OOQ
une fluorescence ultra-violette intense, composée de quatre bandes comprises entre X = 3. loo et X = 2.670.
D'autre part, ran(hracène serait phosphorescent par luimême (Stark et Meyer), car il possède cette propriété quelles que soient les purifications auxquelles ce corps a été soumis. II faut remarquer toutefois que Tanthracène se polymérise à la lumière.
A cette catégorie de corps, il semble qu'il faille rattacher l'a-naphtyl-pipéridine, le tétramétyl-érythrène, le sulfate de i-3-6-triamjno-phénoxozonium,.
On conçoit qqe des recherches sur un pareil sujet soient des plus délicates et qu'il soit difficile de mettre un peu d'ordre dan^ les çlocuments que Ton possède actuellement.
Il ne semble p^s dputeux que, d'uqe manière générale, les corps de la série aromatique jouissent à un plus haut degré que les corps de la série grasse de la propriété d'être phosphorescents.
Si, comme on le suppose d'ordinaire, il existe entre l'absorption et la phosphorescence d'étroites relations, cette règle s'expliaue par la présence de bandes d'îibsorptipn dans Içs composés de 1^ série chromatique et l'absence d'absorption (si ce n'est aux extrémités des spectres) dçs corps de la série grasse.
Meyer (2) admet que le pouvoir de phosphorescence caractérise la présence d'anneaux aromatiques (Pyrone, Azine) qu'il apveWe Jlnorophores. Un fluorophore n'est fluorescent que si un certain nombre d'atomes 4'bydrogène sont remplacés par dçs cor^plexe$ ^tomiq\ies telsj que le benzol.
Celte théorie se rapporte à des dissolutions diluées des flviorQphores dans ^p dissolvant s^pproprié, tel que Tesiu, l'alcool, l'éther, e\ç.
(1) Phtjs. Z. 8, 81 (i^jo^) et 8, aôo (19P.7).
(2) Zroc. cit.
tXTROnUCTION A LT.TI'DE DF LA SPECTROCHIMÎE 179
Kaufmann (i) qui a étudié la fluorescence des vapeurs sous rinfluence d^un champ de Tesia, et sous l'influence du radium, aboutit à des conclusions semblables. Il appelle lutni^ nophores des groupes d'anneaux aromatiques semblables aux fluorophoresde Meyer, et il appelle ^Mo/Y>y^«^« les complexes atomiques tels que le benzol et qui sont nécessaires à la fluorescence. Le luminophore (fluorophore) contient en général six anneaux benzéniques.
Ily a d'ailleurs une analogie étroite entre ces phénomènes et ceux de Tabsorption : les flqorogènes jouant dans Tabsorption le rôle de chromophores.
La présence de certains groupements appelés auxoohromes exaltent la phosphorescence comme elle exalte l'absorption.
La fluorescence varie nécessairement avec la position relative des auxochromes et des fluorogènes sur les luminophores. Des isomères présentent des fluorescences difl^érentes.
La présence des halogènes dans la molécule diminue la fluorescence.
Tous ces résultats se rapportent exclusivement à la partie visible du spectre seulement; il serait sans doute téméraire de les généraliser. D'ailleurs dans un travail plus récent Slark et Meyer (2) ayant porté leurs investigations sur le spectre ultraviolet, ont trouvé que le benzol, la naphtaline, l'anthracène, le phénanthrène, la résorcine, Thydroquinone, le benzophénone, l'acide phtalique, la phénolphtaléine, etc , sont fluo* rescents.
Il résulte de là que la pri*sence des croupes antérieurement désignés du nom de fluorophores ne serait nécessaire que pour les phosphorescences visibles. En réalité tout anneau benzé-. nique jouit de cette propriété pour une région ou une autre du spectre ; et il est vraisemblable qu'il existe entre la constitution et la phosphorescence des corps organiques, des relations analogues à celles qui existent entre la constitution et
(1) Ber, Ch. GeselLy 33, 1725 (1900) ; 3^, G82 (igoj) ; J5, 3068 (1902) ; 36, 56i (igoS) ; J7. 2946 (1904). 2. Phys, Ch,, J4, 54? (igoQ). Ber. Ch. GeselLy 40, 838 et 2338 (1907).
(a) Loc, cit.
i80 INTRODUCTION A L'KTUDE DE LA SPECTROCHIMIE
l'absorption. 11 semble de même probable que la phosphorescence des corps organiques est plus spécialement une propriété de la matière diluée. Les recherches toutes récentes de M. de Kowalsky paraissent le prouver.
Im loi de roptimum est applicable aux solutions des phosphorogènes organiques, — C'est Stockes qui paraît avoir signalé le premier que la fluorescence des corps organiques en solution passe par un maximum quand on diminue la concentration.
Lommel (i) a signalé ensuite que la coloration de la fluorescence des corps organiques change quand on fait varier la dilution.
Relation entre Fabsorption et la phosphorescence des corps organiques, — Nichols et Merritl (2) ont étudié l'influence de Tabsorption sur la position du maximum de fluorescence dans le spectre. Leurs résultats sont résumés dans la figure ci-contre.
La courbe A représente l'intensité de la lumière transmise par la solution; la courbe B, l'intensité de la lumière de fluorescence. Les courbes en pointillés donnent les résultats obtenus avec des solutions plus concentrées.
Ces courbes montrent :
1^ Que Tintensité maxima du spectre de fluorescence ne coïncide pas avec le maximum du spectre d'absorption. La bande de fluorescence est nettement au bord le moins réfrangible de la bande d'absorption ;
2^ Que, lorsque la concentration augmente, l'allure générale des courbes reste la même. Le maximum de la bande de fluorescence est, ainsi que celui de la bande d'absorption, légèrement déplacé vers le rouge.
Ces résultats, qui se rapportent à la fluorescéine, avaient déjà été signalés par Strenger (3).
Wick (4) a obtenu avec la résorcine des résultats difl'érenls :
(1) Pogg, Ann. 160, 76(1875).
(2y Phi/8. Reo., 18, ^12 (1904).
(3) Wied Ann , 38, 201 (1886).
(4) Pht/s. Rev , 24, 371 (1907).
ia position du maximum de fluorescence est pour ce corps indépendante de la concentration.