IV
L'hiéroglyphisme, nous l'avons déjà dit, a commencé par une méthode exclusivement figurative , par la représentation pure et simple des objets euxmêmes.
Toutes Jies écritures qui sont restées en partie idébgrjiphiqups ont conservé jusqu'au terme de leur existence les vesti^jes de cet état, car oh y trouve un certain nombre, de si^es qui sont de simples images et n'ont pas d'autre signification que celle de l'objet qu'ils représentent. Ce sont ceux que les égyptologues, depuis Champollion, ont pris l'habitude de. désigner par le nom de caractères figuratifs et que
les grammairiens chinois appiellçnt ^^^.^ sidng-^
/^^//^, « images ».
Les signes %.u^'aj;j[fe j 9f^rent . qfielq^^^ de curieuses ressemblances, entrç, les quatre systèmes que nous considérons comme primitifs. Ainsi le
soleil se représente dans les liiéroglyphes égyptiens par
dans la plus ancienne forme des caractères chinois par (•)
dans les hiéroglyphes qui ont
donné naissance au cunéiforme
anarien par V
Le caractère hiéroglyphique de
ridée de lune est en Egypte |
en Chine . 3
celui de Tidée de montas^ne , en Egypte
en Chine
Mais on ne saurait conclure de ces ressemblances à une communication originaire eôJtre les différents systèmes. Ces manières de représenter un même objet dans une image abrégée et d'uttxjracé aussi simple que possible, étaient troip natuj^lles pour n'être pas venues spontanément à l'esprit des hommes dans plusieurs pays à la fois. C'est ainsi rque dans toutes les contrées les essais de dessin 4es enfants présentent constamment les mêmes conventions , les mêmes partis-pris naïfs. ; i
Tant qu'une écriture conserve des éléments d'idéôgràiiHîàhi'é'; biV y i^éti-tiùVèùbè'|)àrt hôlâblë de caractères purement figuratifs à l'origine, loï*s même qu'une dèfoymâtldri'gfâduéllé'â'dînéné cescaractères à n'être' plus eh rëaliÉe des Tigùi^s, liiàià des symboles purèmértt cotiventibhiîels dont l'aspect ne
rappelle plus aux regards les objets qu'ils représentaient.
C'est ainsi que dans le type moderne habituel de récriture chinoise, nous retrouvons, par exemple, les signes primitifs :
Q == soleil,
3 = lune,
AA\ ^= montagne,
Y = arbre,
JPv = chien, â =z: poisson,
qui étaient, on le voit, des images directes, sous les formes dégénérées
= soleil,
^ = lune, X\t = montagne, pff = arlM-e^ 4^ = chien, = poisson.
if'ff-
qui n'ontiplus rieup dç %uratif et sJepiplo/^j^<; par pur empjfisme. . , ; , ., t ,.,.,,.
Le? deux tachygraphies ,des hiiéroglyp^^ %yP" tiens renferment autant de caractères d'origine figurative que les hiérpglyplifîs pr^remw* dits ; mais si
les signes s y maintiennent en se déformant, ils cessent d'être des images. Ainsi les hiéroglyphes :
N^ =z homme,
^ = bœuf,
^r = poisson,
^ =zz oreille,
i^i = chemin,
deviennent en hiératique :
^^ = homme, ^ = bœuf,
nflf = poisson, p^^ = oreille, ^> = chemin,
et en démotique :
^ = homme, y = bœuf, ^ = poisson,
= oreille,.
= chemin,
Même observation pour le système cunéiforme anarien. Son type, comparativement moderne, nous offre un certain nombre d'idéogrammes, tels que :
-^y m soleil.
=ir pelle.
y^f- = poisson.
-^y^^ = oreille.
qui n'ont plus rien de rimage, mais dont la nature figurative se révèle lorsqu'on remonte à leurs types archaïques :
= soleil.
hL> — pelle.
4^;^>^ = poisson.
^-| — = oreille.
Mais la méthode purement figurative ne permettait d'exprimer qu'un très-petit nombre d'idées, d'un ordre exclusivement matériel.
Toute idée abstraite ne pouvait, par sa nature même, être peinte au moyen d'une figure directe ; car quelle eût été cette figure ? En même temps certaines idées concrètes et matérielles auraient demandé pour leur expression directement figurative des images trop développées et trop compliquées pour trouver place dans l'écriture. L'un et l'autre cas nécessitèrent Temploi du symbole ou du trope graphique.
La présence du symbole dans l'écriture hiéroglyphique doit remonter à la première origine et être presque contemporaine de l'emploi des signes purement figuratifs. En effet, l'adoption de l'écriture,
Je besoin d'exprimer la pensée d'une manière fixe et régulière, suppose nécessairement un développement de civilisation et d'idées trop considérable pour qu'on ait pu s'y contenter longtemps de la pure et simple représentation d'objets matériels pris dans leur sens direct.
Les symboles graphiques sont simples ou complexes. ,; . . î
Les premiers se forment de ;différentespianières :
i** V^r syk€edobfie\ en pèîgWànt^!a partie pour le tout ; ce sont alors de simples abréviations de caractères figuratifs qui auraient été trop compliqués si on les avait tracés dans leur intégrité. Ainsi les hiéroglyphes égyptiens nous présentent l'expression de Vidée de combat sons la forme de dpux bras humains, dont l'un tient tin bouclier et l'autre une sorte de
hache d'armes r^j les deux , pituflelles • •, rendent J'idée des/ew^,- pouv nqtfii; Ijid^^ de bœuf on se borne souvent à dessiner la tête de l'animal "té ^ au lieu de sa figure entière.
'2° Par métonymie^ en peignant la cause pour l'effet, l'effet pour la cause, ou l'instrument pour l'ouvrage produit. Ainsi lés Égyptiens expriinaient le mois par rimajge de la lune lés cornes en bas, --^, telle qu'elle se montre vers là fin du mois; le feu, par une colbhrie de fiimée soi^tarit d'un réchaud, w; l'action de voir 'par lés deux yeux ou les deux prunelles, -<*— ou ••; Xéjour^ par le caractère figuratif du soleil,' qu^ en est l'auteur et la cause, O; V écriture par l'image d'un roseau ou pinceau
uni à un vase à encre et à une palette de scribe,
3® Par métaphore^ en peignant un objet qui avait quelque similitude réelle ou généralement supposée et facile à comprendre avec l'objet de Tidée à exprimer. C'est ainsi qu'^i Egypte le vautour, ^|, était
le symbole de l'idée de mère, parce que l'on croyait que cette espèce d'oiseaux ne comprenait que des individus femelles et produisait sans le concours du mâle ; la figure de l'oie du Nil, ^fei, , signifiait fils^ à cause de l'opinion populaire qui attribuait à ce volatile des vertus de piété filiale dignes de servir d'exemple aux hommes. La priorité^ la prééminence ou la supériorité s'exprimaient par les parties antérieures du lion, y ; les idées de vigilufèce et de gùtdtén par la tête du même animal,
I, qu'on disait dormir lesj yeux ouverts. L'abeille,
\lj^ , voulait dire roi parce que cet insecte est soumis à un gouvernement régulier et en apparence monarchique.
4" Par énigmes ^ en employant, pour exprimer une idée, l'image d'un objet physiquç n'ayant que des rapports très-cachés , excessivement éloignés, souvent même de pure convention, avec l'objet de l'idée à noter. D'après cette méthode, fort vagué de sa nature, une plume d'autruche chez les Égyptiens signifiait la jci^lice j \ , parce que, disait-on, toutes les pluifies des ailes de cet oiseau sont éga-
les ; un rameau de palmier, ^ , représentait Vannée,
parce qu'on supposait que cet arbre poussait douze rameaux par an, un dans chaque mois; une corbeille tressée en joncs, *^»r, était le symbole des idées de seigneur et de totalité'; un épervier perché
sur une enseigne , Vli , de pellç dç dieu; le ser-
peut uraeus , fp , de la tojauté et de la dùnnité.
Nous venons d'empf^unter tou^ nos exemples aux hiéroglyphes égyptiens, maisil uçus serait fiacile de montrer çxacteipent les mêmes modes de formation des symboles graphiques simple^ daias l'écriture chinoise à son état hiéroglyphique primitif et dans le cunéiforme anarien. Nous pourrions aussi faire voir, si nous voulions npûS lais^r aller à la tentation d'entreprendre ici un petit traité de l'iécriture symbolique chez les différents peuples , comment certaines métaphores naturelles ont été conçues spontanément par plusieurs races diverses ' sans commumcation les ube^ avéoilesf aifitres^.^^ comment, par suite, le même symbole se retrouve avec le même sens dans plusie^H'S systèmes d'origine tout à fai^ indéfiebdàntè.' L'exemple ié plus frappant peut-être de ce genre i6st celui du symbole de l'abeille, \|^ , qui, ainsi que nous venons de le dire,
signifie im dans les hiéi*oglyphes égyptiens, et se reconnaît encore clairement dans le type le plus ancien de l'idéogramme dbiié"dti' iii'êhie'^éns' dans
le cuné^fQrme aixarien,
Un autre fait dont la démonstration nous serait également facile si nous ne craignions d'entrer dans de trop longs développements, serait que tous les symboles formés par synecdoche, par métonymie ou par métaphore, deviennent tous, comme les signes figuratifs, des idéogrammes énigmatiques et purement conventionnels , du moment que la déformation amenée inévitablement par l'usage et par la marche du temps en a fait disparaître Timage primitive. Auisi, pour ne citer qu'un seul exemple, le symbole de TaBeille, dont la métaphore était si naturelle et si clâîrè, n*èst plus qu'un signe de convention, ïorsqu'eri Egypte, dé l'hiéroglyphique
il pâssfe* à* l'hiéi^atiqtré '
et au démotique ' ^ Çjj
et lorsque dans l'écriture cunéiforme anarienne,
du primitif j ..... i<llll^^ .
ir devient dans le style babylonien archaïque
puis^ dans. 1|Q. Style ^^tjt^jylpnien comparativement moderne , i, .fc;^^
Les symbplés çqmplexes se retrouvent, aussi bien que les symboles simples, dans toutes les écritures idéographiques. De même que lés symboles sim-
pies, ils se forment par métonymie , ^ar métaphore et par énigme, et deviennent purement conventionnels lorsque les progrès de la déformation leur enlèvent le caractère d'images hiéroglyphiques.
Les symboles complexes consistent à Torigine dans la réunion de plusieurs images dont le rapprochement et la combinaison expriment 'une idée qu'un symbole simple n'aurait pas suffi à rendre.
Ils sont rares dans l'écriture hiéroglyphique égyptienne, où nous voyons cependant :
l'idée de mois notée par "T^, un croissant renversé
et une étoile}-
a&, uneabeilleetun vase;
"Jj^n , un vçau courant et
VSSX le caractère de l'eau,
^ -trois lignes ondulées ;
cAgr^ , le creuset, signe de
l'oF, et 1§ symbole de
... . Ja blancheur, ; un. oi-
g^Qu blanc; .-
t, Jci , caractère ciel et
.i|ne étoile«f
miel
soif
argent
mut
Dans l'écriture cunéiforme anarienne les symboles complexes jwi^nt, au-contraî»e, un « très-grand rôle. En voici queliques exfemplesj: -
L'idéogramme étoile^ ►^J , origitiaireitoent i-^f^, et l'idéogramme voûte^ dont on distingue l'origine figurative même dans sa form% la plus récente, ^ y |,
produisent par leur réunion l'expression idéographique complexe^
ciely la voûte étoilée.
L'idéogramme homme^ ^Hff > ^* celui de la pluralité^ T^ , dénotent par leur juxtaposition,
ridée d'une rétinloti dhbmmes^ un peuple^ Xensem^ ble de t humanité, ' " ' *
Le signe de Tidée de crainte^ dont la figure originàire est quant 'à présent impossible à retrouver, ,' eh ^e joignant à celui de Tidée de contrée^
un cliamp limité ètî^d^ouré, ^^V ? donne nais-
sance au symbole complexe
lit* • • » < '
quiy'pfifr'unle coittbïnaison d'idées facile à comprendre avec la' ni^ire ^es antiques monarchies de l'Asie, a le sens de tlo^iifUition ^ empire.
Les niotifs' qui' 'ont présidé à la formation de ces idéogrammes symboliques complexes sont faciles à saisir. Mais* il en est d'autres où le sens résultant de la ^combinaison dâxdeuMrsymtw^les^ tbi^. K^onnn&préseirte une. rf érîtable <eA)|¥P^ n9i4$ ânspluble énigme si l'on jMrétjpnd/enr-refb^jd^iieii.la Ctajuse,. Tel €sj[fi©«sy»bole.,coinplelce^ ., , .
qui signifie la terre ^ et permute dans les textes cunéiformes assyriens avec le mot phonétique
ir — si — //
n^*1l<. Cette expression idéographique complexe a en effet pour éléments constitutifs le signe de Tidée contrée et celui de l'idée serpent^ ^^^^T"^ ? dont nous ne comprenons pas très-bien comment Tassociation désigne notre planète.
Mais c'est surtout dans l'écriture chinoise que l'emploi des symboles ou idéogrammes complexes tient une place énorme. liCS éléments s'en combinent de manière à former un seul groupe , et un bon tiers des groupes graphiques employés par les habitants du Céleste Empire doivent leur origine à des combinaisons de ce genre. Un petit nombre d'exemples suffira pour montrer de quelle manière et d'après quels principes ces (Combinaisons s'y produisent.
L'idée de
hiéroglyphe primitif
lumière est notée par ^^ • ^;^ , le soleil et
le groupe . ^ ^' -^ la lune.
hermite » ^^^ , siân^ ^/^ > le sig^e
homme au-
, ' ' . . , ' dessus du si-
, gne monta-
gne.
chant » yê , ming^ ^ À , une oreille
et un oiseau.
hiéroglyphe piinitif
matrone est notée ^g» , ^>j, le signe /<?/wparlegroupe ^«' ^^"' "^^ me, une main
et un balai.
entendre » ^^ , wén^ f^f\ > ^^"® oreille et
le signe porte.
larmes » ^g, fo^i/, >^\îf > l'™ag^ ^'^^"
œiV et le signe
de Veau.
Les grammairiens chinois désignent ces groupes idéographiques complexes par le nom de hoéî-t^ « sens combinés. »
Nous venons de passer en revue les différents modes d'expression dont est susceptible Tidéographisme pur, en suivant Tordre dans lequel les besoins de récriture, se multipliant au fur et à mesure du développement des idées , y donnèrent naissance.
Mais récriture purement idéographique avait beau appeler à son aide toutes les ressources que nous venons d'énumérer, recourir, non-seulement aux symboles simples formés par métonymie, par métaphore ou par convention énigmatique, mais encore aux symboles complexes, elle n'en restait pas moins un moyen déplorablement incomplet de fixation et de transmission de la pensée, et plus on marchait dans la voie du développement des idées et des c(>nnaissances , plus son imperfection se faisait sentir
d'une manière fâcheuse. Avec l'emploi exclusif de l'idéographisme on ne pouvait qu'accoler des images ou des symboles les uns à côté des autres, mais non construire une phrase et l'écrire de manière à ce que l'erreur sur sa marche fût impossible. Il n'y avait aucun moyen de distinguer les différentes parties du discours ni les termes de la phrase, aucune notation pour les flexions des temps verbaux ou des cas et des nombres dahs les nômâ. Saùs doute, quelques règles de position respective erttre les caractères idéograjphîques pouvaient jùsqu^à un certain point, dans la langue écrite, remplacer tant bien que mal les flexions de la làtigue parlée^ -et le chinois a conservé jusqu*à nos jours des vestige^ • de cet état des choses (i) ; ihais la i*essource étslit bien impar&ite et ne pouvait fournir qu'utî bien faible secours;
En outre, le pr6gi*ès des idées et des notions à exprimer pfeif l'ébrittire' -teridâit â foire de cet art un chaos inextricable à force d'ëtendùe et de colmplicatioh,'^ srun nouvel élémeiitnés'yintPÉKlttisait pas, et si on cohtînudit à Votildïi*' vepréseniJéf' chaque idée, chaque uotioil,' chaque 'ôbjtet nouveau par une image spéciâde ôu patr' un 'symbole j soit simple, soit complexe. ' " "
Pour" obvier à bes deux 'ihôb'ûvénicnts, dont il fallait à tdtit jn'ix isè déliVi-eï^, si t'dn ne voulait î pas laisser la |ienéée à jafriâfe éihpH'Sontii^ë dans' de* entraves qui eusèëiitétôiiffê sôh dév^oppeiiiént'd^une
(1) Yoy^ Sttfciirfffs JuIma^ Dii^us^/û, ptmnatiûalas sutt xertah»^ nègles de posiUon qui^^en, chinois^ Jpueftf le mémei rôle que les inflexions dans les autres langues. Paris, 1841, in-8*.
manière irréparable, les hommes furent conduits par une pente naturelle à joindre la peinture des sons à la peinture des idées, à passer de Tidéographisme au phonétisme.
De leur essence même, les écritures purement idéographiques des époqpes primitives ne peignaient aucun son. Représentant exclusivement et directement des idées, leur3 signes étaient absolument indépendants des mots par lesquels les idiomes parlés des ^peuples, qui en faisaient usage, désignaient les mêmes idées. Ils avaient unç existence et une significatioB propres,, en. dehors de toute prononciation ; rien en eux n0 figurât cette prononciation, et la langue- éorite était , par je fait assez distincte de la langulB)- parlée, pour qu'on ^ût très- bien entendre Tune sans connaître VautrfB, et vice ^ersa.
Mais : l'homme n'a jamais écrit quepoyr être lu; par 4;;onséquent tout teM^,grapl^que^ quelque indépendant qu!il ait 'pu être par sop essçnc^ de }a langue parlée^ a. nécessairement été prononcé. Les signes des écritujces . idéographiques primitives représentaient d^ idées et jpon des mots,; mais celui qui les lisait. tiîaduisait forcément chacun d'eu^ P^r le mot affecté dans l'idiome oral à l'expression de, la même idée.De là vint,, fj^ uneptjiite ipévitable^ une habitude et une convention , constance d'après laquelle tenitidéogranm^. , éveilla. d^p3. J'esprit (Jp celui qui le ïvbyait tracé, enniêine t^mps qu|une idqe^ le mot de cette idée, par conséquent une prononciation.
€'^t ainsi que naquit la première conception du phonétisme, et c^est dans cette convention qui avait
fini par faire affecter à chaque signe figuratif ou symbolique, dans son rôle d'idéogramme, une|>rononciatiôn fixe et habituelle y que la peinture des sons trouva les éléments de ses* débuts.
' VIIT. '
Le ptemief -pas , * le premier essai . du : phonétisme dut néees^alreftitetat être fce* que" ttous appelons le r^busj G'ës^à4i$ré remploi des * tm^es primitivement idéographiques pour représenter la prononciation attachée à l^etir sèns'figitlratif<c»u'1;tv;>pique^ «ans plus tenir aucun (îom^te de ce setfisfj'de'<nianièpf -à-^pein^ dre isolëfméut dès mots homophotves dansla^lam^e parlée*/ ftiais 'doués ' 'd^ïne edgiiifioation î tout autre, ou à figurer par leur group)diiienftfd^aùtres mots dont le son se composait ei)|^{JKrtie de la prononciation de tel signe et en pa^ticrde^ celle de tel autre.
La logique et la vralswablance indiquent qu'il dut eri'êtite âlttSi; èldës' preuve» "tÉiatérieHes viennent lé cohfiWie*'; " ' • •' • 1 „|.' .
L'éc*ittt^è hiéW)glyf)htque a^fei^Afetèques ée 4 'Anahuac, "vfêëH dévelôplpée ^pôUt^n^mient, dans ua isolement klb^ôlU 'et ^hs k!;oiiifiiiiiAiefiftioD aucune avec les peuples' ^dfe^l'aridîeiV'liimidcf, feprès kvoir (commencé par être exclusivemetït idéographique;- fut conduite à recourir aux r^sources du phonétisme par les mêmes besoiqa et^^iême loi de progrès logique et régulière, qM^|ifipt conduit à un résultat semblable^ à d'autres âges, les Egyptiens, les Chinois primitifs ^ét les^ auteurs de l'écriture cunéiforme :aaa-
rienne. Maïs dans la voie du phonétisrae elle s*e5t arrêtée au simple rébus (i), sans faire un pas de plus en avauty et elle est devenue ainsi un précieux monument de cet état du développemeot des écritures, auquel elle s'est immobilisée.
Un seul exemple suff^a pour montrer comment on y passe de la prononciation des signes purement idéographiques, iEKlépen4ai}t/5 de tout, «on par leur essence mais constamment, liés dajç^, llusage à un motde lalanguepwIée^'au.pj^Qoéti^tme ré^l par voie Ae rébus. .' . : r. .« . -,
Le^ nom du'iquateième; roî jde,Me|UiCO^ Itzcoatl, (c Ic' serpent d'obsidienne,,)» s'écril;. idéçigi^aphique* ment dans un certain,, nombre. 4e. manuscrits aztèques par rimaigeîd'M.u serpent {cofitl)^ garni de flèdhes 'd'obsidîennei (/W/j). |. . r
»lî»
Celte . fixité .Qon^titueMun ,id4ogramni^ complexe, peignant la signification même du nonpt.jrpjf^l, Air reotemeiit^ aanst^tent^itîyerd'e^pjrç^^aiii p^puétique ; mais qui^ }|u daWfl#Mlftngtte.ps|r|4pf.iW ppux^it, par suite dQ3 idées qa'iAi%wai)t,iÇti!ej)rQ(>a^Ké, autrement f\QfyItze0$èM* L^rWBPi|9'Wni festi écrjît 42^«s. 1<^ Célèbre jmapuscrit.Vqrgdr«a ;., ,
|< I Ht « ) *'l » iht J . .
J<^' <■ I r- -ill »CS ! f'
(l) Aubin, Mémoire sW Tu peinture didactique et l écriture jigufalive ae&
Il s'y compose de la flèche d^dbsidîeiuie {itzU — racine : i/z), d'un vase {comill — racine ca), enfin du signe de Teau {atl)^ qui dans Tintentiou des scribes aztèques Te^ré^pwl^xt <les gouttes (i). Dans cette nouvelle forme on ne saurait plus chercher dldéographisme, ni de peinture symbolique de la signification du nom, mais bien un pur rébus ^ une peinture des sons par des images matérielles employées à représenter le mot complet auquel dles porrespondaient dans la latigue»
I^es livres historiques ou religieux des anciens Mexicains, antérieurs à* la conqijiéte^ sei composaient exclusirenlent de- tableaux > figuratife. où . lecriture n'était employée qu'à former de 'courtes légendes explicatives à côté de& persomiagesi Aussi l'élément phonétiqee, tel que ii6u9 venons de le.meiitrer, n y est-il guère appliqué qn'àitrajcep^des noms propres. Mais, dants les premiers tempsdelaeonquéte) ce phonétisme pat* rébus reçut une{ extension toutes nouvelle, lorsque les missionaaires ' franciscains s'efforcèrent de doter lés indigràiçs de l'Anahuac de traductions des prières chrétiennes, écrites au moyen du système graphique national. ' * =
« Quoiquie les (historiographes' et les hiérograoï- (c mates* n»exicaîns^,( dit le saint et illustre Las^Ca^as, a dans'son Histmia ^pologetiea\de Im Inxlias Occi- « dentales (a) , n'eussent point: une écriture, comme (c nous, ils avaient I toutefois leii?r8> figures et carac-
(J) Aubiu> Mémoire, etc., p. 3jS et suiy,
(2) Brasseur de Bourboui'g, Histoire des ruUions civilisées du Mexique ci de l'jimériqueéentràlef t. ly \t. XXXIX et5i]iv*>, / . . / .
<K tères à l'aide desquels ils entendaient tout ce qu'ils (c voulaient, et de cette manière ils avaient leurs « grands livres composés avec un artifice si ingé- « ineux et si habile , que nous pourrions dire que (c nos lettres ne leur furent pas d'iuie grande utilité.
« Nos religieux ont vu de ces livres, et moi-même « j'en ai vu également de mon coté, bien qu'il y en u ait eu de brûlés» sur: l'avis des moines, dans la (c crainte qu'en ce q^i toticbait la religion ces livres a ne vinssent à leur être nuisibles, il est arrivé qùd- (C quefoisque quelques^'Unsd^'entre les Indiens, ou- <c bliant certaine^ paroles ou particularités de la (( doctrihe chétvenne.qti'on leur enseignait, et n'étant « pas* capables de >lire notre écriture,; se joiettaient à « récjrîre en entier avec leurs propres ^figures et a caractères, d'wie manière fort ingénieuse, mettant « la^'figpretqui loèrrespotidait chefs eis^ à la parole t( <ef au son*de'«otihe'Vocfible : ainsi pourr dire amen^ cette peignaient' quelque* chose comme de l'eau (qui (( ^ dît en mexitsain a, racine de a//), avec; la plainte ce agave (m^//), ce ^cpaky dans leur latiguë, se rapce proche 'de v//yze/2 , patrce qu'ils disent • ^ï/we// , et (C ainsi du reste. Quaiit à moi, j^'ai vu une grande cf'paEtiedë-la dootrthe chrétienne àiiisj > écrite en et' fi^ikres et en «images y qu'ils' lisaienti cc^nmei je lis «c rios caractères dansvUne lettre^.etve'fefetla-une proie nductioiv peu commune j de • leur «génie. »
On possède < encore un* certain nombre de ces prières et de ces catéchismes écrits avec les hiéroglyphes des anciens A2itèques (i). La plupail; sont
(1) Aubiu, Revue orientale et' américaine j U III, p. 2<i8*^5.
rédigés en langue mexicaine et tracés avec un mélange de caractères idéographiques et phonétiques par. voie de rébus ^ comme le Confiteor dont parle le P. Acosta (i). « Pour exprimer ces paroles : je me « confesse , ils peignent un Indien , se confessant à t< genoux aux pieds d'un religieux; puis, pour ces « mots : à Dieu tout- puissant^ ils peignent trois têtes « couronnées désignant la Trinité ; pour : à la glo- « rieuse Vierge Marie^ ils peignent le visage et le a buste de Notre-Dame, avec un enfant ; pour saint fc Pierre et saint Paul^ deux têtes couronnées avec « des clefs et une épée ; et c'est ainsi que toutleCf>/i- « Jiteor est écrit en images. Là où les images man- « quent , ils mettent des caractères phonétiques ,• fi comme pour : que j* ai péché . » Dans d'autres cas les hiéroglyphes aztèques servent à écrire les formules latines des prières chrétiennes ; ils sont alors pris exclusivement comme phonétiques. Nous avons à ce sujet un précieux témoignage, celui du P. Torquemada , franciscain , « le premier , dit Ixtlilxo- « chitl (a) , qui ait su interpréter les peintures et les a chants » des indigènes mexicains. « Ils rendaient, « raconte ce missionnaire (3) , le latin par les mots « de leur langue voisins pour la prononciation, en a les représentant non par des lettres, mais par les « choses signifiées elles-mêmes; car ils n'avaient « d'autres lettres que des peintures, et c'est par ces
(1) Historia natural y moral de las Ind'uUy 1. VI, cb. Vil.
(2) Histoire des Cfùc/iimèqueSf traduction Teruaux-GompatiSy ch. XLlXf p. 355.
(3) Monarqula indiana, 1. XIV, chap. XXXVi.
ff caractères qu'ils s'entendaient. Un exemple sera ff plus clair. Le mot le plus approchant de pater a étant pantli^ espèce de petit drapeau servant à a exprimer le nombre « vingt » , ils mettent ce gui- « don ou petit drapeau pour/>a/6r. Au lieu de nos ter ^ « mot pour eux ressemblant a nochtli^ ils peignent « une figue d'Inde ou tuna , dont le nom nochlli <K rappelle le mot latin noster; ils poursuivent ainsi « jusqu'à la fin de l'oraison. C'est par des procédés u et par des caractères semblables qu'ils notaient ce « qu'ils voulaient apf»rendre par cœur. »
La bibliothèque métropolitaine de Mexico possède le fragment A'\m paier latin, en hiéroglyphes aztèques employés exclusivement dans le rôle de rébus phonétiques , tout à fait pareil à celui que Torquemada décrit daas ce passage (i). il commence par les signes :
PêB^œ
Le premielr est le guidon pantli — racine : pan ; le second et le quatrième ont la prétention de représenter une pierre, letl; enfin le troisième est la figue d'Inde, nochtli -^ racine : nbch\ Il faut donc lire phonétiquement : ;'
pan-tetlj noch-tetl^
les sons de la langue mexicaine les moins éloignés du latin : pater noster.
(1) Aubin, Revue orieniale et amérioaime, t: VI, p. 255.
Nous venons de nous arrêter avec un certain développement sur les hiéroglyphes mexicains, parce que c'est la seule écriture du monde dont le phonétisme se soit immobilisé à Tétat du rébus, et qu'elle donne ainsi les moyens déjuger de ce qu'étaient les autres systèmes graphiques d'origine figurative à ce premier pas dans la voie de la peinture des sons.
Mais si elles ne se sont pas arrêtées dans leur développement à la phase du rébusy les écritures qui ont su mener à un plus haut degré de perfection leurs éléments phonétiques, tout en restant pour une partie idéographiques, conservent des vestiges impossibles à méconnaître de cet état , et donnent ainsi la preuve qu'elles l'ont traversé pour passer de l'idéographisme pur au phonétisme.
Dans le cunéiforme anarien les vestiges de rébus sont nombreux et jouent un rôle considérable. Mais ils se rapportent tous à l'époque primitive où cette écriture n'avait pas encore été transmise aux Sémites, et demeurait exclusivement aux mains des populations de race touranienne, qui en avaient été les premiers inventeurs , ainsi que l'ont démontré les beaux travaux de M. Oppert. C'est, du moins ainsi que l'on peut seulement expliquer la variété des sigaificatioAs idéographiques, sans rapport les unes avec les autres que prend quelquefois un même signe dans les inscriptions assyriennes.
Choisissons comme exemple le caractère ^ (i). En dehors de ses valeurs phonétiques, sur lesquelles nous reviendrons un peu plus loin en parlant du phénomène de la polyphonie, et dont la plus habituelle est mat^ il signifie idéographiquement, suivant les cas où il est employé, « prendre », a aller » et a pays. »
Originairement c'est une variante du signe qui représentait « la main, » d'abord =J, puis JÏÏT, et enfin ^ET. Que Timage d'une main ait été prise tropiquement pour l'idéogramme de l'action de « prendre, » la métonymie graphique est toute naturelle. Mais il n'y a de lien possible à saisir, ni entre l'idée de ce « prendre >* et celles d'« aller» et de « pays », ni entre l'image d'une main et ces deux dernières notions.
Si nous recourons aux inscriptions médo-scythiques, dont la langue se montre si étroitement apparentée avec celle du peuple chez lequel le système cunéiforme prit naissance, nous y voyons l'idée de a prendre » riendue par le verbe imidj duquel découle manifestement la valeur phonétique mat ou mcul assignée au signe -^ et adoptée par les Assyriens. Mais dans les mêmes inscriptions nous trou-vous l'idée d'« aller » rendue phonétiquement par ^^^ ^g=»» — -jy , mida , et celle de ce <c pays » par
le mot mada, y^^Zj^^^HfT* ^"*si, tandis que les trois acceptions admises dans Tassjrrien comme idéo-
(1) V. J. Oppeit, Expédition scientifique en Mésopotamie, t. II, p. 80i
graphiques pour le signe -^ , ne présentent aucun rapport naturel , ni même forcé, d'idées, les mots qui les expriment offrent dans le médo-scythique une analogie extrêmement frappante de son, qui était sans doute encore plus' complète, dans l'idiome de la même famille, aujourd'hui perdu, que parlaient les inventeurs de l'écriture cunéiforme anarienne :
imid = prendre, mida = aller, mnf/a = pays.
En présence de ces faits, la seule hypothèse plausible n'est-elle pas qu'antérieurement à la communication de récriture cunéiforme aux Sémites d'Assyrie et de Chaldée, lorsque Tusage en était encore renfenné chez ses inventeurs touraniens, le signe de la main, -^, se prononçant imiti (ou quelque chose d'analogue) dans son rôle tropique d'idéogramme de l'action de « prendre^ » devint, par voie de tébus ou d'analogie phonétique, l'expression des idées d'à aller » et de c< pays » , qui n'avaient aucune connexion avec son sens premier, mais s'exprimaient dans la langue par des mots presque homophones ? Puis , lorsque les Assyriens adoptèrent le système graphique en questipn, ils y trouvèrent le signe ^, représentant idéographiquement la notion de « prendre», phonétiquement la syllabe mal ou mnd dans les mots polysyllabiques où on l'employait, enfin par analogie . phonétique les mots «allers et « pay$«^ qui . sonnaient presque exacte-
ment comme celui de «prendre»; ils lui conservèrent toutes ces valeurs ; mais comme a prendre -» ne se disait pas dans leur langue imid, pas plus qu'a aller » mida et « pays » mada , ^ avec ses trois sens devint pour eux un idéogramme, tandis qu'originairement il ne l'était en réalité que dans le premier cas.
Nous pourrions multiplier les exemples analogues ; montrer que c'est aussi par suite d'une ressemblance de son ou d'un réùus dans la langue des inventeurs de race touranienne à qui est dû le système, que le
caractère ^]p— , sorti d'une figure qui représentait
une oreille , en n'ayant qu'une seule valeur phonétique, pi (ce qui prouve que la prononciation originaire ne variait pas) , se présente à nous dans les inscriptions assyriennes avec deux sens idéographiques aussi absolument divers que ceux d'« oreille » et de a goutte ; » montrer également autour d'une seule prononciation primitive d'où sont sorties les
valeurs phonétiques pal et 6al, pour le signe ►►^J^ ,
la réunion des sens , devenus idéographiques en assyrien , « année » , « descendre » , « campagne », «glaive», entre lesquels n'existe aucune connexion d'idées, et dont l'application à un même caractère n'a pu avoir pour cause qu'une homophonie entre les mots qui rendaient toutes ces acceptions chez le peuple qui le premier fit usage de l'écriture cunéiforme anarienne ; appliquer enfin cette observation à un'très^gt^nd nombre de cas. Mais nous sommes condamné à ne pas nous étendre, sous peine de
donner à cette introduction des développements exagérés. Nous devons résister à la tentation dé nous laisser aller en ba\^ardin^ suivant la charmante expression de M"*® de Sévigné , sur toutèè les questions qui s'offrent à nous dans notre route et sollicitent notre curiosité. Il faut savoir nous borner, nous contenir, et indiquer seulement les faits sans nous lancer dans le développement de leurs preuves.
C'est pourquoi nous serons très-bref sur les traces du premier état de phonétisme en rébus qu'a conservées le système hiéroglyphique des Égyptiens, Il serait intéressant de les rechercher et de les rassembler en un seul faisceau pour les mettre en lumière. Mais cette recherche à elle seule demanderait un mémoire spécial. Contentons-nous donc de deux exemples qui suffiront pour prouver que le système du rébus ou de l'analogie phonétique n'est pas inconnu à l'écriture pharaonique , et s'y rencontre quelquefois pour représenter les premières tentatives d'introduction de l'élément phonétique dans cette écriture , tentatives dépassées de bien loin à la date des plus anciens monuments que la vieille Egypte nous a transmis, mais attestées par ces vestiges.
Un même symbole, la représentation d'un ala-
bastrum de forme allongée posé sur son orifice ,
f , sert à rendre dans les textes hiéroglyphiques les
deux idées adéquates de « sainteté » et de « majesté», puis celle d'« esclave». Aucun rapport vraisemblable n'est possible à établir entre ces deux ordres d'ac-
ceptions , également incontestables. Mais dans l'un et Tautre cas le signe a la même prononciation, hen. N'est-il pas dès lors évident qu'il y a là rébus ^ attribution par pure analogie phonétique à un même symbole de deux acceptions, qui n'ont d'autre rapport que celui du son des mots qui les désignaient dans la langue parlée? La signification de a sainteté»
pour le caractère f est demeurée la plus habituelle,
la plus générale , et semble avoir été la première. Mais bien certainement celle d'« esclave « n'est venue que de ce qu'un des mots par lesquels cette idée était rendue en égyptien, était homophone de celui qui signifiait « saint » , et se prononçait de même hen.
Les idées « seigneur » et « tout » sont représentées par le même hiéroglyphe , une corbeille tressée de joncs, ^<is^. La liaison de ces deux idées n'est pas facile à saisir, et il n'est guère probable que les hiérogrammates aient cherché à les rapprocher à force de subtilités. Mais dans la langue parlée « seigneur » et « tout » se disaient également nch. Cette homophonie n'est-elle pas la meilleure raison de l'attribution du même hiéroglyphe à la peinture des deux idées, ou plus exactement des deux mots?
Dans une langue monosyllabique comme celle des Chinois, l'emploi du rébus devait nécessairement amener du premier coup à la découverte de l'écri-
ture syllabique. Chaque signe idéographique, dans son emploi figuratif ou dans son emploi tropique, répondait à un mot monosyllabique de la langue parlée qui en devenait la prononciation constante ; par conséquent , en le prenant dans une acception purement phonétique pour cette prononciation complète, il représentait une syllabe isolée. L'état du rébus et l'état d'expression syllabique dans l'écriture se sont donc trouvés identiques à la Chine, et c'est à cet état de développement du phonétisme que le système graphique du Céleste Empire s'est immobilisé, sans faire un pas de plus en avant, depuis trente siècles qu'il a franchi de cette manière le premier degré de la peinture des sons.
Mais en chinois, ce n'est que dans les noms propres que nous rencontrons les anciens idéogrammes simples ou complexes employés isolémentavec une valeur exclusivement phonétique, pour leur prononciation dans la langue parlée, abstraction faite de leur valeur originaire comme signes d'idées. Et en effet, par suite de l'essence même de la langue, le texte chinois le plus court et le plus simple, écrit exclusivement avec des signes phonétiques , soit syllabiques, soit alphabétiques, sans aucune part d'idéographisme, deviendrait une énigme absolument inintelligible.
Le nombre des syllabes possibles à former par la combinaison d'une articulation ou consonne simple initiale et d'un son vocal venant après pour y servir de motion, même en admettant comme élément de formation les diphthongues et les terminaisons nasales, est nécessairement restreint. La langue chi-
noise en admet 4^0, que la variation des accents ou tons portent à i,ao3. Mais une langue douée d'une littérature étendue et correspondant à un développement considérable d'idées et de civilisation ne saurait limiter son vocabulaire à i ,!io3 mots« De là résulte nécessairement que dans tout idiome monosyllabique, et particulièrement en chinois, on rencontre une très-grande quantité de mots exactement homophones. Comme tous les radicaux de la langue se composent d'une seule syllabe, chaque syllabe dont l'organe est susceptible représente un certain nombre d'acceptions sans rapport les unes avec les autres. Une confusion presque inextricable résultant de ce fait ne peut donc être évitée que si l'on a, pour distinguer les mots homophones, les acceptions diverses d'une même syllabe, recours à quelque moyen d'éclaircissement particulier, à quelque élément étranger à la prononciation phonétique.
Dans la langue parlée, cet élément est le geste, dans la langue écrite une combinaison constante de l'idéographisme et du phonétisme, qui est tout à fait propre au chinois. Cette combinaison constitue ce qu'on appelle le système des clefs j système analogue dans son principe à celui des délerminatifs dans les hiéroglyphes égyptiens, mais dont les Chinois ont seuls fait une application aussi étendue et aussi générale, en même temps qu'ils le mettaient en œuvre par des procédés à eux spéciaux.
Le point de départ de ce système est la faculté, propre à l'écriture chinoise, de former indéfiniment
des groupes complexes avec plusieurs caractères originairement distincts. Un certain nombre d'idéogrammes simplet, — ai46n tout, — ont donc été choisis parmi ceux que comprenait le fond premier de récriture avant l'introduction du phonétisme^ comme représentant des idées générales et pouvant servir de rubriques aux diverses classes entre lesquelles se répartiraient les mots de la langue. Et il faut noter en passant que les Chinois admettent comme idées génériques des notions qui pour nous ont bien peu ce caractère , car on trouve parmi les clefs
celles des grenouilles , a^, àesratSy ^^, des nez, jfi, des tortues , |to , etc. Les idéogrammes
ainsi choisis sont ce qu'on appelle les clefs. Ils se combinent avec des signes originairement simples ou complexes, pris uniquement pour leur prononciation phonétique , abstraction faite de tout vestige de leur valeur idéographique, de manière à représenter toutes les syllabes de la langue. Ainsi sont fot'més des groupes nouveaux, à moitié phonétiques et à moitié idéographiques, dont le premier élément figure le son de la syllabe qui constitue le mot, et le second, la clef indique dans quelle catégorie d'idées doit être cherché le sens de ce mot. Les trois quarts des signes de l'écriture chinoise doivent leur origine à ce mode de formation.
Un exemple en fera mieux connaître le mécanisme.
La syllabe pd est susceptible en chinois de huit
acceptions absolument différentes^ ou, pour parler plus exactement, il y a dans le vocabulaire des habitants de Tempire du Milieu huit mots homophones, bien que sans rapport d'origine entre eux, dont la prononciation se ramène à cette syllabe. Si donc le chinois s'écrivait au moyen d'un système exclusivement phonétique, en voyant pd dans une phrase, l'esprit hésiterait entre huit significations différentes, sans indication déterminante qui pût décider à choisir l'une plutôt que l'autre. Mais avec le système des clefs , avec la combinaison de l'élément idéographique et de l'élément phonétique, cette incertitude, cause permanente des plus fâcheuses erreurs, disparaît tout à fait. Le signe adopté dans l'usage ordinaire pour représenter phonétiquement la syllabe pd est £, dont la valeur idéographique primitive s'est complètement oblitérée, comme il est arrivé plus d'une fois pour les signes d'un usage
habituel comme phonétiques. Le signe Q isolé
ne se rencontre que dans les noms propres d'hommes et de lieux, où ilreprésente purement et simplement la syllabe pd. Si l'on y ajoute la clef des plantes ,
J , il devient, toujours en gardant la même pro-
nonciation, le nom du «bananier»; qu'on remplace cette clef par celle des roseaux^ en conservant le signe radical et phonétique , ^ , on obtient la désignation d'une sorte de « roseau épi-
neux. » Avec la clef du fer^ ^Ç, le mot pd est caractérisé comme le nom du «e char de guerre »; avec la clef des vers ^ î^> comme celui d'une espèce de coquillage ; avec la clef du mouton^ ^jfËl comme celui d'une préparation particulière de viande séchée. La clef des dénis y "jSB? 1^ donne le sens de a dents de travers ; » celle des maladies ,
lifÎQ, lui fait signifier « cicatrices », enfin celle de la bouche^ Î^B> ^" ^^ cri».
On voit par cet exemple combien la combinatison des éléments phonétiques et idéographiques, qui constitue le système des cléfs^ est ingénieusement calquée sur les besoins et le génie propre delaiangue chinoise , et quelle clarté elle répand dans l'expression graphique de cette langue, impossible à peindre d'une manière intelligible avec un système de phonétisme exclusif. Sans doute la faculté presque indéfinie de créer de nouveaux signes complexes, par moitié phoiné tiques et par moitié idéographiques, parait' dans le premier abord effrayante à un étranger, car, avec les idéogrammes simples et complexes , elle donne naissance 4 plus de 8o,ooo groupes différents. Mais il est toujours facile^ d'analyser ces gi^oupesi .dont les élémfemts se réduisent à [\^o ^ùïiki\K\fi'é'^ et ar4 déierminatifs idéographiques ou tiefs^ et la méthode quiles produit était
la seule par laquelle put être évité rinconvéïiient, bien autrement grave, qui serait résulté de la muU tipticité des mots homophones.
Mais ce dernier points mis en lumière de la façon la plus spirituelle par Abel Rémusat, n'intéresse pas directement nôtre sujet. Ce que nous cherchons à suivre, ce sont les progrès successifs par lesquels le phonétisme s'introduisit dans les écritures primitivement idéographiques, et les étapes qui conduisirent la peinture des sons de l'emploi du pur et simple rébus à l'invention de l'alphabet proprement dit. Dans cet ordre de recherches , le seul point qu'il nous importât de constater, était que, par suite de la nature même de l'idiome qu'elle était appelée à tracer V la part phonétique de l'écriture chinoise constitue à la io\% un phonétisme par. voie de rébus, pujisquleille se cpmpose de caractères originairement .idéographiques^ piris pouv la représentation de leur . prononciation , complète , et un système d'écriture . $}dla]:^ique, puisque p^r lei fait chaqun de xes carac- . tère$..ii\e pçint qu'une sçulç syllabe.
I « ri
Mais cettCi idenlitçude: rétat de rébu^ et de l'état de syllabisme^.iquixîouifond; eq un .sruI deux des
t degpés ordinaîresi . du développen^ent de l'élément iphottétique dand.les écritures originaireipent idéogra-
• phiqûes et hiéiroglyphiques, n'était: possible qu'avec
une langue à la constitution monosyllabique , comme le chinois. Chez les Égyptiens et chez les inventeurs de récriture cunéiforme anarienne, que nous regardons, à Texemple de M. Oppert, comme ayant appartenu à la race touranienne ou tartaro-finnoise, Tidiome parlé , que l'écriture devait peindre, était polysyllabique. Le système du rébus ne donnait donc pas du premier coup les moyens de décomposer les mots en leurs syllabes constitutives et de représenter chacune de ces syllabes séparément par un signe fixe et invariable. Il fallait un pas de plus pour s'élever du rébus au syllabisme.
Ce pas fut fait également dans les deux systèmes des hiéroglyphes égyptiens et de l'écriture cunéiforme ; mais les habitants de la vallée du Nil surent pousser encore plus avant et atteindre jusqu'à l'analyse de la syllabe, décomposée en consonne et voyelle, tandis que ceux du bassin de l'Euphrate et du Tigre s'arrêtèrent au syllabisme et laissèrent leur écriture s'immobiliser dans cette méthode imparfaite de l'expression des sons.
Chez les uns comme chez les autres, ce fut le système du rébus, première étape du phonétisme, qui servit de base à l'établissement des valeurs syllabiques. Elles en furent tirées par une méthode fixe et régulière, que nous désignerons sous le nom d!acrologique.
Tout idéogramme pouvait être employé en rébus pour représenter la protionciation complète, aussi bien polysyllabique que monosyllabique, correspon* dant dans la langue parlée à son sens figuratif ou
tropique. Voulant parvenir à la représentation distincte des syllabes de la langue au moyen de signes fixes, et par conséquent toujours reconnaissables , on choisit un certain nombre de ces caractères, primitivement idéographiques, mais susceptibles d'un emploi exclusivement plionétique, par une convention qui dut s'établir graduellement plutôt qu'être le résultat du travail systématique d'un ou de plusieurs savants. Lorsqu'il arriva que leur prononciation complète formait un monosyllabe, ce qui se présenta pour quelques-uns, leur valeur dans la méthode du syllabisme resta exactement la même que dans celle du rébus. Mais pour la plupart, la prononciation de leur sens figuratif ou symbolique constituait un polysyllabe. Ils devinrent l'image de la syllabe initiale de cette prononciation. C'est ce système qu'à l'exemple des anciens nous appelons acrologisme.
Nous ne pouvons malheureusement restituer que dans un assez petit nombre de cas la prononciation correspondant à la valeur idéographique des caractères du cunéiforme anarien dans la langue pro* bablen^ent touranienne des premiers inventeurs de cette écriture. Mais toutes les fois que cette restitution est possible à l'aide de l'idiome médo-scythique,
dont tout indique l'étroite parenté avec celui de instituteurs des Assyriens dans l'art d'écrire, et qu'on peut comparer ainsi le mot par lequel on traduisait l'idéogramme dans la langue parlée avec la valeur du même signe pris dans un enaplqi purement phonétique comme élément du syllabaire, on voit que
cette valeur n'est autre que la première syllabe du mot en question (i).
Voici , par exemple , le signe ►►-J , dont l'hiéroglyphe primitif représentait une étoile. Sa valeur syllabique est an^ son sens idéographique «dieu». Or le mot « dieu », en médo-scythique, tel que nous le révèlent les inscriptions de Persépolis et de Behistoun, est ANfiap.
Les monuments trilingues des Achéménides, dans leur texte médo-scythique, traduisent par ADcla ou AT/a, le perse pifri^ « père » . Le caractère ti^J, sorti de l'image d'un testicule, représente phonétiquement la syllabe a/, et idéographiquement le mot a père » .
M ^ T^T indique une « place fortifiée » ; sa puissance syllabique est but. BATm ou Bvrin exprime l'idée de « cité » en médo-scythique.
Le signe ►►^^^ est l'idéogramme « d'année » , et représente en même temps la syllabe 6al. Or BiUci est le mot par lequel les inscriptions médo-scythiques des Achéménides expriment la notion d'cc année », en traduisant le perse tharda.
Le caractère de la syllabe duj ^^, est aussi l'idéogramme d'à être, atteindre», idée dont l'expression médo-scythique est dd(^«.
L'image peu déformée d'une flèche, ►^— , prise idéographiquement, signifie «tuer», ce qui, en
(1) Voy. Oppert, Expédition scientifique en Mésopotamie^ t. II,' p. 79 et «liv.
médo-scythique, se dit nki.pi; or, prise dans un rôle purement phonétique, elle peint la syllabe hal. t::^jy figure à la fois , dans les textes assyriens ,
comme signe syllabique doué de la valeur de ssiy et comme idéogramme signifiant « voir ». Sa puissance phonétique ne s'appliquerait pas par la langue assyrienne; mais dans le médo-scythique, le verbe « voir » est ssy^a, d'où la valeur ssi.
Parmi les nombreuses significations idéographiques du signe X^ (représentant sa dans le syllabaire) nous remarquons celle de « bataille », et le médo-scy thique nous offre pour cette idée un radical skbar. Mais x^ rend aussi les notions de «faire, arranger», et, en même temps, les inscriptions médo-scythîques expriment ces notions par un mot sxrruj qui commence aussi par sa.
Le cunéiforme anarien , c'est maintenant un des faits acquis à la science de la manière la plus positive, n'a jamais su abstraire la consonne de la voyelle qui lui sert de motion . Les peuples qui ont employé cette écriture ne se sont point élevés dans l'analyse du langage jusqu'à la décomposition de la syllabe. Aussi n'ont -ils jamais possédé de lettres proprement dites, mais seulement des signes syllabiques, dont la valeur avait été établie comme nous venons de le faire voir.
Les Égyptiens, au contraire, peuple essentîelle-
ment philosophe, et dont la Bible elle-même vante la sagesse, surent atteindre à la conception de Talphabétisme. Mais, tout en s'élevant jusqu'à ce dernier terme de progrès , leur système graphique conserva des vestiges nombreux des différents états qu'il dut traverser pour y parvenir.
Jusqu'au dernier jour où ils furent employés, c'est-à-dire jusqu'au règne de l'empereur Dioclétien , les hiéroglyphes de la terre des Pharaons gardèrent des signes figuratifs , un grand nombre d'idéogrammes symboliques ou de tropes graphiques , et, dans certains cas, employèrent la méthode du rébus. De même, à côté des caractères véritablement alphabétiques, une certaine quantité de signes syllabiques y fut toujours maintenue.
C'est à M. Lepsius que revient le mérite d'avoir établi le premier la vraie nature de ces signes (i), que M. Bunsen et M. de Bougé (2) ont depuis achevé de mettre en lumière
Il importe de ne pas les confondre avec certains idéogrammes que l'on rencontre tantôt isolés, tantôt accompagnés de tout ou partie des signes phonétiques représentant la prononciation du mot qui correspond à leur sens dans la langue parlée, mais ne figurent jamais que dans ce mot. Telle est la branche de bois noiieux va»-iA-, idéogramme symbolique de (c force » , qui doit être lu par le mot nakkt (conservé en copte sous la forme WA:yT)'que l'orthographe en
(1) Ann, del'Inst. arch.^ t. IX, p, 51 et suiv.
(2) Revue archéologique ^ t. V, p< 836-341 i
soit # Â, ^ ^ ou k^ f . comme les monuments l'écrivent indifféremment.
Les caractères proprement syllabiques sont ceux qui , avec ou sans complément phonétique , rendent une syllabe complète indépendamment de toute espèce de signification idéographique , dans des mots qui n'ont que des rapports de consonnance et aucune affinité étymologique.
Tel est le signe ^^, représentant une sorte de bandelette, qui, avec ou sans le complément phonétique ç=/î, figure la syllabe meh ou mah^ aussi bien dans la particule indicative des nombres ordinaux , « quatrième », par exemple, que dans les mots :
r^ , a couronne , ceinture » , ^^ , « coudée » ,
8^^ , « aile », y > « le Nord » . Tel est le caractère
de réchiquier chargé de ses pièces, miil, symbole de ridée de « stabilité », men^ qui se rencontre ensuite, avec ou sans le complément phonétique a%wwi\ — n , comme la pure et simple représentation de cette syl-
labe men. dans les mots 8 || it^m^A , hsmn^ « natron »,
t|UU||| ^^ A ^^MU ^ «A
^^ -w^ , mn-ty « hirondelle », I ^^ smnriou ,
« oie » , et dans le nom du dieu Ammon , I ^^. Telle est enfin la figure du lièvre, ^^* originairement le
symbole du verbe « ouvrir » (^^t > oun)y pour une raison fort subtile qu'expose Horapollon , et qui
ensuite, avec ou sans le complément phonétique A*«*«*A=z/î, représente la sylabe oun dans un trèsgrand nombre de mots où sa présence n'est justifiée par aucune raison symbolique et où il joue un rôle de pur phonétisme.
Les caractères de cette catégorie sont nombreux dans l'écriture hiéroglyphique. Ils présentent cette particularité de pouvoir toujours indifféremment être tracés seuls pour représenter la syllabe dont ils sont le. signe , ou bien être accompagnés de ce que M. de Rougé a appelé \e pléonasme graphique y mais qu'il nous semblerait plus exact de nommer la déiermi' nation phonétique , c'est-à-dire de signes alphabétiques rendant la totalité ou partie seulement des lettres composant la syllabe. Ainsi , la syllabe a/i, dont le signe est un poisson , Jh< 9 ^^ représente indifféremment par ce signe seul ou par ce signe
accompagné des lettres I = a et f^**^ = /i, toutes deux ensemble ou séparément, dans les diverses combinaisons suivantes : 1 J|h< 9 ^^ 7 ou I
Il semblerait vraiment, à voir cette particularité, que la notion de l'écriture syllabique, second état du phonétisme, dont ces signes sont les vestiges, s'était fort oblitérée depuis l'invention des lettres proprement dites, et que, tout en continuant à employer les caractères ainsi demeurés affectés à la représentation des syllabes, les hiérogrammates se croyaient souvent obligés, pour la clarté de la lecture et pour être compris du public, d'en indiquer la prononciation par des signes alphabétiques d'un
usage plus habituel j qui jouent dans ce cas le rôle de véritables déterminatifs du son , comme ils mettaient des déterminatifs d'idées à la suite d'un grand nombre de mots écrits phonétiquement.
On voit, par tout ce qui précède, combien fut lente à naître la conception de la consonne abstraite du son vocal qui lui sert de motion , qui donne , pour ainsi dire, la vie extérieure à l'articulation muette par elle-même. Cette conception, qui nous semble aujourd'hui toute simple, car nous y sommes habitués dès notre enfance, ne pouvait devoir sa naissance première qu'à un développement déjà très-avancé de l'analyse philosophique du langage. Aussi, parmi les différents systèmes d'écriture, à l'origine hiéroglyphiques et idéographiques, que nous avons jugés véritablement primitifs et qui se sont développés d'une maniée tout à fait indépendante, mais, en suivant des étapes parallèles , un seul est-il parvenu jusqu'à la décomposition de la syllabe, à la distinction de l'articulation et de la voix, à l'abstraction de la consonne et à l'affectation d'un signe spécial à l'expression, indépendante de toute voyelle, de l'articulation ou consonne, qui demeure muette, tant qu'un son vocal ne vient pas y servir de motion. Ce système est celui des hiéroglyphes égyptiens. Les trois autres s'arrêtèrent en route sans atteindre jusqu'au même raffinement d'analyse et au même pro-
grès, et s'immobilisèrent, ou, pour mieux dire encore, se cristallisèrent à l'un ou à l'autre des premiers états de développement et de constitution du phonétisme. Les hiéroglyphes mexicains ne dépassèrent pas l'emploi de la méthode du rébus; l'écriture chinoise , par suite de l'organisme particulier de la langue qu'elle servait à tracer, en adoptant la méthode du rébus, se trouva parvenue du premier coup au syllabisme, qui, pour les autres écritures, représente un progrès de plus; elle s'y arrêta, et depuis le moment où elle eut atteint ce point jusqu'à nos jours, elle est demeurée immuable. Pour le cunéiforme anarien, comme pour les hiéroglyphes égyptiens, la langue des inventeurs étant polysyllabique, le syllabisme constitua un état de développement distinct du syst^ème des rébus purs et simples , et manifestement postérieur. Le cunéiforme, après être parvenu jusqu'à cet état, n'en sortit point, et seuls, parmi les peuples à la civilisation primitive^ les Égyptiens, consommant un dernier et décisif progrès dans l'art d'écrire, eurent de véritables lettres^
Cependant, les inconvénients d'une notation purement syllabique des sons appliquée à toute autre langue qu'à une langue monosyllabique comme le chinois — où une ingénieuse combinaison du phonétisme syllabique et de l'idéographisme avait permis de dissiper les obscurités d'un emploi exclusif du syllabisme au moyen d'un système qui n'aurait pu aucunement cadrer avec un idiome d'une autre nature , avec un idiome polysyllabique, — étaient si grands, que l'on a peine à comprendre comment
des peuples aussi avancés dans la voie de la civili-satioD et des connaissances que Tétaient les Assyriens et les Chaldéens, ont pu s'en contenta, et n'ont pas cherché à perfectionner davantage un instrument de transmission et de fixation de la pensée demeuré tellement grossier encore et si souvent rebellé.
Le moindre inconvénient du syliabismé était le nombre de caractères qu'il demandait pour exprimer toutes les combinaisons que la langue admettait par l'union des articulations et dés sons vocaux, soit dans les syllabes composées d'une consonne initiale et d'une voyelle ou d'une diphthongue venant après pour permettre de l'articuler, soit dans celles où la voyelle ou la diphthongue est initiale et la consonne finale. L'esprit et la mémoire de celui qui apprenait à écrire devait donc, là où la peinture des sons s'était arrêtée à l'état du syliabismé, se charger, -^ en dehors de la notion des idéogrammes figuratifs les plus usuels, car les écritures primitives qui nous occupent, en admettant l'élément phonétique, n'avaient point pour cela répudié l'idéographisme, — de la connaissance de plusieurs centaines de signes purement phonétiques représentant chacun une syllabe différente dans l'usage le plus ordinaire. De là une gêne très-grande, un obstacle à la diffusion générale de l'art d'écrire, qui restait forcément un arcane restreint aux mains d'un petit nombre d'initiés, car, tant que l'écriture est tellement compliquée qu'elle constitue à elle seule une vaste science, elle ne saurait pénétrer dans la masse et devenir d'un
usage vulgaire. De là , même de la part de ceux qui avaient abordé les notions les plus nécessaires de cet arcane, des chances continuelles d'erreur et de confusion qui pouvaient , avec la plus grande facilité , produire un véritable chaos.
Cet inconvénient de complication, de défaut de clarté, de surcharge trop grande pour la mémoire , était le même, quelle que fût la famille et la nature de la langue à l'expression graphique de laquelle s'appliquait le système du syllabisme. Mais il n'était encore rien à côté des inconvénients nouveaux et tout particuliers auxquels donnait naissance l'application de ce système aux idiomes de certaines familles, dans lesquelles les voyelles ont un caractère vague , une prononciation peu précise, et où toutes les flexions se marquent par le changement des sons vocaux dans l'intérieur du mot, tandis que la charpente des consonnes reste invariable. Nous voulons parler des' langues sémitiques et de leurs congénères, une partie des langues chamitîques, à commencer par l'égyptien.
Les inscriptions assyriennes nous montrent un idiome sémitique tracé avec une écriture dont tout le phonétisme est syllabique. Quelle bigarrure ! Quelle bizarre et perpétuelle contradiction entre le génie de la langue et le génie du système graphique ! Quelle inextricable confusion! dans laquelle, sans doute , les habitants de Ninive et de Babylone devaient se tirer d'affaire plus facilement que nous , mais qui, cependant, était encore très -grande pour eux; nous n'eu voulons pour preuve que le
nombre des fragments de syllabaires et de vocabulaires grammaticaux^ tracés sur des tablettes d'argile et destinés à révéler aux disciples des hiérogrammates de Sardanapale les arcades du système gra- , phique national, que l'on a trouvés en telle abondance dans les ruines de Ninive. Une bonne moitié de ce que nous possédons de monuments de l'écriture cunéiforme anarienne se compose de guideânes qui peuvent nous servir à déchiffrer l'autre moitié, et que nous consultons exactement comme le faisaient, il y a deux mille cinq cents ans, les étudiants de l'antique pays d'Assur. Mais, si ces débris des syllabaires, composés par les Assyriens eux-mêmes pour s'aider à lire leur propre écriture, fournissent de bien précieux secours à la science moderne pour le déchiffrement du système cunéiforme , ils montrent en même temps quelle a été de tout temps la complication et l'obscurité de ce système, puisque, pour le bien comprendre et s'en servir régulièrement, au temps de son emploi le plus florissant et le plus étendu , le peuple même dont il était alors l'écriture exclusive et nationale avait un indispensable besoin de secours de ce genre.
Avec la méthode d'expression syllabique de l'écriture assyrienne, on ne saurait parvenir à représenter aucun radical de la langue assyrienne, puisque ces radicaux se composent précisément, comme dans tout^ les langues sémitiques, de la charpente, généralement trilitère, des consonnes, qui demeurent invariables, tandis que les voyelles changent. Pour exprimer le verbe et le substantif d'un m^e radi-
cal y il faut employer des caractères absolument différents, puisque la vocalisation n'est plus la même, et que, dès lors, son changement entraîne celui des signes syllabiques. Ainsi disparait toute parenté extérieure , toute analogie apparente entre les mots soitis de la même racine, qui ne se distinguent que par des modifications dans une chose aussi variable et aussi peu essentielle que le sont les voyelles dans les langues sémitiques. Celui qui aborde la lecture d'un texte cunéiforme assyrien, au lieu de discerner aussitôt du regard ces radicaux que toutes les additions de suffixes et de préfixes n'empêchent pas de reconnaître intacts et invariables, et qui restent toujours eux-mêmes, n'a plus aucun des guides qui dirigent sa marche dans les autres idiomes sémitiques ; il est en face de mots dont la physionomie ne dit rien , ne peut fournir aucune révélation sur leur sens et sur leur nature, de mots qu'il est donc obligé d'analyser syllabe à syllabe avant de nourrir l'espoir d'arriver à en découvrir la racine et à en pénétrer le sens.
Mais ce n'est pas tout. Prenez la conjugaison des verbes: chaque voix, chaque mode, chaque temps, chaque nombre, chaque personne, pour ainsi dire, amenant une modification dans les voyelles, néces^ site le changement des caractères syllabiques employés à peindre la prononciation , de telle manière qu'à chaque fois c'est un mot nouveau, sans aucune analogie dans l'aspect et dans les signes mis en œuvre avec ceux, qui expriment les autres voix, les autres modes, les autres temps,
quelquefois même les autres personnes du même verbe.
On le voit, jamais système graphique n'a présenté une antinomie plus absolue avec l'essence et le génie de la langue qu'il était appelé à tracer, que le cunéi* forme assyrien. Jamais les inconvénients du syllabisme n'ont été poussés jusqu'à un degré aussi extrême et ne se sont manifestés aux regards d'une manière aussi frappante dans la confusion et la presque inextricable complication à laquelle ils donnaient naissance. Â.ussi est-ce vraiment un des phénomènes les plus extraordinaires de l'histoire des écritures que la prolongation, pendant plus de quinze siècles, de ce mariage mal assorti entre le système graphique et la langue qu'il écrivait. On se demande comment une telle union n'a pas été rompue, presque aussitôt que formée, pour cause d'incompatibilité d'humeur, et comment les Assyriens et les Babyloniens ont pu demeurer ainsi de longs siècles à se servir d'un système d'écriture compliqué outre mesure, confus, sans clarté, absolument contraire au génie le plus intime de leur idiome national , sans chercher à le mpdifier, à tirer de ses éléments un système plys parfait, cadrant mieux avec leur langue. Mais, en revanche, on ccmiprend tout naturellement comment, dès qu'ils reçurent la notion de l'alphabet de vingt-deux lettres, inventé par les Phéniciens, ils s'empressèrent d'en faire leur écriture vulgaire pour tous les usages communs de la vie, ne conservant plus leur vieille écriture cunéiforme que pour les usages religieux ou monumen-
taux y où la tradition sacerdotale le maintenait encore.
C'était, du reste, un peuple dans la langue duquel les sons vocaux avaient un caractère essentiellement vague, qui devait, comme Ta judicieusement remarqué M. Lepsius (i), abstraire le premier la consonne de la syllabe, et donner une notation distincite à l'articulation et à la voyelle. Le génie mêpae d'un idiome ainsi organisé conduisait naturellement à ce progrès capital dans l'analyse du langage, ,La voyelle, variable de sa nature, tendait à devenir graduellement indifférente dans la lecture de& signes originairement syllabiques; à force d'altérer les voyelles dans la prononciation des mêmes syllabes, écrites par tel ou tel signe simple,, la consonne seule restait à la fin fixe, ce qui amenait le caractère adopté dans un usage purement phonétique, à devenir alphabétique, de syllabiqye qu'il avait été d'abord; ainsi, un certain nombre dé signas qui avaient commencé par représenter des syllabes distinctes, dont i'articulatipn initiale était la . m^ipe mais suivie de voyelles différentes , ayant fini p^r ne plus peindre que cetlB articulation du début, devenaient des lettres proprement, dites exactement homophones.
Telle est la marche que le raisonnement permet de reconstituer pour le passage du syllabisme à l'alphabétisme, pour le progrèÉî d'analyse qui. permit de discerner et.de noter sépar^ent l'articulation
(1) Jnn, de i*fns». Jrcft., t. IX, p. 36.
ou consonne qui, dans chaque série de syllabes, reste la même , quel que soit le son vocal qui Fui sert de motion. Et ici, les faits viennent confirmer pleinement ce qu'indiquaient le raisonnement et la logicpie. Il est incontestable que le premier peuple qui posséda des lettres proprement dites au lieu des signes syllabiques, fut les Egyptiens. Or, dans la langue égyptienne, les voyelles étaient essentiellement vagues.
Ce qui prouve, du reste, que ce fut la nature vague des sonà vocauic dans certains idiomes qui conduisit à la décomposition de la syllabe et à la substitution de lettres alphabétiques aux caractères syllabiques de l'âge précédent, est ce fait qu'en Egypte et chez les peuples sémitiques qui, les premiers après les Egyptiens, employèrent le système de Talphabétisme, encore perfectionné comme nous le verrons tout à l'heure, le premier résultat de la stibstitulion des lettfcià proprement dites aux signes de syllabes , fut la suppression de toute notation des Voyelles intérieures des mots, celles de toutes qui étaient, de leur nature, les plus vagues et les plus variables, celles qui, en réalité, ne jouaient qu'un rôle ebte^ïémentaire dârts les syllabes dont la partie essentielle était l'articulation initiale. On n'écrivit plus que' la dhârpettté stable et fixe des cohsonnes, sans tenir coriïpte dés changements des voyelles, comme si' éhaque srgn^ de consonne avait -été considéré èbmiiiè ayaht infhéreilt à lui tm son vocal variable. On choisit bien quelques signes pour la représentation des voyelles, mais: .on ne s'en servit que dans
Texpression des voyelles initiales ou finales, qui, en effet, ont une intensité et une fixité toute particulière, qui ne sont pas complémentaires, mais constituent à ^les seules une syllabe, qui, par conséquent, sont moins des voyelles proprement dites que des aspirations légère auxquelles un son vocal est inhérent. Ce fut seulement, comme nous le verrons dans le cours de notre Mémoire, lorsque l'alphabet phénicien fut adopté par des nations de racé indo* européenne et appliqué à l'expression d'idiomes où les voyelles avaient un rôle radical, fixe et essentiel, que l'on choisit un certain nombre de ces signes des aspirations légères finales ou initiales , pour en faire la représentation des sons vocaux de l'intérieur des mots.
Les hiéroglyphes égyptiens, nous venons de le montrer dans les paragraphes précédents, ont conservé jusqu'au dernier jour de leur emploi les vestiges de tous les états qu'ils avaient traversés, depuis l'idéographisme exclusif de leur origine, jusqu'à l'admission de l'alphabétisme dans leur partie phonétique. Mais aussi haut que nous fassent remonta les monuments de la vallée du Nil, dès le temps de la lir dynastie, c'est-à-dire plus de quarante siècles avant l'ère chrétienne, les inscriptions nous font voir ce dernier progrès accompli déjà* Les signes de syllabes ne sont plus qu'en minorité parmi les phonétiques, doîit la plupart sont déjà de véritables
lettres, qui peignent les articulations indépendamment de toutes les variations du son vocal qui vient s'y joindre. Que Ton juge par là de la haute antiquité à laquelle il faut reporter les différents états antérieurs à l'apparition de Falphabétisme , les degrés successifs de progrès et de développement qui avaient conduit l'écriture jusqu'à ce point !
Les lettres alphabétiques de l'écriture égyptienne sont des figures hiéroglyphiques , au tracé plus ou moins altéré dans les tachygraphies successives de l'hiératique et du démotique, dont la valeur alphabétique a été établie en vertu du mçme système acrologique que nous avons vu servir de base à l'établissement des valeurs des signes de syllabes. Chacune de ces figures représente la consonne ou la voyelle initiale de la prononciation de sa signification première d'idéogramme, soit figuratif, soit tropique, mais principalement du mot auquel, prise dans le sens figuratif, elle correspondait dans la langue parlée.
Ainsi, parmi les phonétiques de l'usage le plus
constant, nous voyons le son vocal vague flottant
entre a eto, représente par un roseau, 1, dont le
nom s'est conservé en copte sous la forme ako ou
OK6, ou par un aigle, ^jk , Aecou ; l'articulation m
par ime chouette, %^ , uoTA*\a: ; r par une bouche^ <=^-, pto; t par un liorij Jlfi, aabco; h par une corde tressée , S , z^ore ; kh par un van ou crible ,
vaburs pipi^a^^ç^^ (]lx?fl^q^S,p,^ttaHi^,fiî^^ ré- ^
pris fjhGflS^igHÇfn^t 4ftji%; l^j .rôJe^ (dii«Jbi»le titomte* ti exprimant sa signification dMMria laH|[ulf pjn*lée^ AfhsîVji^^ur le'mot rie/er, ajEfil», le»=»dnuments novp pffïfiftt;^ »irtdifférçBdqtt ')dBaiiri4!)rlJhogt«i|fliW;^^
l'un^V î ^ ^é>à'la'»lîgaW a«l/ii/»*^fet Ip^ë^^nf^ Aej
J^^, OÙ cette figure eSy^,sfii^yj[firflj^.4fi«?(^R^|)hflrc>!
^^îffS^^ l^^ilHpl*! 4^U* et ) dfe f rvijàùv^vlcon^^twiîï, san^p^4j!Ç ^^^^miiàéo^XÈfkiqvk^B]^mpTé%eb^^ en.fp|^,|fi|?piJ^y?,imtialicbiM^ ab/îwiii»iM»it«oaiii^
on/en. «vie», les deux orthographes., hh ^t * ^ ^ .
.iihlo MMU V»)/'JJ ^'Taïuib ffuTfoiq tir) |.-JtoiJpOf et)»
^'«^ îvif*i^iprêftrtw>iiqi^'itfn <i' '«^^ <5|!nu4^«'Ai«fî<>»<' iir» ^/jli «^.moa e-^I) noiiqrnemnl cl <iiii;I) Jo /jrftlïïno-ï (lompt'iiq siUJ liiq )'> ooa^hiioàb oh JiuHn^nift^^
ttîbiliuoqob 119 ,iioiJJilif!>iMi; tMtvym fif hibms^ moq ^^'h Pffififf"^)ôpiilqivi^( )'»!)* inilir/ '»tiw>l|a>>^9ncjfej'-..
Nous pourrions multiplier indéfiniment ces exemples d'idéogrammes revêtus j par occasion et dans un cas déterminé y d'une valeur phonétique. Quelquefois, dans ce rôle, ils sont suivis d'un caractère phonétique d'emploi plus constant et plus général, qui sert de déterminatif de la prononciation qu'ils reçoivent exceptionnellement. Ainsi, pour le mot neier, «dieu», nous avons les trois orthogra-
,1 et [ ^ , où la hache est successi-
vement un idéogramme simple , un idéogramme revêtu de la valeur phonétique initiale de n , enfin , un idéogramme revêtu d'une valeur phonétique initiale, que détermine le signe de l'articulation n dont l'emploi est le plus habituel et le plus indifférent à toute signification symbolique.
Tout signe de l'écriture hiéroglyphique égyptienne est donc susceptible , dans certains cas et dans certaines positions, de recevoir une valeur phonétique. Mais l'usage indifférent de tous ces signes comme de simples lettres dans tous les cas et dans toutes les positions, eût produit dans les textes une confusion sans bornes par la multiplication indéfinie des homophones. Aussi, est-ce seulement à l'époque romaine, et dans la transcription des noms des empereurs, que nous voyons les hiérogrammates, par un raffinement de décadence et par une prétention d'élégance graphique qui n'est que de la. barbarie, employer jusqu'à quinze ou vingt signes différents pour peindre la même articulation, en dépouillant ce& signes de toute valeur idéographique, Dans TÉ-
romaine n'ont encore qu'un emploi mixter symboi
iji !ii .iK'^, un '■m\u I(I(;(it;i>u Mil ,*i')li|i!i t M,*'V'>''"' ' lico-pnonetique, et ne revêtent une valeur de lettres
qtt'^ 'tHieiàf^il- au' "McÀ 'de ' lërff ' il^rffflaWôn 'ïcIéo'^i'A'-
phique. J^atu 9on|i«$ittQi^ ^qJr^&âÊA^. (dnte>^|
er
ainsi la représeiuation habituelle des. sons de la langue^ sont dépouilles, a 1 ordinaire, de toute vajeuj fdë6^ii^{tiifè>J Gè'^e'^He'^iâ^WM^^Ùl GqiÊnd»i)tv)b(^Hi0> liécni(kiCr&( ég};pti«née^iiniéiiieo6Pii
dans certains câHoiex^XiotWèl^l/'eippjg}^ c^iBë iîl^flS¥îaï»fio ¥>Àïi^fa^> fi«iftîtirqpiqHfiH(.qrni;.i:)
fftf[.ïfi^.sigï^Jpj?JlVft.t«fei^J,eitJftjpJp?,|jé»érfikm9^
JffMé^lï» ^fflte(«g?i'î^a^«8iïifiçi|Wjrti^e^iiilirjSyiia»r
•ili < /i(iiii'n,iolqfn'/l,;»i)i>, l'itim-i')'! fiiii;!) f))ii;bj[l> espèce de /wo/7i'e(i««.dont Ic.uom égyptien oim, ff
■.r lii'Hn'iffrrniAirir.I/l .«'»l(Ii:l(Tfn')K ^if[nUr>i\ih 'vjiiSuK
phonétique, c'est sans contredit celui-là. Cependant la célèbre stèle de Koubân^ rel^Ji^ç. ^l^^éçy^Qn
.«.«ilii/'' ■à»l/iiii,ivlfi''ll*> "Il ;i|) -jlojii'» lilo'd '..1 •..•i,,;f
1 Oiseau m , triplée, ne pei£(iiant plus un son, mais
'ï\\yt\ ■>l+3rii .!.;T 'iiiii )ir • ' Ti m \h ,mii|.iI .i.().!-|.. , ,.(
îtfiB^pMàWd!^! A'bolicJfe'e/'e'n^ilèè'; Éoi^e'»,"i,,ib' U
ftgairy'tfe'ia**iii'cAy;'i^;'yih^i'(ii/^''c3iriAi'^'|^^^^
main^ ^Ê^m^ est le phonétique leplus'naï)ii^uërei lé sè disait aed (en copte tôt) ; mais, en même temps, il
ChampoUte*t>i(If>>^aVâlrt r^fi'Se^dé^^ oW'ULV'ëiàiëkt A^^&&iés tdf»{>iâ^ttc{tet)VltUt^§iaëè^^ ^ca-
l«ettl4«ftt«^*»lkllfltii'>(it*«i!^Wt^
%jji^,^^,;r,opiq3J#. ^Çv'^ull',^4j|ifigbaBfti61çmqrit de clarté dans récnture que l'emploi régulier de jOOJb^s diacritiques semolabies. Malhëtireusement le progrès dq>ifé«ttéil dw4ëitëSi W«H»^1^
t^t fliiif fSNCfàhac. 1 (Sii idertaitiâl eixfemfJi^ tâ^rak^^ étéi d^ nature à faiiiBiîlk^Qiiftà^'iaâisu^ .inQlmm^^ii^ t>hl
kyrizatiljlcscidejL'éontifre)^(jgdiuf^ jâ'(éiégaitc§jm^)M^
tttite«ii4'ïdf«K(Bïnpler^ 4^SIIK^
?tîôtip'd«ï(aibpw>Hcv:lciitBé^^î«aYiîrtweî^k I^In^i^
que Rosellini, trompé par la règle qù^^C&ara^TflfiBïi ayaî| cru constater, proposa pour ce nom , est inconlestablemeiiit erronée, et Musji^ savants J'np t depjg!^ longtempft^band^^née. f****^ i
eiest dqipc l'état jour, uïT^rofflfes en progrès, ïious voyons parvenue celle de toutes les écritfR'es
^^Sm^^^S^ ^^^^T^^^Ê"* .^Wwuwwwm
hîéra^yphiques pRimitives qui atteignit au plus grand degré de perfectionnement, la seulelju is^ leva jusqu'à l'analyse de la syllabe et à la conceptioil de là
J>i'*AVâdt[t<iu|?, uilimélim^d'idéograiBinlfiielid&pho^ liëtiqdé!$>JMde fti^ei^|figarattfsi,ii^ifibol«|tikesv syll^r Mettes l'alfdififbéttqaeB/'doiitlh pnopdrtîèoD^tpitKiue ^«^'l^'tMte&>^iie««:i«e «jtigerld'aprëailûitmqsoyîptioift
1%His^^fiiblélét»d6 de^ deAecigé* iStoiite jKtnfçDna^^ V\^W\rAisfgè\,^ilp^ Yfl^ogramraeBrfigiiraAâiiffià Feoore Méii^i> foâi fidédjgrdmfliH I Isropiqpe» >è^ ^leiV^léi») sigûtt^imixAta '^)^9^hoUoQkphoiDétiqu69r, ^!|s>lâi!ir ^mplomAc\e. faltmfii çofqme ioÂliAlça-^u mqt
première syllabe e it fc i i î fd cAr^iilemfeiit la première àWkMlaUiri'}^ «P 4e?t> fôS?^6*Ô«é<^s.^8^btqt*è9, ' dé^ tiSaîHës^Vïè^ toùté^ ^ttiëitf ^ d',ltféd^âttM«éy<i^%Hfmi^ ^êtt MfiiA^Mfefiv fboo^iqliesJFu^î,,f/fai.^reprié^
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de rOeiTtâdkipimptfff létf dt^unlaQtréoètévposeibililË d'élue jilbyiévf id^ografièthqpaement) îclhiis^iin r jslsiis^figiiraf^iétm ildos^wn^àeils (m^ikpic^^iesis^itts^jbes'^lu^^habib^ lèraèntaffiscjt^ âilâi fiuiie ^ishDpte>peinlipErë>tdes>d0nsv indépi^ifckibaiiMéittrdt^/Aoat^ iesa£dt8
icpie l/<^cvi1x^i^ei^ièi'C^J[yph(9:}E0(é^^ pmsBnfe à
celui iqiii teut>àbci;lr^yér iftb c&n^taiiow^trséKn gdméi
des systèmes d'ébtitùi^^]pfiiitêfo/^dîioiii;i;pà^^ parle ^puti^Aéo^apUi^ê»;) nifti^iooiBbidnflDBisystâme letst^èhaorié gfti6^0è9ioofa^$îeUiti|](a]f6iû!')Qim eivil^lt(^S''iJl dhii!&et4Bi!l»defg)ââ»if) ^ikdltir0/i4uî() nnios gratidë2pp<Mllt l^'fi|;yfaiiml^'^fti^p«)u^ /dextaûtni:
^pêj^idâM^^ci^d use> jMrêfiim tbr >][ftiis3d!iinè!)fois'4wnr ^ttsiti^niigs^ti Qii0iûU^iehttkrc({4^'>d«>bofii^dsîo^9 teuhi^)dt$ht'ddbi<émU^ttiiè^fit)oi(Mgé$ ehodqglraipdè ptidl|}L({^^^i[yàt4àiëht)sebl^Bi{Ji^S€9^ tiJ^eUeiextvénnf b<ttdpKeai:k)|]4iJ$àdqidç]|Qè^i lesil^L^évD^ypiràsrin^iébésat
ifl&UVâràè'îtttili^tëkathkiiidëï liémoMÎgnages niqsliâBeas
lement à quelques adeptes choisis ; c'étate<\'^Hlti!rb âëm <Wïi:fe^'«é4ïVattIp(ACP''>tô^ leinwbges» dùiàMià a lfesditl^;>d^liyii«',oiinn8e ?febpflâftt àoafcfégerïllejtipaé dé* '<iatbcf§i*^«ïd«fcsJ^>l*' >4aehj^apllie rqpaoyan i fà
sàftll rqdqi^é^fprôii^qimisseâll Jaeslnd é'èw {atvenim iây^tè)^&,ii^(i 'H}^t&|i»ÊC)d'éoiYtU9e'>au66i« (som^liqué'^
— (Tl —
donf; Idlcoflli^isQ&niteideiiKiiMlfttt'ffiè'âussîi'liNigi àp* 'phmtiefa^e f ' Jipi IpdnFmti i être i tmotiiépandu Hdàosidt «idaàSéidarfpeopl^^liMssI^iilmiSillÉgyptét^ sntf é> de I ki I «atp^tteéme idiii i^)r^lèip6( ^af^^ ■wiy (laori ;Mèk>ii*é r dreiii f ffa i rtï f 'im ' >afûa^
^nîbQfi>irel^îmixqodr|OÎifâlir^ ' jfi(iin|iiélrént}iaiitti (sorleidè idijâsejl panfeed'UnigrtiupetiwAi^fotidbiMîlAijMI^ »; ^fiÉnoonq «airâl^f*ipDDa|^ >pi1éseifjt
àkiap, fdsis tgrandejoatuse» de di^fibuAtéBi'el d^inceHir %odeftrdà«a(|touiiqs<>le^}âmtitre^4|ttii çoxnmfmit ûM J|pBit»djîdà<i^ph|$^ti^lai]Pf f/if(\-}\^ /- ^ >î
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Buntèdnrài),^laftfirila)firéf)^^ |§&ibÂér)9gla^phi^
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èiiipli]iiterx^(Jfto& raefii^s i>§n. t9o»uftifiSÇ0r>ç^iiti^d<r feireVèomgrendfaf «èçp^ ittBPesîielêiUl ^^j^mJ^M ppr Jyp|po*D»/iiaù Koiildfè'Jeb pîiijMbr dd^«i W^^i^ffMW^ «naritti;^ aw èe fatt^est bûamoupplû^cfi^ip^îp^ pWr cèiqiili|ciscy> tnauKejQuMDè'icaiiiplUq^é rpitr^df$j^
rativemenl ou tropiquement, peigeribdqfjfc^Otelfefc laiflanguffiGfttoQqt 9^Q9CM^<|ife]ètèiiiijk^xop6onffl»(litkm^l5opvèntiienltièrom0n^ IfKbh
néofleideiluBpbœif , ^-ffMtioitiîmiMe^ ^hVf^^gm&i IJfixlçaetxGpiy/iMillPtntoit^I iDlnsnigui; luoq ,9ldÎ88oq
sMfijbôd^rpQiq- ^oi^ee dJ^Mo^l^^q c^^iin^ iiè^dâOfq p£yfflfëlai^pt[)^'^ (^Al^^Q»^4i IfnSfptèàâ^'ift^'^ §4lè lypbbM. fl3 ^ 2iol 8Ôb «ibM .^Idiaaoq arjlq jjjI an
— 73r — le mot iil^l l^lfilj^ UaqgM aéoriiBi qtn'f p^
l'^^ëtiétt>ftipëitîJi sbll\&^<>itCfjniA'^^(^ sigttfflcQiH)
}fliiàrd4iié¥oii(^qfre>Mttéh^i^ ^m^ d^àhiniéiqtfi
a-«8f idknpyqiriif l5laPl|è>â0 f^vwM^^'fiiii fais (mcNuiD i e^jb r^
d<«â( tfl|rttiéâlècl#^ii«)toii5trm^
possible 9 pour augmenter la^i^teiNiénd'dsif^xlesyfxaltl inVgtkâ^if^iqai^ jiâ ^Vtillfife'M^l^ix^ap^l^toii'irÔA^^ mëffgîj/ff&fWffiyûes^ I@Ii>^'(Hgiââki$iftyiilM|e:t»mept&ii bt^iiâei^iyiimtf$fàcfl@{di(fti9ii$f'dé^utkKlr^
v^ li^ffe »teQ^ôl9aoad!0()]|»tâlrtIli '4j^i4^il£a*r0iirt ne fût plus possible. Mais dès lors , en .^éali^/ f l'idéogramme ^^H^dififjbkj^ idl^£f^ûlâewr$ s^nèi^^^siKvi
symbolicô-phonétique, capable de représenter dan* to^il^âtifiiâa)e9tuiJîeoi!iitgrlldB»ïiet)^i^^
feUpfàliaa>^^veffiMJ<l /Io(j d «fK^-iIbcp]*] ^Jiorr Miip -rj
£â^'i(tebpiigi4^h[o«foVL'i^^ qiÊe^tan^ 9thonf> de>il«f ^ri^^ijseb, «ijckB^préseiiladeiltignètfêOqiiq €b^>dffis orf^
r^tï{$tiié(^^^£er»'ûti0ir^htTO^ dd inâtmiulrgoè^ ^ pi^qéiii|iits^fiDdéaQiitts f»trGiddso'6igne^x{ilptiitaiiiiff|
pO^pMcptkfts&qiyi^W
fîaoiJ/iiDnoiMkïçi aolvrî^ aiia^ 8î>b jfi9ifni^oo'j iBq JnrJ nonymes Hllr^ei \/, dont le séné idéographique
-jnjj noijxiimo'làb oins icq goàn^rac Jfiotî e8^>«i^vib est a respiration -, souf£l§upitiiM)i &»eil fdayii^Cteiii^ si^mplokli|ig dw$bd«»In9ii^^qQï<c^ danibiM^'aert»kiet(f»^iî^mi9eP<à«ipfM^ïrAltei1t^
n?é^ fîtifefâétfiîfee?Hip(f âii^i^^ dfeaéefi^è)
gni;b ç(( ODioî » sb 99bi I ob liîoèlqg olodrnfg jo noil
chaque lettre .ut multiplier indéfiniment, les homoi "^t ^'^r^i*^ -ft ï"02 2ÎiiJO çOupiJ/îismorilqB'i^^nôct
lier.
no ^ ^ , . , , . «
ce mouton » se disait soif tantôt comme un v^ S9^!S^
qiiciaette figure tftatlilQ^ipbôlcrvdle[ t'idéftidfi^f&me 4^
vufl) 'i'»)fîMrî'rî(|'n f)|) •)|(Ij;(jr,'i ç*)ii[Hl'm<>il(j-())ilo<lni /?.
ce que nous appellerons la polyphoow/i&à!o4>i(MWrt bk) s^do'>q4'j9ffiner r|e)(|ypèf oHiéi'c^^ph^w pdrcd>queiks «giifisiilf) l1écripùmy\ifdUkidefiïeunéJi des» fôèaged» peffaitenijl^ilti^hesioijà^si^ ^é'](fî^piB
tadkyghBtpbîfpi0;tt Goédmlifs éûfitXNfciii^ioviguî^ihiéT ]^gt^ph1q«eiài;fce){)Qinbjjdlf>4lliér^o|i 'duM^lftxbfaeâ éds fiétt^fiçtëïMioài kb figortriiiriimiiji^ciaup^is^iitepfiiii nmii«ntL{)Ipsf')0|ii;yoftbIiKaitKf efi0Diiè(«iiier>au{ii^)pQl)^ ptifiniè^ qUa «0U8'VappéHeiMisi')iz/3)i^ p)[^diiiA bi»qu0i j^^ioims f Gaines, at^SQbimeR&'tiîifêTf
i^etM'ikWisyhié9Q§ljrphÎ5bieot)VÛ»f^
par sèmiplaace i^ûti-fâi^eoirau^^y.^fi&^P»/^^ âff^/^dé^
cpntondent en demotique en un même trace, JL
-'ju jjh.'nij]^!! v' iU'^inoni /irjofi «(iir.fno'i eiJij^locïïn qui devient ^polyphone puisque, sans m odific anon
RêTtWL «^ "" fjin(no;> loJfUîJ ,iot Jiiigib oe ce iioJuofn >^
Le precieax iragmetit d une' des ■t«Diettes grammaticales de Ninrvelious montre également que dahÀ le cuneitorine ananen trois ligures originaires aD-
«t de pronondations qui né pouvaient se contondre,
•>/«»•»• lU inun» '>*MJJ
^ EU ft
ont été ramenées aveo Ilè^emps , par l'altération que causa l'introduction du principe de tracé cunéiforme, k unsmême OTo^pe de clous, &2ÎS T,
n^iN )nQilsKpfféaeiiË^Q&<p<miiliei;»isËep pbljf^
ii!lP^]miiâo$fe M^sjÉopdternbspigdbétudiQhaiJb^ ^éori. tWfl$jfig)^tiiilqneBf eb eialaaawiiçdMmpat* f Ifô^^ztpe/^ roglyphique etffoilsmîrtftiit ptn^Qi0iMnniNîM£>lqridié!foft>f»llitmjfqdes,^aeàdtpn^it)îpbe9Qi»} epiiîte idjéwcj^nt ptiiai t«f kji^phiqaispfibttè(pd|;qd^ ':6sj» fqnfâiHp9^mtç^^lmnW«btdqpiaEâli9blle]^ 4hinmsr^iqi»ri^yppileDaieiit à^ Njrept'3ài(édqipB>lQ)'dâimj^ilù^.djr(^epM»^f)è'indëpei(iâ^ dû|lâbfénigi^
-lia r.l oo/B Qiujl'iO'VI oh ornJdi iioiiiu J T)riirno2fio^ pour nous, la deiormation de deux caractères dis-
?ob jniimiul Jhqa')!! iœnwxnluiiï^il) ^Oijna^icih .olo'i. tincts^ mais un piemç trace polypnonë. CesTcè qui
us
"lioa efiulb. .9JiBlapnjj'b,,njI sb^aiisîî) jnt^tnuiiedi nu reconnaîtrions n erre qu âpparenis%i nous pouvions,
.asliii'liGq 9Jibomnno3 3nij'b J9 3^^^lq b'h'iV'f) i'iii*! K,.y;i1J9tm3.q fii-^g JiBvuoq ^TJjioiq oD
(1) Oppert, Expédition scientifique en Mésopotamie] t. 11, p. G&.
toufe? les phases,, de la paléographie, .son): pour nops^.réel5 dans ifçtat. actuel de la science. J:ar nous
ture cunéiforme.
iioiJjn^jlr,'! ir.q , ?(imoiX'ÏI.-,')vi; ^.•niVMnr.t -ii > Juw ifj i»3fiil •»[> 'ifii'Uinq iil> ntiiî'JuLmîiii'l b^ui;) ii.]»
' Oi>> l e > oit, même après que les Egyptiens furent
un progrès capital à consommer, pour ((u^'i'iécrt^
-pcévHÎtrfeeUl ia<ydst^«itnit*at de ieinptiitl<^jàefll8(lt -fltiiwbiplèttncntiaaaki^odiq dcslÛHttitniJs 'jii\yïiU\/i^'>t lit'iképàdibr'tbulp tsaW'^dèo^rBphcane.^stipppiM» €fBl9p]éQt'ilesinialbpifa>(f}dlldiiqa!Mpjriqi^^sl|HiiHdi^ ^eAM<f(WfiUtu }n^rrall^l^hfiÉié<Rsmd^ur?>enfttfi -wéitelreilesiiptHiuétfqQc^ x tni>JBeBkc^i«r|in^nab)& fNll^rivUà^ub £rrtfCMdBfionqâbciI'ATg»Mi;otd-iiétai«|ié
! de récriture avec la pa-
[Dent l!espnt humain, des
mitir, et, lui permettre de I Tuoq j([')rrfSTcni o/iTiii on essor, en Itu donnant ici fil) qnoyuf.oTT^ ~
07 ITU
Jonnai . ... ,,„. — ,.,.. n-)ni;n., ij.d unei:larte,-d,U.ne spufi un 'jTl'j [i eriomieiiiioo'n
jiup-j.... -parfaites.
Ce prosrès pouvait seul permettre,» l'art d'écrire
presque le chaos. .gomôfri-xu) «fioh72«/
]^iqttt^dittl@ïft^iil«iGA^^/|>e«l^^
diimOiW^nai^kpk^ osntièr^meitiridiHeDëbl^iale^oeluiidd UËii]|pftÉe[iduBiiluliBiiur{ Boor m>HBifïik'MkfmiWû£tari*yàf rappeler ici les faits qu'offre à ses inlÛàv^^téteà^fUé^ 0tiftlilr6X1Hléjfom&6»a^yliblBlK]lvn'l «^uori oup i^ni/ 'i4li^ièstIfin0OBt6SlBUe^o iBbii9liqraiifr/l||oie)icbtlttii)^cri^ ture n'a pasiëftéiibihrfiiriBeopai^UesrSësnî^^Tliçifiliifi^ oikdëi'Babj/ikliaeiiJàaffifqsar^jiiii^ pffiipkugHtéoîieiiiF, A^e tleiiiH^i lealTrdif6m))hhGfiB^p«i*aîisenp riliacbeiiiàïla
tion des valeurs idéographiques,^ ^llt^^lJmpulwtllrâ^'R
ri^;ÇHis^4ft(l4ipq(WMi^iaîif»è ^tee$f»n-
Wrîté§Mi8Ém^lfiVrfe««B*f|*îfMo»oyfiij npillibopquvnlbflr Assyriens eux-mêmes. .aofîdo si sup^oiq
tdMSid6ax)lder è^èHthrËriasByTiitnie ^ dbejHÎgiie {pomnlél» qfaelitii^iaDByfibcdtipBBCBe iddB pgfiriliilrgjfaipfaç jptasl gÈâbcteléaljelteii ^o^ é 'nllo'up ?Jiii1 eol ioi loloqqrn Ainsi que nous rav(Hnidfft{|9iflS)lKm)J3€WXOi»Éiit' Ikrigimll^faîéingljfJilBfipiCfidffi q0lctete6tèKe]tni[baiérfive é^SaiAgikrai^cnsâbradU^eaÉAÎQ^tekmlâiï^ r/n oiut ^i(^^^aieoir^figurf8|khiq omgîiiipsér>0laiC>id»ii(daftlfabjditt> ckDaiiini«l')îdéer queglîr.iaqgofDddcj^iHUfikicbai let^ii
— sole système cunéiforme prit naissance rendait par le mot kurpL
Bientôt^ à. coté de sa valeur purement figurative^ il reçut une valeur tropique dans un raj^rt très-naturel avec la figure qu'il retraçait, celle de « saisir, prendre, posséder/ éteadrep, idées que le médo-scythique rend par le.vwbe imîdut, mais qui paraissent avoir constitué alora un radical /ima^v
De . ce^ deûxi acceptions idéographiques , par là méthode de Tacrologisme, découlèrent deux valeurs syllabiques différentes, kur et mat, formant un premier fait de polyphonie.
Mais, par le système du réùus^.lçi similitude entré
les sons ainsi appliqués au caractère '^ , et cetnc de mots d'un sens fort différent de celui qu'il avait d'abord» fit transporter la signification de ces mots au caractère lui-même, qui reçut ainsi les nouvelles valeurs idéographiques de :
tfm<mtfii^Aë'i^, iiàniïaiàn^ci parlée : ^(/r, «leverdtasolei!», ' ' d ' kur^
«terré», ■ * ' » '' /wtf/,enmédo-scy-
= ^ ' • • ' ihiqneimada^
àklier-a^ '^* •' '' » //wV, en médo-scy-
• "'* i thique : /7iiW£/*.
Tel était l'état des valeurs, soit phonétiques, soit
idéographiques , du signe ^, avant qu'il ne sortît des mains du peuple touraniëïv chez lequel le Système cunéiforme était né , pour passer dans celles
dé^ AssjTikii.''' ^-'^ ■ -• -^ ^--^ •
't il • , 1 I t .
Ceux-ci y en recevant Técriture des maiM^>éM feui*s |ins^.t^^rf |^9iiWPIIΫ^syAi(fepfeàrebtl)^
. . ^ ])Ipi^^i,lf^.H9l^ribfiqfUdM^esTe0ièPdlit lésiàèmëiy
prononciations toutQ»4tff£mlm 00 ftSi^^ièMV^Elibs ^>4i^pi^i^fiî9Kf»^ Uaoilqtode l«4âAgtlèp2Û^e :
nS3, «lever du soleil», .9in<>il(|7lo(} iblu;1 i>i»u
nUrS bcéaiéi*k»-> ^b Jrmollib Jiol 8(io? nu'b f»]-'.: '♦!>
UUUt^''JL»b'l*'i^«'>«ïi"S°'^ bI isjnoqf-nBnl Jii .bi^nU b n^j, oc posséder », ^ , / 1
ntÛ3 , « étendre ». . ^j^ goupiilqxii^oibi aiu .br/
De ces proi;\g^ci?^^J^^ail«fffidë^^^ du caractère* ^s la langjie assyr^je^jf^ i^^^giliitt
çouv^le^^^çJI^^ de 1% méthode acrolç^f»» ^
naquirent des^valeurs phonétiques de syllabes, in-
çpnntteSj^yjç glj^çmiers invjçnteurs toiuraniep^|oH»i
vinrent ejlQPiÇA compliquer la polyphonie :
^?,."'mi,la<iTfti8^Jlî0^',ai«9lr.^ 8^l> leîà'I lie!» i..T
lfi-t?PSA liii{?JtiB7fi"'?^ 3a§i2 ub , 89uphIqBT^oèb(
«//Wluip-jf» xsdo'^ïiiaBiuo} alqusq ub «oiBoi i^h
i\\hj <-iifif) •l'i.îaBq njoq ,èn JjbJ^ ^imoliènuo •iM->i
Enfin , comme deux des valeurs syUal)k]HeA éd>
signe "^ , iur et /na^., se trouvaient correspondre
exactement au son de deux mots de la langue assyrienne :
IID , a fournaise » , riD, «mourir»,
ce signe fut si constamment employé lorsqu'on voulait écrire ces deux mots^ — possibles à orthographier également ku^ur et ma-at, d'après les lois habituelles de récriture cunéiforme anarienne — , qu'il finit par en être Tidéogramme (i).
Ainsi, le caractère << , déjà polyphone avant d'être
transmis aux Assyriens , finit chez ces derniers , en vertu de conséquences parfaitement naturelles, et presque inévitables dans la communication d'une écriture constituée comme le cunéiforme anarien, à un peuple parlant une langue d'autre famille que celle des inventeurs, par être en possession de cinq valeurs phonétiques et de neuf valeurs idéographiques absolument différentes, mais dont chacune est prouvée par des exemples certains.
On conçoit dès lors comment les Assyriens euxmêmes, pour être en état de lire leur propre écriture, avaient besoin de s- éclairer par des syllabaires du genre de ceux que le roi Sardanapale fit exécu- * ter, et que la pioche des ouvriers de M. Layard a rendus au jdur parmi les ruines de Ninive. Une pareille complication était nécessairement la source d'obscurités et d^incertitudes sans nombre , et rap-
(1) Voy. Oppert, Expédition en Mésopotamie, t. Il, p. 85 et suiv.
pelle véritablement à l'esprit les traditions relatives à la Tour de Babel , traditions dont la scène est en Chaldée, dans un des centres de l'emploi du système cunéiforme.
Encore une transmission de plus à un autre peuple, avec les mêmes conséquences que celles des Touraniens aux Assyriens, et les signes de l'écriture auraient fini par avoir tant de valeurs diverses qu'ils seraient devenus absolument indéchiffrables.
Cet exemple suffit, croyons -nous , pour montrer combien il était impossible qu'une écriture demeurée essentiellement idéographique se propageât de peuple en peuple , en dépit des différences d'idées et de langages. Tant que les écritures n'avaient pas répudié tout vestige d'idéographisme , elles devaient .forcément rester confinées chez le peqple qui les avait vues naître ou dans un étroit rayon alentour. L'invention de l'alphabet proprement dit pouvait s^ule permettre à l'art d'écrire de rayonner sur toute la siuface du monde, et devenir le patrimoine commun des peuples des races les plus diverses.
, L'invention de l'alphabet proprementdit ne pouvait prendre naissance chez aucun des pey,ples qui avaient créé les systèmes primitifs . d'écritifre débutant par des figures hiéroglj^hiques, avec leur idéographisme originaire, même chez celui qui était
parvenu jusqu'à Tanalyse de la syllabe et à Tabstraction de la consonne. Elle devait être nécessaire • ment l'œuvre d'un autre peuple , instruit par celui-ci.
En effet, les peuples instituteurs des écritures originairement idéographiques avaient bien pu, poussés par les besoins impérieux qui naissaient du développement de leurs idées et de leurs connaissances, introduire l'élément phonétique dans leurs écritures, donner progressivement une plus grande importance et une plus ^grande e&cteiaisioi] . à don enùr ploi, enfin porter l'organisine de cçt élément à un très-grand degré de perfection. Mais des obstacles invincibles s'opposaient à ce qu'ils fissent le dernier
pas et le plus décisif, à ce . qu'ils transformassent f .4. ' " .'• ' • • ■ '" •
leur écriture en une peinture exclusive des sons,
en répudiant d'une manière absolue tout élémer^t
idéographique.
Le premier obstacle venait de l'habitude, cette seconde nature , qui exerce sur l'homme une si grande et si irrésistible influence. Perfectionner par un progrès graduel les règles d'un art qui a pris naissance entre vos mains, que vous avez créé vousmême, eq lui. conservant les bases essentielles sur lesquelles il s'est fondé, est chose facile. Mais rompre violemment avec une tradition de longs siècles, dont vos ancêtres ont été les auteurs, dans laquelle vous avez été élevé, à laquelle vous avez fini par vous identifier^ est un effort surhumain et presquç impossible.
Un second obstacle non moins fort venait de la
religion. Toutes les écritures primitives, par suite de leur nature symbolique elle-même et de leur génie, avaient un caractère essentiellement religieux et sacré. Elles étaient nées sous Tégide du sacer* doce, inspirées par son esprit de symbolisme. Dans la première aurore de civilisation des peuples primitifs, l'invention de l'art d'écrire avait paru quelque chose de si merveilleux que le vulgaire n'avait pas pu la concevoir autrement que comme un présent des dieux. Aussi lé système hiéroglyphique étaitil appelé par les Egyptiens eux-mêmes |i| ] 1 ! y
« écriture des dieux ». Sur le célèbre caillou Michaux, parmi les principaux symboles de la, religion chaldéenne, nous voyons le clou, ^-^, élément fondamental du tr^cé adopté pour les cai'actères de récriture, placé sur un autel comme l'emblème du dieu Ao, l'intelligence, le verbe divin. Ainsi, à Babylone, on avait c^iyinisé l'élément générateur des lettrès. Nous verrons le même fait se reproduire dans l'Inde, où le caractère d'origine phénicienne appliqué à écrire le sanscrit reçoit le noii[i de déifanagdri, <c écriture divine, » et où l'invention en est attribuée à Brahma; chez les peuples germaniques et Scandinaves, où les runes, lettres de l'alphabet national, sont considérées comme essentiellement sacr^es et douées d'une vertu magique, et où on les tient pour un présent d Odin.
Bouleverser de fond en comble la constitution
d*une écriture ainsi consacrée par la superstition religieuse, lui enlever absolument toute la part de
symbolisme sur laquelle se fondait principalement son caractère sacro-saint, était une entreprise énorme et réellement impossible chez le peuple même où elle avait reçu une sanction si haute, car c'eût été porter une atteinte directe à la religion. Là révolution ne pouvait donc s'accomplir qu'à la suite d'un changement radical dans l'ordre religieux, comme il arriva par suite des prédications du christianisme dont les apôtres déracinèrent chez beaucoup de peuples (en Egypte, par exemple) les anciens systèmes d'écritures à l'essence desquels s'attachaient des idées de paganisme et de superstition ; ou bien par les mains d'un peuple nouveau, pour lequel le système graphique reçu du peuple plus anciennement civilisé né pouvait avoir le même caractère sacré, qui par conséquent devait être porté à lui faire subir le changement décisif au moyen duquel il s'appliquerait mieux à son idiome, en devenant d'un usage plus commode.
Ainsi ce ne sont pas les Chinois eux-mêmes ♦ qui ont amené leur écriture au pur phonétisme, et qui, rejetant tout vestige d'idéographisme, ont tiré de ses éléments un syllabaire restreint et invariable, avec un seul signe pour chaque valeur. Ce sont les Japonais qui ont emprunté aux types kiàï et thsao de l'écriture mixte du Céleste-Empire leurs syllabaires kata^kana et fira-kana^ en abrégeant le tracé de certains signes pour les rendre plus faciles à écrire, et en modifiant légèrement celui de certains autres pour éviter les confusions qui auraient pu résulter de formes analogues.
De méme^ les Égyptiens, après être parvenus jus* qu'à la conception de Xalphahétisme^ ne franchirent point le dernier pals et ne surent pas en tirer l'invention de \ alphabet proprement dit. Us laissèrent à un autre peuple la gloire de cettse grande révolution , si féconde en résultats et si heureuse pour les progrès de l'esprit humain.
XVIU.
Mais tous les peuples n'étaient pas à. même de consommer l'invention de l'alphabet. Si, comme nous venons de le. faire voir, des ohst^cles invincibles provenant à la fois des habitudes et de la religion s'opposaient à ce que les Egyptiens tirassent eilx-mêmes cette conséquence de la découverte qui leur avait fait transformer les signes d'abord syllabiques en de véritables lettres, il fallait pour accomplir le dernier progrés un peuple placé dans des conditions particulières et doué d'im génie spécial.
Avant tout il fallait un peuple qui par sa situation géographique touchât à l'Ëgyptei et eût été soumis à une profonde influence de la civiUsation florissante sur les bords du Nil. C'est, en > effet wseulement dans ces conditions qu'il pouvait prendre pour point de départ la découverte des Égyptiens, base indispensable du progrès dernier qui devait consister à bannir de l'écriture tout élémait idéographique, à assigner un seul signe à la représentation de chaque articulation, enfin de cette manière à consti-
tuer pour la- première fois un alphabet proprement dit.
Mai» cette condition matérielle n'était pas suffisante. Il en fallait d'autres dans les instincts et le génie de la nation.
Le peuple appelé à donner ainsi à Técriture humaine sa forme définitive devait être un peuple commerçant par essence , un peuple chez lequel lé négoce fut la grande affaire de la vie, un peuple qui eût à tenir beaucoup de comptes courants et de livres en partie double. C'est en effet dans les transactions commerciales que la natibre même des choses devait nécessairement faire le plus et le plus tôt sentir les inconvénients , signalés par nous tout à l'heure, du mélange de l'idéographisme, ainsi que de la facilité de multiplier les homophones pour la ' même articulation/ et conduire à chercha un perfectionnement de l'écriture dans sa simplification , en la réduisant à une pure peinture des sons au moyen de signes invariables, un pour chaque articulation.
Ce n'est pas tout encore. Une iiemière condition était nécessaire. L'invention ne pouvait être consommée que par un peuplé qui, s'il avait été soumis à une très-forte influence égyptienne, professât pourtant une autre religion que celle des bords du Nil , un peuple même qui fût très-peu religieux, et ail fond presque athée; — ce qui, du reste, nul ne l'ignore, dans l'esprit du paganisme^ pouvait trèsîbien se concilier avec un panthéon fort peuplé. Autrement, en effet, il n'aurait paq .été capable de
briser les entraves religieuses qui s'oppo$aieot au rejet absolu de Tantique symbolisme et à la révolution dont le résultat forcé devait faire de récriture une chose profane, purement civile et indifférente, au lieu d'une chose sacrée qu'elle avait été jusqu'alors»
^n^un mot, si l'invention déikiitive de 1! alphabet ne pouvait avoir pour auteur qu'un peuple voisin de l'Egypte, soumis àison influence et. ayant reçu communication de . sa grande : dé€ouv<ert<b philoso^ phique de la décomposition de la syllabe, . .il< fallait . encore que le géi^e de ce peuple , pour parler un jargon fort à la mode de nos jours» fut essentielle* lïï^TïX positiviste .
Tel est le génie des Japonais, en iBèttieteikips que leijirs conditions desiti^tion géogmphiqiitô et de soun^ission à l'influence pdrrappor^tàlalChine sont exapteiQexit celles où nous venons :de dire qu'avait di4.^e trouver par rapport «^ l'Égypte.le pfeuple à qui fïit due enfin l'inventiQH de ralphahet. Aussi sont-ce les Japonais qui ont réduit l'écriture symbqliço-^phonétique des CihinQis,à un pur syllabaire de 47 caractères» .,. .
Dans le mond^ ancien, il p'y a ja^iais eu qu'un seul peuple qui ait.reiapli à li^ fois: toutes ile^ con- . ditions que nous venons, d'énu}i^rert; voisinage 1 de l'Egypte , action de l'influence ^gyptiettw .<^u,f .lui / dèSi.une époque très^^^culée,; activité, cpniï^etçiale supérieure à celle îdç tout! arttr€i{(peu|)W. fie l'aqtiquité, enfin religioni autre» que jceli^ de l'Egypte et trèfihfaible développeipeat dUffS^ntjwtnt .i^ligfi^u^,
inhérent cependant à la nature même de tous les hommes : ce furent les Phéniciens.
Ainsi les* Phéniciens seuls, par la réunion de toutes ces circonstances, étaient capables de tirer un dernier progrès de la découverte des Égyptiens, et de pousser la conception de Talphabétisme à ses dernières conséquences pratiques, en inventant l'alphabet proprement dit. Ce fut en effet ce qui arriva, et la gloire du dernier et du plus fécond progrès de Tart d'écrire appartient en propre aux fils de Chanaan .
Le témoignage de l'antiquité est unanime pour leur attribuer cette gloire.
Qui ne connaît les ver3 tant de. fois cités de^Lucain, épigraphe toute trouvée pour ceux qui traitent la question dont nous avons fait, quant à présent , le sujet de nos études ?
Phoeoices primi, famœ si creditur, ausi MeDsuram rudibus vocem signare figuris. .
Nosdum flumineas Memphis contexere biblos Noverat ; et saxis tantuiD> voJucresque ferœq^e, Sculptaque servabant magîcas aoîmalia lioguas (1).
Pline dit également . : Ipsa gens Phœnicum in magna gloria litterarum ins^entionis (2). Clément d'A-
(1) Lucan., Pharsal,, III, v. 220-224.
(2) Bst, nat., V, 12, 13.
lexandrie : 4>oivtxaç xal Supouç y^d^uLctrct eicivoviaai irpcû- Touç (i). Pompon ius Mêla se sert des termes suivants : Phœnicen illustra vere Phœnices ^ sollers hominum genus^ et ad belli pacisque munia eximium ; litteras et litterarum operuj aliasque etiam artes, maria navibus adiré, classe confligere , imperilare gentibus , mgnum prœliumque corn menti [i). Enfin, pour nous borner aux témoignages considérables et laisser de côté ceux d'une valeur secondaire, on se souvient des expressions de Diodore de Sicile (3) : Supoi eûpe- Tai Tiov ypa[i[JLàTCi>v eidi.
Ici les témoignages littéraires sont pleinement confirmés par les découvertes de la science moderne. Nous ne connaissons aucun alphabet proprement dit antérieur à celui des Phéniciens, et tous ceux dont il existe des monuments, ou qui se sont conservés en usage jusqu'à nos jours, procèdent plus ou moins directement du premier alphabet, combiné par les fils de Chanaan et répandu par eux sur la surface du monde entier.
Mais si les Phéniciens, comme nous sommes amenés à le reconnaître par tout ce qui précède, bien que n'ayant pas inventé le principe des lettres al-
(1) Stromat., I, IC, 75.
(2) De sit, orb,, I, 12.
phabétiques, furent les premiers à l'appliquer dans ses dernières conséquences, en rendant récriture exclusivement phonétique , et composèrent le premier alphabet proprement dit, où en puisèrent-ils lés éléments?
Beaucoup d'opinions divergentes ont été émises sur ce point, et lorsque l'académie des Inscriptions et Belles-Lettres proposa pour la première fois au concours le sujet que nous avons essayé de traiter dans ce mémoire, elle joignait à la question de la diffusion de l'alphabet phénicien dans le monde antique celle de son origine. Mais depuis, cette partie du programme a été retranchée , pour restreindre quelque peu l'immense étendue du sujet offert aux efforts des concurrents. La question d'origine avait d'ailleurs, dans l'intervalle, été résolue dans un mémoire capital de M. de Rougé, d'une manière que. pour notre part, nous regardons comme définitive.
Bien que cette question ne fasse plus partie du programme du concours pour lequel nous osons entrer dans la lice, il nous semble nécessaire d'en dire quelques mots dans la présente introduction , en prenant pour guide le savant académicien dont nous venons de rappeler le travail.
Trois systèmes principaux ont été produits à ce sujet.
Le premier, auquel se rangeait encore Gesenius, tendait à considérer les lettrés phéniciennes "comme sans rapport avec les autres systèmes graphiques des âges primitifs et découlant d'un hiéroglyphisme dont les figures originaires seraient expliquées par les ^^
pellations de la nomenclature conservée à la fois chez les Grecs et chez les Hébreux.
Ce système , fort spécieux tant que l'immortelle découverte de ChampoUion n'avait pas révélé Texis-
tence de l'élément alphabétique dans les hiéroglyphes égyptiens , a été depuis lors généralement abandonné des savants y dont la tendance a été plutôt de chercher en Egypte l'origine des caractères phéniciens. Et en effet, si la tradition antique est unanime à présenter les Chananéens comme les auteurs du premier alphabet, une masse imposante de témoignages indique leurs lettres comme puisées à la source du système graphique des Egyptiens, lin célèbre passage de Sanchoniathon (i) nomme Taauth, c'est-à-dire Thoth-Hermès , représentant de la science égyptienne, comme le premier instituteur des Phéniciens dans l'art de peindre les articulations de la voix humaine. Platon (a), Diodore (3), Plutarque (4), Aulu-Gelle, prouvent la perpétuité de cette tradition. Tacite enfin, qui nous a conservé le nom de Rhamsès comme étant celui du pharaon conquérant dont les prêtres expliquaient les victoires représentées sur les murailles des édifices de Thèbes, Tacite se montre également bien informé sur l'origine des signes de l'alphabet chananéen, lorsqu'il dit que les lettres ont été, originairement apportées d'Egypte en Phénicie : Primi^ per figuras
{\).jdp. Euseb., Prœpar.evangel.^ I, 10, p. 22, éd. Orelli.
(2) Phœdr., 59.
(4) Qusest, contf'w.y IX, 3.
aninudium jEgyptii sensus mentis effingebanl {ea aniiquissima monumenta mémorisa humanœ impi^essa sàxis cernuntur) et litterarum semel inventores perhihent. Inde Phœnicas^ quia mari prœpoUebani^ intulisse Grœcise, gloriamque adeptos^ ianquam repèrerinty qusd acceperant (i).
En présence de ces témoignages et de la certitude désormais possédée de l'existence du principe fondamental de Talphabétisme chez les Egyptiens nom? bre de siècles avant la formation du premier alphabet chez les Phéniciens, l'origine égyptienne dès signes adoptés par les fils de Chanaan pour peindre les diverses articulations de la parole ne parait guère pouvoir être mise en doute. Mais, ici encore, il faut choisir entre deux systèmes principaux sur la manière dont les Phéniciens empruntèrent à l'Egypte les éléments de leur alphabet.
L'un de ces systèmes est celui de mon père, produit dès i838 par son auteur, mais qui n'a pas eu d'autre publicité que celle de son cours dans la chaire d'histoire ancienne de la Sorbonne. Il considère comme empruntées à l'Egypte les figures et non les valeurs des lettres phéniciennes. Les Phéniciens, d'après ce système, auraient choisi dans la masse des hiéroglyphes un certain nombre de figures, auxquelles ils auraient donné de nouvelles puissances phonétiques, en suivant, comme les Égyptiens, pour l'établissement de ces valeurs, la méthode acrologique, mais en l'appliquant à leur pro*
(1) Aimai. ^ XI, 14.
pre langue et en faisant de chacune des figures ainsi choisies le signe de l'articulation initiale du mot qui y correspondait dans ridiome chananéen. Ainsi Ton aurait emprunté aux monuments égyptiens le dessin d'une téie de bœuf, et, sans s'inquiéter de ce que cette figure pouvait signifier dans les hiéroglyphes,
on en animait fait le )f( du système phénicien, parce que le mot «bœuf », *|Sfc<, commençait par cette articulation . Le 3 serait une abréviation formée par
synecdocbe du plan de maison] [j, auquel la valeur de 12, tout autre que celle qu'il avait chez les Égyptiens, aurait été attribuée à cause du motn^S, « mair son » ; le serait le signe hiéroglyphique de la prunelle de tœil^ affecté à un rôle tout nouveau en vertu de la méthode acrologique et par suite de la forme du mot qui signifiait « œil » en phénicien, ^^J, Le système de mon père peut donc se résumer en deux mots de la manière suivante :
i^ Elmprunt à l'Egypte du principe de l'alphabétisme et de la méthode acrologique pour le choix des caractères destinés à réprésenter les différentes articulations ;
a° Emprunt également fait à la méoie source du système d'après lequel sont tracées les figures affectées au rôle de lettres ;
.3® Mais en même temp^ valeurs nouvelles pour ces figures, lesqulelles valeurs, sont puisées dans la langue phénicienne d'après la même méthode et le même principe qui avait fait puiser par les Egyp-
tiens dans leur propre langue les valeurs des images qu'ils employaient alphabétiquement.
Le méinoire de M. de Rougé n'a pas non plus encore vu le jour, mais nous en connaissons la substance par l'analyse qui en a été donnée dans les Comptes rendus de V Académie des Inscriptions et belles-Lettres (i). Le système fondamental en consiste à laisser entièrement de côté la nomenclature hébraïque et grecque, et à considérer chaque lettre phénicienne comme devant provenir d'un signe égyptien exprimant, sinon d'une manière exactement précise la même articulation, du moins la plus analogue.
À priori^ ce système est celui qui semble offrir le plus de chances d'exactitude et reposer sur le meilleur principe. En effet, si toutes les vraisemblances indiquent que les Phéniciens ont dû former leur alphabet sous l'influence et à l'imitation du principe de l'alphabétisme inauguré par les Egyptiens, qui seulement n'avaient pas su le dégager du mélange avec une forte proportion de signes encore idéographiques, il n'est guère probable que ce peuple attrait emprunté à l'Egypte le dessin de ses lettres sans y puiser en même temps les valeurs qu'ils leur assignaient. Lorsque les Japonais ont tiré de l'écriture chinoise les éléments de leurs syllabaires, ils n'ont point procédé de cette manière; ils ont pris au système graphique de l'Empire du Milieu les valeurs en même temps que les figures. Or, il ne serait pas
naturel de supposer que les Phéniciens aient agi par rapport à récriture égyptienne autrement que les Japonais par rapport à récriture chinoise, lorsque le but qu'ils poursuivaient et les résultats qu'ils atteignirent étaient exactement les mêmes, la suppression de tout élément idéographique dans l'écriture, et sa réduction à un pur phonétisme employant un petit nombre de signes invariables, sans homophones.
M. de Rougé pose avec une grande rigueur les règles critiques qui, pour l'application et la justification de son système, doivent guider dans les comparaisons entre les signes égyptiens et les lettres phéniciennes de manière à établir l'origine de ces dernières. Ces règles reposent précisément sur les principes qui servent de base fondamentale à toutes les recherches du présent mémoire, principes dont nous, nous sommes efforcé de ne jamais nous départir en tentant de reconstituer la filiation des di*verses écritures alphabétiques sorties plus ou moins directement de la source phénicienne.
Il faut, dit l'éminent égyptologue, pour arriver à un résultat conforme à toutes les exigences de la saine critique :
1° Choisir comme premier élément de comparaison le type phénicien le plus archaïque ;
^* Rechercher la fonne des caractères égyptiens cursifs à une époque aussi recalée que l'origine de l'alphabet phénicien. j
3** Ne comparer les lettres chananéennes qu'à des signes qui dans les textes égyptiens jouent presque
constamment le rôle de phonétiques ordinaires et indépendants de toute signification idéographique, et qui, en même temps, y aient des valeurs purement alphabétiques ;
4** Établir la comparaison signe à signe et en se conformant à la correspondance des articulations dans les deux langues ;
5^ Faire ressortir les ressemblances des lettres ainsi rapprochées et chercher à expliquer d'une manière satisfaisante les différences, en étudiant les circonstances qui ont pu déterminer leurs modifications respectives.
La première partie du Mémoire auquel ces pages servent d'introduction sera consacrée à la recherche du type le plus archaïque de l'alphabet phénicien, et nous espérons, à l'aide des documents nouveaux, acquis à la science dans les dernières années, parvenir à serrer la solution définitive de ce côté de la question de plus près encore que n'avait pu le faire M. de Rougé. Mais, bien loin d'infirmer les rapprochements du savant académicien, le pas en avant que nous espérons faire sur ce sujet n'aura pour résultat que de les rendre plus frappants et plus décisifs.
La seconde règle établie par M. de Rougé est d'une extrême importance. Il suffit de regarder les caractères de l'alphabet phénicien pour acquérir la certitude que, s'ils ont été empruntés à l'Egypte, ils ne peuvent procéder directement des hiéroglyphes, mais seulement de la tachy graphie appelée hiératique. Mais il y a au moins deux types fondamentaux et bien
distincts de cette tachygraphie. L'un nous est constamment offert par les papyrus du temps de la XVIIP et de la XIX* dynastie, et prit bien évidemment son origine dans la grande renaissance de toutes les institutions égyptiennes qui suivit Texpulsion des Pasteurs. L'autre était en usage avant l'invasion de ces conquérants étrangers et l'interruption qu'elle produit dans l'histoire d'Egypte, coupée par cet événement en deux parties que l'on a appelées Vancien et le nouvel empire.
Le type le plus antique et le plus parfait en est le célèbre manuscrit de la Bibliothèque impériale connu sous le nom de papyrus Prisse^ le plus ancien livre du monde de l'aveu de tous les savants, dans lequel se lisent les noms de plusieurs rois des dynasties primitives. L'invention de l'alphabet phénicien , bien qu'on ne puisse en préciser la date, est évidemment, d'après tous les indices, un fait trop ancien pour que l'on doive mettre en parallèle avec les lettres de cet alphabet, et considérer comme ayant pu leur servir de types, les caractères de l'hiératique égyptien postérieur à la XVIir dynastie ; d'après toutes les vrai-
/ semblances historiques, c'est seulement l'hiératique de \ ancien empire qui a pu être la source de l'écriture des fils de Chanaan. Or, c'est précisément en prenant ce type le plus ancien de l'hiératique que Ton trouve à faire les rapprochements les plus séduisants entre les formes des signes exprimant les articulations correspondantes chez les Égyptiens et chez les Phéniciens. Dans le type des papyrus de la XVlir
> et de la XIX*" dynastie, plusieurs des ressemblances
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les plus frappantes se sont évanouies déjà, évidemment par suite de la marche divergente que les deux peuples suivirent dans les modifications successives du tracé de leurs écritures.
Nous venons de parler de la comparaison des signes exprimant les articulations correspondantes chez les Égyptiens et chez les Phéniciens. La nécessité rigoureuse de se restreindre absolument à ces comparaisons constitue la quatrième régie posée par M. de Rougé. Cependant il est manifeste que deux langues aussi différentes que le phénicien et Tégyptîen ne possédaient pas exactement le même nombre et les mêmes nuances d'articulations. En admettant donc que les Phéniciens composèrent leur alphabet avec des lettres égyptiennes dont ils conservaient la valeur aussi exactement que possible , ils durent se trouver en face de difficultés tout à fait analogue^ à celles que rencontrèrent les peuples de la Grèce, de l'Espagne ou de la race germano-scandînave, dans l'application qu'ils firent des signes phéniciens à l'écriture de systèmes de langues si profondément différents des idiomes sémitiques.
Mais les rapports politiques et commerciaux entre l'Egypte et les populations de race sémitique qui touchaient immédiatement à sa frontière, étaient si fréquents et si étroits, que les hiérogram mates avaient presque à chaque instant l'occasion de tracer avec les lettres égyptiennes, dans les pièces qu'ils rédigeaient, des mots ou des noms propres empruntés aux idiomes sémitiques. De ces occasions et du besoin qu'elles faisaient naître était résulté, par une
conséquence naturelle et presque inévitable, rétablissement de règles fixes d'assimilation entre les articulations de Forgane sémitique et celles de l'organe égyptien. Il y en avait un certain nombre de communes et d'exactement semblables entre les deux ordres d'idiomes ; pour celles-ci, point n'avait été de difficulté. Les hiérogrammates les rendaient par les phonétiques ordinaires dont la prononciation était exactement semblable. Quant aux articulations qui ne se correspondaient pas d'une manière précise d'un côté et de l'autre, une convention générale et rigoureusement observée faisait transcrire chaque articulation de l'organe sémitique absente de l'organe égyptien, par les figures affectées à la représentation d'une certaine articulation de la langue de l'Egypte, que l'on avait considérée comme le plus analogue. Ainsi le *; et le S des Sémites se rendaient par les signes qui dans l'usage habituel des Égyptiens peignaient l'articulation figurée en copte par
2^, articulation dont le son exact paraît avoir été intermédiaire entre clj et sj. H était assimilé au son vocal vague flottant entre a et (?, que représentaient
Vfffgle, ^L le bras, ^ i , ou le roseau, I. L'égyptien n'admettait pas la distinction du t3 et du ri, fondamentale chez les Sémites; il n'avait qu'un seul /. Mais parmi les différents signes affectés à la représentation de cette valeur phonétique, les hiérogrammates, afin que l'on ne pût se méprendre dans leurs transcriptions sur le point de savoir si c'était d'un tû ou d'un n qu'il s'agissait, en choisirent deux, parfaite-
ment homophones et s'échangeant perpétuellement dans l'orthographe des mots égyptiens, pour faire de run,§=D, le correspondant constant et invariable du û dans les transcriptions de noms et de mots sémitiques, et de l'autre, éÊk , le correspondant du H.
M. Hincks a le premier tenté de dresser, d'après les monuments relatifs aux conquêtes des Pharaons en Asie, un tableau de la concordance d'articulations ainsi établie entre l'égyptien et les langues sémitiques. Le travail du savant irlandais, qui remonte à 1 84/ , a été complété et rectifié de la manière la plus heureuse par M. Brugsch dans sa Géographie des monuments hiéroglyphiques. Sans doute, on ne saurait suivre l'égyptologue de Berlin sur le terrain où il se place, en prétendant trouver dans les transcriptions égyptiennes de mots sémitiques la prononciation précise des hiéroglyphes phonétiques au temps de la XVIir dynastie, en soutenant que les correspondances ainsi établies par les hiérogrammates révèlent une identité absolue de valeurs et non , en certains cas, une simple approximation. Mais ceci ne touche en rien à l'exactitude avec laquelle il a su établir ces correspondances, et son travail n'en demeure pas moins la base indispensable de toute comparaison entre les lettres phéniciennes et les signes hiératiques de l'âge de Vancien empire, pour en rechercher l'origine. En effet, du moment qu'il a existé chez les Égyptiens des règles fixes pour la transcription des articulations sémitiques avec les phonétiques de leur écriture, on ne saurait en bonne critique chercher la source et l'origine de la lettre dont les
Phéniciens ont fait le signe représentatif de chacune de ces articulations, que parmi les caractères que les hiérogrammates de TÉgypte ont spécialement affectés à la peindre.
L'application rigoureuse des règles que nous venons d'exposer a conduit M. de Rougé à dresser un tableau comparatif des lettres phéniciennes avec les formes que revêtent dans le papyrus Prisse les signes hiératiques d'un emploi phonétique indifférent qui ont servi d'ordinaire sous la plume des scribes égyptiens à en transcrire les articulations. Ce tableau nous parait décisif et ne plus laisser place au doute sur la manière dont les fils de Chanaan allèrent chercher dans l'écriture tachygraphique des Égyptiens, leurs instituteurs, les éléments avec lesquels ils combinèrent leur alphabet. Nous le reproduirons donc, mais en y apportant une modification importante, en substituant dans la colonne du phénicien aux formes empruntées par M. de Rougé à l'inscription du sarcophage d'Eschmounazar, monument de date comparativement récente, celles que dans la première partie de notre Mémoire nous croyons pouvoir établir comme positivement archaïques. Le résultat de cette modification sera de rendre les rapprochements encore plus étroits et plus convaincants.