CHAPITRE l'f. — MÉTHODES GÉ.NÉiULES
Les conimonçants emploient toujoui-s trop de réactifs. IjO moindre inconvénient est d’nser inutilement ses dissolutions; mais ce mode de faire présente souvent un danger véritable; il arrive en effet fréquemment qu’un excès de réactif masque la réaction qu’on se proposait d’obtenir ; par exemple, en redissolvant le précipité qu’avait fait naître la première goutte.
Classi/iaHion des réactifs. — Un peut classer les réactifs en directs et indirects, les premiers caractérisant les corps, les seconds aidant à obtenir les réactions visibles, mais ne les produisant pas. C’est ainsi que les sels ammoniacaux indispensables pour la recherche de la magnésie sont les réactifs indirects ou adjuvants, attendu (lu'ils ne caractérisent pas la base, mais permettent aux phosphates alcalins d’en révéler silrement la présence.
Un réaclif qui ne précipite pas une substance, mais élimine par précipitation celles (jui l’accompagnent, est par un résultat opposé appelé aussi réactif indirect : il ne caractérise pas le corps, mais il rend possible l’emploi du réactif caractéristique. Le sullhydrate d’ammoniaque, qui précipite les métaux des dernières sections, n’est pas caractéristique de la chaux, mais il aide à sa détermination analytique en débarrassant 1e mélange d’éléments étrangers qui pourraient nuire à la manifestation du caractère distinctif.
L’emploi des réactifs que nous venons d’indiquer, et qui sont tous employés à l’état de dissolution, suppose que l’essai se fait sur la substance dissoute; c'est l'essai par voie humide.
Lorsqu'on opère sur une substance non dissoute ou par voie sèche, on emploie d’autres réactifs appropriés. (X.Kssaisau chalumeau, page 3G2.)
Préparation des substances insolubles. — Toutes les substances ne sont pas immédiatement solubles dans l'eau ou dans les dissolvants aqueux, acides, alcalins ou salins. Il en est qui ne peuvent être amenées à cet état qu’après avoir été préalablement attaquées, c'est-à-dire soumises à l’action d'un l’éaclif appro])rié (généralement un fondant), destiné à détruire leur cohésion, à modifier leur constitution chimiipie. Un emploie principalement dans ce but l’hydrate de potasse, le carbonate de soude, le nitrate de potasse, les carbonates de baryte et de chaux, l’oxyde de plomb et l'acide fluorhydrique.
Pour atta([uer une substance par la potasse, un verre, par e.xemple, on la porphyrise et on la soumet à l’action de l'hydrate alcalin dans un creuset d’argent. Un creuset de platine serait profondément altéré par l’alcali en fusion.
INTUOÜUCTION. — ANALYSE CHI.MIOLE.
Les attaques par le carbonate de soude, le carbonate de barjde, le nitre, se font dans un creuset de platine ; celui-ci doit être enfenné dans un creuset de terre, qui le prot(^ge contre le contact des cendres du foyer, car sous l’intluence simultanée de la silice et du charbon , le platine serait vivement attaqué. Il faut éviter également avec soin, quand ou emploie le platine, la présence de métau.x réductibles et la présence simultanée du charbou et d’un phosphate, nu sulfate ou un silicate.
L’acide fluorhydrique est employé à l’étal gazeux, la disposition suivante est l’ime des meilleures qu'on puissi; adopter pour faire réagir cet acide. Elle est due à M. llruimer. Le silicate finement pulvérisé est mis en couche aussi mince que possible dans une capside de platine C; la poudre est humectée, la capsule jilacée sur un trépied T, et le fond du va.se opératoire ou chambre à réaction (en plomb) est garni de fluorure de calcium et d’acide sulfurique M ; tout étant ainsi disposé et le vase étant recoul ert, l’appareil est abandonné à lui-même dans im endroit chaud; l’opération peut être accélérée en augmentant le dégagement de l’acide par la chaleur d’une lampe à esprit-de-vin. Dans ce cas, bien entendu, on sou- • lève légèrement le couvercle.
Lorsipie la substanci* à essayer est ainsi rendue attaquable par l’acide chlorhydrique, elle rentre, au point de vue de l’analyse, dans le cas ordinaire des substances immédiatement solubles.
MARCHE DE l’analyse.
Recherche de la base. — Deux cas se présentent dans les analyses qiialitalives : tantôt on se propose de nicherclier la présence d’im corps déterminé ; alors on essaye directement sur le liquide d’épreuve les réactions qui doivent caractériser ce corps ; tantôt on se propose de savoir, sans idée préconçue et en l’absence de renseignements, quelle est la composition de la substance soiunise à l’analyse.
Nous donnerons plus loin les réactions qui sont caractéristiques, nous allons indiquer ici la marche à suivre pour procéder à l’essai quaÜtatif d'une substance saline. Nous nous proposerons d’abord la recherche de la base ou du métal, puis nous procéderons à la recherche de l’acide ou du métalloïde.