Sumrn. Contra Cent., 1. III, cap. xcix
NATURE ET POSSIBILITÉ DES MIRACLES i9
que chose qu'on ne pût ramener au type divin, voilà ce qui serait contre nature. Mais, même en agissant d'une manière insolite et miraculeuse sur les êtres, Dieu n'y met rien qui ne se puisse rapporter à sa propre mesure, à sa perfection typique, par conséquent rien qui ne soit naturel; ce qui fait dire à saint Augustin : «Dieu, qui a créé et constitué toute la nature, ne fait rien de contraire à la nature : car une chose est naturelle à un être, si elle a pour auteur celui de qui procède tout mouvement , tout nombre et tout ordre dans la nature : Eritcuiquerei naturale quod Deus fecerit... a quo est omnis motus, numerus, ordo naturœ l. »
Vous comprendrez mieux cette vérité, Messieurs, si, au lieu de considérer uniquement l'ordre inférieur des substances visibles, vous gravissez les hauteurs sublimes d'où l'esprit embrasse d'un seul coup d'œil tous les ordres. Ils se suivent sur une échelle décroissante dont chaque degré nous indique leur subordination mutuelle. L'ordre moral est supérieur à l'ordre physique, c'est incontestable. Ce dernier doit donc se plier à toutes les exigences du premier. La nature le veut ainsi : d'où il suit que la nature veut que tout corps et tout mouvement se prêtent aux