‹ Introduction au dogme catholiqueChapitre 27 sur 80 · Apoc., cap. xii · texte numérisé non relu

Apoc., cap. xii

pour tout décider. En un instant donc, ce fut fini de tous ces esprits altiers, et leur place ne se retrouva plus dans le ciel : Nec locus inventus est eorum amplius in cœlo '. Des abîmes de honte et de supplice s'ouvrirent devant eux. Ils sont là, proscrits, à tout jamais proscrits. Cependant, rien dans leur être n'a été diminué : les foudres, en les précipitant, n'ont pu entamer leur nature toujours vivante, toujours grande, toujours vigoureuse, toujours puissante sur le temps, la matière et l'espace. C'est cette nature même qui fait leur supplice, tant ils sont honteux de se trouver, avec une si haute perfection, dans un si profond malheur. Ils savent ce qu'ils ont perdu, ils comprennent ce qu'ils pouvaient faire; mais leur volonté, fléchie du côté du mal, y demeure irrévocablement fixée.

La voilà, cette race d'immortels, éternellement maudite, éternellement vaincue, éternellement enragée sous la main implacable du Dieu qu'elle blasphème, éternellement méprisée de ceux qu'elle a abandonnés, incapable d'éprouver un autre sentiment que celui de la haine, et de dépenser son activité ailleurs que dans les méfaits de la vengeance. Mais de quoi se vengeront-ils? De tout ce qui les

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