PROPAGATION DE LA CHALEUR
Nous venons de passer en revue les effets physiques que produit la chaleur; nous nous proposons maintenant d’étudier comment elle arrive aux corps, comment elle les pénètre.
CIIAPITOE II. — CHALELll. •’^7
I>a chaleur so communique d'un corps à un autre soit au contact, soit à distance.
Conductibililé. — La communication par contact s’observe dans une multitude de circonstances qu’il est superflu de rappeler ; tout le monde les connaît. On sait qu’une barre métallique chauU’ee à l’une de ses extrémiités transmet à l’autre extrémité la chaleur qu’elle reçoit. Toutefois la transmission de la chaleur s’opère avec une inégale facilité selon la nature des corps, et l’industrie sait utiliser à propos ceux qui sont mauvais conducteurs ou ceux qui conduisent parfaitement. Aussi, lorsque dans les arts il est nécessaire de préserver un corps chaud du refroidissement que pourrait occasionner le milieu enxûronnant, on l’entoure do ouate, de paille, de bois, et en général de substances mauvais conducteurs. C’est ce que l’on fait pour les tuyaux qui conduisent la vapeur, les cylindres des locomotives, etc. On enveloppe des mêmes substances les corps très-froids qu’il faut préserver de la chaleur du milieu environnant. Ainsi, en été, un morceau de glace iieut se conserver plusieurs jours enveloppé dans un tissu de laine très-épais.
L’industrie, au contraire, emploie des corps excellen,ts conducteurs de la chaleur quand elle veut que les échanges de chaleur soient rapides. C’est dans ce but qu’on emploie de jiréférence les chaudières de cuivre, c’est-à-dire formées d'un métal très-bon conducteur. On n’adopte celles de fer forgé que par économie.
Chalntr rayonnante. — Le second mode de propagation de la chaleur est celui où la chaleur va d’un corps à un autre sans employer aucim intermédiaire. Ainsi la chaleur arrive du soleil à la terre en traversant les espaces planétaires vides, les couches froides de l’atmosphère : elle vient tout autrement que par conductibilité, elle vient comme la lumière chemine. Cette chaleur, dite rayonnante, n’est pas seulement émise par le soleil, elle l’est par tous les corps. Ainsi un foyer de chaleur produit par la combustion des matières carbonées, un vase plein d’eau chaude, un objet , un appareil quelcxmque rayonnent de la chaleur.
Ün a cherché quel était le pouvoir rayonnant dus différentes enx’eloppes dont un corps chaud pouvait être revêtu. On a trouvé que les métaux polis avaient un pouvoir rayonnant très-faible, les métaux dépolis en avaient un plus grand, enfin le noir de fumée est de tous les corps celui qui rayonne le mieux la chaleur. D’après cela, un vase de métal plein de Uquide chaud se refroidira d’autant plus vite qu’il sera moins poli ; le refroi-
INTIIODUCTIOX. — XUTKI.NS Uli l’HVSlyLK
dissemcnt sera rapide si le vase est recouvert de noir de fumée.
La chaleur qui est ainsi émise et qui l'rapjie une surface est on pai'tie rélléchie, en partie absorbée, et cela en quantité variable, selon la nature de la surface ainsi frappée. Un a constaté que le pouvoir absorbant d’un corps était égal à son pouvoir émissif. Ainsi c’est une surface recouverte de noir de fumée qui laissera pénétrer le plus abondamment la chalem- rayonnante; c’est un vase recouvert de noir de fumée qui, toutes choses égalesd’ailleurs, s’échauffera le plus vite , quand il sera exposé à une source de chaleur rayonnante.