », iran. ca, gr. x£, lat. que, got. -h dans nih « et... ne... pas », cf. lat. ne-que ; cette particule, qui signifie « et », n’était peut-être pas différente originairement d’une autre particule de forme identique appartenant à la famille de l’indéfini et interrogatif : skr. ca dans kâçca « quelqu’un », lat. quis-que, arm. o-kh « quelqu’un », gr. x£ dans beaucoup de phrases homériques. Avec addition d’une seconde particule, lat. qu-om ; lat. qu-am, arm. kh-an « que » ; lit. -k-i. En védique canâ est fréquent dans les phrases négatives, ainsi nâ kâç canâ « personne » ; en germanique, on trouve dans les phrases négatives une particule comparable : got. -hun, v. isl. -ge, v. suéd. -ghin, v. angl. -gen, ainsi got. ni hwashun kann « personne ne sait » .
*w~ë « ou » : skr. va, zd va, gr. (F)z dans hom. rr(F)z « ou »,. lat. ue, tokharien B (koutchéen) wa-t.
skr. gha, et ha, v. si. go (dans ne- go « comme ») et \e, gr. -9s, dans ôt-9s, af-Ôe ; avec addition d’autres particules, lit. -g-i et g-u.
La négation de l’indicatif : skr. nâ, v. si. ne, lat. ne(-scio)> ne que, got. ni(Ji) « et... ne... pas », etc. ; avec une autre particule *ne-i : zd naè(^cïs), v. si . ni(-küto) « personne», lit. net « ni », lat. ni. La négation prohibitive est *mé dans un groupe de langues : skr. ma, zd ma, gr. arm. mi (le latin a né), et cette forme de la négation a été généralisée en tokharien B, ma. — De la négation *ne il faut distinguer *ne « comme » : skr. nâ, et, avec *ei, lit. néi « comme », et aussi gâth. (kas-)nâ « qui? », thessalien (xo-)v£, lat. ( sicci-)ne , v. si. no « mais » ; avec addition d’autres particules, lat. n-um et n-am, v. si. n-ù, etc.
LE NOM
gr. y.s, lat. (hoc-)ce, got. (sa-)h « celui-ci », lit. ( eïk-^s « (viens) ici ».
gr. ye, got. -k, dans (mi-)k « moi », ( [au-^k « car ». lat. ( quip-)pe « car », lit. ( kaï-^p « comment » ; avec addition d’une seconde particule, gr. ize-p ; lat. (, quis^-p-i-am .
russe é(~tot ) « celui-ci », osq. e(-tanto ), ombr. e(-tantu) « tanta », skr. a{-sâu) « celui-là », gr. è(-y.£tvcç).
Les particules de ce genre sont nombreuses ; plusieurs se rattachent à des thèmes de démonstratifs, d’indéfinis, etc. ; d’autres sont isolées. Un grand nombre sont atones. L’importance de ces particules était grande en indo-européen : on ne connaît pas d’autre moyen indo-européen d’exprimer « et », « ou », la
négation, etc., que les petits mots indiqués ici.