CHAPITRE VllI. — CHIMIE ORÜAMIJLE. 20r
2" Avoir un point d’ébullition constant ;
4° Se volatiliser sans décomjiosition ;
5" Avoir un point de fusion constant.
Ces corps peuvent être séparés par l’analyse sans être altérés dans leur nature intime. Le chimiste, i>our étudier ces corps, fait usage de dill'érents agents et réactifs, dont nous examinerons Successivement renijiloi.
ACTio.N DE LA CHALEUR SUR LES MATIÈRES oRCA.MQUEs. — Une température élcvéc détruit la plupart des substances organiques. Mais, si, au lieu de les échauffer brusquement, on élève lentement la température, on remarque alors l’un des phénomènes suivants :
1« Le corps distille ou se sublime sans subir aucune altération, c’est ce qui arrive pour l’acide benzoïque, l’alcool, etc.
Si l’on opère sur un mélangé de corps possédant chacim un point d’ébullition différent, le liquide le plus volatil passe le premier, le liquide immédiatement supérieur à celui-là par son point d’ébullition distille ensuite. C’est sur ce principe qu’est fondée la méthode de séparation par les distillations fractionnées ;
2" D’autres fois, la chaleur mothfie plus ou moins la nature du corps soumis à l’e.vpérience ; généralement, il lui enlève de l’eau et de l’acide carhoniiiue. Le corps qui a subi cette modification est désigné alors sous le nom de corps ptjroginé ;
3“ Une partie de la matière se détruit complètement tandis que l’autre se sublime. C’est ainsi que se comporte l’acide o.xaUque ;
4“ La substance se détruit complètement ; c’est ce qui arrive pour le sucre, l’amidon, etc. Il se dégage dans ce cas des corps à composition plus simple, tels que les carbures d’hydrogène, etc.
5? Dans ces dernière temps, en soumettant les corps à une chaleur élevée, en vase clos, et en dépassant de beaucoup leur point d’ébullition, on est arrivé à produire des réactions d’une gi-ande importance.
ACTION DE l’oxygène. — L’oxygène et l’air secs n’ont pas d’influence sui‘ les matières organiques parfaitement pures. Il n’en est pas de même quand l’oxygène ou l’air sont humides ; il est rare que dans ces conditions l’altération ne devienne pas beaucoup plus active. La substamee subit alora une combustion lente, et c’est à ce phénomène que sont dues la fermentation, la putréfaction, l'acétification, etc.
L’oxygène agit à froid de deux façons sur les matières organiques : 1“ il forme de l’eau en s’imissant à une partie de l’hydrogène de la substance, c’est ce qui airive lorsque l’indigo blanc
l.NTBODtCTlO.N. — .NOTIO.NS ÉLÉMENTAIRES.
se transforme en indigo bleu ; 2“ il donne de l’acide carbonique en brûlant une partie du carbone contenu dans le corps; c’est ce qui arrive loi’sque le ligneux se transforme en humus sous l'influence de l’ail-.
L’action comburante de l’oxygène devient énergitîue si elle est favorisée par une elévaliou de température. La matière organique est alors détruite en entier, et se transforme en eau et en acide carbonique. L’action de l’oxygène est exaltee par la présence des corps poreux ou des corps très-divisés.
ACTION DU ciiLOiiE, DU imùME ET DE l’iode. — Le chloi-e agit avec énergie sur presque toutes les substances organiques, et peut aloi's douner lieu à divers pliénomèues ;
1» 11 peut se combiner purement et simplement à la matière;
‘2“ Il peut chasser un ou plusieurs équivalents d'hydrogène, et les remplacer éqidvaleut à équivalent ; c’est cette action qu'on désigne sous le nom de subslitulion ;
3“ 11 peut enfin enlever riiydi-ogène sans le remplacer.
On fait ordinairement agir le chlore à l’état gazeux sui- la matière, et l'on favorise quelquefois la réaction par l'inten ention de la lumière solaire.
Dans certains cas, ou produit des phénomènes analogues en substituant au clilore les chlorures de phosiihore ou d’antimoine.
Le brùme agit comme le chlore, mais avec moins d'énergie.
L'iode n'a presijne pas d’action sur les substances organiques.
ACTION DES ACIDES. — L'acide azotique, par son contact avec les matières organiques, produit des composés azotés. Uuelquefois cepeudant il ne leur cède que de l’oxygène, ou bien se combine simplement avec elles.
L’acide sulfurique concentré détermine souvent la décomposition des substances organiques, eu s’emparant de leur eau; d'autres fois il leur enlève de l'eau sans les détruire, et donne naissance à de nouveaux corjis.
L’acide chlorhydrique réagit le plus souvent à la manière de l'acide sulfurique.
ACTION DES ALCALIS. — L'd potosse est un dissolvant énergique des matières organiques. Souvent elle est employée pour déterminer la formaliou de substances acides ; elle agit alors comme im agent d'oxydation, l'eau qu elle renferme abaudounant son oxygène. C'est ainsi que l'alcool traité à chaud par la potasse donne naissance à de l’acétate de potasse.
Ldsouete agit de même que la potasse.
l-.HAm'RE Vlll. — CHIMIE ORGA.MyUE. 207
L'ammoniaque ii'agil jamais comme oxydant; elle iirodiiil souvent de nouvelles matières azotées.
A>’.\LYSE iMMÉDi.vTE. — L'aiialvse immédiate a pour but d’opérer la séparation des principes qui peuvent entrer dans un mélange donné, tel que le suc des plantes, ou l'im des liquides provenant do récouoinie animale.
\ cet effet, on emploie plusieui-s méthodes selon la nature du mélangé que l’on doit traiter.
L'usage des dissolraitts neulyes, alcool, éther, etc., est le plus avantageux, car ces réactifs ne iieuvent altérer la nature des principes ünmédiats, et souvent l’on obtient directement par leur évaporation la matière cherchée, dans un très-grand état de pureté.
Les dissolvants acides ou alcalins ne sont employés qu'avec pnidcnce en raison de la facilité avec laquelle ils peuvent altérer les jiroduils avec lesquels on les met en contact. Ils sont cependant utilisés, mais à l’état dilué : les acides jiour l’extraction des alcaloïdes naturels, les alcalis [tour celle des acides végétaux. Pour extraire ces derniers corps des plantes qui les coutienuenl, on emploie aussi l’acétate de plomb neutre ou basique; celui-ci forme le jilus souvent, eu eff’et, un précipité insoluble renfermant l’acide végétal combiné à l’oxyde de plomb. On isole ensuite l’acide en soumettant le sel de plomb, pitriUé par lavage, à l'action de l’acide sulfhyfh-ique gazeux.
Lni-sque les principes immédiats peuvent être isolés sans l’emploi de réactifs, on oi»ère de la manière suivante : s’ils sont tous volatils, ou les isole par des distillations fractionnées; s'ils sont tous llxes, on les sépare par les cristallisations fractionnées, méthode identique par son principe à celle des distillations. Kiilin, si le mélange renferme à la fois des matières volatiles et ü.xes, ou enlève les jireinières par une simple distillation.
svxTHÉSE. — La synthèse cliimique a pour but la reproduction des principes immédiats par dos moyens arliliciels.
Quelques exemples isolés de synthèse sont depuis longtemps connus. C’est ainsi qu’on a pu produire l’iirce en unissant directement l’acide cyanique et rammouia(]ue. Dans ces derniers temps, la synthèse cbimiiiue a reçu une grande extension. En variant en effet les méthodes synthétiques, on a reproduit artilicielleinenl un grand nombre de matières organiques, telles que l’alcool vinique, l’acide formique, etc.
INTRODUCTION. — NOTIONS ÉLÉMENTAIRES