DES PHONÉTIQUES
où l’écriture idéographique de ce pays a été introduite au Japon. Ainsi :
royaume
kouehdevient ^ kok peh — j hak
blancheur
jih devient v nit* soleil y
yueh — geti.
lune
Enfin nous ajouterons que l’emploi des phonétiques au Japon n’est pas aussi régulier qu’à la Chine, et qu’il y a des variations d’orthographe nombreuses dans le dialecte sinico-japonais.
Quand on veut trouver un caractère idéographique dans un dictionnaire tonique (autrement dit phonétique), il suffit d’en connaître le son, et de le chercher à son ordre alphabétique, comme si l’on cherchait un mot français dans un de nos lexiques ordinaires.
INDICATIONS B1BLIOGK APHIQUKS.
Les principaux ouvrages à se procurer pour l’intelligence des signes idéographiques sont 1 :
Dictionnaire» par clef» : 1° Dictionnaire chinois-français-latin ( du P. Basile), publié par de Guignes. Paris, 1813; in-f®. = De 80 à 100 francs.
Ou 2° Chineseand English Dictionarv, by Mkdhubst. Batavia , 1842; 2 vol. in-8°, lithographiés. = Environ 200 francs.
GOn a supprimé de cette liste les ouvrages qui se rencontrent difficilement à Paris dan» les librairies.-
LANGUE ÉCRITE
Ce second dictionnaire est plus complet, plus exact, et plus commode que le précédent. Il a été composé, en grande partio, à l’aide de l’ouvrage suivant dont nous recommandons l'acquisition aux personnes déjà en état de lire le chinois :
3" Khang-hi-tsze-tien. C’est, pour laChine, à peu près ce qu’est pour nous le Dictionnaire de l’Académie française (42,000 caractères); édit, in-12. = b0 à 60 francs.
4° Zi-rin-gyok-ben. Novus et auctus litterarum ideograpliicarum Thésaurus, edit. cur. Siebold. Lugduni-Balavorum ; in-f°. = 140 francs.
Cet ouvrage, fort cher et d’un format peu commode, sera cependant utile aux personnes qui pourront se le procurer, car il fournit la prononciation japonaise de tous les signes idéographiques employés par les habitants du Nippon. — Le Dictionnaire des signes idéographiques, qui forme la xi e partie de notre Cours, peut remplacer l’ouvrage précédent. Il renferme 8,159 signes, c’est-à-dire un nombre très-suffisant pour l’étude de la plupart des textes chinois et japonais.
Dictionnairea toniques. — 1° A Diclionary of the Chinese . language, by R. Morhison. Macao, 1813-1825 ; 6 vol. in-4°. = 400 francs.
2° A Dictionary of the Hok-koen dialect, byMEDUURST. Macao, 1831 ; in-4°. = 120 fr.
On connaît trop peu cet excellent ouvrage, qui sera fort utile aux personnes qui étudient le japonais.
Nous ne mentionnerons ici aucun des dictionnaires toniques purement chinois, leur usage étant difficile sans une connaissance parfaite des accents indigènes, le plus souvent ignorés des sinologues européens.
De l'écriture des broussailles.
On désigne au Japon sous le nom d'écriture des broussailles, autrement dite écriture lachygràphique.
ne L’ÉCRITURE DES BROUSSAILLES. 60
Mô-syo, — un genre particulier de signes idéographiques remarquable par l’irrégularité de son tracé et par l’extrême caprice qui y préside. II est à peu près impossible d’ouvrir un seul livre populaire japonais sans y rencontrer de ces signes; et c’est la difficulté de les reconnaître , sous leurs formes bizarres et variées à l’infini, qui a désespéré la plupart des orientalistes qui ont voulu naguère aborder l’étude des livres de l’extrême Orient.
Quelques exemples suffiront pour fournir une idée du système de formation de ces signes. Soit donné le caractère J*j daï, on évitera, dans l’écriture de broussailles, de le tracer en plusieurs coups de pinceau, et on unira les traits séparés : <f). Le même signe pourra être encore tracé d’une façon plus rapide et plus cursive : £7). Tracé par d’habiles calligraphes, il deviendra :
ppjvb
Par un procédé analogue, on transformera le signe régulier ^ va, en réunissant d’abord les trois gouttes vf* qui figurent l’eau ? , ensuite en abrégeant plus ou moins les traits complémentaires, savoir :
AÆAt
LANGUE ÉCRITE
Tracé par la main d’un calligraphe indigène, ce signe deviendra
kitnuït
Inutile de répéter que tous ces signes ont la même valeur, aussi bien que dans notre imprimerie les lettres suivantes :
L 'étude de ce genre de signes devra être entreprise avant celle des syllabaires cursifs, ou tout au moins simultanément; mais celte double élude ne sera fructueuse qu’aulant qu’on aura déjà acquis la connaissance des signes les plus usités de l’écriture chinoise.