‹ Introduction au dogme catholique Tome 2Chapitre 79 sur 91 · NECESSAIRE A LA FORCE DEMONSTRATIVE · texte numérisé non relu

NECESSAIRE A LA FORCE DEMONSTRATIVE

DBS PROPHETIES

Messieurs,

Nous touchons au terme du laborienx examen qui doit nous fournir une premiere preuve de la verit6 de la foi. Votre empressement me permet de croire que vous 1 avez suivi sans fatigue, et votre at tention mepromet qu il ne sera pas sans fruit pour vos convictions. Agreez mes remerciements et prenez acte de mes esperances.

Les propheties chretiennes repondent exactement a la premiere partie de leur definition, par leur antriorite et leur attitude vis-a-vis des evenements; ce sont des predictions certaines. De ce cote, leur verite est prouvee. II ne nous reste plus qu a constater lerr origine, en les degageant de toutes les possibilites inferieures a la cause supreme dont elles

doivent etre les effets. C est ce que nous allons faire dans cette derniere conference, ou nous comparerons aux oracles sacres les divers etats de Tame : les maladies religicuses, et la puissance du demon.

Quelles sont, Messieurs, les possibility naturelles, relativement a la provision de 1 avenir? Je vousl ai dit, elles se reduisent toutes a une puissance deduc tive et conjecturale de Tame mise en rapport avec les causes; puissance perfectible par 1 usage et Texperience, mais n6cessairement faillible, parce que son principe, soumis a des influences etrangeres, n a qu une activity essentiellement limitee et limitable. L &me est esprit; ni le temps ni Tespace ne peuvent la contenir, et, bien que Dieu Fait proprement destmee a rinformation du corps, comblant ainsi, par une harmonic vivante et animee, les incommensurables espaces qui s^parent Tesprit de la matiere, bien que Tame, selon Texpression des platoniciens, soit comme entenebree par la chair qu elle fait vivre, elle n y est pas etouffee, elle n y oublie pas sa grande nature ni ses puissants in stincts. Plus forte que les liens qui I enchainent, plus

subtile que ne sont Epais les murs qui Temprisonnent, elle fait, autour du moment present, de gigantesques excursions. Si elle pouvait tre contenue tout entiere dans les courts instants qui mesurent successivement la vie organique, elle y mourrait, parce qu elle y perdrait sa puissance connaturelle. L ame vit done non seulement avec le present, mais avecle passe et aussi avec 1 avenir; non pas, cependant, a la maniere divine. Devant Dieu, toutes les 6poques et les 6vnements de toutes les poques orit une existence pnSsentielle; pour I &me, les Epoques et les v6nements de toutes les Spoques ont une existence divise, et ce n est que par des operations a elle propres qu elle touche et saisit les extremites du temps. Par les Evocations de la m6moire 5 elle s empare du passe ; par les perceptions de la con science, elle s empare du present; par la puissance deductive et conjecturale, elle s empare de 1 avenir. Or, cette puissance deductive et conjecturale de Tame doit avoir nEcessairement pour base des principes preexistants, sur lesquels elle s exerce et dont elle tire les consequences.

fitant donn6s ces principes, Tame peut agir sur eux en deux etats : Tetat ordinaire et 1 etat extraor dinaire. Dans l 6tat ordinaire, c est-a-dire lorsque rien ne trouble 1 harmonie des fonctions animales,

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et que, par des voies communes a tous les mortels, chargee du fardeau de la matiere sans en tre accablee, Fame gravite vers les sommets ardus de la science humaine; armee de cette science qu elle a acquise par ses labeurs, elle peut en faire 1 application autre part que dans les regions abstraites et le monde thoretique, car le monde pratique n est pas entierement soustrait a sa puissance. De certaines causes naturelles, physiques ou morales, actuellementet concretement pr6sentes, elle peut determi ner et prdire les effets a venir. Ainsi, comme je \ous le disais en developpant la definition de la pro phetic, un medecin predit, sur des sympt6mesqu il connait par experience, les diverses pripeties et Tissue heureuse ou malheureuse d une maladie. Un astronome soumet a des calculs mathematiques la marche reguliere des astres, et annonce, a Tavance, leurs phases variees, leurs oppositions ou leurs conjonctions; il inscrit dans des lignes inflexibles la course de certains metores, et determine l poque

precise de leur apparition ou de leur disparition, Unhomme public, 6claire par delongues etudes historiques et de profondes meditations, considerant la succession des evnements et le mouvement des

passions dans une societe, peutlui predire des prosperites ou des catastrophes, des gloires ou des op-

probres *. En un mot, Tame humaine jouit, dans 1 ordre scientifique, d une certaine puissance d intuition dans les causes. Mais cette puissance peut tre deconcertee par une multitude d accidents, des que ces accidents sortent du principe ou sont contenus les effets pr6dits. Yoil, Messieurs, pour 1 etat ordinaire.

Dans 1 etat extraordinaire, l me opere sur les causes, en vertu du rapprochement mysterieux de ses propres puissances avec ces causes, et d un developpement spontane ou artiflciel, mais toujours anormal, de ses facultes. G est un principe psychophysiologique connu des anciens, que 1 esprit agit sur les choses avec lesquelles il est soudainement mis en rapport, d autant plus vivement, profond6ment et efficacement, qu il est plus debarrasse des 6treintes de la matiere, plus concentrique et con centre. De la ces faits etranges qui se manifestent sous Tinfluence de certains mouvements m^caniques des corps, de certains agents chimiques ou organiques, dans des natures exceptionnellement consti tutes. Les vieux auteurs avaient rempli leurs livres mystiques de notions patiemment recueillies, sur ce que la science moderne appelle 1 astronornie sacree,

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