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Dititque (Sauli) mulier (habens Pythonem) : Quem

de spirites, lorsque iMoïse conduisit, jusqu'à sa frontière, le peuple de Dieu. « Quand vous entrerez, ditil à Israël, n'imitez pas les nations infidèles. Qu'on ne trouve point parmi vous de misérable assez osé pour interroger bs devins, observer les songes et les augures, faire des maléfices ou des enchantements..., et chercher auprès des morts la vérité. C'est pour toutes ces abominations que Dieu va exterminer le peuple de Chanaan à votre arrivée f.

Ainsi, Messieurs, en parcourant par le souvenir tous les lieux et tous les âges du monde, on rencontre le spiritisme. Ne croyez pas que sa forme actuelle soit un progrès : les phénomènes de l'antiquité n'ont rien à envier aux phénomènes contemporains; ce sont les mêmes procédés et aussi les mêmes résultats. Donc, le1" spiritisme est l'ami, le parent, le commensal, que dis-je? l'appendice obligé de toutes les erreurs et de toutes les abjections, le patron des faux dieux et de la corruption qu'ils sèment sur leur passage. Voilà la nouveauté merveilleuse qui doit opé-

suscitabo tibi? Qui ait : Samuelem mihi suscita. (I Reg., cap. xxviii, 11.)

1. Quando ingressus fueri.s terram quam Dominus Deus tuus dabit tibi, cave ne imitari velis abominationes illarum gentium : nec inveniatur in te qui ariolos sciscitetur, et observet somnia atque auguria, nec sit maleficus... nec qui quaerat a mortuis veritatem. (Dent., cap. xvm, 9. 10, il.)

rer notre suprême transformation. Si nous nous laissons faire, bientôt nous serons élevés à, la hauteur des peuples exécrés qui ont adoré la matière, à la hauteur des théurges de l'école alexandrine, à la hauteur des sectes abominables contre lesquelles nos pères se sont crus obligés de faire la croisade, à la hauteur des Tartares, des Chinois, des Indiens, des nations qui confondent Dieu avec le monde, et dont les doctrines les plus sublimes aboutissent à une abstraction désespérante : le néant; à la hauteur des Sioux, des Pawnies, des Alpaches, des Gomanches, des sauvages, mangeurs de chair humaine, adorateurs des fétiches et spirites, par la grâce de cet abrutissement opiniâtre qui résiste à tous les bienfaits de la civilisation. Quelle destinée! Est-ce que tout ne se révolte pas en vous, Messieurs, en songeant que la majesté de Dieu pourrait être compromise dans un pareil déshonneur? C'est ce qui arriverait cependant, s'il était vrai que le spiritisme fût le miracle de nos jouis.

Mais oublions, s'il est possible, l'origine suspecte et déshonorée du spiritisme, et mettons-nous en pré-

sence de ses procédés. Trouveront-ils grâce au tribunal de la raison? Non, Messieurs : car, lorsqu'il s'agit du commerce sacré de Dieu avec sa créature, la raison requiert la gravité et la prudence, et les procédés du spiritisme sont ridicules et téméraires. Imaginez-vous une vingtaine de personnes, dont plusieurs d'un âge plus que mûr, debout et silencieuses, non pas dans un lieu sacré ni devant un autel, mais dans une chambre vulgaire et devant ce qu'il y a de plus trivial : une table, un fauteuil, un chapeau, un panier. Voilà les instruments mystérieux dont Dieu va se servir, pour entrer en communication avec le genre humain. Les mains émues, les yeux ouverts plus que de raison, les oreilles impatientes, toute l'assemblée attend, dans le recueillement, le moment solennel... Que va-t-il se passer? Un bruit se fait entendre; des coups sont frappés... Prosternez-vous, heureux mortels : Deus, ecce Deus! Dieu, voici Dieu! La table danse, le fauteuil dit oui, le chapeau dit non; le panier, armé d'un crayon, écrit comme un mercenaire; on commente tous ces faits, on recueille ces précieuses révélations. 0 merveille! le passage de la mer Rouge, la manne, le Sinaï, la résurrection des morts : — vénérables antiquités auxquelles il ne faut plus songer! Deus, ecce Deus! Dieu, voici Dieu, non pas encore en

personne, sans doute, mais précédé par ses esprits. Autrefois, pour tenir en respect le peuple. hébreu, il envoyait ses Chérubins devant sa face, au milieu des flammes et des tonnerres; les chars de feu roulaient solennellement sur les cimes tremblantes du Sinaï. Mais les enfants d'Israël étaient exigeants et grossiers. Aujourd'hui, pour nos générations discrètes et bien élevées, il suffît que Dieu envoie ses anges... dans un panier.

Cependant, Messieurs, il est une certaine classe de spirites qui renie assez volontiers les pratiques bizarres et les procédés comiques par lesquels la secte s'est mise d'abord en communication avec les esprits. Tout se passe chez eux avec la décence, voire avec la solennité qui convient à une si grande action. Les médiums seuls, sous l'influence des évocateurs, se préparent à l'invasion des êtres invisibles dont ils vont devenir les organes : et voilà ce que j'appelle des procédés téméraires.

Entre une fin que l'on veut obtenir et les moyens qu'on emploie pour cela, il faut une proportion. Quiconque emploie des moyens sans proportion avec la fin qu'il veut atteindre est au moins téméraire. C'est le cas du spiritisme : car, entre l'évocation des esprits et leur manifestation, il n'y a aucune proportion.

155 DISCERNEMENT DKS MIRACLES

Si nous supposons que les êtres du monde invisible sont de même nature que nous, sur quoi fondons-nous le droit que nous nous arrogeons de troubler leur repos, et de les contraindre à nous servir? quand l'avons-nous acquis et de quelle manière? Je sais qu'on met en avant un système raffine de transmigrations et de sympathies universelles, qui nous explique, dit-on, la liberté grande que nous prenons d'évoquer les esprits, et la bonne volonté avec laquelle ils nous répondent; mais ce système n'est qu'un tissu d'affirmations gratuites, incapables de fonder un droit. La nature, quand on l'interroge avec gravité, nous fait espérer qu'un jour nous rencontrerons, dans une patrie meilleure, ceux qui nous furent chers; mais, en même temps, elle nous fait entendre que nos forces impuissantes expirent aux portes fatales du tombeau, et qu'il ne nous est plus permis, pendant les tristes jours de notre pèlerinage, de vivre avec nos amis disparus, autrement que par le souvenir et la prière.

Si la force d'évocation et le commerce avec les âmes nous étaient naturels, nous en aurions tous conscience, et, depuis les premiers âges du monde, les pratiques spirites seraient universelles et constantes, comme le culte des morts. Chaque famille s'entretiendrait, auprès du foyer domestique, avec

ses ancêtres. Chaque mère appellerait sans frémir, auprès d'elle, les enfants bien-aimés que la mort a trop tôt ravis à son amour. Gomme personne n'a besoin d'intermédiaire pour se souvenir des trépassés, personne n'aurait besoin d'intermédiaire pour communiquer avec eux; la moitié de la vie se passerait, sans efforts et sans apprêts, en douces causeries, jamais profanées par tout l'attirail d'une séance. Mais, Messieurs, nous ne voyons rien, nous ne sentons rien, dans notre nature, qui ressemble à une puissance évocatrice, aussi facilement et spontanément mise en acte que le souvenir qui nous rattache au passé, et la parole qui crée des relations entre nous et ceux qui nous entourent. Au contraire, les déchirures que la mort fait à nos cœurs, les cris douloureux qu'elle nous arrache, le vide affreux qu'elle crée dans nos existences désolées, tous ces accidents nous prouvent éloquemment l'irrémédiable nécessité d'une séparation, dont l'espérance et l'amour de Dieu peuvent seuls tempérer les tristesses et les amertumes.

Si nous supposons les êtres du monde invisible d'une substance plus pure et de facultés plus élevées, ils échappent plus sûrement à toute influence naturelle de notre part. Les rangs inférieurs d'une hiérarchie ne pouvant pas commander aux rangs

supérieurs, sans que l'ordre soit renversé, notre impuissance devient plus manifeste, et la disproportion entre le moyen et la fin plus frappante.

Direz-vous que, dans Tordre du merveilleux, il ne s'agit pas de proportion, et que c'est précisément le manque de proportion entre le moyen et la fin qui fait le prodige? Ce serait absurde, Messieurs, et je ne sache pas que l'absurde puisse jamais devenir un miracle. Dieu, même quand il agit extraordinairement, ne peut pas s'affranchir de certaines règles fondamentales qui reposent sur l'essence même des choses, et c'est une de ces règles que tout moyen soit proportionné à la fin qu'on veut obtenir.

Il reste donc que, dant> l'évocation des esprits, puisque la force originale nous manque, Dieu supplée par l'application de sa propre force. N'est-ce pas ce qu'il fait dans le miracle? Entre un signe vulgaire et la guérison d'un aveugle-né, entre une parole et la résurrection d'un mort, entre l'attouchement d'un bois grossier et le mouvement gigantesque qui jette à droite et à gauche les eaux de la mer, afin de laisser passer Lout un peuple, il n'y a évidemment aucune proportion naturelle. Le moyen est inepte, si on le compare à la fin; mais, en supposant l'application de la puissance souveraine de Dieu, la proportion est aussitôt rétablie, le moyen devient

supérieur à la fin. Voilà, dira-t-on, ce qui nous explique l'efficacité des procédés spirites et les purge de toute accusation de témérité.

Comment cela, Messieurs? Dieu a-t-il promis aux spirites, comme aux thaumaturges, de récompenser leur foi par les manifestations miraculeuses de son pouvoir? Que les spirites me montrent cette promesse, et je retire l'accusation que j'ai portée contre eux. Il est vrai que Jésus-Christ dit quelque part: « Celui qui croit en moi fera les œuvres que je fais, et de plus grandes encore... Tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai l. » Mais est-ce bien au nom de Jésus-Christ, par un sentiment de foi pur et désintéressé et pour l'unique gloire de Dieu, que s'opèrent les merveilles spirites? Il n'y paraît pas, Messieurs, à l'étrange confusion des doctrines qui en émanent, et que nous jugerons tout à l'heure. Cependant, s'il était vrai que le spiritisme voulût justifier sérieusement ses procédés par la promesse que vous venez d'entendre, il ne serait pas difficile de lui en soustraire l'appui. Les mômes livres sacrés, qui promettent à la foi le don des miracles, interdisent à tous les croyants le commerce

1. Amen, amen dico vobis, qui crédit in me, opéra, quae ego facio, et ipse faciet, et majora horum faciet.... Si quid petieritis me in nomine meo hoc faciam. (Joan., cap. xiv, i% 4.)

avec les esprits d'outre-tombe. Vous connaissez la parole qu'un grand thaumaturge adressait à son peuple : « Que personne d'entre vous ne cherche la vérité auprès des morts. » L'eût-il prononcée, si le spiritisme eût été une conséquence naturelle du pouvoir que Dieu lui avait si libéralement communiqué?

Les promesses de Dieu, relativement à la puissance des miracles, sont donc de nulle valeur pour le spirite; il ne peut les invoquer sans nous montrer du doigt son jugement et sa condamnation. D'où il résulte finalement, Messieurs, que le spirite demeure seul avec sa propre force, devant des effets impossibles. S'il tente l'aventure, cependant, s'il sonde, par des évocations naturellement impuissantes, un monde plein de mystères, et sans doute plein de pièges, ne sommes-nous pas en droit de l'accuser d'une témérité sacrilège?

Et voyez-en l'excès, je vous prie. Dans une action aussi grave que le commerce avec les êtres invisibles, c'est la femme qui devient l'agent habituel et principal. Si souvent trompée par les vivants, on veut qu'elle le soit encore par les morts : c'est trop. Je ne conteste pas à la femme les qualités généreuses qui peuvent faire d'elle une noble et sainte créature, et la rendre digne de respect et d'admiration. Mais il est un côté de sa fragile nature dont on doit se

défier éternellement : c'est cette légèreté d'esprit, cette précipitation de jugement, cette vivacité d'imagination, cette excessive sensibilité physique et morale, et par-dessus tout cette incurable vanité, qui la disposent à toutes les illusions, à tous les mensonges, à toutes les duperies. Attirer l'attention publique sur la femme, la mettre en rapport avec un monde mystérieux et la charger d'en être l'interprète, c'est ouvrir à l'erreur la plus large porte par laquelle elle puisse se précipiter vers nous. C'est le comble de l'imprudence et delà témérité. Dieu n'est pas là, Messieurs; car sa haute sagesse choisirait mieux les médiums, je vous le certifie.

Isolé de Dieu par son origine suspecte et déshonorée, par ses procédés ridicules et téméraires, le spiritisme s'isole bien plus encore par l'incertitude et l'immoralité de ses résultats.

Le premier résultat d'un miracle, Messieurs, doit être, ce semble, l'indiscutable certitude de l'intervention divine; si le miracle ne produisait pas ce premier effet, il serait inutile de l'invoquera l'appui d une proposition, puisque, en somme, il n'en chan-

gérait aucunement la valeur. Dieu clairement perçu dans le miracle, voilà le résultat que je demande au spiritisme, et que, de l'aveu de ses plus illustres docteurs, il ne peut pas me donner.

Toute évocation nous met en face d'une légion infinie d'êtres capricieux, qui peuvent à chaque instant troubler la gravité de nos communications et en compromettre l'issue, « Les esprits malveillants peuvent tenter de nous tromper, et les substiutions ne sont pas rares 1.... Il y a des faussaires dans le monde des esprits comme dans le nôtre2.... La rouerie des esprits mystificateurs dépasse parfois tout ce qu'on peut imaginer... On ne doit jamais se laisser éblouir par les noms que prennent les esprits,, pour donner une apparence de vérité à leurs paroles 3... . Si l'esprit évoqué n'est pas entièrement pur, sa parole n'est pas entièrement vraie 4.... Quand on s'entretient avec un esprit connu, un autre survient souvent et, sans qu'on le lui demande, se mêle à la conversation 8. »

Tels sont, mot à mot, les aveux que je rencontre, dans des livres de direction spirite. Comment pour-

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