‹ Introduction au dogme catholiqueChapitre 42 sur 80 · Voyez Vie du curé d'An · texte numérisé non relu

Voyez Vie du curé d'An

et des incrédules ne s'occupe guère de la chercher. Toutefois, quand il serait vrai que la source des prodiges fût épuisée, en avons-nous encore besoin? Non, Messieurs. A chaque siècle, Dieu réserve la démonstration qui lui convient. La période de notre formation religieuse est achevée depuis longtemps, et, pour cette période seulement, les miracles étaient nécessaires; car, selon la gracieuse comparaison de saint Augustin, « c'est lorsqu'on plante de jeunes arbres qu'il faut les arroser, jusqu'à ce que leurs vigoureuses racines se soient étendues en terre et les aient affermis. » Le christianisme était jeune; Dieu le plantait sur un sol desséché, depuis longtemps, par les ardeurs maudites des passions : voilà pourquoi cette pluie de merveilles, qui rendirent illustres les premiers âges de la foi. Maintenant les racines sont prises; le tronc inébranlable étend, sur le monde entier, sa forte ramure. La lumière suffit, afin qu'on puisse voir, dans la majesté de ses proportions, cet arbre gigantesque. Regardez-le bien, Messieurs, et voyez écrit sur son tronc, sur ses branches, sur ses feuilles : unité, perpétuité, universalité I Unité, perpétuité, universalité... : le christianisme promettait tout cela, en entrant dans le monde, mais il n'avait encore aucun de ces caractères merveilleux : ne fillait-il pas que Dieu y suppléât par des

prodiges? Le but de ces prodiges est atteint, n'en demandez plus. « Les choses elles-mêmes crient et montrent le Seigneur, dit saint Jean Chrysostome : Res ipsœ clamant et ostendunt Dominum '. » La religion établie, le monde converti, Jésus-Christ debout depuis dix-huit siècles, toutes les prophéties accomplies en sa personne et en son œuvre, et autour de lui, rangés comme une armée, tous les miracles du passé, n'est-ce pas une assez belle démonstration? Que voulez-vous de plus?

Vous demandez des miracles. Ce n'est pas la démonstration qui convient à notre siècle. Le christianisme étant formé et plus fortement établi qu'aucune société, il suffit qu'il agisse, c'est-à-dire qu'il mette en évidence, par ses œuvres, les vertus dont il a reçu le germe. Ces vertus sont assez étonnantes, par elles-mêmes, pour faire impression sur nos âmes, mieux cultivées et plus sensibles aux manifestations de l'infini, dans la beauté morale; et, si l'on considère l'ordre de la Providence et le naturel développement des choses, il semble que Dieu les ait destinées à remplacer, auprès de nous, les prodiges des premiers temps. Il en est une, surtout, qui remplit le monde de son éclat et plus encore de ses

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