‹ Introduction au dogme catholiqueChapitre 51 sur 80 · Ps. xvm · texte numérisé non relu

Ps. xvm

en Jésus-Christ a dans son cœur le témoignage de Dieu lui-même. Il a plu à Dieu de sauver le monde, par la foi en Jésus-Christ. » Ils parlent, jusqu'à ce que le souffle s'éteigne dans leur poitrine épuisée. Ils parlent, jusqu'à ce que, de leurs lèvres blémies par les premiers attouchements de la mort, s'échappe ce cri suprême : Credo! Je crois!

Quel enthousiasme, Messieurs! Convaincre des hommes jusqu'à ce point, n'est-ce pas déjà un magnifique succès? Combien qui en seraient satisfaits, et se croiraient suffisamment illustres, s'ils pouvaient l'obtenir! Mais Jésus-Christ ne s'y arrête pas : en imposant ses idées, il impose aussi sa personne; il exige pour elle, non pas une admiration vulgaire, mais un acte qui n'est dû qu'à la perfection divine .l'adoration. Quel mystère cache-t-il donc au dedans de lui-même? Je n'en sais rien, ou plutôt ce n'est pas ici le lieu de le dire. Ce qui ne se cache pas, ce qui est évident comme la lumière, c'est que Jésus- Christ est admiré jusqu'à l'adoration par ceux qu'il a convaincus, et que ses idées et sa personne ne se séparent pas en leur esprit. Ils croient à ses idées, sans oser y mêler rien du leur; ils s'anéantissent devant sa personne comme devant le chef-d'œuvre de Dieu, que dis-je? comme devant Dieu lui-même. Cette parole de Pierre, dont ils n'avaient compris

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d'abord ni le sens ni la portée : « Ta es le Christ, Fils du Dieu vivant : Tu es Christus, Filius Dei vivi ', » cette parole devient le thème de leur profession de foi, et la justification solennelle du culte public qu'ils rendent à leur Maître. Rappellent-ils ses opprobres et son supplice, montrent-ils de loin sa croix au peuple encore tout souillé du sang innocent qu'il a répandu, ils s'écrient : « Vous avez tué l'auteur de la vie : Auctorem vitae interfecistis 2. » Enfin, partout où ils publient son nom, ils l'appellent Fils de Dieu, aussi bien que Fils de l'homme : Fils de l'homme, sans doute, puisque c'est par le voile de notre infirme nature qu'il s'est manifesté; mais aussi Fils de Dieu, pour faire comprendre qu'il mérite d'être admiré, béni et adoré comme son Père éternel.

Messieurs, des hommes ont poussé la folie jusqu'à faire de leur trône un autel; et, pour l'opprobre du genre humain, il s'est trouvé des générations avilies au point d'offrir, à ces usurpateurs d'une majesté incommunicable, de l'encens et des vœux. Mais ce culte, commandé par la violence, cachait ou de basses convoitises ou de sourdes colères; c'était un mensonge monstrueux, dont se vengeaient ceux qui

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