Tacit., Annal., lib. XV
secte. Le mépris des lois et de César, le renversement de l'empire : tel est le conseil, telle est l'ambition de ces Juifs exécrables qui prêchent Jésus crucifié. Honte à euxl honte à leurs sectateurs!
Mais les Juifs exécrables prêchent toujours, et, chose singulière, l'opprobre semble donner plus d'efficacité à leurs étranges discours. La croix entre dans les cœurs. L'ennemi se penche avec sollicitude vers ceux qu'elle a domptés. Il les flatte, il les caresse, il s'apitoie sur leur folie, il leur promet richesses, honneurs, plaisirs, s'ils veulent y renoncer. Corruption inutile! le chrétien n'y répond que par le mépris. Et la croix entre toujours, toujours plus profondément dans les cœurs.
Plus de pitié! il est temps de frapper le grand coup, et de noyer dans le sang les adorateurs du Crucifié. A mort les chrétiens! Glaives, chevalets, bûchers, tout est bon pour ces scélérats : Sontes novissima exempla meritos... Les chrétiens à l'amphithéâtre! Venez, peuple, venez jouir de leur méprisable agonie. Et le peuple se précipite. Il applaudit au sang qui coule, aux chairs qui volent en lambeaux, aux os que broient, dans un coin, les dents féroces des ours et des panthères, et, pour oraison funèbre, il traduit dans son brutal langage ce qu'ont écrit ses lettrés : « Sont-ils bêtes de se laisser tuer ainsi! »