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CHAPITRE III. — ESSAIS PAR LES A'OLIMES

tourner le prisme d’un certain angle pour l’éleindre de nouveau. En opérant ainsi successivement sur chaque couleur élémentaire et avec des plaques de différente épaisseur, on arrive à vériller complètement les lois précédentes.

Loi-s(iu’on observe un faisceau de lumière hlauche et polarisée dans un plan unique, ou reconnaît qu’il u’e.viste après son passage à travers la plaque aucune position du prisme analyseur pour laquelle l’un des faisceaux auxquels ce prisme donne naissance vienne à s’éteindre. On peut bien faire disjiaraitre du faisceau ordinaire le rayon rouge, par exemple, mais alors on obtient une image (jui est composée de toutes les autres couleurs, bien (lu’elles y entrent avec des intensités différentes, et cette image parait colorée. tJn peut de même éteindre une autre couleur quelconque du spectre, mais les autres couleui’s subsistent avec des intensités variables ; celles dont les plans de polarisation sont A'oisius du plan do la couleur éclipsée sont très-affaiblies ; celles dout les plans plus éloignés se rapprochent de la section principale de l’analyseur le sont beaucoup moins et deviennent prédominantes dans la teinte de l’image que l’on considère. Cette image apparaît ainsi colorée des plus vives nuances à mesure qu’on fait tourner l’analyseur.

Fixons cet analyseur dans une position invariable et telle, que sa sectiüu principale soit perpendiculaire au plan prunitif de polarisation supposé unique; supposons de plus que la plaque interposée ait une épaisseur de 3™ra,75. On aperçoit alors une image qui est d'une teinte bleu violacé extrêmement sensible, car si l’on accole à la liremière plaque une seconde plaque d’une épaisseur même très-petite, on voit cette teinte virer soudainement au vert ou au rouge, suivant le sens de la nouvelle action.

Au lieu d’une seule plaque de S"»”,?.!, on peut eu juxtajinser deux de même épaisseur mais de pouvoir contraire ; alors si l’une des moitiés de l’image dexient rouge, l’autre sera verte, et ce contraste qui impressionne vivement l’œil permettra de reconnaître l’existence de pouvoii-s rotatoires même très-faibles.

Pour mesurer les pouvoirs rotatoires que cette plaijue à double rotation met si bien en évidence , on a imaginé de les coutre-balancer au moyen do lames de quartz d’une ciiaisseur suflisante pour rétablir ruiiiformité de teinte dans les deux parties de l’image. .S’il faut une épaisseur d’un centième de millimètre pour faire disparaître la différence de teinte produite par l’action d’une substance, on en conclut que le pouvoir inconnu de la substance

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INTIlOnUC.TIO.N. — A.NALYSK GlIl.MKJUE.

est le même que celui d’une lame de quarlz d’un centième de millimètre, et ainsi de suite. Le pouvoir d’une substance qni disperse la lumière polarisée d’après les mêmes lois (lue le quartz peut donc se mesurer par les épaisseure de (|uartz (jui lui fout équilibre.

L’appareil de compensation se compose d’une plaque fixe, de sens et d’éjiaisseur arbitraires, et de deux lames mobiles taillées en biseau, de sens contraires à la plaque et susceptibles de présenter en glissant parallèlement l’ime sur l'autre des épaisscui-s varialdes; dans leur position normale, leur épaisseur est égale à celle de la plaque, et la résultante du système est nulle. L’uniforndté de teinte de la plaffue à double rotation est-elle troublée par l’inlerposilion d’une substance active, on fait glisser les lames jusfiu’à ce que l’identité soit rétablie, et l’on juge par cette marche du pouvoir de la substance relativement au (juartz.

Cette seconde pièce forme avec la plaque à double rotation la partie essentiellement nouvelle du saccharimôtre que nous allons décrire.

Fig. 103. — Saccharimétre de M.\I. .Soleil et Duboscip

Cet instrument est représenlé , dans la figure ci-jointe, monté sur son pied et disposé pour une expérience.

CHAPITHK III. — KSSAIS PAR LES VOU MES. iiO

La lumière entre en divergeant par un diaphragme situé à la partie antérieure et traverse sucressiveinent, après avoir été ramenée au parallélisme, plusieura cristaux placés sur son trajet avant d'arriver à l'ieil de rexpérimeiitateur placé à l’extrémité opposée en M. Ces cristaux se trouvent ligurés en section horizontale sur une droite tracée au-dc'ssous du corps de l’appareil et parallèle à sou axe o[iti(juc. On voit en II un fiolarisour lenticulaire formé d’un prisme de crowu à surface convexe et d'un prisme biréfriiigeiit de spath; en C, une plai[ue à douille rotation ; en D et E, les pièces du compensateur, une plaque fixe et deux lames prismaliques luohiles; eu F, un prisme analyseur formé d’un prisme de llinlglass, d’un prisme de crown et d’un prisme hiréfringent de spath; en G, une nouvelle plaque de quartz; en I et K, deux lentilles faisant olTice d’une lunette de Galilée; enfin, en L, un prisme de Nichol. L’inteiTalle qui sépare la plaque à double rotation du compensateur est destiné à recevoir un tube métallique de ’20 centimètres de longueur, fermé de deux lames de verre et destiné à contenir les liquides dont on veut mesurer l’action rotatoire.

Le dia[(hragme circulaire placé au foyer du polariseur donne passage à un faisceau divergent de lumière fournie par une lainiie à double courant d’air. Ce faisceau iiénètreen se dédoublant dans le polariseur 15; le faisceau extraordinaire va se perdre dans les parois noircies du tuyau; le faisceau onlinaire polarisé dans la section princijiale et rendu parallèle poursuit sa route et tombe normalement sur la plaque à double rotation ; son plan de polarisation s’étale en éventail et symétriquement de chaque côté de la ligne de jonction des deux piarlies de cette [daque. Ge faisceau ainsi disiiosé franchit le compensateur, où il subit des actions de sens op[iosé qui se détruisent dans la jiosition normale des lames mobiles, et arrive à l’analyseur, où il se décompose de nouveau ; le faisceau extram-dinaire est de nouveau éteint ; le faisceau ordinaire pénètre à travei-s les dernières pièces qui constituent avec, l’analy-seur le syslcmc oatlnire au dchoi's de l'instruinent. Ge système , qui se compose de l’analyseur, d’une plaque de quartz, d’une lunette de Galilée et d’un prisme de Nichol mobile autour de son axe, [H-rinet à l’observateur de voir distinctement l’image de la plaque à double rotation, quelle ipie soit la portée de sa vue, et d’obtenir une série de teintes, parmi le.squelles on choisit celle qui otl're la plus grande sensibilité. La plaipie G et le prisme mobile L qui agissent sur la coloration de l’image forment un

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