Voyez vingt-et-unième conférence
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vine, si on les compare à certains autres; des miracles qui, s'ils étaient seuls, pourraient ne nous pas sembler des manifestations assez claires de la divinité, et mériter l'opprobre d'être rangés parmi les effets d'un fluide dont on connaît mal encore et l'usage et les forces. Mais ces miracles de basse classe, si je puis parler ainsi, se rattachent, dans une même personne, à tout un ensemble de prodiges, entre lesquels s'établit une sorte de solidarité, de telle manière que les grands répondent pour les petits.
Partons de ce principe, Messieurs, afin d'échapper à la distinction et au choix qu'on voudrait faire parmi les miracles, pour assurer le triomphe du fluide magnétique. Nous avons suffisamment prouvé jusqu'ici que les prodiges scripturaires sur lesquels s'appuie notre foi étaient des faits. Il faut n'en accepter aucun, ou les accepter tous. Si Ton n'en accepte aucun, la discussion est inutile; si on les accepte tous, le magnétisme est impossible comme principe, ou bien le magnétisme est le plus grand des miracles.
Que faut-il au magnétisme? Un organisme éjaculateur, mais en même temps un organisme patient qui reçoive et puisse réagir, la réaction étant nécessaire à la production d'un effet. Tout corps inerte et inanimé absorbe le fluide, mais il ne rend rien
ni en modifications ni en mouvements. Émettez sur un homme disposé à recevoir l'action magnétique : il se peut que, sous son influence, des changements heureux s'opèrent dans son corps. Émettez sur une pierre : vous ne la ferez pas changer de place, encore moins se multiplier, car elle n'a pas d'organisme qui puisse recevoir. De même, émettez sur un cadavre : il résistera à toute action, parce qu'il lui manque un organisme capable de réagir.
De cette théorie fort simple, il résulte qu'un grand nombre de miracles échappent à l'action du fluide comme principe. La mer Rouge, la manne, la résurrection des morts, la multiplication des pains et
beaucoup d'autres faits merveilleux contenus soit
dans l'Ancien, soit dans le Nouveau Testament, ne se prêtent pas, que je pense, à l'explication du magnétisme. Supposez tout le genre humain rassemblé, je ne dis pas autour d'une mer quelconque, mais autour d'un seau d'eau, et projetant à toute force son meilleur fluide," je le mets au défi de faire monter le liquide d1un centimètre seulement. Donc, en comparant les principes du magnétisme aux miracles, les miracles repoussent le magnétisme.
il en est de même, si l'on compare la pratique du magnétisme à l'attitude et aux coutumes des thaumaturges. « Tout est à considérer, disent les hom-
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mes de l'art : le tempérament, la constitution, les idiosyncrasies, les conditions physiologiques et phrénologiques, le caractère, l'âge, le sexe, soit dans l'opérateur, soit dans le sujet. Les climats sont d'une haute importance, les saisons également : car quiconque abuse de la magnétogénie, pendant l'hiver, perd de jour en jour la force nécessaire pour réagir contre les impressions glaciales des vents du nord. L'assistance doit être choisie; car ses mauvaises dispositions peuvent paralyser l'action qui s'engage. Que le magnétiseur ait soin de se couvrir de vêtements légers et chauds en même temps, et surtout qu'il ne prenne jamais de tissus antipathiques à l'idiosyncrasie de son malade; nous lui recommandons également l'usage des gants. Les viandes fortes et colorées doivent entrer dans son régime, ainsi que les vins généreux, qui, sous un petit volume, relèvent les forces, raniment l'appétit et donnent de la chaleur et du ton à tous les organes. Il lui faut trois repas au moins *. » A ces conditions, il pourra émettre par les yeux, les mains et la bouche, et réussir à faire bâiller un homme, soupirer un enfant, tressaillir une femme, pour l'ordinaire, et, pour l'extraordinaire, à soulager un malade et à produire
i. Ricart, Physiologie et hygiène du magnétiseur.
certains phénomènes équivoques, où le malin esprit pourrait bien être pour quelque chose.
Qui ne voit que tout, dans l'attitude et les mœurs des thaumaturges, proteste contre ces apprêts? C'est simplement, sans arrangement préalable, sans choix, en toute occasion, en toute saison, sous tous les climats, à toutes les températures, devant toute assistance, qu'ils guérissent leurs malades. Un salut, une parole, un signe, c'est assez. Hommes, femmes et enfants reçoivent sans distinction le bénéfice certain de leur action bienfaisante. Plus leur vie est pauvre, mortifiée, exténuée, plus le rayonnement de la vertu mystérieuse qui s'échappe de leur corps est puissant et fécond. Vouloir les comparer aux obscurs opérateurs qui s'agitent dans l'ombre, et s'épuisent le tempérament à produire quelques spasmes, n'est-ce pas le comble de la déraison?
Cependant, Messieurs, si l'on veut absolument que, dans les prodiges, l'intervention du fluide ministériel soit nécessaire, j'y consens. Mais remarquez bien que le thaumaturge ne tâtonne pas : sa volonté va droit à son but, et nulle part il ne rencontre de phénomènes imprévus. Autant l'opérateur est anxieux, autant le thaumaturge est tranquille. Autant l'opérateur, par les fréquentes déceptions qu'il éprouve et les piètres résultats qu'il obtient, montre
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qu'il est l'esclave d'une force inconnue, autant le thaumaturge, par la sûreté et la grandeur de ses effets, montre qu'il en est le maître absolu. Étrange puissance qui, si on la compare aux grossiers efforts qui épuisent les magnétogènes de tous les temps, devient, comme la science des lois inconnues, le plus grand des miracles.
J'ai fini, Messieurs, avec les explications prétentieuses du système naturaliste : ce sont les plus graves et les plus honnêtes. Maintenant, je vous demande pardon pour celles qui suivent; car vous allez y voir la sottise et la malice de l'homme s'étaler à plaisir.
— Il n'est aucun miracle, disent certains incrédules *, qui ne se puisse expliquer au moyen d'une légère retouche ou d'une interprétation excessivement simple et naturelle des textes sacrés. Ce qui nous étonnait nous fait sourire, ce qui nous paraissait important se rabaisse à des proportions vulgaires. Le passage de la mer Rouge s'est opéré dans l'intervalle d'une marée; ce n'est pas dans la mer que les Hébreux ont passé, c'est au bord de la mer. Comment des millions de femmes, d'enfants, d'animaux avec les bagages, ont-ils pu traverser, pendant
l.Paulus, Bahrdt, Venlurini (apud Wallon), De la croyance à FÉvangilé*