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rons-nous nous retirer sains et saufs de pareilles ' confusions? On nous dit quïl est facile de distinguer les esprits : nous ne pouvons pas nous contenter de cette simple affirmation, la plus vulgaire prudence nous le défend; nous voulons un critérium infaillible. Le demanderons-nous aux phénomènes qui accompagnent les manifestations? Mais il n'en est pas un seul qu'on puisse attribuer à la force transcendantale cle Dieu, pas un seul non plus qui ne puisse être déduit des sujets mis en mouvement par la puissance funeste de Satan. Aussi n'est-ce pas de ce côté que nous renvoient les docteurs. « Le signe caractéristique des esprits inférieurs et malveillants, disent-ils, c'est la mauvaise tenue des discours, la trivialité des paroles, la légèreté des révélations. Les esprits supérieurs et bienfaisants parlent avec gravité, onction, autorité; on sent que tout est sérieux dans leurs manifestations. » Oh! ?i belle et solide planche de salut qui nous est tesdue! — Les esprits supérieurs et bienfaisants parlent avec gravité, onction, autorité; on sent que tout est sérieux dans leurs manifestations. Mais ne nous a-t-on pas dit qu'il en était du monde invisible comme du nôtre? Hélas! dans notre pauvre monde, je connais des légions d'esprits, aucunement supérieurs et nullement bienfaisants, qui écrivent, en style grave, onctueux
1G-1 DISCERNEMENT DES MTHACLES
et quelque peu magistral, des brochures, des revues et des livres pleins d'absurdités, de sottises et d'infamies, prises au sérieux par des milliers d'admirateurs. Si les esprits inférieurs et malveillants du monde invisible en font autant, à quoi les reconnaîtrons-nous?
Il est [ossible, cependant, que, à f)rce de chercher, nous ayons rencontré un esprit pur. Tenons-nous bien, Messieurs : car, même de ce côté, la certitude nous échappe. Par pitié, sans doute, par condescendance, par un excès de débonnaire té, « les esprits les plus purs parlent souvent dans le sens de l'opinion de ceux qui les écoutent l. » Ainsi une âme est aveuglée par ses passions, remplie de préjugés grossiers et d'erreurs dangereuses. Elle s'ignore, et son ignorance éternise son malheur et sa honte. Ne peutelle pas espérer, de son commerce avec un esprit pur, une direction charitable et prudente, qui l'éclairé sur son état et l'engage dans une vie nouvelle? Non; car elle peut s'aboucher, sans s'en douter, avec un complice faible et imbécile qui la confirme solennellement dans tous ses égarements.
En aucune hypothèse, donc, nous ne sommes certains de la bonté des résultats obtenus par le spiri-