‹ Introduction au dogme catholiqueChapitre 35 sur 80 · Livre des médiums, pag. Ô · texte numérisé non relu

Livre des médiums, pag. Ô

tisme. N'est-ce pas un danger immense que celte incertitude? Affronter ce danger de gaieté de cœur, se livrer sans frémir à des influences si facilement hostiles à la vérité et à la vertu, n'est-ce pas déjà une flagrante immoralité? Donc, les résultats du spiritisme, par cela même qu'ils sont incertains, sont immoraux.

Qu'il me soit permis d'insister sur cette immoralité des résultats; c'est un signe majeur : n'eussionsnous que celui-là, le spiritisme serait à jamais condamné.

Il est sorti des laboratoires spirites quantité de pages d'un style plat et d'une parfaite inutilité, qui supposent une perte de temps énorme. C'est déjà une faute; cependant, en comparaison des autres, cette faute n'est que vénielle. Les fautes mortelles sont : l'influence suspecte des évocateurs sur les médiums, la violation des secrets de la mort, les diffamations posthumes, la réhabilitation de certaines figures historiques que des crimes publics ont justement fait condamner à l'infamie, l'insatiable curiosité qui s'allume dans l'esprit d'une foule d'initiés, les nombreuses indiscrétions qui en sont la Suite, les catastrophes lamentables qui précipitent la raison d'un grand nombre dans les abjections de l'idiotisme et de la folie, ainsi que l'attestent plu-

sieurs rapports dignes de foi. Tel est, Messieurs, le triste résumé des immoralités du spiritisme. Il eu manque une, cependant, plus grave que les autres, parce qu'elle tend à corrompre un plus grand nombre d'âmes : c'est l'immoralité de la doctrine.

La doctrine, ainsi que je vous le disais dernièrement, est le signe infaillible auquel se reconnaît la présence ou l'absence de Dieu, dans le prodige. Toute doctrine pure nous dispose à voir Dieu dans son œuvre; toute doctrine immorale nous force de l'exclure. Or, la doctrine émanée des révélations spirites est une doctrine immorale.

Elle est immorale, d'abord, parce qu'elle est bouffonne, et que la bouffonnerie, en fait de doctrine, tend à avilir l'esprit humain. Vous avez cru jusqu'ici, Messieurs, que votre âme avait été spécialement créée pour votre corps, et que, de l'union de votre âme avec votre corps, il résultait, une fois pour toutes, un individu d'un sexe déterminé. Erreur! Vous datez comme esprit d'une époque inconnue, et, malgré mes convictions les plus intimes, je suis obligé de subir votre sort. « Nous avons mangé jadis de la chair « humaine », car nous étions « anthropophages » : il a fallu passer par là, avant d'arriver aux honneurs de la civilisation. J'étais lier d'être homme, et voilà que a tout bomme a été

femme, toute femme a été homme \ » J'ai été peut-être ma grand'mère, je suis actuellement mon grand-oncle, en attendant que je devienne ma petite-nièce. Les jeunes gens ayant été jeunes filles, et les jeunes filles, jeunes gens, vous avez pu être les épouses de vos femmes. Vos familles se composent de pièces et de morceaux : il y a des Hurons, des Iroquois, des Tartares, et peut-être quelque Visigoth, retardé dans sa réincarnation par un accident imprévu. Je vous épargne le reste; les principes du spiritisme sont féconds en conséquences bouffonnes. J'ai hâte de signaler des immoralités plus sérieuses.

Le spiritisme professe le plus grand respect pour la divinité; mais, en y regardant de près, il n'est pas difficile de se convaincre que ce respect n'est qu'une apparence, destinée à dissimuler les brèches profondes faites au dogme fondamental par les principes de la nouvelle doctrine.

Dieu est-il l'être nécessaire et absolu? Le spiritisme en convient, et, cependant, il affirme que a le monde spirite est le monde normal, primitif, éternel, préexistant et survivant à tout 2. »

Dieu est-il créateur du ciel, de la terre et de tous les êtres possibles? Oui, répondent les spirites. Et,

t. Allan Kardec, Livre des esprits, n° 787. 20i. 2. Livre des esprits.

cependant, selon leur doctrine, « la matière, l'esprit, Dieu, ces trois choses, sont le principe de tout ce qui existe, la trinité universelle '. »

Dieua-t-il commencé à créer? Incontestablement. Et, cependant, « la création des esprits est permanente 2. »

Dieu est-il la vérité suprême, la substance même du vrai? Qui pourrait en douter? Et, cependant, « toutes les religions, tous les cultes lui sont indifférents3», même les cultes abjects qui découlent d'erreurs infâmes, qui dégradent la divinité, avilissent l'homme et souillent tout ce qu'il touche. Comme un père débonnaire, du haut de sa perfection infinie, il contemple les taquineries que se font ses enfants. La promiscuité des croyances est une distraction qui le repose des fatigues de son gouvernement.

Faut-il prier Dieu? Sans doute, nous le prions tous les jours, disent les spirites. Et, cependant, à quoi bon? « Dieu ne peut changer l'ordre de la nature ni ses propres desseins au gré de chacun 4. »

Il semblerait que, dans la doctrine des esprits, l'esprit est un esprit. Détrompez-vous. « L'esprit n'est point un être abstrait, indéfini, que la pensée

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