‹ Introduction au dogme catholique Tome 2Chapitre 80 sur 91 · I. Voyez onzieme Conference · texte numérisé non relu

I. Voyez onzieme Conference

la botanique sacree, la physique sacree, la magie naturelle. Ges livres sont peuples de fables; mais au, fond git une v6rite : c est que, dans I homme, peut, se produire un etat extraordinaire, une disposition 1 extatique qui creedes rapports nouveaux, exceptionnels et mystrieux, entre l &me et le monde. Laissons de cote les influences mecaniques du del, les influences chimiques et organiques des corps terrestres, d ou ne resulte qu une polarisation ou excita tion des puissances animates, et, par elles, un mouvement des puissances spirituelles, en quelque sorte insignifiant pour la question qui nousoccupe. Laissons, dis-je, de cote toutes ces choses, et appliquonsnous a un fait qu on peut appeler contemporain, parce que c est de nos temps surtout qu il a 6mu Topinion publique, et que la science anthropologique s en est empar^e : ce fait, c est le somnambulisme.

Le somnambulisme est, comme Tindique son nom, une sorte de sommeil actif, pendant lequel les rela tions habituelles de Tesprit et de la mature paraissent suspendues, interverties, transformers ou eleves a un degre de puissance superieur a l 6tat de veille. II est spontari6 et artificiel : spontane, lorsque, sans le secours d une influence exterieure, Fame se degage elle-mfime des sens et opere extraor-

CONSTATAT10N D ORIGINE 297

dinairement; artificiel, quancl un agent ext6rieur intervient, se met en rapport avec r&me, la d6gage et la fait oprer. De ces deux somnambulismes, le second est au premier ce que Part est a la nature; 1 examiner et le juger, ce sera examiner et juger le premier. Mais, Messieurs, une observation est ici nScessaire : je ne pretends point vous livrer mes vues personnelles ; je ne veux tre que Finterprete d une opinion sur laquelle nous demeurerons, vous et moi, libres de nous prononcer.

Admettons en principe qu il existe une influence mutuelle entre les corps celestes, la terre et les corps animes. Un fluide universel, continue de maniere a ne souffrir aucun vide, d une subtilite incomparable, et qui, de sa nature, est susceptible de recevoir, propager et communiquer toutes les impressions du mouvement, est le moyen de cette influence. Gette action rciproque est soumisea des lois mecaniques, inconnues jusqu a present. Insinu6 dans le corps animal, le fluide s y modifie en proportion de la per fection du milieu ovi il reside et agit, r&me s en empare et le meut, les nerfs deviennent sonconducteur. Saisi par l &me, il subit Faction de la volonte et peut tre chass6 du corps qu il occupe, s insinuer dans un corps Stranger oil il s accumule, se concentrer vers des regions deja habitees par une autre

298 FORCIi DEMONSTRATIVE DES PROPflETIES

sur laquelle il opere consquemment a ses impres sions originelles. II ne produit done pas des effets simplement organiques ; mais, sous son empire, quelquefois violent et fatal, se developpent dans Tame des phenomenes etranges, des facults sans analo gues et inconnues aux physiologistes : admirable exaltation de Intelligence, perfectionnement sans limite de la m6moire, et instinct prophtique. Voila les merveilleux effets du somnambulisme.

Classons-ies methodiquement, Messieurs.

C est d abord la vision sans le secours des yeux. Les paupieres abaissees, les pupilles renversees,-

avec un bandeau ou dans les tenebres, le somnambule peut lire couramment les lettres que couvre une double, triple et quadruple enveloppe, les pages scellees d un volume, dire ce que contient un ecrin ferme a clef, traverser les corps les plus opaques, voir distance; ces faits se sont produits trop sou vent pour qu il soit necessaire d insister.

Secondement, 1 intuition physique et mentale. G est-a-dire que le somnambule penetre les corps, decouvre leur structure interieure, leurs affinites et proprietes myst^rieuses. II assiste a 1 accomplissement des fonctions organiques, soit chez lui, soit chez ceux avec qui on le met en rapport; et, sans qu il ait aucune notion d organographie, il decrit

les actions vitales. Bien plus, il entend la pensee de celui que touche son &me par le moyen du fluide, et 1 exprime comme s il 1 avait congue lui-meme.

Troisiemement, la transposition des sens. Par Toe* ciput, les mains, les pieds, le dos et surtout 1 estomac, le somnambule entend parler, voit Hieure d un cadran, d une montre, lit toute esp&ce de caracteres, et le reste,

Je ne me charge pas, Messieurs, d expliquer ces phenomenes; ils sont eloignes de notre question. Quand on devrait les accepter sans contestation, la verite de nos propheties n en souffrirait pas. Mais la lucidite somnambulique s etend, dit-on, jusqu a ia prevision.

Gette prevision est d abord interieure, et rsulte de Tintuition des fonctions organiques. Non seulement le somnambule les voit s accomplir et les decrit, mais il annonce les modifications qui doivent survenir, le progres d une maladie compliquee, les crises du temperament et leur issue. Sa penetration peut aller plus avant et s elever jusqu a la prevision exterieure. Quelques sujets, fort rares, il est vrai, possedent rincomprehensible faculte de predire, pendant le sommeil extatique, les evenements auxquels leur existence se trouve melee, mais dont la cause est evidemment etrangere a leur economic.

300 FORCE DEMONSTRATIVE DES PROP11ETIES

Gette affirmation est grave ; j en ai cherche les preuves dans Tordre des faits, et je n en ai trouv6 qu une si minime, si insignifiante, si peu authentique, qu elle me parait incapable de porter toute seule le poids d une th6orie scientifique. One femme, dit-on, devait avoir peur d un rat; ainsi le voulait le destin. Soumise a Faction du fluide, elle apergut, dans le lointain d une semaine, le malencontreux quadrupede, qui lui fit eprouver a Favance d horribles con vulsions, exactement renouveles au terme indiqu6 par elle. Et voil&, Messieurs, Tetat extraordinaire del ame.

II est temps, je le pense, d entrer dans le vif de cette question : Les prophties chretiennes sontelles dues a la prevision naturelle de Tesprithumain, telle que nous venons de Texposer? Quant a ce qui concerne 1 etat ordinaire, il est evident que non. Les ve^ements messianiques, dont je vous ai fait Je rapide resum6, n elaient contenus dans aucun principe scientifique d oii Ton put les deduire; Thumanit^ n en portait aucun symplome naturel; le mouvement des generations ne se pretait pas a de3 calculs math^matiques, capables de determiner ] poque de leur accomplissement; la vie des peuples encore ensevelis dans le neant ne pouvait etre Tobjet actuel de la penetration des hommes publics.

CO^STATATION D ORIGINE 301

Enlin, tout est si libre, si eloignS, si prodigieux, dans 1 objet des propheties, qu ii serait souverainement deraisonnable de supposer un seul instant que rintuition scientiflque ptit I atteindre. Aussi , Mes sieurs, la n est pas la difficult^, s il y en a une : la difficulte est de savoir si 1 ^me des prophetes, mise, par un agent naturel, en dehors des conditions ordinaires de la vie, a pu s elever jusqu a la prevision des ev<nements qu ils ont si admirablement decrits ; enfin, si les propheties sont autre chose que Teffet du somnambulisme elev^ a sa plus haute puissance, science mystrieuse dont les secrets etaient familiers aux pretres de Tantiquite et discretement propages dans leurs ecoles, art quasi-divin dont les tra ditions, longtemps perdues, vont 6tre ressaisies, vulgaris6es par les nouveaux partisans du fluide universel et de ses merveilles. Nous resoudrons pelemptoirement cette difficulte, en examinant trois choses dans le somnambulisme : son principe, ses predictions, ses sujets.

Quel est le principe du somnambulisme? De Taveu de tous, c est un principe physique; si delie, si im ponderable, si continu que soit le fluide universel, II n en est pas moins vrai qu il demeure une force materielle et purement instrumental; Faction de l &me le modifie, mais elle n en change point la na-

ture. Or, c est un axiome incontestable et des plus vulgaires en metaphysique, qu un principe n opere pas hors des limites de son ordre : principiwn non operatur extra limites sui ordinis. Le principe du somnambulisme etant un principe physique ne peut done produire que des effets physiques, et, en supposant qu il en resulte une prevision quelconque, cette prevision ne peut avoir pour objet que des futurs physiquement necessaires et actueilement contenus dans une cause imm6diatement presente.

J accorde beaucoup, Messieurs; je pourrais faire cette restriction : que le principe du somnambu lisme est un principe immediatement physique, c est a-dire qu il ne peut s etendre, quant a ses effets pr6vus, jusqu aux personnalit6s non existantes. Mais je passe sur ce point, il demanderait de longues expli cations, et je n en ai pas besoin. Je n en ai pas be soin, parce que 1 objet denos propheties n est contenu dans aucun principe physique que je connaisse. Le mouvement des peuples, avant que soit nee la pre miere famille qui doit les porter dans ses flancs et commencer leur vie nationale; la ruine d une ville, a 1 heure de ses plus enviables prosperity ; Texistence d un homme, quatre, cinq, six, huit et dix siecles avant sa naissance, les circonstances de sa vie et de sa mort, ses prodiges, et, par-dessus tout, le

grand prodige qui ressort du contraste de sa faiblesse et de sa puissance sur Fhumanit6, de ses opprobres et des gloires de son regne : tout cela, je Faffirme, et vous Fai firmez avec moi, Messieurs, tout cela ne peut etre contenu dans un principe physique; il faut recourir a Fordre moral et a Fordre divin, a la liberte humaine, source intarissable des innombrables fluctuations quiagitent les peuples, a la volonte souveraine et independante de Dieu, qui dirige le mouvement general des tres et Fachemine vers ses destinees, tout en respectant Faction des causes secondes. Liberte humaine, volonte divine, principes inscrutables, qui defient les magnetiseurs de tons les lieux et de toutes les epoques, dussent-ils reunir dans un effort desespere les piles de leurs nerfs, et depenser a la fois tous les flots crees du fluide universel.

Le principe est hors de cause, Messieurs; mais poursuivons la comparaison. L impuissance relative du somnambulisme se revele dans le caractere de ses predictions. Elles sont rares, incertaines, Iso ldes, ^parses, sans graves consequences, et toujours renfermees dans les iimites de Fordre temporel; nos propheties, an contraire, sont multipliees, certaines, infaillibles, liees puissamment et harmonieusement entre elles, comme les pierres d un edifice, comme

304 FORCE DEMONSTRATIVE DES PROPUETIES

les fragments (Tune mosai que, convergeant toutes aux plus graves intrets de Thumanite, les intents religieux, et s elevant plus haut que les sommets de Tordre moral, puisque, pour la plupart, elles entrent dans 1 ordre surnaturel.

Enfin, les sujets du somnambulisme, par leur infirmit6, leur dependance, et rinstabilit des connaissances qu ils acquierent, ne ressemblent aucunement aux figures nobles, fieres, majestueuses et presque divines que vous avez admirees dans Phistoire sacre. Gn6ralement, et surtout, ce sont des fernmes; car rimpressionnabilit magn^tique est, pour ainsi dire, une facult6 negative, qui tend a rendre Tame et toute Torganisation passive d une puissance exterieure. Tout, chez les femmes, tend a constituer cette impressionnabilit6 : le besoin de dependance, la sensibilite nerveuse, la tendance au merveilleux, Tinstinct de la v6n6ration, moins d energie et moins d orgueil. Beaucoup d hommes peuvent tre ma gnetises jusqu au somnambulisme; mais la plupart, il faut le dire, se rapprochent singulierement des femmes par la debilite et la delicatesse de leur orga nisation, ou bien encore ils se trouvent accidenteilement places dans des conditions physiologiques qui leur ont fait perdre, pour un temps plus ou moins limite, les prerogatives de leur sexe... G est

surtout chez les sujets amaigris et debilites par une affection chronique qu il est facile de determiner les affections magnetiques. Encore faut-il, pour etre sur de son empire sur les sujets les mieux dis poses, prendre de nombreuses et delicates precau tions. Les influences rciproques de deux organisa* tions qui vont se mettre en rapport ne doivent point fetre croisees par des influences etrangeres. Voila pourquoi les experiences magnetiques ne reussissent presque jamais devantde nombreux temoins. Vous choisissez done et epurez votre assistance. Envahi par les ejaculations du fluide, le sujet s endort. II voit, il parle, il revele, il prophetise; mais, une fois sorti de son extase, il perd le souvenir de toutes les merveilles qui se sont operees en lui. >

Ce n est pas moi qui parle, Messieurs, c est un des plus chauds partisans et des plus vaillants defenseurs du fluide universel et de ses effets. De pareils aveux nous mettent a raise, et nous protegent contre les theories scientifiques qui menacent de naturaliser nos proph6ties; car Dieu a eu soin de prendre ses sujets dans des conditions physiques et morales qui font de la provision de Tavenir une prerogative ad mirable et non une infirmite digne de compassion. II ne convenait pas a la femme d etre en t6te du n ivement qui eiitrainait le genre humain, appuye

sur de glorieuses et saintes esperances, vers la plnititude des ages; c est pourquoi peu de femmes ont regu le don de prophetic. Les vrais voyants sont des hommes, et quels hommes, Messieurs! Ne vous rappelez-vous pas leur puissance intellectuelle, leur vaste genie, leur male energie, leur noble fiertS, leur courageuse indpendance *? Avez-vous jamais pense, en lisant leur vie, qu ils fussent d une consti tution androgyne propre a subir 1 influence d un magnetiseur?Du reste, nulle mention dans 1 histoire a ce sujet. Us marchent seuls, en compagnieduDieu qui les ravit. Us ne craignent pas le croisement des forces et des resistances; mais ils parlent sans precautions ni managements ; au milieu des assemblees publiques, amis et ennemis, protecteurs ou bourreaux, rien ne peut influer sur la liberte de leurs discours. Lors m6me que les visions de Dieu les surprennent pendant le sommeil ou Textase, ils se rappellent tout. Ils ecrivent ou font 6crire sous leur dictee les oracles qui doivent passer a la post6rit^. Le moi s efface ; car c est le Seigneur qui parle : Hsec dicit Dominus.

Toutes les lois et conditions du somnambulisme sont en d6route dans leurs personnes et leurs vies*

f. Voyez quatorzieme Conference.

CONST ATATIOtt D ORIGIN E y 307

II serait done plus que ridicule d insister serieusement, devant eux, sur une objection tiree des puis sances originelles de Tame, mises, par un agent naturel, dans un etat extraordinaire. Pas plus que la force conjecturale, la force soomauibulique ne peut avoir ici d applicalion.

II semble, Messieurs, que nous ayons dcgag-6 les propheties chretiennes de toute possibilite naturelle; cependant, une difficulte tombe encore sur notre chemin, et nous empeche de faire immediatement notre dernier pas vers une conclusion definitive. Cette difficulte, la voici :

La divination a ete, dit-on, la maladie universelle des temps anciens. Tous les auteurs serieux en parlent, et Giceron y trouve mfime une preuve de 1 existence des dieux. G est une vieille opinion, ecrit-il dans un livre entieremerit consacre a cette singulifere question , c est une vieille opinion descendue des temps heroiques jusqu a nos jours, et confirmee par le consentement unanime des peuples, qu il existe parmi les hommes une divination. Les Grecs 1 appellent MantMn, c est-a-dire pressen-

timent et science des choses futures *... Or, ces deux choses sont reciproques : s il y a une divination, H y a des dieux ; s il y a des dieux, il doit y avoir une divination 2 . Augures, aruspices, devins, pythies, sibylles et prophetes represented une mme id6e,

sous divers aspects. Jupiter, a Dodone et en Libye; Apollon, a Delos et a Delphes; Latone, en Egypte, ont rendu des oracles. Oracles contre oracles, tirez-vous de la : ou admettez que les vfitres ne prouvent rien, ou detruisez la divination paienne, au profit de la divination chretienne.

Messieurs, la tache n est pas difficile. Nous admettons la peste de la divination, c est un fait historique; mais nous pretendons qu elle n a rien de commun avec Pinspiration prophtique. II n est pas necessaire de remonter k un examen de principes; il suffit de comparer les oracles paiens a nos proph^ties, pour d^truire immdiatement toute oppo sition. Laissons de c6t6 les sibylles. II ne nous reste plus de leur passage que des livres apocryphes et

1. Vetus opinio est, jam usque ab heroicis ducta temporibus eaque et populi romani, et omnium gentium firmata consensu, versari quamdam inter homines divinationem, quam Graeci {lavrix^v appellant, id est, praesensionem et scientiam rerum futurarum. (Cicer., de Divinatione, lib. I, cap. i.)

2. Ista sic reeiprocantur ut et si divinatio sit, dii sint, et si dii sint, sit divinatio. (Cicer., de Divinatipne, lib. I, cap. v.)

quelques mentions honorables, d apres lesquelles il parait qu elles ne trempaient ni dans 1 erreur ni dans la corruption idolatrique; mais, pourles devins et les pythies, ce n est pas la mme chose.

Leur ministere, soigneusement entoure de precau tions etde tenebres, avait pour but de proteger, dans Testime des peuples, une religion absurde et iramorale, et de recommander a leur veneration les divinites scandaleuses de FOlympe. 11s frernissaient sous leur attouchement, et, en proferant de leur part des predictions plus ou moins vraies, ils afl ermissaient, au nom d une science sacree. leur execrable autorite, c est-a-dire 1 autorite m^me des passions eievees aux honneurs de Tapotheose. A 1 abri de la credu- Hte publique dont ils abusaient, ils n avaient rien a craindre du mauvais succes deleurs oracles, presque toujours envelopp^s d equivoques et pr^ts ei repondre a tout 6venement. Une insatiable curiosite, et, tres souvent, des avidit6s coupables venaient s abattre aupres de leurs autels et de leurs tr6pieds; autels et tr6pieds toujours muets, quand ils n entendaient pas riiarmonieux tintement de 1 argent. Les prophetes du paganisme etaient sensibles a cette musique lucrative ; ce qui faisait plaisamment dire a Demosthene,de la pythiecorrompueparles presents de Philippe le Macedonien : La pythie philiopise!

310 FORCE DEMONSTRATIVE DES PROPRIETIES

Du reste, il en est des oracles paiens comme des predictions somnambuliques; rien ne s y tient, rien n y est important, rien n y revele une providence gnerale et des vues d ensemble stir les destinies de 1 humanite, ni meme d une nation.

Les prophetes, au contraire, ont pour mission de proteger publiquement et franchement une religion sublime et sainte, contre les erreurs de Pesprit et les passions du coeur humain. Le Dieu qui les inspire est un Dieu unique, pfere et maitre de tous lesetres, principe et fln de toute perfection, 1 etre par excel lence, la perfection meme. La loi qu ils prchent est une loi immaculee, qui convertit les ames da vice la vertu : Lex Domini immaculata y convertens (mimas *. Leur t6moignage doit tre fidele, car tout i aux prophete est mis a mort, ce qui n est pas, vous 1 avouerez, Messieurs, un lger inconvenient pour la mission prophetique. Leur parole est claire et pre cise, ou bien, si leurs oracles sont quelquefois enve- Iopp6s d un certain mystere, on ne pent jamais dire qu ils soient a double tranchant. Us n attendent pas, au fond d un sanctuaire pr^par^, que la curiosM

publique ou les desirs criminels viennent les consuiter; mais ils vont eux-m6mes au-devant du peu-

Page 1