‹ Introduction À Une Physico-Chimie Pathologique Résumé Des Notions Acquises Sur Le Problème Des Points Isoélectriques Et Du Terrain Physico-Chimique Dans L'Organisme Normal Ou Pathologique, Et Son Application À L'Étude Des TumeursChapitre 11 sur 18 · DEP INR ASS RE · texte numérisé non relu

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F1G. 22. — Courbe des oscillations des points isoélectriques du sérum au cours d’une infection aiguë chez l’homme (schéma de ROSSIER). T avant la maladie ; II incubation ; III début clinique ; IV période d'état; V guérison clinique; VI baisse des points par oscillations; VII phase négative; VIII retour à la normale.

lution des points isoélectriques au cours d’une maladie infectieuse aiguë chez l’homme (fig. 22) met en évidence que le déplacement semble bien précéder l'apparition des symptômes cliniques, l’abaissement est corollaire de l’amélioration de l’état du malade; le point reste encore décalé après la guérison clinique, revient vers la normale au moyen d’oscillations, et avant de se fixer sur son ancienne valeur subit, comme on l’avait vu, une phase de négativité. D'autre part la grandeur du déplacement ne paraît pas en rapport avec l'importance de l'infection, et il est difficile d’en tirer une valeur pronostique ; il s’agit vraisemblablement là d’un processus biologique général comme la réaction thermique ou la variation de vitesse de sédimentation des hématies, dans laquelle la spécificité n’est pas évidente à priori. Malgré tout, les pertur-

bations des points isoélectriques peuvent avoir des relations avec l’apparition du pouvoir agglutinant du sang et par conséquent la formation des anticorps. Des essais de parallélisme entre les décalages des points isoélectriques dans la syphilis et des réactions spécifiques comme celle de VERNES ont été tentés par ROSSIER et LUCHSINGER (24), LUCHSINGER (14), qui trouvent un acccrd entre les deux réactions pour la syphilis secondaire, mais non pour la tertiaire. LUDDY (18) a recherché sur le Lapin si l’irradiation de l'animal ## foto par les rayons X influençait la position du point isoélectrique « du sérum et la vitesse de sédimentation des globules rouges ; il n’a pu déceler aucune espèce d’influence. AMBARD et SCHMIDT (22) (23) ont examiné l'influence possible des décalages des points isoélectriques dans une série de syndromes morbides, comme la néphrite œdémateuse, etc.

éactions de floculation. — Enfin les modifications pathologiques des points isoélectriques du sérum paraissent théoriquement devoir être reliées aux réponses des sérums dans les réactions classiques de floculation, et pourraient permettre de préjuger du bon ou du mauvais rendement de celles-ci dans certaines affections. Nous avons donné ((7) 1926) une tentative de théorie générale des réactions de floculation que nous résumerons dans le chapitre suivant.

III. — Réactions de floculation du sérum et des constituants humoraux des organismes.

On sait que les réactions de floculation du sérum ou du liquide céphalorachidien sont des types de réactions aujourd’hui universellement utilisées pour le diagnostic, principalement de la syphilis, et dérivant historiquement, (malgré des différences apparentes) des réactions de BORDET- GEnGou et de WASsSERMANN. Ces réactions consistent à chercher certains réactifs susceptibles d’amorcer une floculation en présence d’un liquide pathologique, dans des conditicns critiques déterminées où le liquide homologue normal ne donne naissance à aucun trouble (ou réciproquement). Les types de telles réactions sont par exemple la réaction de Mac Donacx (gel-réaction) où un sérum syphilitique et un sérum normal, mis en présence d'acide acétique glacial et d’une trace de SOL a, floculent avec des allures différentes, le premier rapidement et l’autre très lentement ; ou bien la réaction d'EMMANUEL pour le liquide céphalotachidien, dans laquelle une suspension de mastic additionnée de NaCI flocule en présence d’un liquide de paralytique général, alors qu’elle ne

donne rien avec un normal.

La constatation expérimentale du déplacement des points isoélectriques de constituants du sérum dans les conditions pathologiques peut ouvrir la voie à toute une série de considérations sur le mécanisme des réponses des sérums aux réactions classiques de floculation (telles que les réactions de LANGE, PORGES, MAC DonAGH, MEINICKE, SACHS-GEORGYI, VERNES, BOTELHO, etc. (1)) ; on peut par là aboutir à une théorie générale de ces réactions de floculation, dont nous avons donné le principe précédemment (1926). Il est probable, quoique nous ne l’ayons pas essayé, que l'intérêt de ces notions s’étendrait également aux réactions de précipitation du liquide céphalo-rachidien (EMMANUEL, KIRCHBERG, LAROCHE, GILLAIN et LECHELLE, etc.), pour lequel les mêmes considérations théoriques peuvent s'appliquer ; l'analyse plus fouillée de ces phénomènes pourrait peut être aussi conduire probablement à une théorie des réactions du type WASSERMANN ou même Bor- DET-GENGOU, qui paraissent liées au même groupe de phénomène.

Si l’on envisage le problème de la floculation de la façon générale, un système de particules À possédant des charges (bactéries, micelles colloïdales, etc....) flocule si la différence de potentiel électrocinétique entre la particule et l'extérieur tombe au-dessous d’une certaine valeur absolue, dite potentiel critique de floculalion, cette différence pouvant être positive ou négative. On sait que pour un système donné la zone de pH comprise entre les deux limites critiques, lorsqu'elles sont réelles (celle positive et celle négative), permet de définir dans l'échelle des pH une bande de floculation, dans laquelle doit se trouver le point isoélectrique (différence de potentiel nulle). Ce point isoélectrique n’est pas forcément placé symétriquement au milieu de la bande. La largeur de cette bande est soumise à l’action des sels neutres, qui ont un effet «dépresseur » sur le potentiel, et par conséquent élargissant la bande (fig. 23).

Pour le cas particulier du sérum on sait que les réactions dites de floculation se ramènent à 3 types ; d’ailleurs en pratique les techniques sont le plus souvent mixtes, faisant éventuellement appel à des procédés d’origine diverse :

19 On cherche à produire une variation cffective de pH, soit par quantités variables d'acide, soit par addition à une quantité constante d'acide d’une quantité variable d’un tampon (qui peut

1 Consulter par exemple : Douris. Analyse du sang. Paris, Vigot. 1925,

= AI — être le sérum lui-même) ; à ce type se ramènent la gel-réaction de MAc-DONAGH (acide acétique, régulièrement avec addition d'un autre électrolyte, sel de La), celles de Bruck (NOSH, acide lactique au I /1000, etc.).

29 Dans un pH à peu près constant (solution physiologique de sérum) on introduit des doses variables d’un colloïde, suspensoïde (or de LANGE, hydrate de Fe de VERNES) ou émulsoïde, qui peut éventuellement être un ampholyte (lécithine de PORGES, antigènes divers de MEINICKE, SACHS-GEORGYI, péréthynol de VERNES, RO Li).

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PH

Fig. 23. — À gauche : Schéma de la bande de floculation d’un système ampholyte en fonction du pH. Ordonnées : F, floculation ; abscisses, pH.; point isoélectrique, pH; ; PHn, pH normal dans lequel est l’ampholyte. Celui-ci est stable, la bande ne rencontrant pas pHn. Il faut un décalage de la bande (figure de droite) pour amener la floculation de l’ampholyte. (VLÈS et DE CoULON.)

3° Dans un pH à peu près constant, on produit une variation de quantité d’un électrolyte (par exemple dilution à l’eau, de KLAUS- NER ; glycocollate de Na de PorGEs ; NaCI, de la technique de MEINICKE).

Dans le premier cas le principe de la réaction consiste à chercher par un déplacement convenable du pH l'un des bords de la bande de floculation (en pH, ou pH:), bande qui n’est pas identique dans les divers sérums normaux ou pathologiques (fig. 24).

Dans les deux autres cas il faut faire appel à des considérations plus compliquées de décalage de la bande de floculation. Dans les conditions ordinaires d’une suspension colloïdale A, stable dans une solution physiologique, le pH de celle-ci, est forcément, du fait

que le système est stable, en dehors de la bande de floculation. L'addition de sérum dans ce milieu, introduit un nouvel élément (globuline?) qui va former avec A, soit un complexe à la manière des ampholytes, soit un enrobement protecteur (ce qui paraît bien revenir au même) si l’on raisonne avec des bactéries. Quel . que soit le mécanisme, en résultat le point isoélectrique du nouveau complexe va être plus rapproché du point isoélectrique du second constituant, voire même le dépasser, et comme conséquence /a bande de floculation entière va se trouver décalée (fig. 24). L'exemple donné plus haut (p. ro) des complexes entre le glycocolle et l'acide aspartique montre en effet que certains de ces

FiG 24. — Schéma des réactions de floculation. À gauche: 1e' type, décalage du pH extérieur de pHn en pH, ou pH,, pour rencontrer la bande de floculation. À droite : décalage de la bande de floculation par formation de complexe avec un autre élément ampholyte de point isoélectrique pHi,, la bande de floculation de nouvau complexe ombant dans le pHn du milieu. (VLÈS et DE CouLoN).

complexes peuvent même avoir leur point isoélectrique en dehors de l'intervalle des pHr des constituants : l'acide aspartique de pHi 5,3 et le glycocolle de pHi 5,9 peuvent donner des aspartates glyciniques de pHi 7,4; alors que les deux constituants, séparés, ne floculent pas dans pH7, le constitué peut éventuellement le faire.

Dans les conditions usuelles de pH, le décalage devra étre différent avec un Sérum normal ou avec un Sérum pathologique dont le point isoélectrique de certains éléments est relevé. T1 se peut que dans le premier cas le décalage de la bande de floculation soit insuffisant pour que celle-ci atteigne le pH du milieu extérieur, et qu’au contraire elle le dépasse dans l’autre cas. Le premier système sera encore stable, le second ne le sera plus.

La première conclusion pratique est la nécessité absolue, dans une réaction de floculation, de s'assurer de la fixité du pH de l’excipient fondamental. Le second corollaire est que des sérums pathologiques dont les points isoélectriqués sont aberrants, par exemple non relevés mais abaissés, devraient introduire des difficultés techniques particulières dans les réactions de précipitation ; ainsi également des réponses non spécifiques aux réactions usuelles pourraient être quelquefois mises en relation avec des

Pr

F1G. 25. — Bande de floculation dans des coordonnées à trois dimensions. F, floculation ; pH, échell: des pH; Q, élément étranger variable (électrolyte, colloïde, etc.); pHn, pH du milieu normal; pHi, point isoélectriqu: du sérum normal, pHi, du sérum pathologique. Une variation de Q à pH constant, ou à pH variable (D) rencontre les bandes de floculation séparément. (VLÈS et DE COULON.)

relèvements de points isoélectriques d’origine indépendante de l’affection incriminée. On sait que dans le WASSERMANN par exemple des réactions positives ont été signalées dans divers cas de scarlatine, tuberculose, paludisme, lèpre, etc.; or dans les mesures

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