‹ Introduction au "Dictionnaire de chimie industrielle"Chapitre 3 sur 262 · DUT. DK ClUMIK i.NDUSTKlKLKK. X · texte numérisé non relu

DUT. DK ClUMIK i.NDUSTKlKLKK. X

Z I.\THODlT.TIO.\. — HISTOIRE DK M (.HIMIK.

mercure y était connu ; qu’on y fabriquait de l’acier, et que l’art céramique y avait découvert dans le borax un puissant auxiliaire. Les auteui's les plus anciens font mention de l’i/u/ijo, dont le nom indique la provenance; et laraiâne d’alizari, notre qarance, fournissait aux premiers Indiens les belles couleurs rouges (jue nous admirons encore sur leurs ti.ssus.

Les Chinois, qui font remonter à plus de soixante siècles l’antiquité de leur race, ont oublié les noms des inventeurs et l’époque (le la découverte de l’or, de l’argent, du cuivre, du plomb, de l’étain, du fer et du zinc. Chez eux on faisait du bronze et du laiton avant ipie l’on sût écrire, et l’art de préparer l’alliage des gongs ou tam-tams, celui des miroirs métalliques, et le maillechort ou pac-fong, remonte aux époques les plus reculées. Les mines de sulfure rouge de mercui-e, trés-abondantes en Chine, furent de bonne heure dans cet empire la source du seul métal li((uide cjue pous connaissions. \a découverte du soufre leur peraiit bientôt de préparer directement le cinabre, et ils le lirimt avec tant d’habileté que le vermillon chinois est encore aujourd’hui un produit des plus estimés.

L’art céramique lit aussi de rapides progrès entre leurs mains ; grâce à un concours très-favorable de circonstances naturelles, il dut atteindre en peu de temps un dc'gié de perfection auquel nous ne sommes arrivés que par de longs et pénibles tâtonnements. Les grés céiTunes et la porcelaine de la Chine ont joui pendant des siècles d’iuie supériorité incontestable sur les produits analogues des pays occidentaux.

I.a plastique est toujours le point de départ de la peinture ; aussi les habitants du Céleste-Empire peignirent-ils avant tous les autres peupbts , jiarce qu’ils avaient modelé et sculpté avant les autres, et la ptréparation de leurs coulenre arriva-t-elle rapidement à la plus haute perfection. On a déjà vu qu’ils connaissaient le cinabre; ils obtinrent le vert-de-gris, les cendres bleues paturelles ou artilicielles, le blanc de plomb, le minium et peutêtre les laques. L’encre de Chine est encore aujourd’hui la couleur poire par excellence, et ijiioiqu’elle ne soit composée que de noir de lampe et de gélatine parfumée avec du musc, personne n’a téussi en Europe à la composer d’une manière satisfaisante.

Les vernis des Chinois sont toujours les plus beaux, et leur vieux-laque a délié jusqu’à présent l’habileté de nos meillem-s artistes.

La vitrUication de la porcelaine apprit aux Chinois la piiqiara-

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tion du bleu d’azur, ou silicate de cobalt et de potasse, qui, réduit en poudre fine , a sem longtemps à nos peintres pour remplacer l’outremer. Les ocres et les sulfures d’arsenic étaient employés par leui-s artistes.

L’usage fréquent du riz et du blé leur enseigna la préparation de la colle de pâte, et l’ébullition prolongée de certains tissus ;mimaux leur donna les colles animales, et surtout celle de peau d’àne. Le sel commun, le borax, et le nitre sont connus en Chine de temps immémorial, et le mélange du nitre avec le soufre et le charbon permit aux Chinois de faire , avant toms les autres peuples, des feux d’artifice et des engins de guerre.

L’Egî’pte connut les métaux, composa les verres et les émaux, et par le moyen des pâtes vitreuses imita les pieiTes gemmes naturelles, que l’on était déjà paiTenu à tailler à l’aide de l’émeri. Aux produits céramiques primitifs, les EgjT)tiens ajouUuent des couvertes boraciques, plombiques, et siliceuses; ils surent purifier l’or et l’argent par voie de. coupellation, et peut-être aussi par voie de départ, car ils connaissaient l’acide azotique. On suppose même que l’acide prussique était employé par eux, quoique à l’état de très-grande dilution, et tel qu’on l’obtient en soumettant à la distillation certaines substances végétales. Ils avaient un petit nombre de couleurs Irès-estimées : le bleu de smalt, et ce bleu céleste ijue Klaprotli et Davy ont soumis à l’analyse, dont Vilruve nous a décrit la préparation, et que les Ilomains désignaient sous les noms do bleu d’Alexandrie, bleu Vestorien, ou bleu do Pouzzoles. Le pain, le vin, et les huiles étaient bien connus des anciens habitants de l’Égj^pte. Us préiiaraient des huiles essentielles pour la parfumerie et pour les embaumements. Ces huiles ou essences n’étaient peut-être pas obtenues par voie de distillation , mais extraites des plantes soit par expression, soit en' les faisant macérer dans l’eau ou tremper dans l’huile d’olive. L’embaumement des cadavres était un art fort ancien en Egypte; on y pratiquait le tannage des peaux, et la teinture des laines y était arrivée à un rare degré de perfection.

Les Hébreux et les Phéniciens empruntèrent à l’Égypte sa civilisation et ses arts. Chacun se rappelle cette pourpre qui fit la célébrité de Tyr, mais sur laquelle l’histoire ne nous a transmis aucune indication bien certaine. On la dit empruntée à quelques mollusques ; plusieurs de ces animaiLX contiennent en effet une matière colorante ijui peut être utilement employée dans la teinture; mais, jusqu’à présent la murex brandaris, ni aucun autre

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