‹ Introduction au dogme catholique Tome 2Chapitre 5 sur 91 · II . ">O · texte numérisé non relu

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souverain domaine, on enerve les arguments qui combattent le naturalisme.

Telle est, en resume, Messieurs, la doctrine thomiste, qui se reduit & dire que Dieu connait tout, meme les futurs libres, en Iui-m6me, et par luimeme, en tant qu il est la cause supreme de toutes choses. Je 1 ai indiquee sans en faire valoir les argu ments, parce qu en somme elle n est pas engagee dans la question que je traite presentement. Quoi qu il en soit de la controverse des theologiens, touchant la maniere dontDieu connait les futurs libres, tous s aceordent Si dire qu il les connait.

II les connait, par ce qu ii est necessairement 1 intellectuel supreme et infini : supremum et inftnitum intelletuale ; et ii ne peut 1 etre que s il est omni scient : omniscient en acte, et non en possibilite ; omniscient, non pas la maniere d une intelligence dont la capacit^ sans rivages se remplit h chaque instant de nouvelles connaissances, sans jamais deborder, mais omniscient h la maniere d une intel ligence infiniment riche de toutes connaissances, riche aujourcThui comme hier, demain comme aujourd hui.

Hier, aujourd hui, demain ; est-ce que riouspoiivons dire cela de Dieu? Sa vie est en presence du temps, sans etre melee au temps, et ces trois 6poques

de la duree que nous appelons ainsi : le passe, le present, Pavenir, ne sauraient etre pour lui. Sa duree, c est 1 eternite, et son eternite, selon la defi nition profonde qu en donne un pbilosophe Chretien, c est la possession parfaite et toute a la ibis d une vie interminable : Vitce interminabilis tola simul et perfecta possessio l . Le temps nous arrive goutte a goutte; nous en comptons tous les instants, et ces nombres qui se meuvent sans cesse run apres Pautre, secundum prius et posterius, dit saint Thomas, jettent entre les evenements des espaces qui nous paraissent infranchissables; mais, pour Dieu, le temps est com me un point dont il voit toutes les extremites et tous les contours, oil les epoques se tiennent, tombant toutes a la fois sous le rayon visuel de son intelligence, comme tombent a la fois sous le rayon visuel du voyageur eleve sur ie sommet d une montagne, les fleuves, les ruisseaux, les for^ts, les hameaux qui peuplent une vallee.

^existence simultanee de Teternite et du temps> d une duree qui se tient toute d un seul coup, et d une duree dont les parties se succedent, les unes n etant plus, les autres n etant pas encore, le pre sent se reduisant a un point indeterminable deux

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